Après avoir commis l’excellent “Lost souls” en 2000, le remarquable “The last broadcast” en 2002 et un « Lost sides » réservé à des fonds de tiroirs, l’année suivante, les Doves nous reviennent avec un quatrième opus. Un disque enregistré entre Liverpool, Brixton et le Loch Ness, sous la houlette de Ben Hillier, un producteur responsable de la mise en forme d’elpees de Blur et d’Elbow. Le titre final, « Ambition », a même été enregistré dans un monastère bénédictin. Une plage dont la guitare réverbère des échos crépusculaires, comme chez Durutti Column. Les Doves sont issus de Manchester. Ils s’inquiètent de la déstructuration du tissu urbain. Et ils le clament haut et fort. A travers leurs lyrics. Une inquiétude qui est allée grandissante lors de leur tournée. Parce qu’ils ont remarqué qu’elle ne touchait pas seulement leur ville natale. Ailleurs aussi. En Angleterre, bien sûr. Mais également à travers le monde. Ce qui explique le titre de leur opus. Un disque beaucoup moins expérimental que les deux premiers. Plus pop. Britpop même. Légèrement teinté de psychédélisme et surtout plus atmosphérique. Hormis le titre maître (NDR : pas une réussite, il faut le reconnaître) et l’allègre et cinglant « Sky starts falling », les guitares sont un peu trop bridées à mon goût. Les traces de house ont totalement disparu. Et lorsque les drums montent en régime, on a l’impression d’entendre Will Champion, le batteur de Coldplay. Ce qui n’empêche pas la plaque de demeurer très agréable à l’écoute. Que ce soit à travers l’émouvant « Someday soon » ou le somptueux « Snowden ». L’hymne en crescendo « Walk in fire » ou le planant « One of these days », dont les harmonies vocales brumeuses évoquent curieusement un certain Pink Floyd. Du contagieux et allègre « Black and white town », imprimé par les claviers aux sonorités flottantes. Ou encore du ‘philspectoresque’« The storm », pour lequel le trio a eu recours à un sample de Ruyichi Sakamoto. Un fragment qui frôle le délire, mais le frôle… sans plus. C’est sans doute le reproche qu’on peut adresser à cette œuvre, au demeurant de bonne facture : l’absence de délire.