Roulez pétards, revoilà le Peuple de l’Herbe. On ne m’ôtera pas l’idée que les Français ont pris un tournant dans leur style, qui semble définitif. Souvenez-vous de « Triple Zero » en 2000. L’album excellait en ragga dub. Parsemé de quelques intros succulentes, on s’y perdait en volutes euphorisantes et on écoutait l’album le sourire aux lèvres. Quand en 2005, paraît « Cube », on sent déjà que la came à changé de texture. L’électronique drum’n’bass commence à pointer son nez, et les riffs tranchants découpent notre univers cotonneux de leurs sabres vengeurs. L’arrivée de Spagg, consécutive au départ de DJ Stani lors de la tournée qui a suivi l’album, n’est sans doute pas innocente à la ligne de conduite que la formation a commencé à suivre. Paru en 2007, « Radio Blood Money » frisait le post apocalyptique dans un univers à la Fritz Lang, le tout poussé par une jungle cocaïnomanée.
Qu’en est-il de ce « Tilt » que les Lyonnais nous réservent pour la fin novembre ? Pratiquement, on reste dans le jump n’ bass tendance jungle. Si Sir Jean à la voix gutturale croise brillamment –et comme à l’accoutumée– le fer avec JC 001, Spagg, N’Zeng et Psychostik n’en finissent plus de vouloir nous voir suer sur leurs beats explosifs. On voit bien que ce ne sont pas eux qui se tapent la lessive ensuite. Le cœur un peu serré, on écoute la galette avec nostalgie. Oui, on reconnaît la patte des Français, oui il s’agit là d’une continuité musicale pertinente, oui Le Peuple de l’Herbe reste le Peuple de l’Herbe ; mais je préférais, personnellement, quand le gazon était plus vert et plus moelleux. « Tilt » recèle quand même quelques fragments plus ‘chill’, dont le morceau « Nightmare Back Against », signe que tout n’est peut-être pas perdu. La galette est cependant généreuse et incitera la foule à lever les bras pour scander en chœur « Le Peuple… de l’Herbe »… Mais ouaiiiiis vieux !!

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