Et si Tricatel était un des meilleurs labels de France et de Navarre ? Malgré sa réputation de refuge pour Parigos excentriques, adeptes du ringardisme rétro-bobo et du yé-yé d’ascenseur, le label de Bertrand Burgalat mérite bien plus que ces étiquettes réductrices, et totalement fausses. Il s’agit bien ici d’une des plates-formes les plus cabotines et cocasses du paysage musical français : on y croise aussi bien le « rap mou » de Michel Houellebecq (oui, l’écrivain) que la soul mayfieldienne de Count Indigo, la variété cabaret chic d’Ingrid Caven que l’électro-pop androgyne de Ladytron, le rock funky d’AS Dragon que les minauderies magiques d’April March. Bertrand Burgalat est le metteur en son de ces improbables rencontres, le Géo Trouvetout magnifique de cette esthétique grand luxe, en rien passéiste. En concoctant cette compile, Tricatel s’impose comme le label à suivre (et à chérir) pour tout amateur de musique décomplexée et chaloupée, loin des canons qui régissent la variété française actuelle et ses quotas de beauferie suffisante. Tricatel, c’est fantastique, et c’est peu de l’écrire.