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By the fire

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En septembre de l’an dernier, Thurston Moore avait publié « Spirit Counsel », un elpee expérimental et instrumental long de 2h30 partagé en trois titres seulement. Une sorte de symphonie avant-gardiste qu’il a reproduit partiellement en concert, et notamment dans le cadre du Sonic City, en novembre de la même année. Rappelant ainsi que les débuts de l’aventure Sonic Youth étaient bien moins accessibles que ce que le mélomane lambda pourrait croire. Née à la fin de la période no wave, c’est-à-dire au début des 80’s, elles étaient même chaotiques, atonales et furieusement abrasives. Ce n’est qu’au début des 90’s, que sa musique est devenue moins impénétrable, notamment après avoir signé sur le label major Geffen.

Pour « By the fire », Thurston n’a pas totalement abandonné ses desseins expérimentaux, mais il les a mieux équilibrés entre les différentes plages. Au sein du line up figurent toujours le guitariste James Sedwards et la bassiste de My Bloody Valentine, Debbie Googe, auxquels sont venus se joindre deux collaborateurs ; en l’occurrence Jon Leidecker aka ‘Wobbly’ (Negativland) et le drummer Jem Doulton. Sans oublier Steve Shelley, l’ex drummer de Sonic Youth, pour un morceau, et le poète londonien Radieux Radio qui s’est chargé de la plupart des lyrics ; des textes au message politique engagé ! Le long playing propose quand même 9 plages pour 83 minutes.

« Hashish » ouvre la plaque, Imprimé sur un tempo motorik, il se distingue par ses cordes de gratte chatoyantes, alors que désabusées, les inflexions vocales de Moore semblent empruntées à Ed Kuepper.

Libérant un fameux groove, « Cantaloupe » met en exergue la conjugaison grungy entre les cordes de Thurston et James, dans un esprit parfois réminiscent des 70’s. Pensez à Iron Butterfly…

D’une durée de 11’, le tentaculaire, « Breath » est découpé en plusieurs mouvements. Subtils, noisy ou bien rock, ils autorisent même un duo vocal entre Moore et Deb Googe ; un morceau qui s’achève dans la distorsion la plus sonicyouthienne…

« Siren » s’étend sur une minute de plus. Une forme de post rock –même s’il y a un peu de vocaux– à la mélodie mélancolique que n’aurait sans doute pas renié Explosions In The Sky ou 65daysofstatic. Encore que parfois, le spectre des ‘Frippertronics’ rôde…

La « Locomotive » et ses voitures ferroviaires parcourent plus de 17’. Ce train fantôme traverse différents paysages sonores dans un climat digne d’un thriller d’Alfred Hitchcock. Des ‘Frippertonics’ (NDR : on y revient !), des claviers floydiens, du rock mélodique chanté, des sonorités chatoyantes (Durutti Column ?) et on en passe défilent avant que le convoi ne vienne se fracasser dans un véritable chaos destructeur… Une référence au long métrage ‘Le pont de Cassandra’ ?

Vocaux éthérés et cordes de guitares semi-acoustiques chatoyantes alimentent l’intriguant « Dreamers work ».

Pas de drums pour « Calligraphy », mais uniquement guitare et basse enrichis par les bruitages électroniques de Leidecker.

Un Leidekcer qu’on retrouve tout au long de « They believe in love (when they look at you) ». Le tempo est obsessionnel. Le climat passe allégrement du crimsonien au thriller tourmenté et angoissant (le retour du train fantôme ?), même si à mi-parcours les inflexions vocales à la Ed Kueper refont momentanément surface…

Instrumental, « Venus » semble flotter seul dans l’espace. Déchiré entre angoisse et mysticisme, cette piste rappelle le respect que porte Moore à Glenn Branca…

Informations supplémentaires

  • Band Name: Thurston Moore
  • Genre: Pop/Rock
  • Label Prod: Daydream Library / Differ-ant
  • Date: 2020-09-24
  • Rating: 8
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