Encore du banjo ? L’explication procéderait-elle d’une accalmie dans les rediffusions télévisées de vieux westerns ? A moins peut-être que les fans de Bonanza auraient décidé de propager leur dépendance à d’autres secteurs. Et en particulier celui de la musique. Difficile d’y répondre. L’histoire ne nous dit pas non plus, si les Gantois de Yuko auraient préféré rejoindre la tribu des Apaches plutôt que celles des tuniques bleues. Si l’on rajoute à ce parfum de Cecil B. DeMille, une guitare sèche, quelques envolées spontanées dans les compos et une grosse dose de flammes crépitantes, on tombe vite dans l’hyper cliché folk, autour du brasero. Ce serait insultant pour nos compatriotes de s’arrêter à de telles images d’Epinal. Derrière les rumeurs de bisons qui s’abreuvent à la rivière, gronde une pop indie qui vient remuer le campement. On plie les couvertures, on remballe le pemmican, il y a de la route à faire.
Yuko ce sont Kristof, Karen, Tom, Lotte et Rolf, cinq Gantois qui entament leur carrière sur de très bonnes bases. Outre les sons ancestraux des cordes qu’ils semblent parfaitement maîtriser, le combo inocule surtout une electronica solennelle susceptible de transformer « For Times When Ears Are Sure » en petit bijou electro-pop croustillant. Aussi fragile qu’une craquelure sur un parchemin, l’elpee nous balade sur un sentier dépoussiéré quelque part entre Radiohead et Mogwai, selon la bonne grâce du cocher. Remarquable pour un début, les mots ‘prometteurs’, ‘enthousiastes’ ou ‘généreux’ prennent un petit accent belge qui nous fait bomber le torse. Vas-y, rallume le calumet et fais tourner.

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