L’exercice peut surprendre : Will Oldham reprenant ses propres morceaux, avec en backing band des musiciens de Nashville. Objectif de ce ravalement de façade : prouver sans doute qu’en-dehors de leur aspect rachitique originel, ces chansons restent l’œuvre d’un des plus grands songwriters de ces vingt dernières années. Que même passées au filtre pompier de la country la plus conservatrice, elles conservent toute leur splendeur et leur force évocatrices. C’est donc toujours du Palace, mais du Palace gonflé en 16/9 et en Technicolor, avec des cuivres, des cordes, du piano, des chœurs et de la pedal-steel. Sans doute que les fans transis d’Oldham trouveront ces nouvelles versions trop policées, voire trop enjouées (on peut presque chanter dessus sous la douche), mais n’est-ce pas là la preuve de leur indéniable perfection formelle ? Qu’elles soient ainsi arrangées à la manière locale (Nashville, sa country de papa, ses Willie Nelson et ses cow-boys endimanchés) n’enlève finalement rien à leurs qualités mélodiques irréprochables. Will Oldham prouve encore une fois qu’il peut faire ce qui lui plaît sans vraiment se contredire, et rester ce petit génie de l’alt-country, intouchable et serein. Sing along !