La scène musicale de Detroit est en pleine effervescence. Mais le plus intéressant procède de la richesse et de la diversité de cette scène. Entre les White Stripes, Blanche et les Waxwings, il est très difficile de faire un lien. Sauf qu’ils ont joué sur la même affiche. A première écoute, on est surtout impressionné par les harmonies vocales des Waxwings. Aussi soignées que chez les Byrds et les Beach Boys elles servent, en quelque sorte, de fil conducteur aux compositions. Des compositions, en général, aussi contagieuses que chez Teenage Fan Club. Encore que lorsque sinusoïdales ou cotonneuses, elles se lovent dans le psychédélisme, l’ombre des Pretty Things se met à planer. Un spectre qui se fait plus présent au fil des écoutes. Surtout lorsque mélodies baroques et instrumentation luxuriante entrent en osmose. Et le concours d’un violoniste, d’un violoniste et de cuivres n’y est pas étranger. On a même droit à du mellotron sur le lancinant « Almost all day », fragment dont le climat frôle l’univers des Flaming Lips. Et pour encore davantage brouiller les pistes, l’opus s’ouvre par une compo dont le groove nébuleux, nonchalant, rappelle les Dandy Warhols (« Wired that way ») et s’achève, nonobstant l’harmonica bluesy, dans la noisy pop hypnotique réminiscente de Ride (« What’s needed now »). Epatant !