Le tour de force des spoken word de Rollins est de partager équitablement les salles. Autrement dit autant des filles que de garçons. En concert, la donne n’est pas exactement la même. Car malgré les ‘fuck’ mis à toutes les sauces aussi bien en live qu’au théâtre, c’est un Rollins souriant, presque décontracté qui se présente face à son public (assis). Nous sommes bien loin ici du taureau tatoué qui harangue les foules lors des concerts ou des festivals. Et puis, l’humour les fait toutes craquer, c’est bien connu. Bon, Rollins n’est pas Seinfeld. Sa Stand Up Comedy - même si bien huilée et bien sentie – semble satisfaire pleinement les zygomatiques du public. Nous imaginons mal Seinfeld se lancer dans l’une ou l’autre interprétation d’un des classique de « The end of silence ». Alors qu’à chaque fois que Rollins approche le micro de ses lèvres, on espère l’espace d’un instant que résonnera « Low self opinion », « Tear It » ou « Almost Real ». Les chiens ne faisant pas des chats, Rollins s’attaque tous biceps dehors à JP2, à Bush, aux médias... Maîtriser la langue de Shakespeare est préférable ; mais l’option sous-titres en anglais permet de goûter tant bien que mal à l’humour tout en finesse du plus grand rocker à tout faire de l’histoire du rock tout court.