Il existe de ces disques dont on ne sait que penser. Même après des mois au cours desquels il a traîné chez vous. Après l’avoir écouté à maintes reprises sans jamais mettre le doigt sur ce qui vous empêche de donner votre avis, vous n’êtes pas plus avancé : d’un côté le redac’ chef s’impatiente et vous tanne toutes les semaines et de l’autre l’artiste vous fait une mauvaise pub. Enfin je pense. Désolé. Ca arrive. Mais lorsque vos sentiments sont autant partagés et versatiles, vous faites gaffe. A première écoute, vous appréciez la qualité générale de la plaque, dont le style semble avoir été hérité en ligne droite de la chanson française immortalisée dans les bars parisiens, avec sa cohorte d’amis fans. Le duo de voix rafraîchit l’ensemble en une variété complice. Groupe belge, Melon Galia entretenait ce genre de dialogue. L’instrumentation se veut riche, mais reste dépouillée, sans que l’un ou l’autre instrument ne prédomine. La musique est donc plaisante. Par contre, les textes risquent fort de déclencher des avis divergents. N’est pas Gainsbourg qui veut ! Des textes dont l’équilibre instable risque à tout moment le cassage de gueule. Et c’est à ce moment là que vous jouez à pile ou face avec ce disque. Dans de mauvaises dispositions, c’est l’embardée. Dans les autres vous ne les écouterez pas. D’un niveau scolaire moyen, les déclinaisons thématiques (NDR : et en particulier sur le titre maître) soufflent le chaud et le froid et vous ramènent à ces lettres d’amour enflammées jamais envoyées à votre cop(a)in(e) de banc. Paradoxalement, parfois ça passe. Donc on aimerait y croire. Mais parfois aussi malheureusement ça casse. Mais lorsqu’un groupe bénéficie d’un tel capital sympathie, vous ne pouvez que leur souhaiter du succès. Car finalement je commence à les connaître les paroles par coeur...