Après un “Bananas” en demi-teinte et un bref passage chez EMI, le monstre sacré du hard rock des années 70 débarque là où on veut bien encore de lui. Toujours privé du génial mais caractériel Ritchie Blackmore ainsi que du maître de l’orgue Hammond Jon Lord, Purple continue tant bien que mal à essayer de faire croire à son public que rien n’a changé depuis « Machine Head ». Loin d’être une pure catastrophe « Rapture of the Deep » ne relève malheureusement pas le niveau du précédent opus. Pourtant, les interventions du claviériste Don Airey sont particulièrement bien construites, et Ian Gillan - toujours bien en voix - tente l’impossible pour sauver son navire. Sur « Girls like that », il parodie à merveille Steven Tyler, tandis qu’il se prend pour Chris Cornell sur « Wrong man ». Evoluant dans un registre hard-boogie léché et un peu lisse, le combo fatigué a du mal à surprendre. Aussi nous ne retiendrons de cette nouvelle production que l’entraînant « Money Talks », plage d’ouverture, et surtout le superbe « Rapture of the Deep », dont les ambiances arabisantes et épiques sont irrésistibles. Malheureusement, on ne fait pas un bon album avec deux titres, aussi brillants soient-ils.