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Wooden arms

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En quelques secondes le décor est posé. Il doit chanter les yeux fermés, tant ses textes déroulent des rêves à l’infini. Sa voix chuchotée caresse un monde féérique où le vent souffle et les chœurs glissent sur les montagnes. Les paysages s’étirent à perte de vue mais dès lors qu’on apprend sa participation au dernier disque de Cinematic Orchestra (« Ma fleur » paru en 2007), on ne s’étonne plus de ces sons devenus plus imagés que jamais. Assez en tout cas pour tomber sous le charme de Wooden Arms à travers ce dedans profondément incarné et vivant. Car si cet album évolue au-delà de la beauté contrôlée du précédent « Close to paradise », c’est aussi par une effervescence magique, débridée et joliment fourre-tout. A pas de loup, le magicien étire ses rondeurs, tour à tour, sur un piano envoûtant (« Drifters »), un banjo, une harpe lascive et des percussions improvisées. Rien n’est laissé au hasard ; roue de vélo, casserole, branche, ventouse, claquements de tiroirs, du tout et n’importe quoi pourtant tellement bien à sa place. Patrick Watson ou les errances qui toujours aboutissent ; on apprivoisera sans heurts cette boîte de Pandore.

Sensuel, il l’est toujours à souhait, surtout accompagné de la voix de Lhassa, invitée furtive d’un étonnant morceau doux et hivernal à la fois (« Hommage »). On reste un peu plus perplexe devant son décor cabaret et fumée bleutée (« Travelling salesman ») ou son ambiance hantée et saturée (« Down at the beach »). Mais après avoir croulé sous le romantisme assassin du morceau « Wooden arms », on est prêt à subir n’importe quelle expérimentation pourvu que cette voix hypnotique continue de nous souffler doucement dans le cou.

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Patrick Watson
  • Genre: Pop/Rock
  • Label Prod: Tôt ou tard / Warner Music
  • Date: 2009-04-28
  • Rating: 4
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