Kazumasa Hashimoto n’en est pas à son coup d’essai. Déjà responsable d’une discographie comptant 5 éléments (4 LPs et 1 B.O.), le Japonais propose un cinquième recueil studio d’une qualité inattendue. « Strangeness » est le type même de disque dont la sortie (trop) discrète constitue un véritable gâchis pour l’auteur. Il ne faut être pas forcément familier à l’univers d’Hashimoto pour deviner, dès la première écoute, que l’homme a de la suite dans les idées.
« Strangeness » unit très subtilement une pop bucolique à des arrangements post-classiques. Et pour la première fois de sa carrière, le maestro introduit des parties chantées au sein de ses compositions. Gutevolk, artiste relativement inconnue dans nos contrées, accompagne au micro son compatriote. La combinaison des douces vocalises de Hirono Nishiyama (NDR : le vrai nom de Gutevolk) et de la touche éthérée des arrangements d’Hashimoto confère à l’ensemble une fascinante atmosphère séraphique.
Un seul reproche est à adresser à ce « Strangeness ». Le disque se clôture sur le titre-maître, une plage instrumentale de plus de 20 minutes qui, sans être tout à fait lassante, aurait gagné à n’en compter que la moitié. Mais peut-être est-ce là la manifestation d’un esprit nébuleux préférant l’abondance des idées au confinement pur et simple de l’imagination… Vivement conseillé.

Nederlands
Français 
