Etiqueter la musique concoctée par Kludde de black metal atmosphérique nous semble un brin trop réducteur. En sortant une pièce d’orfèvrerie du calibre de « In Den Vergetelheid », Kludde a accouché d’un chef-d’œuvre aussi inclassable qu’incontournable, à glisser dans votre discothèque entre le « Monotheist » de Celtic Frost et le « Blackwater Park » d’Opeth. Et même si le jeune combo belge (Alost) ne bénéficie pas des moyens financiers de ces deux monstres du dark metal, la production de ce premier véritable album frappe par cette incroyable impression de noirceur et d’étouffement qui règne de la première à la dernière mesure.
Véritable oraison funèbre déclinée en sept titres, « In Den Vergetelheid » constitue une œuvre effrayante. Elle vous prend aux tripes. Lentement. Doucement. Pour ne plus vous lâcher. Guttural mais pas hurlé, le chant se mue parfois en déclamation, évoquant une âme meurtrie ou en colère. Les riffs assassins, les incessants changements de rythmes, tantôt black, tantôt doom, et le travail accompli sur l’atmosphère en général confèrent à cette descente aux enfers un côté délicieusement malsain. Phénoménal ! Après Ocean of Sadness, Axamenta, Southern Voodoo, Sons of Jonathas, Solenoid, et maintenant Kludde, la scène metal belge n’a plus rien à envier à la déferlante scandinave. Encore faut-il mettre en place une solide promotion pour faire reconnaître nos valeurs dans toute l’Europe. Et ça, c’est un tout autre problème…

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