‘Iuventus stultorum magister’. Ceux qui imaginaient Dave Gahan et sa bande égarés dans les méandres des courants musicaux, victimes d’une jeunesse sans cesse exploratrice, « Sounds Of The Universe » vient de leur tendre un vilain croche-pied. Ceux qui soupçonnaient le trio Gore / Gahan / Fletcher en panne d’inspiration, cette plaque va leur clouer le bec, et la tête, alouette. « Sounds Of The Universe » est certainement l’album le plus attendu de 2009. Plus ou moins quatre ans après avoir commis le sulfureux « Playing The Angel », on se demandait où nous conduirait le douzième opus studio du groupe de Basildon. A vrai dire, après avoir écouté ce disque, on ne sait pas encore très bien où l’on va ; mais les murs de la pièce au milieu de laquelle on est précipité, sont capitonnés et sombres.
Un certain esprit revivaliste hanterait-il « In Chains », le morceau d’ouverture ? Une chose est sûre, ces sept minutes capiteuses qui ouvrent le bal sont susceptibles de vous communiquer une chair de poule fort agréable. Après cette expérience dermatologique, difficile de ne pas succomber au déjà incontournable « Wrong » ainsi qu’à « Hole To Feed », un des trois morceaux signés par Gahan ; Martin Gore ayant toléré une fois de plus, mais au compte-gouttes, les compositions de Dave. Intemporels, ces treize morceaux sont autant de parts de gâteau empoisonnées ; mais que l’on se ressert paradoxalement avec un appétit féroce. Toujours en avance sur le temps et les modes, les musiciens de Depeche Mode nous démontrent ici une fois de plus qu’ils sont les rois des studios. Si la relation DM / Ben Hillier n’est pas innocente en terme de résultat, on ne peut que marquer son respect vis-à-vis de « Sounds Of The Universe ». Même si les arrangements sont carrément époustouflants et que les mains de Hillier ont traduit ce que les consoles voulaient exprimer, l’honneur revient indéniablement au trio britannique, fervents laborantins du son depuis 28 ans déjà !

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