Yoko, comme Ono : heureusement, rien ici d’expérimental, voire de franchement casse-couilles. Juste de la pop bien foutue, interprétée avec style et vigueur, sans tourner autour du pot. Un gage de qualité en quelque sorte, puisque Beulah ne cache pas son envie simple (mais pas simpliste) de trousser de jolies mélodies qui restent dans la tête et s’avèrent parfaites à siffloter au saut du lit ou dans sa cuisine. Derrière Beulah se cachent six types abonnés aux plans foireux de l’indie US, dont les précédents disques n’auront pas connus la carrière escomptée. Ce « Yoko » de belle facture devrait changer la donne : des titres comme « A Man Like Me », « Landslide Baby » ou « Me and Jesus Don’t Talk Anymore » évoquent Badly Drawn Boy, Blur, Big Star,… Plein de « B » comme bonheur, bien-être, béatitude, Beulah. Des mélodies qu’on a déjà entendues ailleurs mais qui restent sympathiques, et faciles à chanter. Ce qui en fin de compte n’est déjà pas si mal. Dans un monde où l’exigence devient insurpassable, Beulah se pose comme l’évidente incarnation d’un retour à la simplicité. Rien que pour cette raison on y retourne, et plutôt deux fois qu’une.