« Alone at the Microphone » était l’un des disques country-folk les plus aboutis qu’il nous fût donné d’entendre l’année dernière : à ranger tout près (et au chaud) des disques d’Iron & Wine, de Timesbold et de Fruit Bats, d’autres groupes au talent bucolique hors pair, capables d’égrener de douces mélodies avec une facilité confondante. Ce nouvel album du quatuor de Toronto ne déroge pas à la règle : encore une fois, on a ici affaire à du folk classieux et pas geignard, en droite lignée des meilleurs Neil Young et Leonard Cohen. C’est pourtant simple comme bonjour : chez Royal City on vise la discrétion des arrangements, la luminosité d’une mélodie comme apparue dès les premiers rayons du soleil. Un soleil hivernal, qui réconforte même si dehors il fait plutôt frais. Il faudrait rendre justice à cette country d’une souplesse admirable, qui n’ennuie jamais même si ses airs évoquent parfois des lendemains qui déchantent. En fait on aimerait que tel disque bouleverse plus souvent nos petites habitudes mélomanes : au premier abord ça ne mange pas de pain, et pourtant on y retourne sans cesse, parce que ça nous rassure. Royal : tenez ce mot pour dit.