Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

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Julia Drouot a coupé court…

De ses années de conservatoire, il reste à Julia Drouot peut-être le goût de ses fugues, non pas celles qui se jouaient au XVIIème siècle dans les salons des cours européennes, mais celle qui se chausse de semelles de vent. La chanteuse et compositrice a…

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Serph

Vent

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Agé d’une vingtaine d’années, ce jeune Tokyoïte relève du label japonais Noble (Films, Yasushi Yoshiba, …) « Vent » constitue son deuxième opus, mais le premier publié chez Noble. Il fait suite à « Accidental Tourist », paru l’an dernier.

A la première écoute de « Vent », on est stupéfait par la maîtrise du jeune artiste. Son mélange d’électronica, de jazz et de lounge est particulièrement homogène. Les nappes de piano (NDR : le musicien n’en jouerait que depuis trois ans !) se fondent parfaitement dans les rythmiques électroniques. Le xylophone (« Pen On Stapler »), les cuivres (March ») et d’autres instruments encore, enrichissent circonstanciellement la solution sonore. C’est propre, apaisant, typiquement asiatique. Parfait pour sonoriser les scènes du cinéma japonais contemplatif. Idéal pour décrire de sublimes paysages. Des morceaux tels que « Feather » ou « Iceyedit » en sont d’excellents exemples. Mais malheureusement, à force de jouer sur le contemplatif et la mélancolie, la musique de Serph se transforme petit à petit en musique d’ascenseur. Et finit par nous précipiter dans le plus profond ennui.

Dommage, car le jeune Nippon ne manque pas de talent. Faudrait peut-être qu’il injecte un brin de folie et d’énergie dans sa création, afin de la rendre plus vivante…  

 

Triptykon

Shatter (Ep)

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Sept mois à peine après la sortie de l’écrasant « Eparistera Daimones », Tomas Gabriel Warrior se rappelle à notre bon souvenir en publiant un nouvel Ep hyper plombé de Triptykon, son nouveau gang démoniaque.

D’une durée approximative de 28 minutes, « Shatter (Eparistera Daimones Accompanied) » est un brûlot sulfureux partagé en cinq déflagrations métalliques inédites : trois titres studio mis en boite lors des sessions d’enregistrement d’« Eparistera Daimones » et deux classiques de Celtic Frost (NDR : le combo métal-avant-gardiste dont Tom G. Warrior était le leader), interprétés live par Triptykon lors de sa performance en tête d’affiche du Roadburn Festival de Tilburg aux Pays-Bas, au début de cette année.

Si vous avez apprécié le doom métal oppressif distillé par Triptykon sur « Eparistera Daimones », vous apprécierez forcément « Shatter » et « I am The Twighlight », les deux titres ultra-plombés qui ouvrent cette galette malsaine. Les guitares y sont conduites, en manifestant la même vélocité et l’entrain d’un gastéropode suicidaire. Constitué de bidouillages électroniques déprimants, « Crucifixus », sert d’interlude. Un instrumental tout à fait inutile.

La très bonne surprise de l’Ep, vous vous en doutez, procède de la présence de « Circle Of The Tyrants » et « Dethroned Emperor ». Issues du répertoire de Celtic Frost, les deux bombes peuvent enfin s’apprécier pleinement. A cause de la puissance du son, bien sûr, mais surtout de sa transposition contemporaine. Plus qu’appréciable ! Surtout que Warrior accueille sur « Dethroned Emperor » un invité de marque en la personne de Nocturno Culto, l’un des leaders du groupe black métal culte Darkthrone.

« Shatter » sera disponible en divers formats : Cd, téléchargement digital et Ep vinyle. Avis aux collectionneurs !

Ce qui m’appartient t’appartient…

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Le troisième opus studio de Cold War Kids paraîtra ce 24 janvier 2011. Il s’intitulera « Mine is yours ». Partagé en 11 titres, il a bénéficié du concours de Jacquire King (Kings of Leon, Tom Waits, Modest Mouse), à la production et au mixing. Les sessions d’enregistrement ont duré trois mois, à Nashville et Los Angeles. Cet elpee fait suite à « Loyalty to Loyalty », sorti en septembre 2008.

http://www.myspace.com/coldwarkids
http://www.coldwarkids.com/

Ray Davies et ses potes…

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Le 2 novembre 2010 paraîtra un album de Ray Davie, au cours duquel le légendaire génie des Kinks revisite certains de ses plus grands succès écrits au cours de quarante-six années de carrière. Pour la circonstance il a bénéficié de la collaboration d’une incroyable brochette d’artistes : Bruce Springsteen, Alex Chilton, Black Francis, Billy Corgan, Metallica, Jackson Browne et bien d’autres.

(d’après communiqué de presse)

Il se produira, en outre, à l’Olympia de Paris, le 31 octobre 2010

Tracklisting

Ray Davies & Bruce Springsteen – 'Better Things'
Ray Davies, Jon Bon Jovi & Richie Sambora – 'Celluloid Heroes'
Ray Davies & Mumford & Sons - 'Days/This Time Tomorrow'
Ray Davies, Lucinda Williams & The 88 - ' Long Way From Home'
Ray Davies & Metallica - 'You Really Got Me '
Ray Davies & Paloma Faith - 'Lola'
Ray Davies & Jackson Browne - 'Waterloo Sunset'
Ray Davies, Alex Chilton & The 88 - ''Til The End of The Day '
Ray Davies & Amy Macdonald - 'Dead End Street'
Ray Davies & Spoon - 'See My Friends'
Ray Davies & Black Francis - 'This Is Where I Belong'
Ray Davies & The 88 - 'David Watts'
Ray Davies & Gary Lightbody - 'Tired Of Waiting'
Ray Davies & Billy Corgan - 'All Day And All Of The Night/Destroyer'

Pour regarder la vidéo de You Really Got Me de Ray Davies & Metallica : http://www.youtube.com/watch?v=AOggzsHwar0&feature=related

 

Une année en or!

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La formation londonienne Ou Est Le Swimming Pool publiera son premier album, « The Golden Year », ce 25 octobre 2010. L’album a été mis en forme par Charles Haddon, le chanteur du groupe, ainsi que le co-compositeur et producteur Ander Kallmark. Il inclura les 3 singles, parus à ce jour. Ou Est Le Swimming Pool ou un come-back dans la new wave de la fin des 70’s teinté d’électro du début des 80’s. Ce qui revient à peu près à la même chose…

http://www.myspace.com/ouestleswimmingpool

Une double compile pour Suede…

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Une double compile consacrée à la formation insulaire, Suede, sera publiée ce 1er novembre. Elle recèle 35 titres dont la plupart des hits et a été remixée par Chris Potter. Reformé, le groupe est d’ailleurs reparti en tournée, un périple qui passera par le Cirque Royal ce 29 novembre. En espérant la sortie d’un tout nouvel opus ?

Tracklisting

Cd 1

1.     Animal Nitrate
2.     Beautiful Ones
3.     Trash
4.     Filmstar
5.     Metal Mickey
6.     New Generation
7.     So Young
8.     Wild Ones
9.     Drowners
10.   Stay Together
11.   Lazy
12.   Everything Will Flow
13.   We Are The Pigs
14.   Can't Get Enough
15.   Electricity
16.   Obsessions
17.   She's In Fashion
18.   Saturday Night

Cd 2

1.     Pantomime Horse
2.     My Insatiable One
3.     Killing Of A Flashboy
4.     This Hollywood Life
5.     Europe Is Our Playground
6.     My Dark Star
7.     Sleeping Pills
8.     By The Sea
9.     She
10.   Heroine
11.   The Living Dead
12.   To The Birds
13.   The Big Time
14.   The Two Of Us
15.   Asphalt World
16.   Still Life
17.   The Next Life

http://www.suede.co.uk/

 

La mauvaise réputation de Driving Dead Girl

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Le second opus de Driving Dead Girl sera dans les bacs ce 18 octobre. Son titre ? « Don't Give A Damn About Bad Reputation ». Il est présenté comme un mélange entre Jon Spencer & The Blues Explosion, un Roy Orbison survitaminé et les Cramps. Quand à la voix, elle camperait un hybride entre Nick Cave, Pop et Peter Te Bos (Claw Boys Claw).   

Pour voir la vidéo de “Don't Wanna Talk About That Girl Anymore” : http://www.youtube.com/watch?v=2ju0x6h1ydY

Website MySpace : http://www.myspace.com/drivingdeadgirl

 

Josh Groban illuminé ?

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Josh Groban publiera son nouvel album intitulé « Illuminations » ce 12 novembre 2010. Produit par Rick Rubin (the Red Hot Chili Peppers, Gossip…), cet album reste un album très personnel. Une association, surprenante, il faut le reconnaître…

Tracklisting:

1)  Wandering Kind (Prelude)
2)  Bells Of New York City
3)  Galileo

4)  L’Ora Dell’ Addio
5)  Hidden Away
6)  Au Jardin Des Sans Pourquoi
7)  Higher Window
8)  If I Walk Away
9)  Love Only Knows
10)  Voce Existe Em Mim
11)  War At Home
12)   London Hymn
13)   Straight To You

http://www.joshgroban.com/

 

Baloji à Ath !

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La Maison Culturelle d'Ath a le plaisir d'accueillir Baloji en concert au Palace, le samedi 6 novembre à 20h.

Il a la classe. Il a le groove. Il porte le sourire en guise de respiration et son sens de la fête n'efface jamais son désir vital de rappeler des vérités toujours bonnes à entendre.

Ce n'est pas de la world music, c'est notre musique !, clame-t-il. La sortie de

Trois ans après son premier album solo, Baloji, le plus belge des rappeurs congolais, effectue le voyage en sens inverse. Si « Hôtel Impala », qui avait fait sensation aux Octaves d’Or en 2008, avait été conçu avec des musiciens belges pour se rapprocher d'un pays natal et d'une maman qu'il a si peu connu, c'est à Kinshasa et avec des artistes locaux que l'ex-Starflam démêle cette fois ses racines. Ainsi son « Kinshasa Succursale » replace 50 ans d'indépendance du Congo dans un contexte musical.

Avec ce nouvel opus, entouré de l’orchestre de la Katuba (ghetto de Lubumbashi), il a notamment embarqué le public de Couleur Café et des Francofolies de Spa dans un tourbillon de registres aux « lyrics » remplis d’émotion et de réflexion.

Difficile en effet de ne pas se laisser entraîner par ces airs de rumba congolaise, ces poussées de funk à la George Clinton, ces secousses tribales et ce hip-hop conscientisé qui évite de donner des leçons…

(D’après communiqué de presse)

Paf : 15€, 12€, 10€, 1,25€ (Art. 27)

Pour plus d’infos : http://www.maisonculturelledath.be

 

Hippopotard 2010 : samedi 16 octobre

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Un coup de gueule avant de commencer ce compte-rendu : 120 personnes pour assister à un festival proposant une telle affiche relève de l’indécence. Soit le public n’est plus capable de se bouger le cul, soit il ne veut plus se déplacer par crainte des contrôles routiers. Dans ce dernier cas, l’Horeca devrait aussi en subir les conséquences. Faudra leur demander. A moins de pouvoir se payer le taxi ou alors de disposer d’un transport en commun à 2 heures du matin. Mais là, on peut toujours faire le poirier. Déjà qu’en ville, à moment-là, il n’y a plus un bus, mais à Béclers, faut quand même pas rêver. C’est le paradoxe à la belge ! On impose des règles, mais on ne prévoit aucune alternative. Il faut donc se mettre à l’eau. Et au pain sec tant qu’on y est. Ou trouver un Bob qui se sacrifie. On s’étonne ensuite, que seules les grandes villes (NDR : quand les transports en commun offrent encore une alternative plus tardive) peuvent encore organiser des événements (sub) culturels. Et pour la province, qu’elle se contente de regarder les âneries de TF1 à la TV. Mais revenons à notre soirée, au cours de laquelle se produisait trois groupes belges : Dashbox, Hands Up Boys et Rockin’ Drinkin’ Guys.

Dashbox est un quatuor bruxellois qui aime les couleurs. Le bleu, le vert, le jaune et le rose. Ce sont les teintes des chemises portées par les musiciens. Ils sont jeunes, beaux (NDR : c’est ma femme qui l’a dit), et viennent de sortir de la machine à laver. C’est d’ailleurs le décor derrière lequel se cache le clavier. En carton, mais on les comprend, quand on n’a pas de flouze. Pourtant, le groupe se débrouille plutôt bien dans son style allègre, dansant, directement inspiré par Franz Ferdinand, même si dans leur solution sonore, on décèle des traces de blues. Deux reproches, cependant ! Tout d’abord le son de la basse. Trop saturé (NDR : dans le jargon on appelle ça un bruit de casserole). Et puis un set trop long. Surtout pour un premier groupe. N’empêche, le combo a du potentiel. Qu’il doit encore travailler. Et en plus, les musicos sont sympas.

Après quatre garçons, place à autant de filles : Hands Up Boys. Le quatuor s’était produit lors du dernier festival D’Hiver Rock, à Tournai. Et nous avait laissé une excellente impression. Un changement de line up, quand même, puisque Elisabetta, la showwoman, est retournée dans son Italie natale. Elle a été remplacée depuis peu par Kadoyi Bongo. Elle est née à Kinshasa. Et se réserve la guitare ainsi que le chant. C’est d’ailleurs le deuxième concert auquel elle participe. Clémentine, derrière ses machines à sampler occupe le devant de la scène. C’est elle qui a pris le rôle d’animatrice. Isabel s’est installée, au fond à droite, derrière ses fûts. Et puis, à gauche, Cloé Defossez (NDR : ben oui, du Trèfle aussi) se réserve la six cordes ou la basse. Première constatation, la musique a pris une coloration nettement plus hip hop, tout en gardant une ligne de conduite funkysante. Le public s’est approché du podium et semble apprécier le concert (NDR : un peu trop court, mais excellent ; même si à l’issue de celui-ci, Cloé nous a déclaré préférer le voir rester sur sa faim…) L’humour est omniprésent, les vocaux excellents. Mais les harmonies vocales moins évidentes. D’abord, la voix fine de Cloé se met, au fil du temps, en retrait. Et progressivement, le timbre et les inflexions soul, fiévreuses, phénoménales, de Kadoyi prennent l’ascendant. Elle est toute petite (NDR : 1m55 au plus), mais grande par le talent. Réflexion : le quatuor va devoir gérer quatre fortes personnalités. Car si la dernière arrivée semble timide, son aura sur le podium est impressionnante. Ce qui pourrait la muer en leader naturelle. Faut dire que quand on possède une telle voix. Et souvent on connaît la suite… A contrario si les filles parviennent à trouver le parfait équilibre, c’est une future grande pointure du rock belge qui risque de nous tomber sur la cafetière. Et ma marge d’erreur est souvent réduite ; les lecteurs le savent pertinemment bien…

Paraît que le trio Rockin’ Drinkin’ Guys tourne énormément, et pas seulement dans la région. Une formation de rockabilly qui a la patate (NDR : oui, je sais, en milieu rural, c’est une blague à deux balles…) Mais pas seulement, puisque les musiciens ont régulièrement le loisir de côtoyer des pointures du blues. Le drummer est un fou furieux. Comme dans tout combo de rockabilly, il joue debout. Une caisse claire, un bass drum et deux cymbales. Il porte un t-shirt des Stray Cats (NDR : ben tiens !) Le chanteur/guitariste –une vraie baraque, mais un visage de poupon– lui, arbore une chemise à carreaux. Il manie habilement sa gratte. Sa voix, il la calque très souvent sur celle d’Elvis, mais elle manque encore de timbre. Ou de vécu, selon. Enfin, le troisième larron, Julien est un hyper doué. Casquette de titi parisien, c’est le sosie de Jean Dujardin. Sa contrebasse, il la manipule les yeux fermés (NDR : c’est une métaphore). Il la fait tournoyer, la chevauche (NDR : oui, oui, c’est une réflexion à connotation sexuelle…) et en extrait des sonorités vibrantes et d’une grande mélodicité. Le groupe privilégie les covers : Johnny Cash, Eddie Cochran, etc., mais délivre quelques compos personnelles. C’est énergique, excitant et certains spectateurs se mettent à danser le rock’n roll. En rappel, le trio se fend d’une version du « Shake Baby Shake » de Champion Jack Dupree. L’ambiance est à son comble. Et en second encore, à la demande du public, Julien se met à souffler dans un harmo, lors d’un blues tout bonnement époustouflant. Si leur set était excellent en version rockabilly, il me plairait d’aller les applaudir sous une forme blues. Et là, l’ami Jean-Claude, faudra venir voir ces jeunes qui déchirent grave…

En souhaitant une nouvelle édition l’an prochain, un coup de pouce aux organisateurs de la part de sponsors et surtout un engouement bien plus conséquent du public. Ce serait bien la moindre des choses. Et s’il le faut, un bus qui ramène tous les Tournaisiens qui ont fait la fête, dans la Cité des 5 Clochers…

Dashbox + Hands Up Boys + Rockin’ Drinkin’ Guys

 

of Montreal

Spectacle total

Écrit par

Lors d’une interview accordée dans un magazine belge, Kevin Barnes, chanteur et tête pensante d’Of Montreal confiait, à propos de la prochaine tournée de son groupe, qu’il allait mettre sur pied une performance théâtrale assez complexe. La plus grande production de l’histoire de la formation. Et mettre en scène une multitude de marionnettes humaines, nécessitant une foule de costumes. Jugeant même ce projet formidable…’ Autant dire que ces déclarations ouvrent l’appétit, surtout lorsqu’on connaît les prestations ‘live’ complètement déjantées du groupe d’Athens (Georgie). D’ailleurs les spectateurs présents à la Rotonde, voici 2 ans, se rappellent sans aucun doute de leur show complètement barré.

Le concert accordé ce vendredi 16 octobre à l’Orangerie offrait une merveilleuse occasion de vérifier ses dires et de découvrir leur nouvel album, « False Priest ».

20h00 pétantes, la première partie s’apprête à monter sur la scène du Botanique. La salle est à moitié remplie, l’ambiance décontractée. Tape Tum est un duo belge, renforcé par un groupe réunissant Bruxellois et Gantois, en ‘live’. Il tente de chauffer la salle. Et leur tout premier morceau suscite manifestement l’enthousiasme. Malheureusement, l’intensité retombe aussi rapidement qu’elle s’est déclenchée. La concentration de l’audience s’étiole et les bavardages s’intensifient. Pourtant, le rock teinté d’exotisme de ce combo ne manque pas de charme, mais le mélomane lambda éprouve de grosses difficultés à suivre le fil du concert. Néanmoins, après une demi-heure, le band se retire, sous les applaudissements du public.

Vers 21h00, une partie de la troupe d’Of Montreal, tout de blanc vêtue, monte sur les planches. La salle est maintenant remplie. Un écran géant sert de décor. Les premières sonorités de guitare déchirent l’univers sonore. Il règne alors un climat lourd et malsain. Un homme-poisson, armé de fusils, les rejoint. Il est suivi, quelques instants plus tard, par le leader, Kevin Barnes. Maquillé (NDR : comme d’hab !) et vêtu d’une robe. Le combo ouvre alors les hostilités set par un des morceaux du nouvel elpee, « Coquet Coquette ». Les lumières scintillent, les musiciens s’en donnent à cœur joie et Barnes se tortille dans tous les sens, lorsque soudainement, un démon fait son apparition. Et entame alors un combat contre le poisson !!! En un seul morceau, Kevin Barnes est parvenu à nous entraîner au sein d’un univers surréaliste. Un monde des ténèbres en mode funky. Qui  dit mieux ? Les titres du dernier opus s’enchaînent. Le public est conquis. Impossible de quitter le spectacle des yeux. Chaque compo offre son lot de surprises. Lorsque les démons ne se chamaillent plus, les fantômes aux ailes dorées les remplacent. Tout est imaginé et exécuté à la perfection, tant au niveau musical que scénique. Mais lorsque Barnes revient déguisé, une corde autour du cou, pendant que des images de visages d’enfants et de vieillards qui se déforment au rythme de la musique sont projetées, l’Orangerie est comme pétrifiée. Si la majorité des plages du dernier long playing sont interprétées, la formation n’oublie cependant pas ses morceaux les plus ensorcelants, tels que « For Our Elegant Caste », « An Education Instance » ou encore « Heimdalgate Like A Promethean Curse ». Autant dire que les fans se régalent. Après une heure et demie, la troupe se retire.

A peine 5 minutes plus tard, l’équipe revient sur l’estrade et entame une série de reprises dont le « Thriller » de Michael Jackson. Of Montreal s’amuse et c’est visible. Plaisir communicatif au vu du nombre de spectateurs se déhanchant sur les rythmes entraînants. Que du bonheur donc… Kevin Barnes et ses comparses vident les lieux pour revenir quelques instants plus tard. Ils nous réservent alors ce qui constitue, pour votre serviteur, le meilleur morceau d’Of Montreal paru à ce jour: « The Past Is A Grotesque Animal ». Dépouillé de tout apparat, démaquillé, Barnes y révèle toute sa sensibilité à fleur de peau. Dix minutes qui s’achèvent dans un véritable bordel sonore. Le groupe se retire alors, définitivement. Respect !

Après deux heures de représentation, il faut reconnaître que Kevin Barnes a tenu parole. Car finalement, ce n’est pas à un concert que nous avons assisté, ce soir, mais à un spectacle total. Au cours duquel il apporte des tas de couleurs aux ténèbres. Lors de cette dernière date européenne, Of Montreal est allé au bout de lui-même et ce don de soi, le public l’a parfaitement perçu… 

Organisation Botanique

Various Artists

The Cliffhanger Project

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Richard Chalk est le boss du label Topcat. Une écurie établie à Dallas très exactement, qui nous propose une nouvelle aventure du Lone Star State, c’est-à-dire un concentré d’artistes et de groupes qui se nourrissent aux savoureuses guitares texanes. Pour concocter ce « Cliffhanger Project », il s'est tourné vers une bourgade proche de Dallas, sise au sud de la rivière Trinity, en l’occurrence la riche communauté musicale d’Oak Cliff. C'est d'ailleurs de cette cité que sont originaires Ray Wylie Hubbard, Jimmie et Stevie Ray Vaughan. Mais pour la circonstance, il a choisi des gratteurs locaux, dont la plupart sont d’illustres inconnus. Ils se partagent les treize plages.

Rocky Athas est certainement le moins méconnu. Il est, en effet, sixcordiste chez le Blues Breakers de John Mayall. Cet ancien compagnon de classe de Stevie Ray a également longtemps milité au sein de Black Oak Arkansas. Il participe à quatre plages de ce recueil. Et tout d’abord "Texas girl", une ouverture saignante caractérisée par la guitare, dont il torture et écrase les sonorités à l’aide de ses pédales, dans un style proche de Vaughan. Et c’est son pote, Larry Samford, qui se charge des vocaux. La même équipe est reconduite pour attaquer "I'm tired", probablement la meilleure compo de Chris Youlden, personnage longiligne qui était préposé au chant, chez le Savoy Brown de la grande époque. Le travail de Rocky sur les cordes est grandiose. Ensuite, lors de la plage instrumentale, "Another day, another time". Enfin, Athas et Jimmy Wallace se partagent les cordes lors d’un autre instru, dont le titre correspond parfaitement au projet : "Oak Cliff Guitar Boogie".

A l’instar de Jerry Don Branch et Robert Ware, Wallace a sévi chez les Stratoblasters. Ils sont ici réunis pour la reprise de "The score", écrit par un certain Willie Dixon. Un excellent slow blues, chargé d'intensité dramatique. Un pur Texas blues au cours duquel les deux guitares s’emballent littéralement. Assez proche de celle de Billy Gibbons du ZZ Top, la voix de Branch est également percutante. La même équipe participe à la finale, en l’occurrence une merveilleuse reprise du "People get ready" de Curtis Mayfield. Les Stratoblasters, c'était le backing band de Bugs Henderson, un des grands gratteurs de Dallas. Et Bugs avait autorisé Wallace de reprendre le patronyme. Jimmy est aussi le patron du Dallas International Guitar Festival. A l'affiche de l’édition 2010, figuraient notamment Mike Morgan, Smokin' Joe Kubek, Buddy Whittington, Bugs Henderson, Denny Freeman, Rick Derringer, Neal Schon et Ted Nugent (NDR : ouf !)

Particulièrement doué à la slide, Christian Brooks drive son propre band, un combo aussi à l’aise dans l’univers du blues, southern rock, boogie, cajun ou honky tonk. Il interprète ici son "What's it gonna be?"

Russell Stonecypher n’est guère notoire. Il adapte le "Big legs, tight skirt" de John Lee Hooker. Sa slide transperce ce boogie très dynamique, mais sa voix est plutôt quelconque. Il enchaîne par le "She's got a ring in his nose and a ring in her hand" de Chris Youlden, et enfin, le standard "Take out some insurance" de Jimmy Reed.

Mike Jeffrey et Mike McCullough sont tout aussi anonymes. Ce qui ne les empêche pas de se révéler de talentueux musiciens. Ils se fendent d’une cover du "The nazz are blue" des Yardbirds époque Jeff Beck, un blues rock primaire et offensif. Mais c’est lorsque Jeffrey est aux commandes que le duo se montre le plus percutant. A l’instar de son "Only lonely", une douce ballade séduisante, parcourue par des accords de guitare en picking, mais au relief country.

Enfin, épaulé par Larry Samford au chant, David Brown maîtrise parfaitement sa cover du "Dimples" de John Lee Hooker.

Une œuvre truffée de toutes bonnes guitares texanes et qui a bénéficié de la production soignée de Robert Ware, le bassiste omniprésent du Cliffhanger Project!

 

Dani Wilde

Shine

Écrit par

Au fil du temps, cette jeune chanteuse de blues et soul acquiert de plus en plus d’expérience. Cette Britannique avait été remarquée, il y a quelques années, par Christopher Holland, le frère du célèbre pianiste Jools Holland. Suite à cette rencontre, elle avait eu le redoutable honneur d'ouvrir pour Jools, au célèbre Royal Albert Hall. Le jour de Noël de la même année. C’est ensuite Thomas Ruf qui se charge de la guider ; et il la signe en septembre 2007. Son premier album "Heal my blues" sort l'année suivante. Début 2008, elle embarque dans l’aventure du Blues Caravan Tour, organisé par Ruf. Et elle y est confrontée à un fameux challenge : rivaliser avec des vocalistes aussi confirmées que Candye Kane, Sue Foley ou Deborah Coleman. A ses débuts, Dani citait volontiers Susan Tedeschi et Shemekia Copeland comme références majeures. Aujourd'hui, elle évoque plutôt Alanis Morrisette et Joss Stone.

Début 2010, elle est entrée en studio pour concocter ce "Shine". Des sessions au cours desquelles elle a eu le privilège de bénéficier de la production de Mike Vernon. Et pour cause, ce vétéran est considéré un des plus célèbres producteurs de blues anglais. Elle a également reçu le concours de ses musiciens, mais également de grosses pointures, comme Roger Inniss, bassiste du band de Chaka Kahn. Non seulement Dani chante, joue de la guitare et compose la presque totalité de son répertoire, mais elle a aussi de fort jolies jambes…

L’opus s’ouvre par le titre maître. Une plage acoustique qui baigne au sein d’un climat relax. Le timbre de notre petite insulaire est excellent. Il est soutenu de chœurs et par les interventions de son frère, Will ‘Harmonica’ Wilde, à l’harmo (NDR : on s’en serait douté). Une bonne entrée en matière! De très bonne facture "Some kind crazy" est un blues imprimé sur un tempo lent. Introduit par son guitariste Ben Poole, il est balisé par les accords au piano du vétéran Pete Wingfield (NDR : cet ex-Jellybread est membre du backing group de Van Morrison). Les cordes son largement amplifiées et éclatent à la mi-parcours. Un moment privilégié que partagent Miss Wilde et Ben. Une seule reprise : le "Miss you" des Rolling Stones. Légèrement funk, cette cover n’est guère surprenante. La section de cuivres de Van Morrison et l’orgue de Dave Lennox (ex-Eurythmics) enrichissent la solution sonore. Will (NDR : il est également le leader de son blues band !) se réserve, pour la circonstance, une excellente sortie à l'harmonica. Très belle ballade, "How do you do it" est illuminée d’accents  gospel. Wingfield siège derrière les ivoires. Et la très habile gratteuse californienne, Laura Chavez, se charge des cordes. La production soignée de Vernon met bien en évidence le talent de cette jeune artiste. Elle impressionne d’ailleurs lorsqu’elle introduit, a capella, "Red blooded woman. Une compo qui baigne au sein d’un Chicago blues classique, façon Willie Dixon. Nouvelle mention spéciale pour Will, le jeune souffleur. "Don't give up on me" macère au cœur d’un climat empreint de sérénité et d’harmonie. La pureté et la sensibilité du timbre vocal de Dani bouleverse. Elle est également engagée pour des œuvres sociales. En particulier l'éducation de l'enfance abandonnée. Elle est impliquée dans un projet très spécifique, destiné à aider et subventionner une école primaire à Embu, au Kenya. C’est ce sujet qu’elle traite à travers son plus beau blues, "Abandoned child", une compo au cours de laquelle Laura Chavez se montre à nouveau très classe à la guitare. Jolie ballade soul, "Where blue begins" est parcouru par les interventions impeccables de Martin Winning au sax ténor. Et en finale, Dani interprète en solitaire "Big brown eyes" ; elle soutient uniquement sa voix d’ange, de ses cordes acoustiques… 

 

Neil Young

Le Noise

Écrit par

Ce n’est un secret pour personne, votre serviteur est un grand fan de Neil Young. Ce qui ne m’empêche pas de remettre les pendules à l’heure, lorsque le Canadien dérape. Que ce soit lorsqu’il prend parti pour Bush (NDR : depuis il a retourné sa veste) que lorsqu’il réclame des prix prohibitifs, pour se produire en ‘live’. Pourtant, ses prestations accordées en public, sont, le plus souvent, remarquables. Et sa discographie exceptionnelle.

Il y a bien quinze ans, qu’il n’a d’ailleurs plus publié d’opus incontournable. Le dernier, remonte d’ailleurs à 1995. Intitulé « Mirror ball », il avait été concocté en compagnie des musiciens de Pearl Jam. Pourtant, sur chaque elpee, le Loner parvient toujours à épingler une compo qui fait la différence. Et c’est encore le cas sur « Le Noise », elpee sur lequel figure « Love and war », splendide morceau qu’il interprète en s’accompagnant à la sèche. Le plus souvent en picking. Beau et bouleversant à la fois. Mais quid du reste de la plaque ?

Enregistré dans un manoir, à Los Angeles, « Le Noise » a été produit par son compatriote Daniel Lanois. Ce dernier a ajouté boucles, samples et bidouillages électroniques. Sans trop en remettre, il faut le reconnaître. C’est un bon point. Après l’aventure catastrophique vécue lors de la sortie d’« Island in the sun », en 1982, Neil tente donc une nouvelle expérience dans ce domaine. Mais c’est la guitare électrique qui domine le plus souvent le sujet. Sa Gretsch. Gorgée de fuzz, distordue, noisy, même (NDR : ben tiens). Et sa voix. Mais c’est ici que le bât blesse. A cause de la reverb qui la déforme sur les trois-quarts des compos. Au début l’effet peut paraître spectral, mais à force, il en devient agaçant. Et c’est vraiment dommage, car les mélodies sont superbes. Le son urgent, corrosif, aride. Et puis les textes riches. Tour à tour satiriques, sombres (NDR : faut dire aussi que juste avant d’entrer en studio, Bill Keith, steel-guitariste de son groupe, venait de décéder), autobiographiques (« The hitchhikker », compo au cours de laquelle il énumère les drogues qu’il a consommées, au fil des décennies), mais toujours engagés. Et le titre de l’elpee alors ? Sans doute un clin d’œil adressé à Lanois. Il ne faut pas oublier qu’il est né au Québec. Et puis, vu l’expression sonore, le titre leur semblait sans doute judicieux. Néanmoins, c’est la catastrophe qui s’est produite dans le golfe du Mexique, qui constitue le thème principal de son opus. Il en avait été très affecté. Ah oui, sur l’album, figure quand même une seconde compo dont le chant a été préservé de la reverb, « It’s an angry world » ; et elle est également excellente. On peut toujours rêver, mais l’idéal serait de demander à un ingénieur du son de recommencer le mixage en rendant à la voix de Neil, son naturel…

Leonard Cohen

Songs from the road (cd + dvd)

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Entre 1994 et 2006, l'auteur-compositeur-interprète canadien ne s’est plus produit sur scène. Ce qui ne l’a pas empêché d’enregistrer l’un ou l’autre album ou de publier ses recueils de poésie. Mais ce n’est qu’en 2008, qu’il décide enfin de repartir en tournée. « Songs From The Road » constitue le troisième elpee ‘live’ consacré aux concerts de Cohen, accordés depuis. Un périple de 84 dates qui avait attiré près de 700 000 spectateurs à travers le monde. Ce dernier opus réunit douze chansons enregistrées lors de son dernier périple. Y figurent des classiques issus des 70’s comme Famous Blue Raincoat », « Avalanche », « Suzanne », « Lover, Lover, Lover », des années 80, tels que « Hallelujah », « Heart With No Companion » ou des années 90, dont « Waiting for the Miracle » et « Closing Time ».

Le répertoire Dvd est identique à celui du cd. Il est quand même enrichi d’un documentaire réalisé dans les coulisses et d’une interview accordée, par les membres du groupe. Il a été filmé entre 2008 et 2009, en haute définition et en 5.1 Surround Sound, par sa fille Lorca Cohen.

Le booklet est superbe et les notes de pochettes recèlent deux articles, l’un rédigé par Leon Wieseltier du magazine ‘The New Republic’, et l’autre, Ed Sanders, producteur et réalisateur des enregistrements audio et vidéo.

Vous disposez de l’essentiel des infos, en ce qui concerne la fiche technique. Musicalement, il y a bien quelques titres un peu plus allègres, le plus souvent caractérisés par la présence de chœurs et/ou d’un orgue vintage, mais en général, le ton est un peu trop paisible à mon goût.

 

Deolinda

Dois Selos e um carimbo

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Deolinda est un groupe de fado. Ahhh ! Qu’à ce mot ne s’associent pas immédiatement dans les esprits des termes comme austérité, tragédie, douleur. Parce que si le fado traditionnel portait effectivement souvent l’expression de sentiments déchirants, le fado moderne a communiqué un aspect plus jovial à cette fameuse musique portugaise. A en croire ceux qui connaissent suffisamment Lisbonne pour éviter les rades à touristes, le public des concerts de fado, dans les quartiers populaires, est collé aux musiciens, et réagit pour leur manifester son contentement ou sa fureur, dans une ambiance d’hystérie généralisée.

Sans rien renier des grandes figures du fado de la capitale lusophone, telle Amália Rodriguez, de jeunes musiciens perpétuent et font évoluer la tradition. En s’ouvrant vers d’autres musiques populaires, cette génération chante un fado éclectique et revigorant. Il ne perd rien de son expressivité et gagne en vitalité. On connaissait Madredeus, sa voix d’une infinie douceur, ses inspirations essentiellement brésiliennes. Deolinda est un quatuor lisboète puisant dans le ranchera du Mexique et le rebetiko (NDR : en réalité, les liens entre la Grèce et le Portugal ne datent pas d’hier ; ce qui explique cette relation existante entre fado et rebetiko). Si la voix d’Anne Bacalhau est très proche de celles, typiques du fado et de la saudade, elle devient parfois aiguë et acidulée, dense, enfantine, puissante ou gitane. Les tessitures proches de Madredeus, Lahsa, Lila Downs, égaient les mélodies, comme les tissus colorés, les robes de la chanteuse de Deolinda.

Anne Bacalhau signifie Anne Morue. Mais morue, la chanteuse n’en est pas une. Charismatique et généreuse autant qu’Hindi Zahra, accompagnée de son mari José Pedro Leitão à la contrebasse, ainsi que de ses séduisants cousins Luís José Martins et Pedro da Silva Martins aux guitares, le combo a de l’allure ! Et dans la musique, il a du goût ! On croirait entendre un violon en pizzicato mais pas du tout. Le groupe a simplement du talent.

Chacun a vécu son expérience musicale avant la naissance de Deolinda, projet qui gravite autour d’un personnage du même nom, lisboète contemplative passionnée par la vie des autres qu’elle observe depuis sa fenêtre. Ce disque, le deuxième de Deolinda, s’intitule « Dois selos e um carimbo » : littéralement, « Deux timbres et un tampon ». Un poil moins débridé que le premier disque (NDR : « Canção ao Lado », en écoute gratuite sur leur site), le nouvel opus n’en est pas moins une très belle découverte. Les lusophones se réjouiront des textes, dont je vous livre ici deux petits extraits.

Tout d’abord le début de “ Não Tenho Mais Razões ” :

‘J’ai jeté mes béquilles / Ma bosse ne me fait plus souffrir
Oui cher monsieur / cette maladie me donne envie de danser
Je n’ai plus mal et ne m’épuise plus / au point que je me suis mis à chanter’,

et puis un extrait de “Um contra o outro” :

‘Sors de chez toi et viens avec moi dans la rue,
Viens, parce que ta vie,
Au-delà de toutes les vies que tu passes  à gagner,
C’est la tienne
Que tu perdras, si tu ne viens pas.’

Ne manquez pas Deolinda en concert, il se produira en Belgique au mois d’octobre : le 22 à l’espace Senghor à Bruxelles, le 23 à Louvain, le 27 à Anvers. N’oubliez pas vos robes rouges et vos chapeaux rayés !

Vitor Hublot

Brassens selon Vitor Hublot

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Après avoir commis (non pas un crime, quoique…) un récent un album (précédemment critiqué par votre serviteur, et j’ai été gentil avec lui, j’vous jure !), notre Vitor national nous ressert une portion de sa soi-disant pop/électro à la grosse louche. Vu que je n’sais pas exactement quel style lui attribuer, j’ai décidé d’appeler ça ‘soupe’. Une (mauvaise) soupe donc, mi électro, mi pop, mi… rien du tout en fait, vu que ça r’semble mais alors là, vraiment à rien ! Aucun goût c’truc ! Et en plus, c’est froid !

Notre tailleur de pierre a pourtant la chance et l’énorme avantage d’être Belge, de pouvoir bénéficier d’un terroir ‘musical’ habituellement propice à sortir un chouette truc, à produire quelque chose de valable. Il y a quand-même un tas d’excellents exemples partout autour de lui et ce dans tous les coins de notre beau royaume musical !

Et pourtant, j’adore la soupe…

Pas satisfait d’avoir ‘méchamment’ repris un répertoire réservé aux guindailleurs et étudiants de tous bords, Vitor Hublot s’attaque cette fois sans vergogne et sans peur à une pointure de la chanson française. Que dis-je ? Une pointure ? Un monument !

Notre bon sculpteur a donc décidé de tailler dans l’œuvre de Georges Brassens. Et il taille le bougre, à l’aide d’un gros burin… et à la masse… sans mettre de gants. Neuf de ses plus grands (ils le sont TOUS) chefs-d’œuvre sont passés au concasseur, broyés et réduits en poussière… Il ne reste rien. C’est le néant, le vide total.

Qu’est-ce qui a bien pu se passer dans la tête de ce mec ?

Moi qui croyais qu’un artisan (il se revendique comme tel) avait l’envie de produire de jolies œuvres, originales, différentes chaque fois. On est loin du compte. En fait, nous sommes ici en présence d’un producteur de mauvaises copies. Ben oui comme pour les grandes marques et… la ‘qualité’ qui va avec. Le texte mis à part (il faut bien écouter), rien ne laisse imaginer l’origine de ces huit chansons. Où est l’esprit Brassens ? Ces mots, sans la guitare de Georges et la contrebasse de Pierre Nicolas, n’ont plus la même saveur. Ils n’en ont plus aucune d’ailleurs. Quel est le but poursuivi ? Je ne comprends pas…

Si Vitor voulait choquer, bravo, c’est vachement réussi. Et ce n’est pas l’avis de ‘Monsieur’ Gilles Verlant qui me fera penser différemment. Y fait c’qui veut ce mec, y peut même chanter… si ça lui fait plaisir… Heureusement qu’il ne dédie sa version qu’à ses deux fils. Manquerait plus qu’il ait pensé à moi… Ouf !

Y’avait eu au cinoche, en son temps « Massacre à la tronçonneuse » qui avait fait couler pas mal d’encre. Y’a maintenant « Massacre au burin » non plus sur grand écran, mais sur Cd. Et j’espère que celui-là ne fera rien couler du tout car il vaudrait mieux… oublier rapidement.

A acheter (ben oui, ça s’vend) uniquement si vous voulez faire un vilain cadeau à votre meilleur ennemi !

Ah oui, j’oubliais, il paraît que c’est le premier volume et qu’il y en aura d’autres. Au secours !!!

The Kings Of Frog Island

3

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Il y a six mois, Elektrohasch Records éditait « Procession », le testament discographique laissé par les Anglais de Josiah. Mat Bethancourt, le leader de ce combo stoner rock disparu depuis 2008, n’a pas pour autant abandonné le rock plombé, ni sa passion pour la musique des glorieuses seventies. Impliqué depuis quelques années au sein de l’excellent garage band Cherry Choke, il est aussi compromis, depuis 2003, chez les Kings Of The Frog Island, un trio mélangeant le stoner et le rock psychédélique.

Relevant, à l’instar de Josiah et Cherry Choke, du label allemand Elektrohash, les Kings of The Frog Island viennent de publier un troisième album très enfumé. Tout comme bon nombre d’artistes contemporains, ils ne se sont pas vraiment triturés les méninges pour baptiser leur dernière réalisation, puisqu’ils l’ont tout simplement intitulée « 3 ».

Fort heureusement, côté musique, ces ‘Rois de l’Ile aux Grenouilles’ sont beaucoup plus inspirés. Loin de se contenter, comme beaucoup de groupes stoner, de débiter des riffs lourdingues inspirés de l’œuvre de Black Sabbath, ils proposent une palette sonore si variée qu’elle semble parfois un peu décousue. Heavy pachydermique (« Glebe Street whores »), space-rock ‘Hawkwindien’ (« The keeper of… »), ballade introspective (« More than I should know »), délires psychédéliques (« Ode To Baby Jane) » ou marche funèbre (« Gallowtree Gate »), chaque titre diffère et apporte sa pierre à l’édifice.

Un peu moins enthousiasmant et beaucoup moins rock que le « Procession » de Josiah, « 3 » rappelle un peu l’œuvre heavy folk psychédélique du Black Widow anglais des seventies. Intéressant, mais pas absolument indispensable.

 

Lesbian Bed Death

Designed By The Devil, Powered By The Dead

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Dan Peach mène une double vie. Guitariste du groupe punk/hardcore britannique Razorwire le jour, il se transforme, à la tombée de la nuit en l’abominable Mr Peach, gratteur pervers du plus immoral des combos sleaze/gothiques d’outre-Manche, les biens nommés Lesbian Death Bed.

Initié en 2004 comme un ‘side-project’ rendant hommage aux idoles goth, glam et punk de Mr Peach, Lesbian Death Bed est devenu en 2006, suite au succès inattendu de l’album « I Use My Powers For Evil », la signature la plus lucrative de Psychophonic Records. Heureux label, puisque les nombreuses qualités de « Designed By The Devil, Powered By The Dead », la nouvelle rondelle blasphématoire de LDB devraient, en toute logique, lui assurer un chiffre d’affaire encore plus important.

Chez Lesbian Death Bed, le sleaze rock et le horror punk s’invitent dans le lit du rock gothique. Autrement dit, Mr Peach et son gang de vampires libidineux pompent avidement le sang (et les notes) des Misfits, des Sisters Of Mercy, d’Alice Cooper, de Type-O-Negative, de Mötley Crüe, de 69 Eyes, de Zodiac Mindwarp et des Cramps, pour se créer un son et un style unique où l’humour démoniaque est associé a des dépravations délicieusement immorales. Autrement dit encore, si vous n’avez toujours pas compris (NDR : mais là, vous m’obligez à devenir vulgaire), ces rosbifs viennent de sortir un putain de bon disque de punk/glam/rock’n’roll gothique qui parle de monstres et de cul.

Bien que Mr Peach soit le cerveau de l’affaire, il ne fait aucun doute que Lesbian Death Bed doive une grande partie de son succès à la prestation sulfureuse de mademoiselle Lucy4. Cette dernière, manifestement très adroite quand il faut faire vibrer un micro, doit probablement tétaniser les foules lorsqu’elle est sur scène.

Bien plus carrée que celle de son prédécesseur, la production de « Designed By The Devil, Powered By The Dead », signée par Shaun Lowe (Broken Bones, Damned), atteint des sommets proches de la perfection sur l’hommage gothique au plus grand vampire du cinéma : « Béla Lugosi’s Back », le sadique et métallique « No Tears Please », l’irrévérencieuse power ballade « Catholic Sex Kitten » ainsi que le tonitruant titre glam rock, « Retrosexual ».

La fête d’Halloween approche, vous avez la bande-son, il ne vous manque plus que le costume !

 

Lonely Ghosts

Return from the search party

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Lorsque Help She Can’t Swim splitte, son leader, Tom Denney, décide de se retirer dans son home studio et bosse sur un nouveau projet, qu’il baptise Lonely Ghosts. Après avoir publié un Ep, il nous propose son premier opus. Pour concocter ce disque, il a quand même reçu la participation de quelques collaborateurs, et en particulier l’ex-Help She Can’t Swim, Leesy Francis, ainsi que des membres de My Device et Nullifier.

La musique de Lonely Ghosts puise essentiellement dans la noisy, l’electronica, la pop et le post punk. Mais ces influences sont restituées sous une forme lo-fi. Pourtant, ce qui frappe d’abord au sein des compos, c’est ce contraste entre moments paisibles et accès de fureur. Un sentiment accentué par la voix de Tom, tantôt empreinte d’une grande douceur, responsable de hurlements gutturaux, vindicatifs ou encore susceptible de se muer en falsetto. Parfois, son timbre et ses inflexions me font même penser à Jarvis Cocker. Partagé en 13 plages, cet opus ne manque pas d’allure, même si les lyrics sont un peu trop puérils et si le recours aux synthés n’est pas toujours judicieux. Néanmoins, de ce tracklisting, j’épinglerai les énervés et enlevés « Love projection » et « Statues ». A cet instant Pulp n’est pas très loin. Encore que sur « March ! » et « Predictions for the New Year », c’est plutôt le spectre de Wire qui se met à planer. Deux superbes morceaux, également. L’excellent « Hush up ! », ensuite, mérite également une mention particulière. Tramé sur une ligne de basse réminiscente de The Rapture, pulsant, il brille par son refrain véritablement percutant. Denney a d’ailleurs l’art de ficeler des refrains contagieux. A l’instar d’« As my body explodes » ou encore de « Come down from the mountain” d’ailleurs. Si “Green eyes” aurait pu figurer dans le répertoire de New Order, “Battleships” hésite entre hip hop, hardcore et electro lo-fi. Probablement le morceau le plus indigeste de la plaque. Il y a bien encore la valse post punk, « Taking shape », qui achève le long playing, mais le reste manque de consistance. N’empêche, pour un premier essai, Lonely Ghosts a démontré qu’il disposait d’un fameux potentiel. On attend donc impatiemment la suite…

Pure Reason Revolution

Hammer And Anvil

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Les Pure Reason Revolution sont au rock progressif ce que les OGM sont à la nourriture. Pas naturels, probablement dangereux et pourtant si appétissants et attrayants que l’on se demande s’ils ne devraient pas être interdits.

Formé en 2003 à l’Université de Westminster, ce collectif de bio-instrumentistes déjantés semble prendre un malin plaisir à triturer l’ADN d’entités musicales incompatibles. Ainsi, « Hammer And Anvil », le troisième opus fraîchement sorti de leurs obscurs laboratoires ressemble-t-il à une version sonore du monstre de Frankenstein. Une entité inhumaine mais susceptible de communiquer des émotions, à laquelle on aurait collé la tête lumineuse d’Electric Light Orchestra, le cou allongé de Pink Floyd, le bras gonflé du Led Zeppelin, l’intestin écrasé des Smashing Pumpkins, l’ongle crochu de Nine Inch Nails, le pied-bot de Depeche Mode, la planche de surf des Beach Boys et le pénis de Lady Gaga.

Aussi horribles que puissent paraître, au premier abord, ces manipulations génético-bruitistes, force est de constater qu’elles génèrent la surprise et l’intérêt en premier lieu, l’affection ensuite pour se transformer, au final, en vénération inconditionnelle.

En résumé, contre nature mais jouissif, « Hammer and Anvil » est un sympathique coup de genou dans les testicules rigides du rock progressif. A découvrir d’urgence !