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New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

Le rire de Will Paquin

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Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

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The Notwist

Neon Golden

Ces Allemands se sont fait connaître il y a quatre ans avec leur hit " Chemicals ", un concentré judicieux d'électro et de rock - les qualités de chaque genre en exergue, mais pas les défauts. " Neon Golden " ne faillit pas à cette règle : les mélodies sont tenaces, les refrains enchanteurs, les atmosphères enfumées et mélancoliques. Moins jazz que son prédécesseur (" Shrink ") et plus électro que tous les autres), ce sixième album a donc toutes les allures d'un chef-d'œuvre organique, aux trouvailles sonores renouvelées à chaque écoute. Plusieurs morceaux devraient se tailler une belle place au soleil dans les hit-parades de nos cœurs, de ce " Pilot " célébrant les noces de New Order et de Kraftwerk à ce " Consequence " en final paroxystique. Des déflagrations post-cold wave aux bleeps neurasthéniques de Mouse On Mars, The Notwist semble avoir bien assimilé son histoire et sa géo musicales (Allemagne + Angleterre + 70's + 00's = Neon Golden). Au boulier-compteur des critiques à faire, cela fait presque un 10/10 (la voix timide de Markus Acher reste toujours sous la moyenne)… Bref " Neon Golden " est un disque en or.

 

M'Source

Bhava

‘La musique n'est que le véhicule des voix, où l'émotion exprime l'unité dans la diversité et où la volonté de s'améliorer est une priorité. Pour M'Source il n'y a pas de frontière, la scène est un recueil où nos différences viennent s'exprimer…’ Cette déclaration digne d'un consultant en Feng Shui résume bien toute la musique de ce groupe toulonnais très lounge, parfaite pour ‘garnir l'espace relaxation’ de votre salon ou le coin pipi de votre bar à tapas. Evidemment, on retrouve ici tout ce qui fait le meilleur de la lounge : sonorités orientales pour le dépaysement, légers beats pour une bonne digestion, voix féminines passe-partout et chaleureuses pour somnoler après la glace coco, le pantalon déboutonné et le regard à moitié vaseux. A côté de ça, Saint-Germain passerait presque pour un génie, et la discothèque du Club Med Ibiza pour l'Haçienda.

 

Masters Of Reality

Deep in the Hole

Écrit par

Producteur de Kyuss et des Screaming Trees mais surtout leader de Masters of Reality, Chris Goss est aussi un ami du producteur Rick Rubin (Slayer, Beastie Boys) et du grand Ginger Baker, batteur de Cream. A mi-chemin entre post-grunge et stoner aux accents pop, sa musique se veut psychédélique, mélodieuse, et plante ses racines chez Led Zep, Humble Pie, Blue Oyster Cult et Hawkwind. Fan de King Crimson et de Soundgarden, Goss et ses ‘Maîtres de la réalité’ n'auront donné naissance qu'à quatre albums seulement en l'espace de douze ans. "Deep in the Hole" est sans aucun doute le plus pointu des quatre coins da la partie carrée des Masters. ‘Quand j'ai entendu pour la première fois Soundgarden, je pouvais sentir que ces gens là avaient eu le même genre d'enfance que moi’, confessait Mister Goss à un journaliste d'Hard Rock Magazine. ‘Mais je préfère les choses plus fantasmagoriques. En 82 les critiques crachaient sur Ozzy Osbourne et Black Sabbath, mais moi, j'ai toujours continué à adorer ça!’. Evoluant à contre-courant, Masters of Reality est le combo intègre par excellence. Il a ainsi signé sur un petit label hollandais, Mascot Records, et créé son propre sous-label, Brownhouse Records. Ce qui lui permet finalement d'évoluer dans une totale liberté artistique. Splendide, ce quatrième opus l'est de la première à la dernière plage et fera l'effet d'une bombe aussi bien dans les milieux alternatifs que heavy métal. Du grand art!

 

Lee McBee

Soul deep

Écrit par

Lee McBee n'est pas texan, mais nous vient du Missouri. De Kansas City, très exactement. Il vit aujourd'hui à Lawrence, dans le Kansas. Au cours de sa jeunesse, il a beaucoup écouté les artistes de honky tonk. Tout d'abord Georges Jones, Patsy Clyne et Buck Owens. Et puis Sam Cooke, Al Green et Otis Redding. Il va donc finir par goûter au blues. Celui de Chicago et de la Louisiane, en particulier. L'harmonica, il le découvre en écoutant tout d'abord Paul Butterfield et puis surtout l'elpee "Turning point" de John Mayall. Georges Smith devient son idole. Avant qu'il ne tombe sous le charme de monstres sacrés, tels que Big Walter, Little Walter, Sonny Boy Williamson ou Junior Wells.

Pour ouvrir ce "Soul deep", les cuivres ouvrent le feu. Les saxes de Kaz Kazanoff et la trompette de Jimmy Shortell sont à l'unisson et le piano de Gene Taylor sautille pour célébrer l'arrivée du seigneur, du shouter blanc à la voix puissante : Mr Lee McBee. Ce "Ride with me" est impérial. Une compo de Long John Hunter, au cours de laquelle la section rythmique, constituée de Johnny Bradley à la basse et de Wes Starr à la batterie, et enrichie de diverses percussions, porte le tout. Les guitares des texans Jon Moeller et de Hash Brown respirent déjà à pleins poumons. Tout ce petit monde avait émerveillé le public du Spring Blues d'Ecaussinnes, l'année dernière. Lee a de la voix, du souffle, du cœur et puis une présence assez extraordinaire. Il possède l'art d'insuffler le feeling aux musiciens qui jouent à leur plus haut niveau. La section rythmique texane exerce une grande importance dans ce contexte. Starr et Bradley militent aujourd'hui au sein des Rockets d'Anson Funderburgh. Starr a déjà côtoyé Marcia Ball, Delbert McClinton et Asleep at the Wheel. Bradley, Mike Morgan & the Crawl! La reprise du "Just a feeling" de Little Walter est le moment choisi par Lee pour dégainer son harmonica. Soutenu par cette même section rythmique et le piano de Gene Taylor, qui élaborent cette plate-forme aux soudures parfaites, ce blues lent est joué de manière tout à fait remarquable. Le ton à l'harmo est naturellement puissant. Les deux guitares se fondent. Lee saisit son instrument chromatique pour attaquer "Twelve hours from you". Sur un rythme de rumba, à la manière de son idole, Georges Smith. Un rythme exotique que l'on retrouve également sur "It's your voodoo working". La plage titulaire est signée Clarence Carter. Une ballade R&B mélodieuse, agrémentée de chœurs féminins qui emprunte au style soul blue. La cover du "Country blues II" de Muddy Waters est une plage roots, inspirée du Delta blues. Un dialogue échangé entre la voix torturée de Lee et le piano, le dobro ou l'harmo. "Gonna find my baby" demeure discrètement le registre roots. La puissance atteint son maximum pour jouer "I don't understand". Le shuffle brûle tout sur son passage. Son souffle est ravageur. Il rappelle même parfois le saisissant Papa George Lightfoot. Les guitares de Jo et Hash impressionnent. J'adore le son paresseux, très swamp blues, de "Your turn to cry". On se croirait revenu à Baton Rouge, à l'époque de Guitar Slim ou d'Earl King. La finale, "Walk" est issu de la plume de Jimmy McCracklin. Elle met en évidence l'indiscutable talent de Kaz Kazanoff. Lee McBee est l'une des plus grandes voix du blues contemporain. Un superbe album.

 

Robert McCoy

Bye bye baby

Écrit par

Robert est né à Aliceville en 1908 ; mais toute sa famille a rapidement émigré à Birmingham, en Alabama. Johnny et Willie Mc Coy, ses deux frères aînés, étaient pianistes. Ils fréquentaient régulièrement ‘Pinetop’ Smith et Cow Cow Davenport. Inévitablement, Robert apprendra également à jouer de l'instrument aux ivoires. Il va même le maîtriser avec un rare bonheur ; ce qui l'amènera à se produire régulièrement dans les ‘rent parties’, des soirées destinées à permettre au responsable de payer son loyer.

Dans les années 30, il enregistre en compagnie de différents musiciens, dont Guitar Slim. Une longue période de dépression s'annonçait, et McCoy allait abandonner le blues jusque dans les années 50. C'est à cette époque qu'il est repéré par Patrick Cather, le producteur d'un label obscur (Vulvac). Il y enregistrera deux 33 tours : "Barrelhouse blues" en 1962, et "Blues and boogie classics" l'année suivante. Robert n'est plus de ce monde depuis 1977. Delmark vient donc de prendre l'excellente initiative de nous faire connaître le blues d'un grand adepte du Barrelhouse piano, mais surtout d'un artiste injustement méconnu.

L'album s'ouvre d'ailleurs par "Bye bye baby", aux accents de piano bien ‘barrelhouse’. L'instrument remplit bien l'espace. Les mains de l'artiste s'embrasent. Robert chante d'une voix sereine, un tantinet chevrotante. Le tempo diminue. Il chante "Let's get together" et "Pratt City special", avec une sensibilité bouleversante, pour délivrer son message. Le désespoir dans la gorge, il reprend "Goin' down slow" de James B. Oden. Robert puise également dans le répertoire de grands pianistes. A l'instar de "Gone mother blues", "You got to reap what you sow" et "Love hides all faults" de Leroy Carr, "Jump steady blues" de Clarence "Pinetop" Smith, et "Rockin' with Red" de Piano Red. Sa voix écorchée vive sied à ravir aux blues lents et désespérés. Il le démontre tout au long de "Straight Alky blues", d' "All in all baby" et surtout du sublime "Louise Louise blues". Les sept dernières plages sont des bonus tracks immortalisés lors de différentes prestations. "Lonesome and blue" et "Mr Freddie blues" datent de la Noël 1958 ; et les 4 derniers titres, interprétés en duo avec le batteur Clarence Curry, ont été ajoutés à titre documentaire ; la prise de son étant un peu limite!

 

Melt

Comme à la maison

Melt tente d'intégrer la scène rock française avec ambition et un certain talent, en témoigne ce " Comme à la maison " plutôt bon à défaut d'être grandiose. Rythmiques funky, basse slappée à la Flea des RHCP, riffs entraînants : Melt, avec de l'entraînement, pourrait bien damer le pion, un de ces jours, à FFF. En choisissant le français comme langue de chant, le quatuor affirme son attachement à l'Hexagone - bizarre alors que l'on pense à du Vénus plus électrifié, la voix du chanteur ressemblant à celle de Marc Huyghens, voire à celle de… Pierre Rapsat. Melt serait-il un groupe belge, comme Brel et Hallyday sont soi-disant Français ? Qui sait… Parce qu'en écoutant cet EP, sûr qu'on se sent un peu comme chez soi (du moins côté wallon). Melt, made in France ? Allez, Léon, j'ai les mêmes à la maison !

 

Nona Mez

Songs Of Leaving

Derrière Nona Mez se cache un certain Geert Maris, 27 ans, songwriter délicat de Leuven qui devrait, en toute logique, récolter tous les suffrages. Logique, car ce " Songs of Leaving " recèle de splendides perles sculptées dans le folk, assez proches de celles de Polar du temps où le Suisse broyait du noir. Car noires, ces morceaux le sont, mais d'un noir éclatant, comme un diamant. S'il y a avait une justice, Geert Maris devrait accéder au rang de songwriter adulé par des hordes de fans transis, pour qui Elliott Smith et Tom McRae sont des grands. Parce que Maris compose et chante aussi bien que ces deux-là, et vient d'ici, alors, m…., pourquoi le bouder ? Piano-guitare-voix : il n'en faut pas plus pour que ce " Songs of Leaving " déroule son tapis rouge étincelant. Noir, rouge : reste le jaune, et c'est la joyeuse entrée assurée de Nona Mez dans le cercle restreint des chanteurs-compositeurs les plus talentueux de notre plat pays (Tom Barman, Joost Zweegers (Novastar), Arno). Le jaune : une couleur lumineuse. Malgré la tristesse apparente qui se dégage de chansons comme " Something That You Say " ou " Twenty-six or Seven ", " Songs of Leaving " brille de mille feux, ne serait-ce que par la finesse de ses arrangements. Pour sûr, on tient là un artiste maison qui vaut le détour. Son album est un trésor, qui nous change un peu du bric-à-brac à la mode anversoise. Nona Mez, c'est d'abord une voix (sensuelle), un piano (charmeur), et c'est à peu près tout. Pourtant, ça suffit. Amplement. ‘Een aanrader’, qu'on appelle ça en flamand. Echt waar.

 

Buddy Miles

Blues Berries

Écrit par

De son véritable nom George Miles, Buddy Miles est né en 1945. Il sait un peu tout faire : chanter, jouer de la batterie et parfois de la guitare. Il a côtoyé Otis Redding et Wilson Pickett avant de rencontrer le regretté guitariste, Mike Bloomfield. C'était en 1967. De cette entrevue est né l'Electric Flag, un des tous premiers bands de R&B rock. Lorsque Bloomfield quitte le navire, Miles en devient le leader. Il change alors le patronyme du groupe en Buddy Miles Express. Une aventure qui sera ponctuée d'un elpee, "Expressway to your skull", produit par Jimi Hendrix. En 1969, Miles rejoint Hendrix au sein du fameux Band of Gypsys. Après la mort de Jimi, Miles s'est encore illustré à travers de nombreuses nouvelles expériences ; et notamment comme chanteur de Santana, ou encore membre de Parliament-Funkadelic. L'artiste s'est ensuite longuement fait oublier, avant de revenir avec ce "Blues Berries". Un disque commis en 2000. A Austin, au Texas.

Pour enregistrer cet opus, Buddy s'est entouré de beau monde. Tout d'abord la section rythmique de Double Trouble. En l'occurrence Chris Layton aux drums et Tommy Shannoon à la basse. Rocky Athas, ensuite. Un guitariste texan qui fut jadis impliqué chez Black Oak Arkansas. Originaire de Dallas, il a également été un compagnon de classe de Stevie Ray Vaughan.

L'album débute par la reprise classique de "Tobacco road". La voix très caractéristique de Buddy est frappante. Une voix qui paraît tellement frêle, au vu de son important gabarit. "Compassion for the blues" est un blues lent, très lent, classique, comme Buddy en chantait déjà voici plus de trente ans. La voix est bourrée de feeling. La guitare prend tous les plans caractéristiques du genre. L'orgue Hammond de Mark Leach renforce le tableau sonore. "Life is what" est une plage funky, étonnement rapide, enfiévrée par sa guitare. Il en est de même pour "Bayou delate". Un fragment qui, inconsciemment, me fait penser à Sly & the Family. Stone. "Rock & roll" est une excellente composition autobiographique sur laquelle il raconte, d'un ton tellement présent et vécu, son exode du Nebraska à San Francisco ; ainsi que son apparition au Fillmore en compagnie de l'Electric Flag, à l'époque où il pouvait rock'n'roller le blues! La guitare peut bavarder à satiété sur le thème choisi. "Come on back" est une fort jolie ballade au potentiel commercial indéniable. Elle démontre, une nouvelle fois, l'extrême richesse de la voix de Mr Miles et son art à vocaliser. "Texas Cannonball" a été composé en hommage à un grand bluesman texan disparu : Mr Freddie King. On y décèle sans mal des thèmes jadis créés par Mr King. "Miss Sugar' fine" est une plage qui sent bon le parfum d'autrefois. La guitare est bien électrique, plus proche de la rock music que du blues. L'album se referme dans la quiétude de "Down at the Crossroads". Et pour être complet sachez que Jim Gaines en assure la production avec beaucoup de bonheur.

 

R.J. Mischo

Meet me on the Coast

Écrit par

R.J est un des harmonicistes les plus doués de sa génération. S'il a établi aujourd'hui ses pénates à San Francisco, il a entamé sa carrière à Minneapolis. Il y déjà plus de vingt ans. Il y a signé tous ses premiers albums ; et en particulier son elpee initial, "Ready to go!". En 92. Un disque pour lequel il avait reçu le concours du Kid (Teddy) Morgan Blues Band et de Percy Strother. Il y commet encore "Gonna rock tonight". En 94. Il fonde ensuite son Red Hot Blues Band. Tous ses derniers albums sont sortis sur le label allemand Crosscut : "Rough 'n' tough" en 96, "Cool disposition" en 97, et "West wind blowin" en 99.

" Meet me on the coast " est issu de différentes sessions. Six plages ont été commises au studio Wally Sound de Berkeley, en Californie. Puis mixées dans notre plat pays, à Houthaelen très exactement, sous la houlette de Marc T. On y retrouve les musiciens qui côtoient habituellement R.J : son ami Jeremy Johnson à la guitare, Marc Carino à la basse, Robi Bean aux drums, Bob Welsh au piano et notre Marc T à la guitare. Les autres plages ont été enregistrées au studio Goldmine, à Ventura. R.J. et Frank 'Paris Slim' Goldwasser en assurent la production. Frank y prend même une part active dans l'instrumentation. Et pour quatre plages, Junior Watson se réserve les guitares, John Juke Logan l'orgue, Ronnie James la basse, et Eddie 'le cheyenne' Clark la batterie.

R.J chante un curieux "Put you down", les intonations de Marc T dans la voix. Le climat funky repose sur un riff pas vraiment éloigné de Magic Sam et son West Side sound. La paire Mischo et T s'attaque au "Take it easy" de Sonny Boy Williamson II. La guitare est nerveuse. Elle déverse des flots de notes avec parcimonie. Le solo est très bien construit. R.J qui a très bien compris le message, reste sur la défensive. Un excellent exercice de style très respectueux du titre original. L'adaptation du "Passing by blues" de Howlin' Wolf Blues est un autre blues classique. Mischo a écrit "Funky room" dans l'esprit le plus radical du Chicago blues des fifties. Tout est parfaitement mis en place. La section rythmique est solide, mais discrète. Le piano de Bob Welsh efficace. La guitare de Marc bien amplifiée, réverbérée. L'envol à l'harmonica sublime. Digne de Sonny Boy. Du blues comme on aimerait en entendre au quotidien. Susceptible de vous débarrasser du stress ! "You can lie to me" prend un faux départ. Ce titre me fait un peu penser à "Good morning little schoolgirl" de Sonny Boy I. Mais, c'est ici qu'on se rend compte que Marc T à la main mise sur la mise en forme. Et le confirme tout au long "Don't cross me". Si la ligne de basse est intéressante, c'est Fillmore Slim qui lacère les cordes de guitare. Du vécu ! Les sessions de Ventura se distinguent par un son plus propre. La finition est volontairement plus léchée. Ce qui n'empêche pas les deux formules d'atteindre des résultats plus que convaincants. En soufflant dans l'instrument chromatique sur "Old nightcat", R.J. prouve que sa fixation californienne n'est pas usurpée. "You think I'm lying?" marque un changement le style. La production communique de la puissance au son. James et Clark échafaudent une section rythmique de plomb. Juke Logan est à l'orgue. R.J chante avec autorité. La puissance sonore se communique au jeu de l'harmonica. L'homme semble disposer de quatre poumons. Et si Junior Watson est bien présent, il se limite à la rythmique, accentuant ainsi l'intensité dramatique de l'ensemble. Impressionnant! "My baby she's got it" de Slim Harpo campe un rock'n'roll foudroyant. Dommage que cette plage victorieuse soit si courte (1'36"), parce que déménager plus que ça, tu meurs!!! Le funky et exotique "One good woman" est une autre plage qui s'impose par sa force rythmique. Mischo chante divinement de sa voix un peu poussée. La plage titulaire est un slow blues. Le jeu de R.J est ici inspiré par Little Walter et toute la cohorte des grands harmonicistes blancs de la West Coast. Watson vient confectionner un court solo dans son style inimitable. R.J fait étalage de tout son savoir-faire, de toute sa technique, sur l'instrumental saignant "Bobsledding". Un fragment qui se fond dans "My muddy story". Les cordes de Paris Slim impriment un rythme très enlevé à cette chanson qui relate la première rencontre entre R.J et Muddy Waters. "Lucky that's me" est une composition très funky. Dans le passé, elle aurait pu être enregistrée par le Paul Butterfield Blues Band. "I'm your sideman" est taillé dans du Chicago blues soutenu. Le chant colle à ce style de manière indélébile.Les guitares de Junior Watson et de Paris Slim s'autorisent, à leur tour, un billet de sortie. Ronnie James prend son pied sur sa basse au son lourd. La fin de l'album nous réserve un titre acoustique : "I'll take the whole thing" ; une plage illuminée par l'harmo lumineux de Mischo, sur laquelle on retrouve Paris Slim, Ronnie James et Eddie Clark. Excellent!

 

Mississippi Heat

Footprints on the ceiling

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La sortie d'un nouvel album de Mississippi Heat suscite toujours une certaine émotion dans nos chaumières belges ; et un petit accès de chauvinisme, difficile à cacher, nous envahit dès que nous pensons à Pierre et Michel Lacocque. Pierre, c'est l'artiste, l'harmoniciste de format international. Michel, le frère, le manager. Qui confesse n'être qu'un spectateur ; mais lors de chaque développement du Heat, son importance est cruciale. Il y a déjà trente ans que nos deux compatriotes ont élu domicile dans la capitale du blues. Depuis, ils ont eu tout le temps nécessaire et indispensable pour assimiler le feeling du blues local!

Mississippi Heat est né en 1981. Avant d'enregistrer " Footprints on the seiling ", il comptait quatre excellents albums à son actif. Le premier, "Straight from the heart", date de 92. Il réalisait déjà cette symbiose entre les éléments noir et blanc, un contraste cultivé par les Lacocque! Côté white, on retrouvait Pierre et l'excellent slider Billy Flynn ; côté black, Robert Covington, Bob Stroger et James Wheeler. "Learned the hard way" est paru en 1994. Il saluait la participation d'une chanteuse noire de talent : Miss Deitra Farr. A l'exception d'Allen Kirk qui avait repris le siège de Covington, les autres musiciens avaient été reconduits. Et en 95, "Thunder in my heart" avait été enregistré sous le même line up. Il faudra attendre près de 4 ans (NDR : donc en 1999) pour voir sortir "Handyman". Sans aucun doute l'elpee le plus accompli. Paru tout d'abord sur le label maison Vanderlinden, il bénéficia l'année suivante d'une distribution internationale : celle de Crosscut. Un disque enrichi de deux titres supplémentaires. Dans l'intervalle, le groupe avait subi quelques remaniements. Katheryne Davis avait pris le relais vocal. Barrelhouse Chuck celui du piano. Ancien gratteur de Junior Wells, George Baze a été, tout un temps, préposé à la guitare; mais il est malheureusement décédé en octobre 1998. Sans oublier les invités de marque parmi lesquels ont transité Billy Boy Arnold et Carl Weathersby.

"Footprints on the ceiling" constitue le cinquième opus de Mississipi Heat. Et il faut avouer que nous n'avons pas le droit d'être déçus. L'intensité du son dispensée tout au long de "Goin' home" est une bonne surprise. Inetta Vistor possède la voix de l'emploi. C'est une digne héritière de Deitra et de Katheryne. Toute l'envergure du style de Pierre est bien présente. Si au départ ses influences incontournables répondaient au nom de Junior Wells et de Big Walter Horton, il s'est forgé aujourd'hui, et de manière indéniable, son style 'Lacocque' que l'on reconnaît immédiatement. Un style qu'il impose sur l'instrumental "Jean's jive", une compo dédiée à une amie de longue date, Miss Jean, malheureusement gravement malade. La puissance mélodieuse, cette faculté à imaginer l'existence de deux paires de poumons, se révèle à son écoute. Chris Winters se met en évidence à la Gibson Les Paul sur "She's got everything", une chanson d'amour écrite pour sa femme et son fils. Roger Weaver l'épaule au piano. Mais quel régal d'écouter la voix de Billy Boy Arnold sur "What kind of man is that?" ! Il s'autorise également un petit solo à l'harmonica sur un titre acoustique au son très vintage. "That ain't love" nous replonge avec le même bonheur au cœur de l'album précédent. Inetta prend bien le rôle de Miss Davis. Le son est épaissi par la présence des cuivres, du piano et de l'orgue. Seule la guitare de Chris se détache. "Blues for George Baze" est un autre instrumental au tempo lent. Réservé à l'harmo, il souffle toute la passion de Pierre, pour faire revivre l'ami disparu qui lui avait encore téléphoné une demi-heure à peine avant de rendre son dernier soupir. "Caribbean sunshine" nous plonge au sein d'une atmosphère des îles, une atmosphère agitée par un rythme très fouillé, latin, communicatif et emprunt de gaieté, une atmosphère que le Heat aime privilégier (NDR : ce qui n'est guère étonnant lorsque l'on sait que Vickie, l'épouse de Pierre, est cubaine). Carl Weathersby chante avec beaucoup de soul dans la voix. Il impose une tonalité incisive à la guitare. Le piano de Pat Bremman roule avec beaucoup de bonheur. Excellent blues lent, "Heartbroken" figurait déjà sur le premier album. Un morceau introduit par Pierre. Inetta chante. L'orgue Hammond de Bremman réchauffe nos cœurs, pousse la slide de Chris Winters avant qu'elle ne cède le relais aux cordes, profilées sur une ligne bien mélodieuse, à Michael Thomas. Terrain fertile pour un duel fraternel entre l'harmo de Pierre et celui de Peter "Madcat" Ruth, " Madcap hop " est un nouvel instrumental qui fait des "Whoopin" à la Sonny Terry. Un interlude très country & western ; ou si vous préférez une invitation à se défouler les jambes. Carl Weathersby chante, avec beaucoup de bonhomie et de paresse dans la voix, " Hobo blues ", pendant que le piano de Roger Weaver imprime un style proche de Fats Domino. "Still havin' a ball" sonne le réveil des troupes. Tous le musiciens sont au sommet de leur art. Carl est au chant. Phil Baron au piano. La guitare est toujours aussi agressive. Pierre décoche un court solo mais terriblement incisif. Billy Boy Arnold opère un retour chaleureux et bienvenu sur "Gonna leave and let her be". L'opus aurait pu s'achever ici, avec un sentiment du devoir accompli. Mais non, un superbe blues lent revient à la surface : "What else can I do" ? "Que puis-je faire d'autre?", chante Inetta avec une formidable dose d'émotion et de sensibilité soutenue. C'est bien cela le blues ! En super forme, le Heat clôt les débats par la plage titulaire : "Footprints on the ceiling". Le groove est total, la puissance au maximum. Un blues qui laisse espérer un monde meilleur, suite aux événements tragiques du 11 septembre 2001. Un superbe album, MM Lacocque!

 

Moby

18

Écrit par

"Play", le dernier album de Moby s'est donc vendu à plus de 10 millions d'exemplaires, à travers le monde. Une fameuse performance pour ce New-yorkais d'adoption qui privilégie le travail sur le statut de star, auquel il pourrait prétendre. Surtout depuis que des grosses pointures lui refilent des compositions à remixer. Mais du vedettariat, Richard Melville n'en a rien à cirer. Il préfère bosser devant son ordinateur. Il est même devenu son ami intime, mais ne le répétez à personne. Bref, vu la mentalité de l'artiste, on devait s'attendre à un nouvel album de toute bonne facture. Surtout après avoir écouté le single " We are all made of stars ", dont la mélodie irrésistible évoque immédiatement Brian Eno (NDR : pensez à " Nerve net ", commis en 92). Malheureusement, on est loin du compte. Il y a bien les intimistes et minimalistes " Great escape " (Eyeless in Gaza ?) et " Sleep alone ". Le titre maître et " Fireworks. Deux instrumentaux romantiques et visionnaires qui pourraient servir de bande sonore de film. Le rythm'n blues " Another woman ", dont le groove viscéral est alimenté par une basse hypnotique (MC900Ft Jesus ?). Le psyché frémissant " Signs of love " (Kurt Ralske ?). " Extreme ways " au refrain contagieux. Et enfin, " Sleep alone ", hanté par le spectre de Ian Curtis, nonobstant une forme davantage éthérée. Mais le reste m'a laissé sur ma faim. Que ce soit " At least we tried ", pâle pastiche du Neil Young le plus 'harvestien', le trop intimiste (NDR : enfin, tout dépend du sens accordé au terme intimiste !) "Harbour", pourtant caractérisé par un duo échangé entre Moby et Sinead O' Connor, ou encore " Street of Philadelphia ", à mon humble avis un peu trop pompé chez Springsteen. Pire encore, six fragments s'égarent dans la soul/gospel. Et c'est sans doute ici que Moby s'est planté. Car ces vocalises ne remplaceront jamais les bonnes vielles voix blues trempées dans le Mississipi (NDR : qui a dit le whiskey ?), qui prévalaient sur " Play ".

 

Moby

Ambient

Une autre réédition des antiques albums de Moby, avec " Early Underground " et " Moby " (voir autres critiques) : comme son titre l'indique, il s'agit ici de morceaux ambient, à la lisière des premières productions de Plastikman et de tout ce qui se faisait à Detroit en cette période de vaches maigres. Pas terriblement jouissif, cet album s'avère pourtant parfait comme fond sonore, au moment de la vaisselle par exemple. Toutefois, à côté des compiles ambient d'Aphex Twin, cet album frise le ridicule. Moby a fait ce qu'il a pu, nous on baille.

 

Moby

Early Underground

Aujourd'hui, Moby est une star : après avoir écoulé 10 millions de Play, son précédent album, il remet les couverts avec 18, déjà n°1 dans les hits parades. Pourtant, la carrière de Richard Hall (son vrai nom) n'a pas débuté il y a trois ans, loin de là. En 1990, il publiait son premier EP, " Mobility ", dans l'indifférence quasi générale. Cette réédition d'une compilation sortie en 93 reprend tous les travaux de Moby lorsqu'il n'était encore qu'un DJ à peine reconnu dans les raves américaines. Difficile d'y déceler ce qui fera son succès dix ans plus tard, tant on nage ici dans une techno minimaliste, proche de celle des pionniers de Detroit, Derrick May en tête (" Party Time "). Certains titres rappellent également qu'avant d'être un végétarien catho à la limite du sectaire, Moby aimait bien gober des petites pilules au MDMA (" Drug Fits The Face ", " Peace Head ") et faire la fête en s'éclatant la tête. Pas la peine de rajouter que tous ces morceaux datant de 90 et 91 ont salement vieilli ; n'ayant d'intérêt que pour ceux qui sont restés coincés dans un mauvais trip au début de l'acid house. Bref, dans le monde sans cesse mouvant de la techno, il y a une éternité.

 

Moby

Moby

Cette réédition du premier album de Moby a le mérite de rappeler qu'avant d'être une star planétaire aux millions d'albums vendus, le petit Richard Hall essuya quelques vestes : qui se vanterait aujourd'hui d'avoir un de ses albums de la période pré-Play, quand l'arrière-petit-neveu de Melville jouait encore dans la cour des DJ's de troisième zone, écumant les raves sordides à la recherche d'une seule âme pour écouter ses beats de freluquet ? Certes, il y a eu " Go ", gros tube samplant sans vergogne la musique de Twin Peaks, et cette reprise du " James Bond Theme ", sympathique mais sans plus. Cet album de 1993 contient le fameux " Go ", le reste oscillant entre l'acid et l'ambient, avec des pointes de 1015 bpm (" Thousand ", figurant au Livre des Records en tant que " morceau le plus rapide jamais enregistré "). A part ce tour de force qui n'a d'autre intérêt pour Moby que d'avoir un beau cadre du Guinness Book dans ses toilettes, on se demande donc qui peut bien écouter ça en 2002… A écouter pour rigoler, ou si l'on aime la New Beat (ce qui revient au même).

 

Moby

Rare : The Collection B-Sides 1989-1993

Enième réédition des vieux albums de Moby (voir autres critiques) : cette fois-ci, il s'agit d'une compilation de remixes et d'extended plays, bref des ersatz de morceaux déjà pas terribles… En général plus dance que les originaux, ses remixes étaient au départ destinés aux dance-floors des clubs du monde entier. ‘Etaient’, car datant pour la plupart de 91-92, ils n'ont évidemment aucune chance d'encore faire danser la ‘club babe’ d'aujourd'hui, davantage fan d'électro-clash et de bootlegs à la Dewaele Brothers que de ce genre d'hymnes pompiers à la défonce, pleins de bruits de sirènes ringards et de boum boum dépassés.

 

Coco Montoya

Look back

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L'ancien drummer d'Albert Collins a fait son chemin! Originaire de Santa Monica, en Californie, il a aujourd'hui dépassé le cap du demi-siècle. Au début des années 80, il avait sévi chez les BluesBreakers de John Mayall en compagnie d'un autre guitariste devenu célèbre, Walter Trout. Il y est resté une dizaine d'années, avant d'entamer sa carrière personnelle. Son 1er album est paru en 1995 : "Gotta mind to travel". Sur Silvertone. Le suivant, "Ya think I'd know better", est sorti l'année suivante et "Just let go" en 97. Tous deux sur Blind Pig. En 2000, il a décroché un contrat chez Alligator. Pour lequel il a commis, quelques mois plus tard, "Suspicion".

L'opus s'ouvre par "Wish I could be that strong". Un titre blues rock qui flatte l'oreille. Blues modéré, légèrement funky, "Running away from love" a sans doute été inspiré par Albert King. Coco ne perd à aucun moment sa ligne mélodique, permettant ainsi à la guitare de s'égarer de manière divertissante. Il reprend avec beaucoup de bonheur "Something about you", un ancien hit des Four Tops écrit par Holland, Dozier & Holland, l'équipe attitrée de la Tamla Motown. Le backing band assure très bien son rôle ; et notamment Chuck Kirkpatrick à la rythmique et Benny Yee à l'orgue. Montoya est alors libre de délivrer un de ces solos dont il a le secret. "I won't beg" est une ballade rythmée plus soul, sur laquelle il peut mettre en évidence sa voix naturellement puissante et chaude. "Trip, stumble and fall" est une plage tonique, écrite par les texans Stephen Bruton et David Grissom. Constituée de Steve Evans à la basse et de Randy Hayes à la batterie, la section rythmique est d'une solidité soumise à toute épreuve ; une assise qui permet à la guitare de galoper à vive allure. Coco peut enfin aborder "Can't see the streets for my tears", un slow blues conduit de manière fort semblable à celle de son ex patron, John Mayall. "Same old thing" est une composition du maître de la Telecaster, Albert Collins. De toute évidence, il rend un nouvel hommage à celui qui l'a tant aidé à se forger une personnalité, dans les années 70. "Can't look back" est une ballade soul agrémentée de cuivres. Joe Sublett est au sax et Darrel Leonard à la trompette. "Women have a way with a fool" permet de mesurer une nouvelle fois encore l'aisance vocale de Coco dans le R&B. Sa versatilité sur les cordes est assez remarquable. Inspiré une fois encore par le travail qu'il a accompli au sein des Blues Breakers, "Back in a Cadillac" est un blues bien rythmé. En fin d'album, il concède "No longer a part of your dreams", une plage dansante bien agréable enrichie par la guitare slide, le sax de Sublett et l'orgue de Tommy Eyre, un ancien sideman de Joe Cocker. Ce disque de bonne facture s'achève par "Free", une plage très blues rock, assez majestueuse dans le riff. Montoya peut encore y faire respirer sa Stratocaster aux parfums très électriques. Et pour être complet, sachez que la production est signée Jim Gaines.

 

John Mooney

All I want

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John Mooney est newyorkais. Au cours de sa jeunesse, il a appris à jouer de la guitare. Il avait à peine assimilé la technique, qu'il se convertissait déjà au blues. A 16 ans, il fait la connaissance d'un de ses voisins : Ed ‘Son’ House, le légendaire bluesman du Delta qui aurait été le professeur du mythique Robert Johnson. John commence à tourner aux USA et lorsqu'il descend à New-Orléans, il rencontre celui qui sera une autre influence majeure : le maître du piano local, Professor Longhair.

Son 1er album, "Comin' your way" (Blind Pig), date de 1979. Depuis 81, il tourne avec sa formation, le Bluesiana Band. D'autres albums ont suivi : "Telephone king" en 83, "Sideways in paradise", commis en duo avec Jimmy Thackery en 85, "Late last night" en 90, "Travelin' on", un live immortalisé à Brême (Crosscut) en 91, "Testimony" en 92, "Against the wall" (House of Blues) en 95, "Dealing with the devil" (Ruf) en 96 et "Gone to hell" (Blind Pig) en 2000.

"All I want" constitue donc le petit dernier. John est entouré de trois musiciens : Alfred Roberts aux percussions, Bernard Johnson aux drums et Jeff Sarli à la basse. Mooney ouvre par le titre maître de l'opus. Une plage imprimée sur le rythme du chemin de fer qui lui permet déjà d'étaler toute sa dextérité sur le manche. Marqué par la voix graveleuse et partiellement ravagée de Mr Mooney, "Baby please" est du pur Delta Blues. La National Steel répond du tac au tac au chant du maître. Toujours seul, il remet le métier sur son ouvrage en abordant "Buried treasure" et un blues traditionnel mené avec autorité intitulé "Future blues". Au passage, John nous rappelle que l'une de ses influences favorites, c'est également la musique de New Orleans, façon Professor Longhair. Il le démontre sur "She ain't no good". Un fragment joué en trio. La rythmique est d'acier, sûre et sans faille. Le son de sa slide découpé au couteau. Mooney est un maître du style. Il reprend d'ailleurs "Hey little girl" de Henry Byrd, alias Professor Longhair. Il l'attaque avec une voix pas possible. Le bonheur ! Il est tout aussi convaincant dans le domaine du Mississippi blues amplifié. Sa slide communique toujours cette intensité métallique. A l'instar de "Feel like hollerin, un fragment dur, abrupt, sans concession. Il libère un son hawaiien de cette slide, pour prodiguer l'exotique "Tell me who". La musique pourtant complexe semble couler de source. La plénitude est de retour. La prouesse conjugue à la fois la technique et le feeling. "Son's blues" a été écrit il y a bien longtemps par Son House. Sa reprise très fidèle est un vibrant hommage au maître. L'émotion transpire tout au long des cordes d'acier. Il poursuit par "You got to move ", sans doute la composition la plus connue d'un autre seigneur légendaire de la slide : Mr Fred McDowell. Il la traite avec une attitude empreinte de beaucoup de respect vis à vis du maître. Il referme cet opus par une version chargée d'émotion d' "If you love me" de Ted Hawkins. Une fois de plus, Mr Mooney a signé un bon album !

 

Morcheeba

Charango

La dernière fois qu'on avait croisé Morcheeba, c'était avec leur tube FM "Rome wasn't build in a day", une incartade pop trop sucrée qui nous avait donné la nausée. Dégoûté par tant de mièvrerie, le public délaissa un moment le joli minois de Skye, certain qu'elle et ses deux amis avaient viré leur cuti trip-hop pour le compromis lounge-mainstream, ce cocktail parfait pour danser les bras en l'air et la tête au frais, mais sans l'entrain d'antan, qui faisait de "Big Calm" et de "Who Can You Trust ?" ces albums à chérir tendrement, au coin du feu. On n'avait donc plus trop confiance en Morcheeba, jusqu'à l'arrivée impromptue de ce " Charango ", splendide retour au bercail trip-folk de leurs débuts. Dès "Slow Down", on se dit donc qu'on a eu tort de les maudire tout un temps, la voix de Skye et les beats langoureux de Paul Godfrey nous rappelant que Morcheeba n'a finalement jamais vraiment rimé avec lambada. Et quand Kurt Wagner de Lambchop ramène sa country tranquille sur "What New York Couples Fight About", on s'étonne que l'alchimie fonctionne, en tout cas le choix fut risqué - rien que pour cela, chapeau bas. Avec ses mélodies ouatées, ses refrains tout en caresses et ses ambiances délétères, "Charango" fera chavirer nos tympans pendant encore longtemps.

 

Alanis Morissette

Under rug swept

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Alanis a un fameux caractère. En quelques mois elle est parvenue à virer son fidèle collaborateur, Glen Ballard, s'est brouillée avec Madonna, qui n'est autre que la patronne du label sur lequel elle est signée, et a défrayé la chronique en se payant un flirt avec Jessica Parker, au beau milieu de la série télé " Sex in the city ". En outre, cette Canadienne n'en rate pas une pour se payer la tête des machos ou de tailler le portrait de l'homme idéal. A travers les lyrics de ses chansons, notamment. Et c'est encore le cas sur " Under rug swept ". Son quatrième opus. En particulier sur " Flinch ", " So unsexy " et " A man ". Ce qui ne l'a pas empêchée de recevoir le concours de collaborateurs mâles. Et pas n'importe qui, puisqu'on y retrouve Flea (Red Hot Chili Peppers), Dean De Leo (Stone Temple Pilots) ou encore Eric Avery (ex Janes's Addiction). Les braves types ! Et pour démontrer qu'elle est capable de se débrouiller toute seule, elle a assuré la production de son opus. Si Alanis possède toujours ce timbre vocal falsetto fiévreux, grondant, son elpee nous a laissé sur notre faim. Hormis les trois premiers fragments, les chansons se fourvoient progressivement dans la ballade fromatée. Et ce n'est pas l'apport de boucles ou de rythmes hip hop qui y change quelque chose. Dommage, car l'hypnotique " Narcissus ", le contagieux " Hands clean " et le percutant " 21 things I want in a lover " ont une pêche d'enfer…

 

The Moroccos

Bang goes my heart

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Au cours des 50's, le label United privilégiait les groupes vocaux, et en particulier les quartets gospels, sans pour autant négliger d'autres styles moins sacrés. Ce recueil réunit des enregistrements opérés par quatre groupes qui ont sévi entre 53 et 55. Un phénomène qui allait ouvrir la voie au doowop. La collection "Cho Chop Boom" était réservée au label States. Elle sera donc limitée à United! Les Moroccos appartenaient à la Communauté Englewood du South Side de Chicago. Drivés par Ralph Vernon, ils s'appelaient à l'origine, les Four Chimes. Un line up qui allait passer à un quintet, lors de l'engagement du ténor Sollie MeElroy. Les Moroccos se taillent la part du lion sur l'album. Et pour cause, douze titres leurs sont consacrés.

L'opus s'ouvre par "Bang goes my heart", un fragment rehaussé par la présence d'une guitare surprenante. Le piano s'emporte sur le sémillant et rythmé "The hex" pendant que Red Holloway actionne son sax ténor, avec beaucoup de bonheur. Les Answers ont participé aux sessions finales de United. En 1957. Ils sont inconnus au bataillon, mais signent ici deux plages dont une face jump : "Keeps me worried all the time"et le rapide "Have no fear", qui bénéficie du concours du Lefty Bates Trio et à nouveau de Red Halloway au saxophone. Les Sheppards étaient issus du South Side de Chicago. Un quintet ici responsable de deux faces jump : "Just let me love you" et "Pretty little girl". Elles datent de 1956. On y retrouve les mêmes collaborateurs. C'est à dire Horace Palm au piano et Red Holloway et Mac Easton aux saxophones ; mais le lead vocal est assuré par le ténor John Pruitt. Les Pastels sont également issus de Chicago. Ils ont commis deux sessions pour United, en 1956. Six plages dont un " Boom De Boom " parcouru par l'excellente guitare jump du leader Lefty Bates. Bates partage la vedette de ces sessions avec avec Red Halloway. Il accorde quelques petits bijoux de soli sur "Goodbye", et donne un merveilleux exemple de doowop sur "My little girl". Le nombre de formations auditionnées à l'époque était très important. Parfois elles disparaissaient sans laisser de traces, sans même qu'un disque ne vienne témoigner de leur existence. A l'instar du Mystery Group, qui interprète les deux dernières plages de cette collection. Ce sont des illustres inconnus dont l'interprétation de la fort jolie ballade "Tender love" est renforcée par des chœurs! Dommage qu'à l'issue de cette fin mouvante des fifties, ce style allait progressivement disparaître, pour laisser la place à la folie du rock'n'roll…

 

Mother Tongue

Streetlight

Leur boogie rock incandescent donne le vertige, leurs envolées fusionnelles le tournis et leurs slows vaporeux une trique d'enfer. La langue bien pendue, ces Mother Tongue aiment jouer avec le feu, jonglant avec les notes et les riffs comme des acrobates sur la corde raide, toujours prêts à sauter dans le vide, les nerfs à vif et la tension au maximum. Après plusieurs années d'absence, leur nouvel album, produit par Mario Caldato Jr (Beastie Boys), montre enfin les crocs, tel un Boogie Man enfermé dans le placard pendant trop longtemps : rythmiques haletantes, vocaux surhumains, refrains détonants, les Mother Tongue allient le meilleur des Red Hot avec le son roots du blues, voire de la soul. A les entendre rugir, on les imagine sans peine bêtes de scène… Mother Tonghe is back, et ça va faire mal.