En 2001, Mark Eitzel commettait un album solo à la fois remarquable et étonnant (« The invisible man »), un disque déchiré entre instrumentation acoustique et électronique qui contrastait avec l’ensemble de son œuvre ; et en particulier celle d’American Music Club. Pour enregistrer « Candy ass », Eitzel vient de remettre le couvert. Alignant même toute une série de fragments synthétiques, ambient, que n’auraient pas reniés Aphex Twin, Boards of Canada, Matmos, Notwist, et même Brian Eno (« Cotton candy ») ou encore Riuichi Sakamoto (« Guitar lover »). Pourtant, c’est lorsque l’artiste opère dans la musique hybride qu’il se montre le plus intéressant. Au sein de cet univers ténébreux, sa voix écorchée si caractéristique et ses accords de sèche en picking font absolument merveille. Tout en alimentant des chansons à la fois belles et dramatiques. Ce qui n’empêche pas l’artiste de s’enfoncer dans l’exploration la plus pure. A l’instar de « Song of the mole », sorte de Tom Waits qui aurait poussé sur la distorsion. Ou encore de « Green eyes », morceau qui oscille allègrement entre le cabaret et le délire psychédélique, morceau pour lequel il a reçu la collaboration des musiciens de Calexico. Le tout enrichi de lyrics sarcastiques, visionnaires, provocateurs, qui traitent de la situation morale, mentale de la société américaine qu’il estime victime de la corruption émotionnelle (NDR : une aspirine ?). Et si vous ne comprenez rien à ce que Mark raconte, n’en faites pas un drame ; son « Candy ass » est tout simplement… un must