Une intro lo-fi de quelques secondes, puis l’explosion. Titus Andronicus, qui tire son nom d’une œuvre de Shakespeare, opère également dans la dramaturgie. Découpé en quatre parties, dont un prologue et un épilogue, « The Airing Of Grievance » est un condensé d’agitation, de puissance et de questionnement. Mariant indie et punk, le quintet est de ceux qui jouent très fort, noient les mélodies dans un océan de distorsions et réitèrent les mêmes gestuelles frénétiques, encore et encore jusqu’à en perdre la boule et déconcerter l’auditeur.
Ces caractéristiques fonctionnent parfaitement au sein de certains combos tels que No Age ou encore Women. Mais dans l’univers de Titus Andronicus, cette attaque de front fait l’effet d’un pétard mouillé. D’autant plus que Sarim Al-Rawi, leader de la troupe, se contente de hurler dans son micro à la façon d’un Conor Oberst légèrement névrotique. Un défaut souligné par les deux exceptions confirmant la règle, le grisant « Titus Andronicus » et, surtout, « No Future Part I » un morceau qui prouve que la formation, dans ses moments de clarté, est absolument capable de livrer des compositions tout en retenue. Le meilleur moment de « The Airing Of Grievances » demeure néanmoins celui où la platine s’arrête.

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