D’abord, il y a l’artwork somptueux du successeur de « Lateralus », attendu depuis près de cinq ans. Tool, qui n’est décidemment pas un groupe comme les autres, offre à ses fans un cadeau qui laissera pantois plus d’un nostalgique de l’époque bénie du vinyle. Car depuis « The Raven », le corbeau en 3D des Stranglers, le « This is a Brick » de Jethro Tull emballé dans son journal, ou le « Space Ritual » dépliable d’Hawkwind, on avait rarement vu ‘emballage’ aussi original. Imaginez un superbe digipack en carton très épais, solidarisé avec un rabat équipé d’une paire de lunette en verre, qui permet de feuilleter un livret de 15 pages illustré d’images en 3D. L’effet est absolument hallucinant, grandiose, énorme… Même mes collègues de bureau et de rédaction qui se gavent quotidiennement de Patricia Kaas et de Patrick Bruel ne peuvent s’empêcher de pousser un léger râle de jouissance, en contemplant les images subliminales et psychédéliques illustrant le livret de la nouvelle livraison du combo qui squatte la tête des charts métal, Outre Atlantique. Même s’ils ne sont pas sympathisants de la bande à Maynard Keenan, les amateurs de collectors vont se précipiter sur cet objet hors du commun.
Puis, il y a la musique, mélange entrelacé de volupté, de rage, de métal hurlant, d’envolées progressives, de délires hypnotiques ; le tout ponctué par des rythmes saccadés et des ambiances transcendantes. Dire que l’œuvre de Tool est complexe est un doux euphémisme, car chaque titre regorge d’une multitude d’influences, de digressions, de théories alambiquées. Le monde créé par la formation ricaine sur ce « 10,000 Days » évoque de précédents opus, comme « Aenima » sans nul doute. Mais ici le côté heavy est davantage mis en avant. Les guitares sont lourdes, très lourdes, et les quatre musiciens excellent dans les parties les plus hargneuses. Il est clair que le disque est bien plus métal dans son ensemble, un durcissement imputable à la mise en forme de Joe Barresi, producteur des Melvins et autre Queens of the Stone Age.
Aucune chanson ne dépasse la barre des sept minutes, comme si le combo avait voulu densifier l’espace sonore tout en insufflant du dynamisme à ces douze compositions aux accents tribaux.
Tool semble former une unité parfaite sur cet opus ; l’alchimie est parfaite. Le résultat divin.

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