Issu de Grenoble, mais exilé à Paris, ce quintette pratique, ma foi, une musique fort originale. Une sorte d’hybride entre post rock (Godspeed You ! Black Emperor, Hood), noisy pop/rock (Sonic Youth, Calc) et country folk (16 Horsepower). Et “… Yes you’re dead” constitue son premier opus. Les guitares se taillent bien sûr la part du lion. Elles sont parfois trois. Ou alors deux et un banjo. L’une d’entre elle est quelquefois jouée à l’aide d’un archet, comme chez Sigur Ros. Une bassiste et un drummer complétant l’ensemble. Neuf fragments partagent cet elpee. La plupart d’entre eux entretiennent des climats mélancoliques, ténébreux, même si parfois l’électricité peut gronder, ou se montrer menaçante. A l’instar de l’excellent « Coward song », une compo qui a vraiment la pêche. Ou du torturé « Night falls ». Imprimé sur un mid tempo et tramé sur le banjo, « Blank » invite une trompette mariachi (Calexico ?), en fin de parcours. Découpé en deux parties, les neuf minutes du final « What have we done ? » vibrent au contact des sonorités limpides d’un glockenspiel. Enfin, les harmonies vocales mixtes sont particulièrement soignées. Ce qui dans ce style musical est manifestement un plus. Une excellente surprise !