Après avoir enregistré « Regeneration », Neil Hannon a donc décidé de prendre congé de ses musiciens avec lesquels il bossait depuis 1996. Alors qu’on imaginait qu’il allait poursuivre son aventure sous son propre nom, il a décidé, à l’instar de Jason Pierce pour Spiritualized, de reprendre le patronyme du groupe à lui tout seul. Ce qui ne l’a pas empêché de faire appel à l’un(e) ou l’autre invité(e) pour enregistrer ce nouvel opus. En l’occurrence Yann Tiersen pour la plage « Stick & stones » et l’ex Kennickie Lauren Laverne pour « Home Billy bired », titre qu’elle enrichit de sa voix angélique. Sans oublier son fidèle collaborateur Joby Talbot, dont les orchestrations ont été enregistrées par Guy Massey et mixées, bien évidemment, par Nigel Godrich. Première constatation, Neil en est revenu à la forme orchestrale qui avait fait le succès de « Liberation », « Promenade » et « Casanova » ; c’est à dire abordée dans l’esprit d’un Burt Bacharach ou des standards des comédies musicales. Seul le thème diffère, cet opus traitant essentiellement des problèmes liés à l’instabilité. De son instabilité. Une instabilité née des nombreux changements intervenus au cours de son existence. Tout d’abord le split de sa formation, bien sûr. Mais aussi la naissance de son premier enfant, l’énorme tournée accomplie aux States et son déménagement de Londres à Dublin. Un retour aux sources, en quelque sorte, puisque Neil est né à Londonnery, en Irlande du Nord. Même si dans le style il demeure d’excellente facture, « Absent friends » constitue probablement l’album le moins surprenant pour un des fils spirituels les plus doués de Scott Walker. Vous savez ce qu’il vous reste à faire...