Depuis une dizaine d’années, Sarah Lenka propose ses propres versions des répertoires de chanteuses légendaires du jazz, telles que Billy Holiday ou encore Bessie Smith. Sur son quatrième opus, « Women’s legacy », elle a décidé de rendre hommage aux femmes afro-américaines victimes de l’esclavage, jusqu'au milieu du XIXème siècle. Un album partagé entre titres personnels et, bien sûr reprises, notamment de compos enregistrées a cappella récupérées par les musicologues américains John et Alan Lomax, dont « Ain’t gonna let nobody turn me around », un ‘spiritual’ adapté en hymne lors du combat pour rendre illégale la discrimination reposant sur la race, la couleur, la religion, le sexe ou l’origine nationale (‘Civil rights’, loi votée en 1964), « The ballad of Barbara Allen », une ballade traditionnelle écossaise du XVIIème siècle adaptée par Hule ‘Queen’ Hue, « Trouble so hard », un chant immortalisé par Vera Hall au début du XXème siècle, qui se distingue ici par une excellente intervention à la contrebasse, et dont Moby avait réalisé une reprise, le classique « Oh death », et enfin une version ténébreuse de « Black Betty », traduite en rock par Ram Jam dès 1977. Eraillée, la voix de Sarah est souvent overdubbée, et pourtant minimaliste, l’instrumentation implique quand même de la gratte (acoustique et électrique), de la contrebasse, du piano, des drums et des percus, mais parcimonieusement essaimés. L’œuvre baigne dans une forme de jazz/folk parfois teintée de gospel ou de bossa nova et nous réserve quelques passages a cappella (NDR : on s’en serait douté) ainsi que l’une ou l’autre piste légèrement plus enlevée. Mais en général, cet LP baigne au sein d’un climat plutôt intimiste…
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