Comme évadée du soundtrack d'un film sf américain des années 50, l'intro est plutôt lugubre. Puis la première plage épouse un rythme jazz rapidement balisé par un duo saxo/trompette très 'free'. Après un bref retour à la case départ, une guitare exaspérée se joint aux cuivres, soulignée de bruitages électroniques allègres, en background. Le décor est planté : on a affaire à un CD joyeusement déjanté, à la rythmique sophistiquée et dont les 'lignes mélodiques' sont tracées au couteau essentiellement par les riffs et soli de saxophone. Et si cette description évoque Van der Graaf Generator, c'est plutôt chez les groupes RIO ( Rock in Opposition) chers au label Cuneiform qu'il faut chercher une filiation à Robotobibok. L'album est presque entièrement instrumental, le seul morceau chanté est relativement court et aurait pu provenir d'une vieille radio à la réception précaire. La guitare, fort discrète, ne réserve que quelques interventions basiques. L'ensemble souffre de son côté répétitif, les thèmes s'avérant peu développés. Le CD ne s'écarte que très peu du schéma exposé, les plages s'en révélant donc vite prévisibles. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la présentation est avare de renseignements. Si Univers 0, Djam Karet ou le plus récent Miriodor vous enchante, accordez une oreille à Robotobibok.