Bohren & Der Club Of Gore quitte délicatement l’obscurité pour se rapprocher de la clarté. La formation allemande de doom jazz nous avait habitués à une atmosphère suffocante et des mélodies à la fois puissantes et angoissantes. Le quatuor revient aujourd’hui avec « Dolores », un disque qui marque un nouveau départ. Et quel départ ! Ce sixième opus dévoile un Bohren & Der Club Of Gore comme on ne l’a encore jamais entendu. Si le côté sinistre des compositions constituait la richesse de la discographie des Teutons, il a laissé place à un positivisme salvateur qui n’est pas sans rappeler certaines des meilleures commandes Lynchiennes de Angelo Badalamenti. Affirmer que des morceaux tels que « Schwarze Biene », « Karin », « Orgelblut » ou « Welk » sont hypnotiques relève pratiquement de l’euphémisme.
Sur « Sunset Mission » (2000) Bohren & Der Club Of Gore était déjà parvenu au sommet de son art. Deux ans après, paraissait « Black Earth », une merveille surpassant son prédécesseur. Le « Geisterfaust » de 2005 n’avait pas véritablement réussi à convaincre. En cause, une suite de morceaux un peu trop nonchalants ainsi qu’une certaine stagnation dans le style. Cet épatant « Dolores » relance donc la formation dans l’arène. Par ailleurs, il se dégage de certaines compositions, comme « Still am Tresen », « Faul » ou « Karin » pour ne citer que ceux-ci, une sorte de sensualité inopinée très susceptible d’amplifier l’attrait de la plaque. Unentbehrlich !

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