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Grace/Wastelands

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Peter Doherty s’est racheté une conduite. Et aussi un prénom. Ne dites donc plus Pete, mais Peter. A 30 balais, aurait-il enfin atteint l’âge de la maturité ? C’est en tout cas, ce que la presse, dans son ensemble, laisse supposer. Spécialisée ou non. La came, l’alcool et les excès : ce serait du passé. On veut bien le croire. Mais personnellement, je demeure toujours aussi sceptique. Par contre, il faut reconnaître que son premier album solo est remarquable. Et le mot est faible. Un disque pour lequel il a notamment reçu le concours du guitariste de Blur, Graham Coxon, pratiquement sur toutes les plages. Ainsi que de Stephen Street, à la production. Sans oublier ses potes de Babyshambles. Peter signe ou cosigne tous les textes et s’est chargé de toutes les (superbes) illustrations du booklet.

Partagé en 12 plages, l’elpee est essentiellement acoustique. Ce qui ne veut pas dire qu’il soit minimaliste. Les arrangements et/ou les orchestrations sont même somptueux. A l’instar de « 1939 returning », de « A little death around the eyes », caractérisé par son refrain en mode tango et du cinématique et gracile « Salomé » (NDR : une référence biblique !) Trois titres pour lesquelles une section de cordes, au sein de laquelle on retrouve l’ex Durutti Column, John Metcalfe, apportent une dimension raffinée, digne de John Barry, à la mélodie. On a même droit à du mellotron et à de la guitare électrique sur le caressant et chaleureux « New love grows on trees », morceau légèrement psyché réminiscent de Luna. Et dans le même registre, « Palace of bone » lorgne vers un Guy Chadwick (NDR : cette voix !) échappé de House of Love. Plusieurs compos baignent dans le jazz et/ou le blues. Caractérisé par cette guitare en picking, presque manouche, et ses drums frottés par des balais, « Arcady », le morceau d’entrée, en est une belle illustration. Tout en adressant un clin d’œil au Kinks, « Sweet by and by », trempe carrément dans le dixieland. Et en finale, l’allègre « Lady don’t fall backwards » trahit constamment des accents syncopés, nonobstant cet orgue vintage (NDR : un farfisa ?), qui envahit progressivement l’espace sonore. Vous avez certainement déjà eu l’occasion d’entendre ou d’écouter le single « Last of the English roses ». Les références au reggae dub de Clash sont incontestables. Petite variante, la présence de ce mélodica fantomatique. Un instrument qui hante d’ailleurs la plupart des plages de cet elpee. Finalement seuls trois fragments épousent un profil essentiellement acoustique. Tout d’abord « I am the rain », malgré son interlude latino, « Sheepskin tearaway », dont Peter partage un duo en compagnie de la chanteuse écossaise Dot Allison et enfin le bouleversant et contagieux « Broken love song ».

Œuvre savoureuse, empreinte de romantisme et de poésie, « Grace/Wastelands » se pose déjà comme un des musts de l’année 2009. Quant à savoir si le gaillard respectera le calendrier de sa tournée, c’est une autre histoire…

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Peter Doherty
  • Genre: Pop/Rock
  • Label Prod: Parlophone / EMI
  • Date: 2009-03-13
  • Rating: 5
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