New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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Teethe : de la douleur au soulagement…

Le groupe texan de slowcore Teethe sortira son nouvel elpee, « Magic Of The Sale », ce 8 août. Sur cet album, il dévoile son monde triste et beau, où les quatre auteurs, chanteurs et artistes distincts de la formation posent une série de questions…

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Comity

The deus ex-machina as a forgotten genius

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Même label qu’8NOP8, mais optique diamétralement opposée pour Comity. De par le format surtout : 5 petits titres pour un peu plus de 50 minutes de boucan, on comprend l’importance accordée à la durée, histoire de varier au maximum les humeurs. Mélangeant subtilement (si, si) death métal furibard et les passages atmosphériques où se croisent nappes de cordes et voix angéliques (féminines cela va de soi), le band s’approche ainsi de l’« ancienne garde », ISIS et Cave In en tête (le design de la pochette maritime fait d’ailleurs clairement référence à 2 classiques). Ces moments plus tempérés sont très utiles pour reprendre son souffle, avant que ne se manifeste la prochaine attaque de décibels. Petit bémol cependant, le procédé perd parfois de son efficacité, à cause de son systématisme. Mes oreilles se sont par contre plus sérieusement attardées sur la deuxième plage (merci Mandaï pour les promos sans tracklist ;-) ), où un mixage en sourdine propage un grondement annonciateur, sans coup férir, du raz-de-marée du siècle. Vous pensez d’abord à un caprice de branchement de votre hi-fi, mais cette excentricité éclaire le sens particulier d’un genre, révélant un contrôle entier du groupe sur sa fureur. Auditeur distrait, ne montez pas le son. Dès le titre suivant, vous risqueriez de devenir sourds. Je vous laisse la surprise du “nonfinal” qui laissera plus d’un innocent exsangue de par sa perversité. L’eau, la mer, la mort.

The Constantines

Shine a Light

Ils viennent du punk, mais ça ne s’entend pas : Constantines, c’est plutôt du rock en roue libre, conservateur comme un disque de Springsteen (« On To You ») et qui jugule ses ardeurs à chaque écart possible. Le genre de groupe frustrant, qui n’ose pas se lâcher par crainte d’être incompris, préférant le consensus mou aux folles incartades rock’n’roll. De bons petits usiniers de la cause rock FM, qui plaira peut-être aux fans d’Afghan Whigs s’ils sont indulgents. Mais le rock s’épanouit-il dans le compromis ? Pas sûr. Constantines voudrait plaire à la fois aux parents fans du Boss et à leurs enfants qui ne connaissent que les White Stripes. Nous on passe notre tour parce qu’on a mieux à faire. Au Yatzee, « Constantines » donne presque « inconsistance ». Dans le mille, game over, tout le monde au lit.

The Constantines

The Constantines

Il s’agit de la réédition du premier album de ces Canadiens impulsifs, après la sortie il y a plus d’un an d’un « Shine A Light » qui n’avait rien de brillant (cfr archives). Mais la réédition de ce disque permet de reconsidérer le cas Constantines : ces guitares percutantes, cette voix rocailleuse… Il se pourrait que la mémoire des Afghan Whigs ait trouvé ici sa meilleure boîte de résonance. La soul, ce terrain miné pour tout rockeur en mal de caresses : au cours de ces quarante minutes on se dit que les Constantines puisent avant tout dans le vivier black des années septante, et pas dans l’emocore ni le garage. Il y a du blues, mais c’est celui des lendemains qui déchantent, quand la fille s’est barrée et qu’on écoute « Here My Dear » en boucle, en chialant comme un raté. Les Constantines n’ont certes pas composé l’album soul-rock qui bouleversera notre existence, mais son écoute s’avère parfois réconfortante. Le pire est derrière nous : on souffle enfin un coup.

Cornelius

Five Point One

Le dernier album du Japonais Cornelius, « Point », était déjà bien déjanté. Passé à la moulinette du remix, c’est encore mieux… ou bien pire, selon qu’on aime les bleeps épileptiques ou qu’on y est totalement allergique. Sur cette compile, on retrouve donc du gros beat acid assez crispant (« Smoke » par Kawatory), de la drum’n’bass éthylique (« Drop » par Teruhito Tomioka), du théâtre Nô (« Drop – Do It Again », ou comment feindre la panne sèche et en faire un morceau), du piano à la Satie et des délires post-jazzy à la Squarepusher (« Another View Point » par Masami Sakamoto), des chip tunes (« Bird Watching At Inner Forest » par DJ Komodo), de la « technotronica » (« I Hate Hate » par Syuhei Toyoda), de l’ambient bruitiste façon Tim Hecker (« Pointer Remix » par Masakatu Inoue) et du jusqu’au boutisme terrifiant calqué sur Merzbow (« Fly » revu par Samurai Distortion). Des versions très éloignées des morceaux originaux, avant tout réservées aux fans ultimes de Cornelius.

Cosa Nostra

Squeeze It Tight

Écrit par
Non, le groupe Cosa Nostra n’est pas constitué d’une bande de Siciliens à la mine patibulaire, mais bien de citoyens mexicains qui ont sévi musicalement du côté de Panama et des USA au début des années septante. Le label Vampisoul a décidé de dépoussiérer les deux uniques albums enregistrés par ces jeunes gens en 1971 et en 1972, elpees passés totalement inaperçus à l’époque. Il faut dire Cosa Nostra ambitionnait de conquérir le marché U.S., pari fou s’il en est. Ils ont d’ailleurs abandonné leurs espoirs au bout de deux ans de malencontreuses galères. A l’écoute des morceaux totalement déjantés qui jalonnent cette réédition, on se demande comment les Cosa Nostra comptaient arriver à leur fin. Car ces chansons furieuses, déchirées entre funk et rock psychédélique, ne sont effectivement pas vraiment taillées pour le grand public, ce qui n’enlève rien à leur qualité et leur folie. Le premier album des Cosa Nostra est entièrement chanté en anglais. Il contient même une très chouette reprise du « I like it like that » d’‘El Rey de Boogaloo’, c’est-à-dire Pete Rodriguez, un personnage qui a connu lui aussi les honneurs d’une réédition chez Vampisoul. Le second disque est entièrement interprété en espagnol et est tout aussi étrange et fort que le premier. Il y a très peu à jeter sur ces 17 morceaux ; aussi je vous conseille d’écouter d’urgence ces Mexicains siphonnés.

Creature With The Atom Brain

The snake

Écrit par
“So terrifying, only scream can describe it !”. Telle était l’accroche journalistique percutante imprimée à l’époque (1955) sur l’affiche de ce film que ne renieraient certainement pas vos potes fans d’Ed Wood. Pas prétentieux pour un kopeck, doté d’un cerveau extraordinaire, l’homme à tout penser de ce projet traîne ses guêtres actuellement chez les non moins ‘stars’ de notre vlakke land, Millionnaire ; mais aussi tape le boeuf avec ce non moins vieux briscard qu’est Mark Lanegan (pour les grungeux : Screaming Trees; pour les stoners : QOTSA). 25 minutes emballées en 7 titres, “Mr Snake” couine et groove comme un agité du bocal. Electronica-rock dans toute sa splendeur, CWAB n’en oublie pas l’essentiel : l’immédiateté, le déhanchement et un corps qui bat le rythme. Aaaaaaarrrrgggghhhhhh !!!!

Creed

Greatest hits

Écrit par
Dès le titre d’ouverture, la messe est dite. Creed n’est qu’un mauvais groupe de la vague post grunge. Plage 1, il tente de plagier Alice In Chains, mais est plus préoccupé par la pose que le ressenti ou l’émotion. Plage 2, il tente de plagier Pearl Jam, mais est plus préoccupé par la jeune Betty installée au premier rang du concert que de Jérémy. Et le petit jeu pourrait durer sur les 13 fragments de ce ‘best of’. Insupportable ! Un Dvd intitulé “The complete creed music video collection” complète le Cd. Je vous laisse imaginer : la bleue ou la rouge ? Quoi ? Mais la couleur de la chemise que Scott Stapp portera dans le clip, bien sûr. Seul choix cornélien de son existence.

The Cribs

The Cribs

L’histoire de ces trois rockeurs en culotte courte vaut bien à elle seule toutes les frasques des Libertines : leur carrière débute en 1989 sous l’œil attendri de papa maman, à la Saint Sylvestre, lors d’un concert durant lequel les trois morveux reprennent Queen et Stevie Wonder, en s’assurant l’admiration de toute la petite famille. Puis vient l’adolescence, Queen toujours, les « Black Rats » (ils jouent des thèmes de leurs jeux vidéo préférés) et l’idée de fonder un tribute band en l’honneur des … Bee Gees. Un épisode qui pourrait prêter à sourire si quelques années plus tard les trois frères ne se décidèrent à faire du vrai rock’n’roll, sans doute après la découverte des Strokes lors d’un repas dominical. Les Cribs étaient nés. Une chose est sûre : le choc « Is This It ? » aura laissé des traces dans le mental de ces Anglais sponsorisés par Bobby Conn (aux manettes sur certains titres). Faut dire qu’à l’écoute de la plupart des plages, on a vraiment l’impression d’avoir affaire aux New-yorkais : même nonchalance, même timbre vocal, même efficacité mélodique, même calibrage pour les ondes. Etait-ce bien nécessaire ? On évitera de trancher, en tentant d’écouter cet album sans a priori négatif. Ils sont jeunes, un peu naïfs, mais diablement sympathiques. Papa et maman doivent être drôlement fiers.

Crisis

Toxic

Écrit par
D’abord, ne soyons pas trop vaches : il reste de la place à prendre dans le créneau metal/fusion/rapisant en France. A bien y réfléchir. Objectivement. Et puis la rengaine est bien dans l’air du temps. Et le restera probablement. Pour longtemps encore. Soyez en sûrs. C’est un conseil d’ami. Ca compte, mine de rien. Et puis le nouvel album de System Of A Down n’est pas encore sorti. Lofofora et toute la clique capitalise. Et pendant ce temps, on regarde les trains passer. Qui n’essaye rien n’a rien.

The Crystal Method

Legion of Boom

Écrit par
Ces Californiens ont vendu des tonnes de copies de leurs précédents disques. Ils ont réussi leur entreprise en pratiquant une électro sévèrement burnée qui n’est pas sans rappeler les Chemical Brothers ou encore Leftfield. Le duo revient cette année avec la ferme intention de rester le groupe ‘number one’ de l’électro américaine. Comme à leur habitude, ils ont convié quelques grands noms du rock et du hip hop à participer à la « légion du boum ». L’auditeur pourra ainsi entendre la gratte de l’ex Limp Bizkit, Wes Borland, la voix de la chanteuse des Bellrays, de même que celle du vocaliste de Kyuss, sans oublier les rimes de l’excellent Rahzel des Roots. Très bien jusqu’ici, car ce cast de rêve ne laisse augurer que le meilleur. Seulement l’indigence des morceaux met vite à mal la volonté d’écouter cette œuvre. Le problème est que depuis 2001, un peu d’eau a coulé sous les ponts ; et que cette resucée de formules musicales, que même les Chemical Brothers n’osent plus utiliser, donne à l’ensemble un sentiment de déjà entendu. L’opus commence pourtant bien par « Starting Over », une compo qui fait penser à Afrika Bambaata ; mais le reste n’est qu’une succession de longs morceaux aux lourdes rythmiques sans surprises. Les interventions des pointures susmentionnées indiquent le manque de feeling qui a présidé aux sessions. L’intervention de Rahzel dans un rap complètement infâme obtient la palme du ratage total ; mais le reste n’est pas mieux tant on a l’impression que l’enregistrement a été effectué à la va-vite. La méthode cristalline n’a plus qu’à espérer un boycott américain des produits anglais pour pouvoir rester au sommet de sa catégorie.

Cuby + Blizzards

Boom boom bang

Écrit par
Fin des 60s, au cœur de la vague de blues anglaise, une excellente formation batave sévissait régulièrement en Belgique : Cuby and the Blizzards. Son blues d’excellente facture était d’ailleurs souvent comparé à celui des Bluesbreakers de John Mayall. Je me souviens encore de leur leader Harry Muskee, alias Cuby ; d’un tout bon guitariste qui répondait au nom d’Eelco Geeling ; et puis de la sonorité blues très caractéristique du piano, assuré le plus souvent par le regretté Herman Brood. Harry est aujourd’hui âgé de 62 ans. Il fonda Cuby en compagnie d’Eelco, en 1965. Leur premier elpee, "Desolation", est paru en 66. Harry vit dans une ferme à Grollo. Eddie Boyd, John Mayall et Alexis Korner lui rendent régulièrement visite. Saviez-vous, qu’à une certaine époque, Mayall avait songé à Gelling pour succéder à Clapton? Herman Brood avait rejoint Cuby pour concocter le second album "Groeten uit Grollo". Il quittera la formation en 1970, laissant la place à trois nouveaux membres : Herman Deinum à la basse, Hans La Faille aux drums et Helmis Van der Vegt au piano. Sous cette formule le groupe enregistrera "Appelknocers flophouse". Et bien, figurez-vous que ces trois musiciens sont toujours de la partie. Et ont participé à la confection de ce nouvel elpee. Par contre, Gelling a cédé la six cordes à Erwin Java.
 
Sous-titré "In the spirit of John Lee Hooker", l’elpee s’ouvre par le grand classique "Boom boom". Par rapport à la version originale, le rythme est plus lent. Mais la rythmique un tantinet lourde est trempée dans l’acier. Assez éraillée, la voix du vieil Harry n'a pas changé. Il privilégie le cri au chant. Très électrique, la guitare de Java est largement amplifiée. Sur "Sugar Mama" renoue avec le son des Blizzards d'autrefois. Et l'introduction au piano de Helmig Van der Vegt n’y est pas étrangère. Une impression corroborée par "Liquor blues", un fragment signé par le groupe. Le son est dépouillé. Le piano peut s'évader à satiété. L'hommage à John Lee Hooker est rendu par de courtes plages telles que "Black snake" et "I can't quit you baby". Harry chante, épaulé par le seul bottleneck de Java. "Faceless voices" est incontestablement le témoignage le plus éloquent adressé à Mr Hooker. Une plage très très lente, chantée, presque parlée, par Muskee. Son timbre est tellement proche du maître. La guitare est réverbérée. John Lagrand (Livin' Blues) joue de l'harmonica, alors qu’Helmig est passé à l'accordéon. La reprise de "One bourbon, one scotch, one beer" est exécutée à la manière de "Boom boom". Sander Schuurman joue de l'harmonica sur "Wreckless flight", une plage plus aventureuse. Préposé à l'orgue Hammond , Helmig s’en tire très bien. Tout au long de "Last minute flight" la guitare de Java disserte dans un style inspiré par les dernières années du regretté bluesman. Cet hommage est également la plus longue plage de l’elpee. L'album s’achève par un "Warning from the ice" de toute bonne facture, un blues lent ponctué par une nouvelle toute bonne intervention de Van der Vegt, à l'orgue Hammond.

Albert Cummings

True to yourself

Écrit par
Agé de 35 ans, Albert Cummings est né dans le Western Massachusetts. Dans sa famille, on est entrepreneur de père en fils. Et Albert ne souffre pas d’exception. Il a commencé par jouer du banjo à cinq cordes, avant de passer à la guitare en écoutant le prodige texan, Stevie Ray Vaughan. Son premier album, "The long way", est paru en 2000 ; un disque passé inaperçu. Il rejoint ensuite l’équipe des musiciens de Vaughan. Un groupe auquel il s’intègre immédiatement. Nous sommes alors peu de temps avant la disparition accidentelle du guitariste d'Austin…
 
Pour enregistrer son deuxième elpee, "From the heart", Cummings avait reçu le concours de l'ancien backing band de Stevie Ray Vaughan au complet : Double Trouble, Layton, Shannon et Winans. Un disque sorti en 2002. Et pour la confection de « True to yourself », il a également bénéficié d’un ‘who's who’ de musiciens : Tommy Shannon à la basse, Tommy Shannon aux claviers (NDR : un partenaire très habituel pour Tommy) et B.E Frosty Smith aux drums (NDR : il a joué chez Omar & the Howlers et en compagnie de Gary Primich, Pat Boyack, Guy Forsyth, Doug Sahm et Marcia Ball.) Blind Pig croit en son artiste. La plus belle démonstration procède de la présence de Jim Gaines à la production.
 
Dès les premières notes de guitare, nous sommes plongés au sein d’une atmosphère très ‘hendrixienne’. Albert doit avoir passé ses disques en boucle pour ce "Man on your mind" au tempo funky. Mais si l’interprétation est sans faille, on ne peut pas dire que la création soit au rendez-vous. Hendrix a inspiré plusieurs générations de musiciens. Des dauphins qui se sont succédés dans le temps : Robin Tower, Stevie Ray Vaughan, Walter Trout. A l’instar de Vaughan, certains d’entre eux ont manifesté davantage de créativité. Passé l’ouverture, la marque ‘hendrixienne’ s'estompe sérieusement. L'artiste possède une bonne voix, une voix calquée sur son style d'ailleurs. Un hard rock agréable caractérisé par un accompagnement efficace dont une excellente section rythmique ; le tout saupoudré d’interventions d’orgue Hammond discrètes. Albert signe un tout bon solo en picking sur le funky "Work it out", dans l’esprit d'Albert Collins. Hard rock blues assez banal, "Come up for air" est une occasion supplémentaire de faire rugir les cordes à travers une avalanche de notes. Comme le titre l'indique, "Blues makes me feel so good" est bien entendu plus proche du blues, nonobstant son tempo rapide. "Where did I go wrong" marque le retour du rythme funk. Une nouvelle occasion pour les cordes de se libérer en loopings et autres dérapages contrôlés. Et il faut avouer que dans le style, c'est fichtrement bien fichu ! Tout au long du boogie shuffle très énergique "Your sweet love" Albert démontre qu’il a une fameuse santé. Il fait une pause sur "Sleep", une ballade aussi douce qu'inutile. Long slow blues atmosphérique, "Lonely bed" aurait été franchement génial, si Vaughan n'avait pas concocté "Tin Pan Alley", le siècle dernier. Bien que très bien interprétée, on a l’impression qu’il s’agit d’une copie carbone. Cummings achève cet opus par "Follow your soul", un rock bien ficelé pour lequel il est vraiment taillé !

The Cure

The Cure

Écrit par
Un album de Cure reste un événement. D’autant plus qu’ils se font de plus en plus rares. Je ne parle pas des compiles et autres coffrets qui se multiplient au grand dam de vos portefeuilles. Surtout lorsqu’à l’instar de « Joint the dots », il compilait flip sides et raretés. Bref, quatre longues années après « Bloodflowers », la bande à Robert Smith nous revient avec un opus éponyme. Et il faut avouer qu’il est plus qu’honorable. Et pourtant, en apprenant que Ross Robinson (Korn, Limp Bizkit) avait été chargé de la production, je n’ai pu m’empêcher de faire la grimace. Bien pâle, le single « The end of the world » m’avait même fait craindre le pire (NDR : c’est vrai qu’avec un titre pareil, il y avait de quoi se prendre la tête). Mais pour notre plus grand bonheur, les 11 autres fragments ont la pêche. Et même davantage ! On leur reprochera peut-être un manque de feeling mélodique ou plus simplement de titre hymnique ; mais l’intensité, la colère, l’angoisse et la mélancolie qui guident l’œuvre du groupe légendaire de Blackpool sont bien présentes. Des sentiments accentués par le timbre inévitable de Bob. Une bonne nouvelle ; surtout que des rumeurs de séparation allaient bon train depuis quelque temps. Bref, nonobstant ses 45 balais, Robert n’est pas encore près de raccrocher…

Czapski

Soudain

Écrit par
Issue du nord de la France, cette formation interprète le noise rock instrumental à sa manière. Dans la droite lignée des travaux de Sonic Youth. Attention, on n’entre pas dans le domaine de la discographie du groupe, mais de leur label : Sonic Youth Recordings. Fait suffisamment rare pour être signalé, Czapski ne se contente pas de copier pâlement ses aînés, mais insuffle une dimension plus bordélique (en apparence) et moins expérimentale-prise-de-tête à son expression sonore. Sans faire abstraction de la dimension mélodique d’une musique parfois difficile d’accès, le groupe réussit le tour de force de laisser une sensation de bonne surprise en fin de galette, plutôt que de soulagement. Une chouette découverte donc.

Cake

Pressure Chief

Il y a bien longtemps qu’on n’écoute plus Cake. Car depuis « Fashion Nugget » (1996) et ses tubes à la pelle, la bande à John McCrea n’a plus rien sorti de bien intéressant : son retour discographique s’apparente dès lors à un triste rappel de concert, que personne n’aurait vraiment demandé, un rappel au cours duquel la moitié des spectateurs a déjà quitté la salle pour aller s’enfiler quelques bières. Cake ? De l’histoire ancienne, à l’heure où la jeunesse sonique de Belgique et d’ailleurs s’émoustille face au retour du rock cambouis et de l’électro minimaliste. Pourquoi donc revenir huit années en arrière, surtout si le cœur n’y est plus, qu’on a maintenant des poils au menton et d’autres rêves musicaux dans la tête ? Parce que le Cake de 2004, c’est encore et toujours celui de 1996… La rage, les mélodies comiques et l’inspiration en moins. Il reste bien ce petit capital sympathie qui donnera envie à quelques-uns de jeter une oreille distraite à ce disque du ‘grand retour’… Sauf qu’ici il n’y a plus aucun tube (à part « Carbon Monoxide »… et encore il bande mou), et qu’à choisir on se repassera le dernier TTC en boucle en tapinant des orteils. Cake ? Ca fait pouêt pouêt mais ce n’est même plus drôle, bref pour McCrea et ses potes ça sent salement le pâté. « I Will Survive » ? Mmmm… Pour ces types une chose est sûre : l’avenir est mal barré.

Charles Caldwell

Remember me

Écrit par
Pour que le flambeau du blues rural continue à brûler, Matthew Jackson est à la recherche de ces vieux bluesmen qui deviennent de plus en plus rares. Aussi, le fondateur de Fat Possum sillonne constamment les terres de son Mississippi natal. C'est presque par hasard que ce fin limier a déniché Charles Caldwell. En mai 2002. A quelques kilomètres de chez lui. Un colosse de 59 balais qui, hormis pour se rendre à son travail à Grenada au volant de sa vieille Cadillac, n'avait pratiquement jamais quitté son fief de Coffeeville. Jackson l’a donc convaincu de le suivre dans le studio Money Shot à Water Valley. Armé de sa vieille Gibson 135, Charles aligne ici onze chansons issues de sa plume. Il est parfois épaulé par l'un ou l'autre drummer (Spam, Tino Gross ou Ted Gainey). Son blues est primaire, rudimentaire ; sa voix est puissante et claire. Un organe idéal pour déclamer ses textes entrecoupés par son jeu de guitare amplifié, incisif, parfois approximatif, mais toujours reflet de la sensibilité naturelle de l’artiste.
 
Il entame les hostilités par un excellent "Hadn't I been good to you". Un parfait résumé de l'album. Un blues qui à force de répéter les mêmes motifs entre en transe. Après une intro chaotique, "Old man" embraie par un boogie convaincant. Sa voix devient chevrotante. Le rythme me rappelle étrangement le John Lee Hooker de ses débuts. Paisible, "I know I done you wrong" est un véritable joyau. Très ancré dans le Mississippi profond, ce blues poignant, grave, est tellement authentique. Sa voix reste limpide tout au long d’"I got something to tell you". Le rythme s’accélère. Seul aux cordes, il libère généreusement son blues si personnel. Particulièrement minimaliste, "I'll do anything you say" évolue sur un thème musical sans doute emprunté à "You don't love me". "Alone for a long time" traduit le cri déchirant émis par un être solitaire. Il ne parvient pas à trouver l’âme sœur susceptible de l’accompagner. Sa voix n'en finit pas de trembler au rythme de "Movin' out movin' in". Sa manière de chanter et son attaque percussive des cordes sur "Down the road of love" évoquent une nouvelle fois John Lee Hooker. Le tempo épouse une forme hypnotique sur "Same man". Sa voix nasillarde ravage tout sur son passage. Soutenu par les baguettes de Spam (NDR : le batteur de T-Model Ford), Caldwell relance sans cesse ses cordes rythmiques. Le tempo maintient sa vitesse de croisière pour nous entraîner dans les bois ("Goin' through the woods"). Cet opus attachant s’achève par un "Remember me" totalement bouleversant. Sur un ton toujours aussi répétitif, il sanglote : "Pouvez-vous vous rappeler de moi ?". Une prière prémonitoire lorsqu’on sait qu'au cours de l'enregistrement de ce premier et seul album, il devait tomber malade. Atteint d’un cancer du pancréas, affection qu'il pouvait difficilement soigner par manque de moyens, il nous a quittés en septembre 2003. Il avait à peine soixante ans, laissant une veuve, cinq filles et quatorze petits-enfants.

Calexico

Black heart

Écrit par
En attendant la sortie du DVD “Live at the Barbican – Worl Drifts”, Joey Burns et John Convertino nous proposent cet Ep six titres, enrichi d’un clip consacré au titre maître de ce disque, clip destiné à vous donner un avant-goût de ce fameux DVD. Un « Black heart » qu’on retrouve sous sa version extraite de l’album « Feast of Wire », composition qui aurait pu naître d’une rencontre hypothétique entre REM et Portishead, mais aussi une version ‘white soul dub’ revue et corrigée par Jazzanova. Le reste de la plaque ne recèle d’ailleurs plus que des remixes. Depuis celui d’« Attack El Robot ! Attack » que plonge Wechsel Garland dans l’univers jazz rock, à l’instrumental uptempo « Pepita » (NDR : opéré par iso68, ce fragment intègre slide, claviers rognés et rythmes électroniques dont les oscillations rappellent un certain Tangerine Dream), en passant par l’électro-tango-flamenco « Quatrro », œuvre de Go Tan ; et enfin « Güero Canelo », fruit d’un mélange de reggae et de rythmes latino.

Camera Obscura

Under Achievers Please Try Harder

Camera Obscura, sans doute l’autre nom de Belle and Sebastian : même genre de musique (de la pop bucolique et angélique, pleine de cuivres et de chœurs extatiques), même genre de pochette (signée Stuart Murdoch, leader de… Belle and Sebastian), même genre de paroles (pas drôles). Ne manque plus qu’Isobel et son joli minois pour que la comparaison soit parfaite… Qui sait, d’ailleurs, si Camera Obscura n’est pas le nouveau groupe de l’ex-muse à Murdoch ? La fille qui chante possède le même timbre, candide et apprêté. Sans plus d’informations, on laissera à ce groupe (?) le bénéfice du doute… Murdoch, si c’est là l’une de tes plaisanteries, sache que les plus courtes sont toujours les meilleures : la prochaine fois, tâche de mieux cacher ton jeu.

Ian Broudie

Tales Told

Écrit par
Immense centre urbain du Nord de l’Angleterre, Liverpool s’est transformé, au fil du temps, en une incontournable capitale de la culture rock. Là-bas, chaque jour de la semaine s’apparente à la meilleure excuse pour enregistrer un nouveau disque. Invités par l’ennui post-industriel, l’irrémédiable attraction des splendeurs de l’océan, les groupes locaux perpétuent toujours les traditions d’un rock popularisé par les "Quarry Men". Parmi ses concitoyens, Liverpool a la chance de compter sur la personnalité de Ian Broudie, producteur de l’ombre, sortit de la brume régionale à l’aube des années 80. Depuis la production du premier brûlot d’"Echo And The Bunnymen", l’homme est devenu le port obligatoire, passage recommandé pour toute formation britannique digne de ce nom. Promoteur de groupes cultes comme "The Wedding Present" ou (ré)inventeur du son de demain en compagnie de "The Coral", Broudie s’attarde à défricher un son unique, la fraîcheur du rock anglais des années 60. Leader des "Lightning Seeds" à ses heures, c’est en solo et en son nom que Ian Broudie nous conte aujourd’hui ses histoires d’amour patraques. Son album suit une ligne droite, un segment traversé de poésies surréalistes, d’ensorcelantes harmonies psychédéliques qui résonnent comme autant d’échos de la mystérieuse tristesse et de la grisaille manufacturière de Liverpool, sa ville natale. Une certaine naïveté dans le timbre procure un charme indéniable aux prouesses vocales de Ian Broudie. Largement dominée par des compostions acoustiques, sa musique se joue néanmoins des clichés en se faufilant habilement entre pop psyché, folk et rhythm’n’blues. A 46 ans, ce héros local nous réserve encore de (très) bonnes surprises, soyons en sûr !

Dennis Brown

Sings Gregory Isaacs

Écrit par
Dennis Brown a été un des chanteurs les plus populaires en Jamaïque pendant trois décennies, des années 70 aux années 90, passant aisément d’un style à l’autre avec un talent et une élégance rares. Peu avant sa mort survenue en 1999, il a décidé de rendre hommage à un de ses meilleurs amis, un autre grand du reggae qui n’est autre que Gregory Isacs. Il a choisi de reprendre en compagnie des Roots Radics une dizaine de titres parmi la quantité de pépites que le camarade Greg a composé au cours de sa longue et chaotique carrière, qu’il continue d’ailleurs encore aujourd’hui. Il y a peu de chance de se planter en alignant pareil éventail de bons morceaux, même si certaines choses sont plus accomplies que d’autres. « Love is Overdue », « Top Ten », « All I have is Love », « Front Door » sont des réussites totales, bien chantées par Dennis Brown et bien jouées par les Roots Radics dont le compromis entre électronique et acoustique est particulièrement abouti. Seul « Night Nurse » souffre un peu des synthés qui essaient d’imiter le son des cuivres mais ne parvient jamais à s’en approcher. Même de loin ! Il s’agit du seul raté de cet excellent album qui constitue une bonne introduction aux travaux de ces deux monstres sacrés du reggae.

Buffalo Daughter

Psychic

Écrit par
Quatrième long format pour ces Japonais signés jadis sur le défunt label des Beastie Boys. Le moins qu’on puisse dire est que les membres de Buffalo Daughter n’aiment pas les choses trop faciles. En à peine 5 morceaux pour un total de 50 minutes, cet opus presque instrumental reproduit un format qu’on avait plus aperçu depuis les sombres heures du rock progressif… En parlant de ce genre musical, on peut dire qu’il n’est jamais loin dans les élucubrations de nos Nippons. La première trace de la plaque possède quelques caractéristiques du space rock : rythmiques et guitares plombées, chapelets de notes répétitives jouées très rapidement. Pour leurs compositions, nos amis partent d’un motif mélodique simple et y ajoutent plusieurs couches de synthés, bruitages et chœurs élégiaques qui ne sont pas sans rappeler les travaux de leur compatriote Cornelius, le côté pop en moins. C’est plus ou moins ce à quoi vous pouvez vous attendre sur « Cyclic », « Pshychic A-Go-Go » et « 303 live ». De son côté, « Chihuahua Punk » flirte avec l’électronica bourrée d’accidents rythmiques et de recherche sonores de gens comme Matmos. Enfin, titre dont la mélodie évoque les moments calmes de Stereolab, « S.O.I.D. » constitue le moment le plus ‘classique’ de l’album. A l’arrivée on obtient un album étrange mais qui exerce une force d’attraction de plus en plus grande au fil des écoutes…