Schwarz est une formation espagnole (NDR : issue de Murcie, pour être plus précis) drivée par un certain Alfonso Alfonso. « Arty party » constitue apparemment leur deuxième opus. Un disque habillé par une jolie pochette dont le graphisme est inspiré de Picasso. Pas de castagnettes, cependant chez ce trio, mais une musique très contemporaine qui se nourrit au psychédélisme (Spritualized, My Bloody Valentine), au kraut (Can, Faust) et au post rock (Mogwai, Explosions In the Sky), à la noisy pop (Wedding Present) et à l’électronique (Kraftwerk). Un mélange qui fonctionne plutôt bien, même si on reprochera au chanteur d’abuser parfois du vocoder. D’autant plus regrettable qu’il possède une voix éthérée, claire, qui convient très bien à leur solution sonore. Et il le démontre tout au long des rares fragments sur lesquels elle n’est pas trafiquée. Si les deux titres les plus atmosphériques (« Beauty must die » et « 100% fun free ») réverbèrent des accents de guitare réminiscents de Durutti Column, et l’intro de l’excellent et tempétueux « Droning forever » semble calqué sur le « High time » de Motorpsycho, le final mérite vraiment le qualificatif d’apothéose. Son titre ? « Psychotic hypnotic ». Et il en dit long ! Près de 12 minutes découpées en deux phases. Echevelée, la première nous replonge dans l’univers de Spacemen 3. Le temps de quelques accords orientaux, dispensés au xylophone, et on entre dans une symphonie bruitiste digne de MBV…