Après Schuller et Montgomery, The Delano Orchestra se pose comme la troisième bonne surprise à épingler sur la scène musicale indie hexagonale. Et on n’en est qu’à la moitié de l’année 2009 ! Cette formation auvergnate émarge plutôt à une forme de folk rock. Elle évolue même à mille lieues de la pop sur-vitaminée de Phoenix ; néanmoins, on peut déjà considérer son premier elpee comme une belle réussite.
Cinématographique voire contemplative, l’expression sonore évoque les grands espaces américains. Et le concours de cuivres accentue cette impression. On a également parfois l’impression d’être en présence de post rock ; mais enrichi de vocaux dont le chuchotement peut paraître hanté. Les morceaux sont longs. Atmosphériques. Pas toujours facile d’accès. Le coup de foudre n’est pas immédiat ; mais si vous succombez au charme de leur musique, vous ne parviendrez plus à en décrocher. Les influences oscillent entre Elliott Smith, Low, Sigur Ros et Sparklehorse. L’émotion est omniprésente. Parfois bouleversante. Tour à tour ténébreuse, mélancolique. La très belle voix plaintive d’Alexandre Delano y baigne comme un poisson dans l’eau. Parmi le tracklisting, j’épinglerai quand même « The Escape » ; une compo de huit minutes dont la superbe finale conjugue envolée de cuivres et intensité électrique. Dommage que les derniers morceaux de l’elpee tirent parfois en longueur.
The Delano Orchestra relève de la structure coopérative Kütü Folk, un label issu de Clermont-Ferrand au sein duquel Alexandre Delano est impliqué. Une totale liberté est accordée aux artistes signés par l’écurie. Un objectif ambitieux destiné à ne pas étouffer l’originalité. Un bel exemple : La pochette de « Will Anyone Else Leave Me? » a été cousue à la main (NDR : Kütü = coud tout ?).
Et pour que votre info soit complète, sachez que le label Kütü Folk abrite également des talents en devenir comme St-Augustine ou Leopold Skin. Qu’on se le dise !

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