La pochette de la sixième compile du Géant vert de l’electro eighties est un pastiche : celui de l’affiche du fameux film de Fred McLeod Wilcox, « Forbidden Planet » (1956), une adaptation futuriste de « La Tempête » de Shakespeare. Pas un hasard, puisque la BO de ce film est souvent considérée comme la première à avoir été composée entièrement à l’aide d’instruments électroniques. Hommage donc à Louis et Bebe Barron, ces précurseurs en la matière… Même s’il est vrai que les bleeps qu’on entend dans le film ont été tout simplement créés à l’aide de générateurs de fréquences. Selon les spécialistes la vraie distinction reviendrait donc plutôt à Robert Wise et à son film ‘The Andromeda Strain’ (1971), pour lequel Gil Mellé inventa une pléthore de sons synthétiques, qu’il combina avec une musique concrète faite de bruits de boules de bowling heurtant un jeu de quilles, de scies circulaires et de trains. Il n’empêche, même Autechre avec son ambient « Nomina » s’est emparé du mythe Barron… Néanmoins, cette compile nous ressert encore une fois la même popote eighties, comme à son habitude : Bangkok Impact, Savas Pascalidis, Mikkel Metal, David Caretta,… Même le fermier Plastic Bertrand – et son insupportable « Tout petit la planète » - est de la partie… Mais rendons à César ce qui lui appartient : ce bon vieil « Headhunter » des frelatés Front 242 – ce qui vaut toujours mieux qu’un Tiefschwarz tête à claques.