Enfant du Midwest, Gripka a probablement quitté son pays de redneck pour rejoindre New-York, en rêvant de succès. Mais aurait-on déniché un successeur à Ryan Adams ? Possible… Israel Nash Gripka en est probablement un fidèle disciple. Suffit d’écouter « New-York Town », son premier opus, pour s’en convaincre. A croire qu’il reverse une partie de ses gains au leader des Cardinals. Mais vu la baisse de régime accusée par Ryan Adams, au cours des dernières années, il est peut-être préférable de se tourner vers ce talentueux et très appliqué élève…
Si vous aimez la musique folk, « New-York Town » devrait vous plaire. La voix de Gripka est belle, troublante, bouleversante même parfois. Elle campe un timbre sis quelque part entre celui d’Adams et de Bruce Springsteen (NDR : sur « Confess », tout particulièrement). Tous les ingrédients inhérents à l’americana sont réunis : harmonica, pedal steel, piano, etc. Bref le parfait petit univers du cowboy mélancolique.
Malheureusement, chez Israel Nash Gripka, tout sent la récup’. Jusqu’au disque lui-même, empruntant le design d’un vieux vinyle. Parce que pour réussir un plat classique, il ne suffit pas de réunir les ingrédients indispensables pour le préparer. Il faut aussi savoir cuisiner. Et y mettre un peu de piment. C’est sans doute là que le bât blesse. Car sa musique manque cruellement de personnalité. Pas que l’innovation soit indispensable. D’ailleurs, certains artistes prévisibles mais talentueux font toujours la même soupe dans la même vieille marmite. Et sa digestion ne pose jamais aucun problème. Simplement, on aimerait que le potage soit chaud, et pas réchauffé… Aussi, si vous êtes un inconditionnel d’americana pur et dur, je vous conseillerai plutôt la dernière œuvre de Slaid Cleaves, bien plus intéressante...

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