Pour son septième album, Nick Barrett avait annoncé du changement. Et, passé l'intro, le premier morceau marque effectivement une modification de ton. Il est carré et dansant, même si l'on est encore très loin de tout métal ou de toute musique pour discothèque. C'est agréable et un peu surprenant, sans plus. Par la suite, on a bel et bien l'impression de retrouver le Pendragon familier. Quoique, en écoutant plus attentivement, jamais la guitare acoustique n'avait été aussi dominante et riche en sonorités : ses cordes en nylon passent d'arpèges très classiques à une ferveur agile typiquement espagnole. Quant à la râpe électrique, elle est devenue bien avare de soli. De leur côté, les claviers sont cantonnés dans un rôle secondaire : ils assurent l'habillage final par bruitages, nappes, chœurs spectraux, ponts planants… D'autres innovations plus discrètes parsèment cet opus : sonorités orientales, chant celtique, vocalises féminines, incantations indiennes… Enfin Nick expérimente de nouvelles tonalités avec sa voix et s'amuse à la trafiquer (vocoder, talk-guitar). En définitive, la volonté d'évoluer est donc bien matérialisée. Et comme elle est toujours au service d'une musique inspirée, émotionnelle et mélodique, le résultat final s'avère à nouveau superbe. Pendragon nous livre donc une fois de plus une oeuvre fine, simple, accessible et épidermique, un œuvre dont la musique évolue quelque part au confluent de Supertramp, Barclay James Harvest et Pink Floyd. Cepdendant, ce 'Believe' ne doit rien à personne et porte avant tout la marque de fabrique 'Pendragon', soit un label de qualité. Aucune révolution donc, mais un bien bel album au parfum de renouveau.