Il n’aura même pas essayé de dissimuler sa véritable identité, le bougre. Il faut dire que doué d’une voix comme la sienne, Paul Banks, leader d’Interpol, aurait difficilement pu cacher à son public qu’il était l’homme derrière cet étrange pseudonyme. Julian Plenti est l’homme qui permet à son créateur de se perdre dans des divagations pop-rock que ce dernier ne se serait pas nécessairement permis en compagnie de sa formation initiale (« Unwind », « H », « Girl In The Sporting News », « Fly As You Might »…), même si certains morceaux auraient pu figurer dans l’une ou l’autre œuvre d’Interpol (« Fun That We Have », « Games For Days », « Only If You Run »). Banks se fait plaisir en ranimant ce vieux projet laissé pour mort suite à l’avènement du succès incontrôlé de sa troupe. De ses archives, Julian Plenti a extirpé onze écrits à la hauteur de ce que l’on pouvait attendre de l’homme derrière le personnage.
« Julian Plenti is… Skyscraper » est le parfait antidote à l’impatience que pourraient éprouver les fans d’Interpol. Plus particulièrement ceux qui ont éprouvé une relative déception à la sortie de « Our Love To Admire », troisième recueil d’Interpol dont beaucoup reprochait le côté statique. Banks applique ici le ‘damage control’ avec brio. Reste à voir si cette incartade octroiera un nouveau souffle à son quatuor dont le quatrième essai est attendu dans le courant de 2010.

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