Ce type est une légende du blues, à l’instar d’un Muddy Waters ou d’un Solomon Burke… Sauf qu’il vient du Mali, bref d’Afrique, terreau toujours fertile de cette musique qui prend aux tripes parce qu’elle parle de nous tous, depuis que la guitare existe. ‘Toute la musique que j’aime / Elle vient de là, elle vient du blues’, gueulait l’autre : et le blues vient de ces terres arides du continent noir, là où crèche Ali Farka Touré. Autrement dit : sa musique, c’est l’essence même de celles sur lesquelles aujourd’hui on pogote, des White Stripes aux Libertines. « Red » et « Green » incarnent à eux deux ce constat, et deux disques d’un coup c’est quand même mieux qu’un seul. Il s’agit en fait de rééditions, puisque « Red » et « Green » sont sortis respectivement en 1982 et 1988, mais n’avaient plus jamais été pressés en cds depuis lors. Et là, c’est la claque : le son est d’une limpidité renversante, au service d’un songwriting à l’impact universel. Il ne faut pas aimer le blues pour aimer ces deux disques, parce qu’ils offrent une musique au-delà des étiquettes, vierge de tout formatage, libre comme l’air et belle comme une naissance. Une guitare, une voix, quelques rythmes : c’est suffisant pour nous donner la chair de poule, comme si se jouait à nos oreilles la Création de ce qu’on entend tous les jours sans plus se poser de questions. Tribal et poétique, originel et essentiel : laissez-vous guider par ce roi mage, car au bout de ses six cordes se trouve la clé de tout un monde, le nôtre, celui pour/par qui ce site existe. Alillujah !