Swell n’est aujourd’hui plus que le projet solo de David Freel. Il a même mis son patronyme entre parenthèses. Son dernier acolyte, le drummer Sean Kirkpatrick, a décidé de se consacrer à sa peinture (NDR : dans la logique des événements, car jusqu’alors il se chargeait de l’illustration des pochettes). Aussi, pour enregistrer « South of the rain and snow”, David a fait appel à l’ex-batteur de Queens of The Stone Age, Nick Lucero. C’est même au sein de ses studios, qu’il a concocté cet opus.
Des drums feutrés, un chouia de claviers vintage (« Saved by summer », le titre maître), un zeste d’arrangements de cordes (« Good good good »), la guitare acoustique (surtout) voire électrique (parfois) tantôt grattée, tantôt en picking de Freel et sa voix indolente et désabusée : la recette n’a pas trop changé pour Swell. Un minimalisme qui sied bien à ses chansons lancinantes et ténébreuses aux mélodies élaborées, élégantes, mais toujours agréables à l’oreille. Encore qu’on a parfois l’impression que l’aspect lo-fi est ici accentué, dans l’esprit du troisième elpee de Swell, « 41 ». Et le titre final, « Waitin for a beer », est certainement le plus représentatif de cet esprit. Le plus dépouillé aussi, malgré ce fifrelin d’arrangements symphoniques en fin de parcours. Juste la voix et la sèche de Freel. On y entend même les doigts glisser sur les cordes. Ce qui n’empêche pas « The measure of this moment » de tremper carrément dans la noisy ou « Our aquarium » d’emprunter le tempo d’une valse lente tout en libérant cycliquement un groove dans l’esprit d’American Music Club (NDR : il y a bien une guitare électrique, mais apparemment aussi une basse).

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