Les albums de Perry Blake se suivent et se ressemblent… Et « Songs for someone », son quatrième opus, ne déroge pas à la règle. Sa pop symphonique, lyrique, mélancolique, mâtinée d’un zeste d’électronique sert toujours des chansons élégantes et intimistes, qu’il interprète de son falsetto fragile, velouté et nonchalant. Les arrangements luxuriants frôlent la perfection. La production est impeccable. Empreints de poésie, ses textes sont émouvants. Mais le charme laisse progressivement la place à une impression de déjà entendu, avant qu’une certaine lassitude finisse par vous envahir. A l’instar de Neil Hannon, chez Divine Comedy, Perry Blake semble avoir fait le tour de son sujet. S’ils ne veulent, ni l’un ni l’autre, disparaître dans l’anonymat, ils ont intérêt à chercher de nouvelles perspectives sonores. Ils possèdent d’ailleurs l’un comme l’autre, les qualités pour y parvenir. Maintenant, faut-il encore qu’ils le veuillent. Tout au long de « Songs for someone », quelques éclaircies semblent pourtant poindre à l’horizon. A l’instar de « We are not star » » qui lorgne du côté d’Ultravox circa « Vienna » ou de « The fox in winter », dont la mélodie semble empruntée à Depeche Mode ; du ténébreux « You’re not alone », plus proche d’un Robert Wyatt qu’il n’y paraît. D’« Ava », agité de percus et écorché d’une slide. Et enfin du titre maître. Imprimé sur un tempo vaguement rumba, il possède un petit côté Todd Rungren qui ne maque pas de charme. Pour le reste, pas de panique, si vous aimez Perry Blake tel qu’il est, vous pouvez acheter ce disque les yeux fermés…