Lorsqu’on est la sœur d’un artiste notoire, il est parfois difficile de passer sous silence ce lien de parenté ; surtout dès que les projecteurs se focalisent sur soi. Et il est d’autant plus ardu d’y parvenir, quand le frère en question est responsable de la confection de quasi-totalité d’un album. En gros, on doit l’assumer, point barre. Coralie Clément semble très bien s’en accommoder et nous présente même, assez fièrement, le travail de fratrie opéré entre elle et Benjamin Biolay : « Toystore ». Je dois avouer qu’à premier abord, je n’étais pas très chaud d’en connaître le contenu. Les albums précédents de la belle n’avaient pas gravé dans ma mémoire, un souvenir impérissable. En outre, en y mettant la dose, Biolay m’avait complètement saoulé…
In fine, après écoute, la galette passe mieux la rampe. Balayé de maracas et d’accords d’ukulélé, le premier bricolage familial se décline sous le titre de « L'effet Jokari ». Il plante le décor tout en douceur et fraîcheur. Comment ? En faisant vibrer ces objets aussi variés qu’amusants. Tout l’album s’enroule ensuite plus ou moins dans le même style. Autour du bâton, vient se coller des filaments de sucre, qui n’ont de cesse de prendre du volume au fur et à mesure des rotations. Que ce soit en anglais (« So Long Babyline, « Share The Day»), en italien (« Sono io »), en duo (« Je ne sens plus ton amour » partagé en compagnie de Daho et « Sono io », de Chiara Mastroianni), chaque variante a son cachet. Elle apporte sa petite touche personnelle à cette barbe à papa de foire. Même la reprise de « La Reine des Pommes », que Lio chantait dans les années 80, en deviendrait presque savoureuse. Toujours sobre et charmant, « Toystore » embrasse un romantisme frais et réfléchi, en proposant des textes simples sur des compos enfantines. Pourquoi faire compliqué, quand on a tout pour faire simple ? Coralie Clément aurait-elle trouvé sa voie, et un univers qui lui convient ? Attention, en tout cas, de ne pas en abuser. Trop de sucre finit par écœurer…

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