Après avoir goûté les essais en solitaire, plus ou moins convaincants, de Nicolai Fraiture (Nickel Eye), Fabricio Moretti (Little Joy) et d’Albert Hammond Jr., on se demandait ce que le leader et compositeur principal des Strokes, Monsieur Casablancas, allait nous concocter, sans ses acolytes. Un certain scepticisme entourait la blogosphère et je dois avouer que la première écoute de cet elpee n’a pas été couronnée de succès. Heureusement, dès la deuxième, sa voix hypnotique a recommencé à m’envoûter. Même ton languissant, filtré et désinvolte. Sans oublier cette évidence mélodique (NDR : ces refrains !) terriblement contagieuse. Les plus blasés se résigneront à l’admettre, « Phrazes For The Young » est une véritable réussite.
Tout en conservant ses aptitudes vocales, reflet d’une identité propre, Julian Casablancas est parvenu à se construire un univers distinct de celui de son célèbre groupe au succès planétaire. Ses compositions solos s’avèrent en effet bien plus contemporaines. Novatrices et expérimentales, même parfois. Au risque parfois de surprendre, à l’instar du pourtant très réussi « River Of Brakelights », chanson dérangée à tonalité futuriste que l’on n’attendait pas forcement d’un chanteur souvent qualifié de vintage. L’album s’ouvre par « Out Of The Blue », le morceau parfaitement le plus ‘strokien’ du lot. D’ailleurs son refrain aurait pu figurer sans problème sur une compo de l’elpee « Is This It » (NDR : opus récemment proclamé album de la décennie par le vénérable NME). Dès le second morceau, « Left & Right In The Park », les claviers et boîtes à rythmes font leur apparition. Le refrain est à nouveau fédérateur et suscite même mon enthousiasme. Et caractérisé par son clavier 80’s addicitif, le single « 11th Dimension » est de la même trempe. La suite de l’œuvre concède quelques plages moins irrésistibles, quoique de bonne facture. Et notamment la ballade « 4 Chords Of The Apocalypse » et le presque country « Ludlow St. ». Julian Casablancas a en outre, pris l’excellente initiative de limiter « Phrazes For The Young » à 8 chansons. Pas de temps mort ou de morceaux réellement inutiles. La production rétro-futuriste de Jason Lader (Jay-Z, Gwen Stefani, Coldplay) colle de plus merveilleusement à l’ensemble.
Cet album constitue une très bonne surprise. Surtout de la part du nouveau ‘golden boy’ du rock américain, dont on n’attendait –reconnaissons-le– plus grand-chose. Je me demande d’ailleurs, si les aventures individuelles des différents musiciens ne sont pas plus excitantes que l’attente d’un retour hypothétique des Strokes…

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