La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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La vision de l’art prônée par Superchunk…

Superchunk sortira son nouvel album, « Songs in the Key of Yikes », ce 22 août. En attendant, il a partagé le single, « Is It Making You Feel Something ». ‘Il a toujours été vrai que tout le monde traverse quelque chose dont on n'est pas forcément conscient’,…

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Brendan Benson

Lapalco

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Originaire de Detroit, dans le Michigan, Brendan vit aujourd'hui en Californie. Il vient donc de commettre son deuxième elpee (NDR : son premier, " One Mississipi " remonte déjà à 1996). Un disque sur lequel il a fait à peu près tout : l'écriture des chansons aux lyrics semi autobiographiques, le chant, l'instrumentation et une grosse partie de la production, cinq fragments ayant bénéficié du concours de Jason Faulkner. Si Brendan a été incontestablement marqué par les sixties, et en particulier par les Beatles, les Kinks et les Beach Boys, son style me rappelle tantôt Matthew Sweet, Fountains of Wayne, les Rentals (NDR : surtout lorsqu'il a recours au moog !), Alex Chilton ou encore les Cars. A cause de cette innocence lyrique rafraîchissante qu'il injecte dans ses mélodies pop. Des mélodies pop très souvent contagieuses, qu'il enrobe parfois d'arrangements sophistiqués voire chiadés.

Tout au long de " Lapalco ", Brendan passe de l'agressif à l'intimiste, de l'énergique au mélancolique, du visionnaire au ténébreux, du grinçant à l'allègre, et bien sûr de l'acoustique à l'électrique, avec une facilité déconcertante. Avec pour résultat 12 petites perles (NDR : 13 si on compte le morceau caché, qui n'est autre qu'une version acoustique de " Metarie "), parmi lesquelles il serait difficile d'en extraire une plus lustrée. Une d'ente elle brille cependant d'un éclat différent : " Pleasure seeker ". Une plage dont la structure complexe et subtile aurait pu naître d'une rencontre hypothétique entre Blue Oyster Cult et les Blue Aeroplanes. Excellent !

Biffy Clyro

Blackened Sky

" And we still fuck them ", chante Simon Neil sur Hero Management, juste avant une explosion de riffs costauds ponctuée par un cri de désespoir, un déchirement : " Take me away ! ". Biffy Clyro allie le romantisme le plus névrosé aux décharges électriques les plus violentes : sans cesse en déséquilibre, entre accalmie pop et dérapages métal non contrôlés, la musique de ce trio écossais fait penser à de l'emocore genre Fugazi, mais avec davantage de refrains accrocheurs et d'innocence juvénile… Leurs chansons, sèches et rugueuses comme du papier de verre, rappellent tantôt les Foo Fighters, tantôt Jimmy Eat World, sauf qu'on ne sait jamais comment elles prennent fin : dans le calme ou la tempête, en tout cas toujours de manière surprenante. Et c'est là l'intérêt majeur de Biffy Clyro : à jouer comme ça avec les conventions, leur musique en prend de la valeur. Des titres comme " Kill the old, torture their young (…) ", " 57 " ou " The go-slow " en imposent, et nos tympans accusent parfois le coup (de grisou). " We still fuck them ", hurle le chanteur, comme un pied de nez à tous ceux qui n'entendraient dans leur musique qu'un exutoire pour ados attardés. Evidemment, ces gens-là ont tout faux : écouter Biffy Clyro, c'est un peu de bleu dans le " ciel obscurci " du rock le plus mainstream.

 

The Bigger Lovers

Honey In The Hive

La fraîcheur pop de ce groupe de Philadelphie rappelle en bien des points tous ces groupes juvéniles qui firent le bonheur de nos soirées d'été : des Beach Boys aux Foutains of Wayne, tous partageaient ce don de la mélodie accrocheuse, du refrain imparable, des guitares limpides et des paroles ensoleillées. The Bigger Lovers ne faillit donc pas à cette règle de la perle pop-rock, faites de chœurs magiques et de roulements de batterie extatiques : leur deuxième album, " Honey In The Hive ", regorge ainsi de titres enjoliveurs à l'ambiance douce-amère savoureuse (au hasard, " Make Your Day ", " Don't Know Why " et " Minivan Blues "). Sur l'axe XTC - The Go-Betweens, The Biggers Lovers se positionne dès lors comme un outsider impeccable.

Biohazard

Tales from the B-side

Biohazard n'est plus à présenter : au début des années 90, son métal-hardcore aux influences hip hop jeta les bases du néo-métal, cette soupe FM qui fait aujourd'hui le bonheur des rentiers du music business et de MTV. On retrouve d'ailleurs sur cette compilation le fameux morceau qui servit quelques années plus tard à tailler dans le roc(k) les Dix Commandements du métal cher à Korn et à Limp Bizkit… Ce morceau, c'est " Judgement Night ", qui figurait sur la BO du même nom, en duo avec le groupe de rap Onyx. Depuis, bon nombre de BO's ont repris le même procédé, à savoir mélanger deux genres apparemment incompatibles pour en extraire, peut-être, une nouvelle tendance : métal et techno sur " Spawn " et, très récemment, hip hop et électro sur " Blade 2 ". Ces tentatives de mariages contre-nature ont sans aucun doute le mérite de briser toutes les barrières, de mettre à mal les idées reçues : quand la guitare de Kerry King et les cris gutturaux de Tom Araya de Slayer croisent les beats hardcore d'Atari Teenage Riot sur " Spawn ", la surprise est de taille, puisque ça fonctionne… Biohazard peut donc s'enorgueillir d'avoir été l'instigateur de cette mode du " versus ", ces clashes de titans dans lesquels s'affrontent des artistes sans lien de parenté mais pour qui le ring est un terrain d'expérimentations, une piste ouverte à la création de nouveaux horizons musicaux. Malheureusement, à part ces quelques titres commis en duo en compagnie de rappers (Onyx, Sen-Dog de Cypress Hill), Biohazard s'est souvent embourbé dans un métal un peu pataud et indigeste. Cette compilation sort sans doute pour rappeler le groupe à notre bon souvenir, alors que Linkin' Park, Papa Roach et Calibre (pour les Belges) occupent maintenant le haut du pavé… Il est loin, le temps où Biohazard faisait pogoter les foules (son dernier album, " Uncivilization ", est plutôt passé inaperçu), et ce ne sont pas ces B-sides et autres démos inédites qui les feront revenir sous les feux de la rampe.

Biosphere

Shenzhou

Le cas de Geir Janssen semble insoluble : d'abord membre du groupe électro-pop Bel Canto au milieu des années 80 puis DJ techno chez R&S vers 1989, il devient pape de l'ambient sous le pseudo Biosphere dans le courant des années 90. Alors que ses albums " Substrata " et " Cirque " (récemment réédité) sont considérés comme des chefs-d'œuvre du genre, le voilà qu'il change son fusil d'épaule et revient avec un album de reprises de… Claude Debussy. Blague à part, ce " Shenzhou " fait la part belle aux ambiances craquelées, l'impressionnisme du compositeur français se retrouvant non pas tel quel, sous forme de samples ou d'orchestrations, mais dans l'aspect volontairement contemplatif de ces longues plages aux senteurs automnales. Finalement plus proche du dub abstrait de Tikiman ou de Vladislav Delay que de Pelléas et Mélisande, ce disque s'écoute à tête reposée, à l'abri des parasites qui souillent notre paysage sonore.

Birdie

Reverb Deluxe

Écrit par

Birdie, c'est avant tout Deborah Wykes et Paul Kelly. Avant de fonder Birdie, Deborah a sévi chez le trio féminin Dolly Mixture, une formation née au tout début des eighties qui a influencé des groupes de filles contemporains, tels que Sleater Kinney et Chicks. De son côté, Paul a participé à l'aventure d'East Village. Une formation aussi légendaire qu'énigmatique, au sein de laquelle il jouait de la guitare. " Reverb Deluxe " constitue déjà leur troisième opus : il fait suite au vinyle " Some dusty " (1999), et au compact disc " Triple echo " (2001). Fruit d'un subtil mélange de folk, de bossa nova, de jazz cool, de psychédélisme, de rythm'n blues et de pop, leur musique mélancolique, tendre, délicate, manifeste de nombreuse affinités avec Week End et Everything But The Girl. Mais sans jamais verser dans la trip hop. Si Paul se réserve toutes les parties de guitare (acoustique et électrique, et parfois même la basse), les vocaux et la plupart des claviers sont assurés par Debsie. Des vocaux qu'elle interprète d'un timbre limpide, éthéré, sensuel, qu'elle caresse d'un hammond, d'un mellotron, d'un piano électrique ou d'un clavecin. Pourtant, l'opus recèle une bonne moitié de fragments instrumentaux. A l'instar du superbe " Theme for tired ", littéralement rogné par un orgue poussiéreux, comme chez le mythique Booker T. Jon Chandler est le seul collaborateur permanent, sur cet elpee. Aux drums. Son style précis, souple et efficace a surtout le mérite de se fondre parfaitement dans l'ensemble. L'œuvre bénéficie également de la participation épisodique d'un trompettiste et d'un flûtiste, histoire de donner un peu plus d'amplitude aux mélodies. Un album, ma foi fort agréable à écouter, même si cette forme de revivalisme 80's a de quoi surprendre.

 

Björk

Greatest hits

Écrit par

Ce "Greatest hits" n'a pas été imaginé par l'artiste islandaise, mais il est le fruit d'un vote formulé par ses fans sur son website, invités à sélectionner leurs compositions préférées. Surprise, on n'y retrouve ni " Unison ", " Harm of Will ", " Pluto ", le hit " It's oh so quiet " ou encore d'extraits de la bande sonore du film " Dancer in the dark ". En outre, j'aurais tellement aimé que le recueil intègre le célèbre " Birhtday ", chanson qui l'avait révélée au sein des Sugarcubes. Ces absences ne nuisent cependant pas à la qualité de cette compile, qui recèle quand même un inédit, " It's in our hands ". Et puis, bien évidemment, l'électro tribal " Human behaviour ", le passionnel " Hyperballad ", l'atmosphérique " Isobel ", le bouleversant " Yoga ", né de cette fusion entre instruments à cordes et technologie moderne, et enfin " Play dead ", commis en compagnie du sorcier de l'électronique David Arnold. Enfin pour ceux qui connaîtraient mal Björk, ce disque à l'avantage de présenter les différentes facettes du style embrassé par l'Islandaise : tantôt allègre, doux-amer ou expérimental. Evidemment, toutes ces chansons n'auraient aucune raison d'être, s'il n'y avait la voix exceptionnelle de Björk…

 

The Black Crowes

Live

Écrit par

Cette double compilation 'live' fera office de Testament pour le band très southern rock des frères Robinson qui auraient voulu être les Stones à la place des Stones. Black Crowes c'est terminé, fané, fini, foutu ! Désormais les frangins Robinson se concentrent sur des projets personnels. "Live" a été enregistré sur la dernière tournée des corbeaux noirs et résume parfaitement la carrière d'un groupe dont le premier single à succès, "Hard to handle", demeure un titre qui n'a pas pris une ride. On y retrouve tout ce qui faisait le charme des Crowes, restés accrochés aux branches des seventies, entre Led Zep, les Rolling Stones ou Lynyrd Skinyrd. Et il est vrai que c'est "on stage" que le band offrait toute la quintessence de son potentiel. On se délectera donc des "Sting me", "Remedy" "Twice as hard" et autre "Cosmic friend", jusqu'à apprécier davantage leurs envolées jugées plus douteuses. Quelques standards du blues viennent enrichir cette immersion dans l'univers enfumé d'un groupe qui restera une référence. Près de deux heures de leur rock basique qui vient des tripes : c'est un beau témoignage !

 

Black Rebel Motorcycle Club

BRMC

Écrit par

Alors là, franchement, il faut avouer que le patronyme du groupe a de quoi interpeller. En fait, ce trio californien a tout simplement emprunté ce nom au gang de bikers de Marlon Brando, qui sévissait dans le film " The wild one ". Annonçant ainsi à l'instar de la pochette, la couleur ( ?!?!?) de leur musique : noire et blanche ! Ainsi, si vous aimez ou avez aimé Jesus & Mary Chain, le Velvet Underground, My Bloody Valentine et Joy Division, vous adorerez la musique de BRMC ! D'autant plus que leur album éponyme est, dans le style, épatant. Que ce soit à travers le rock'n roll sauvage, ténébreux et bruitiste, imprimé sur un tempo implacable, ou les ballades lancinantes, fiévreuses et soniques. Parce que leurs mélodies infectées de sonorités sales, acérées, saturées, distordues, sont produites par une coagulation crépusculaire, mais terriblement efficace, de cordes de guitare acoustique et électrique. Un must !

 

Perry Blake

California

Écrit par

Troisième album pour ce crooner irlandais dont la musique romantique et mélancolique est systématiquement raffinée par les orchestrations et les arrangements aussi somptueux que luxuriants. Une recette que Perry Blake a reconduit sur ce " California ", même s'il y a apporté davantage d'effets spéciaux nés de la technologie moderne, conférant un esprit davantage trip hop à sa solution sonore (NDR : encore qu'en écoutant ses deux premiers opus, cette impression était déjà très palpable). Enregistré en Belgique sous la houlette du compositeur italien Marco Sabiu, cet opus est découpé en dix mélopées tourmentées, voluptueuses, tapissées par la voix onctueuse, au timbre tantôt éthéré, tantôt caverneux, de Blake. Un opus qui devrait ravir les fans de feu Divine Comedy, en attendant que Neil Hannon nous revienne avec son premier elpee solo. Seul bémol, l'uniformité du ton qui règne tout au long de l'œuvre. On a même droit avec " How can the knower be known " à un fragment qui pourrait servir de bande sonore pour un dessin animé des productions 'Walt Disney'… A contrario, le poignant " Saying goodbye et l'incisif " A face in the crowd " sont de véritables petites perles qui devraient davantage inspirer cet artiste dans le futur…

Blaze (Blaze Bailey)

Tenth Dimension

Écrit par

En l'espace de deux albums solos, celui qui fut le remplaçant de Bruce Dickinson au sein d'Iron Maiden, vient d'effectuer un pas de géant vers la maturité, laissant les réminiscences maidenesques loin derrière lui et prenant à bras le corps ce qui fît les grandes heures du métal racé façon Judas Priest, Helloween ou Saxon. Blaze Bayley est loin d'être un génie, et sa voix n'a jamais fait l'unanimité au sein de la confrérie métal, mais l'homme possède néanmoins ce don de concocter des histoires qui font travailler l'imagination. Le fil rouge est un concept de science fiction qui met en scène un savant, victime d'une conspiration de la part de l'état pour lequel il travaille. Scénario classique mais néanmoins plaisant. Bien plus à l'aise que dans celui du groupe de Steve Harris, le Blaze dans son nouveau registre nous délivre une petite perle couillue, mélodique et bourrée de bonnes trouvailles. "Tenth Dimension" est loin d'être l'album du siècle, mais il s'écoute avec une certaine satisfaction et demande un peu de recul avant d'en apprécier toutes ses subtilités.

The Blue Flame

It ain´t what it used to be

Écrit par

Bien que fondé en 1996, ce groupe belge vient seulement d'enregistrer son premier elpee. Forts de leur expérience, consécutive à de nombreux concerts accordés principalement dans la région bruxelloise, les cinq musiciens de Blue Flame nous proposent un ensemble de compositions personnelles agréables. Celles-ci sont toutes signées par Alain Van Brussel (NDR : il partage quand même l'écriture d'un titre avec le bassiste). Ce multi-guitariste se réserve, en outre, le lead vocal. Ce dernier est tombé dans le blues il y a longtemps et a subi l'influence tant du Chicago blues des années 50 (Muddy Waters, Howlin' Wolf,..) que des pionniers du delta ; mais aussi des British Blues Boomers des années 60 (Mayall, Clapton, Fleetwood Mac,…) Ce qui explique pourquoi le style de la formation est très éclectique.

Le titre maître permet à l'ensemble des musiciens de se distinguer, Daniel Stijns assurant la deuxième guitare. "Goin' down" est assez surprenant. Il s'ébroue calmement ; puis arc-bouté par la rythmique (Sylvain Leonard aux drums et Philippe Deltombe à la basse) et canalisé par le feeling de Mario Dragon à l'harmo, il accélère le tempo. Plus 'funky', " Depression blues " confirme la dynamique que Blue flame veut donner à sa musique. Les accords dispensés tout au long de "Out of Dark" ne sont pas sans rappeler ceux de "Brown Sugar" des Stones. La diversité et la variété du répertoire est définitivement prouvée à l'écoute de titres acoustiques tels que "Elmore Johnson Blues" (un hommage vibrant à l'incontournable Elmore James et son jeu de slide) et "Mister Shuffle". Deux boogies (" Slo'motion " et " Dancing lady ") permettent au groupe de s'envoler. Notamment grâce aux riffs et soli d'harmo de Mario et au "gros" son de la guitare. Pour clôturer l'opus, The Blue Flame nous propose un slow blues. Une œuvre colorée, agréable à l'écoute, mais peut-être trop propre. En fait, elle manque parfois de pêche ! Pourtant, cet ensemble possède le potentiel pour mettre le feu ; et il l'a déjà prouvé sur les planches…

 

Blue States

Man Mountain

Révélé il y a deux ans par " Nothing Changes Under The Sun ", Blue States (alias Andy Dragazis) s'adjoint cette fois-ci les services charmeurs de la chanteuse Tahita ‘Ty’ Bulmer, une Londonienne à la voix délicate et vaporeuse. Sur 5 titres, l'alchimie entre le trip-hop d'Andy et le songwriting de Ty fonctionne ainsi à merveille, rappelant le meilleur de Air, voire les standards sixties de Burt Bacharach. Pour le reste, c'est toujours ce kaléidoscope de cordes, de cuivres et de samples accroche-cœurs, mix épique d'ambiances cinématiques, de ‘symphonies de poche’ à la Gainsbourg et de paysages sonores en superbe technicolor. Clou de l'album, " Season Song " réunit une cathédrale de chœurs enfantins sur des cascades de nappes synthétiques et de guitares wah-wah. Une sorte d'hommage déguisé au Langley Schools Music Project de Hans Fenger, cette chorale pré-pubère des seventies qui reprenait " Space Oddity " et " God Only Knows " sous une pluie diluvienne d'arrangements baroques. Magique !

Boards Of Canada

Geogaddi

Il y a quatre ans, Boards of Canada sortait son premier album " Music Has the Right to Children ", l'une des plus belles réussites électro de la décennie passée. Disciples d'Autechre et d'Aphex Twin au sein du label Warp, les deux membres du groupe n'évoluent pourtant pas dans la même aire de jeu, leur musique rappelant davantage les verts pâturages de l'Ecosse dont ils sont originaires que les froides résonances industrielles martelées par Sean Booth, Rob Brown et Richard D. James. Plus pastorales que sépulcrales, leurs compositions en tiroirs sèment leurs charmes par petites touches, emportant l'auditeur dans une spirale sonore où les mélodies se heurtent aux rythmes déstructurés, mais sans jamais se faire mal. C'est là que réside la grande différence avec Autechre et tous ces ouvriers métallurgistes qui coulent leur musique dans un moule en béton armé : ici, elle respire au grand air, " in a beautiful place " (écoutez " Sunshine Recorder "), dans une atmosphère bucolique à la National Geographic, les échos des machines en plus. " You Could Feel The Sky ", titre d'ailleurs l'un des morceaux, comme pour mieux souligner l'état de lévitation dans lequel nous plonge l'écoute de ce " Geoggadi " aux splendeurs infinies… Avec ce mix étourdissant de techno-psychédélisme fleur bleue et de poésie dub vespérale, Boards of Canada vient de nous livrer un autre chef-d'œuvre. Rien que ça.

Marc Bolan

The essential collection

Écrit par

De son véritable nom Mark Feld, Marc Bolan a connu une ascension aussi fulgurante qu'elle ne fût éphémère. Entre 1970 et 1973 (NDR : et encore, l'album " Tanx ", paru en 1973, trahissait déjà des signes d'essoufflement), son T Rex va cumuler les tubes ; mais surtout devenir un des symboles du glam rock et une des sources d'inspiration du mouvement punk. Fin des sixties, son duo Tyrannosaurus Rock, qu'il partageait déjà avec son inséparable percussionniste Mickey Finn (NDR : il vient de décéder, voici quelques jours), lui vaudra essentiellement la reconnaissance au sein des milieux underground. Enfin, la production réalisée jusque son décès accidentel, c'est à dire le 16 septembre 1977, est d'un intérêt secondaire. Destin cruel, puisque c'est à cette époque que les Damned et Elvis Costello essayaient de relancer sa carrière. Maintenant, il faut reconnaître qu'au cours de ces quatre années fastes, Bolan va se forger une image mythique : celle d'un chanteur au look dandy et d'un poète visionnaire responsable d'une musique sensuelle, à la spiritualité naïve, presque enfantine, une musique qui puisait elle même ses sources dans la spontanéité du rock'n roll. Pas pour rien d'ailleurs qu'il avait repris " Summertime blues " d'Eddie Cochran. Un titre que l'on retrouve d'ailleurs sur cette compile. Quant à savoir si elle mérite le titre d' " Essential collection ", c'est autre chose. En se limitant à 24 fragments, ce recueil ne pouvait qu'oublier certains titres essentiels. Et je pense tout particulièrement à " Is it love ", à " Jewel " ou encore à " Mambo sun ". Maintenant, Bolan a déjà tellement fait l'objet de rééditions, de 'best of' et tutti quanti, que ces quelques oublis ont probablement déjà été réparés sur l'une ou l'autre plaque précédente. Sans quoi, cet elpee réunit les inévitables " 20th century boy ", " Get it on ", " Telegram Sam ", " Chidren of the revolution ", " Jeespster ", " Hot love " et encore bien d'autres…

Boogie Brothers

Live

Écrit par

Au fil du temps, Renaud Patigny est devenu une des valeurs sûres du boogie woogie international. Sa frêle silhouette, surmontée de son Stetson inamovible, est bien connue des milieux blues et boogie de notre pays. S'il est déjà apparu plus de mille fois sur les scènes de nombreux pays, ce pianiste de 40 ans accorde de plus en plus d'exercices de style pianistiques, en compagnie de quelques uns de ses pairs. Il compte déjà pas mal d'enregistrements à son actif, dont "Tritons dance" en 1997, qui incluait des covers de Cow Cow Davenport et de Jimmy Yancey, "Live 98", et enfin "Tribute to the Giants" en 2000, un opus qui rend hommage aux grands ; en autres : Albert Ammons, Pete Johnson, Meade Lux Lewis et Big Maceo. Ce sont ses trois derniers elpees officiels. Sur ce disque, il est accompagné de Carl Sonny Leyland. Carl est né en Angleterre en 1965, mais s'est établi aux Etats-Unis depuis 1988. A New Orleans tout d'abord. A Orange, en Californie, ensuite. Carl ne se cantonne pas au seul boogie woogie. Il n'hésite pas à attaquer le blues classique, le R&B, le rockabilly et le rock'n'roll. Il a, lui aussi, beaucoup enregistré. Ces deux pianistes se partagent cet album live. En solo ou en duo ; mais en bénéficiant du concours du batteur de jazz belge, Bob Dartsch. Bob n'et pas un inconnu, puisqu'il a sévi, tout comme le pianiste Marc Herouet (ex-Wallace Collection, Salix Alba, Ragtime Cats), chez Buddy and the Swing.

Leyland ouvre le feu. Seul ou flanqué de Bob, il passe en revue les excellents boogies "47th Street Jive" et "Swanee River boogie", ou encore les blues purs "Old before my time" (NDR : de sa plume) ainsi que "Four o'clock blues" de Roosevelt Sykes. Il est aussi un vocaliste talentueux, doué d'une voix autoritaire, taillée pour le blues, à la manière d'un Big Maceo Merryweather ou d'un Memphis Slim. Renaud Patigny embraie par les boogies "Daily stream boogie" et "Willie the Strider", puis dans un style plus velouté, poursuit par "Low down Walk". Si sa voix est plus grêle que celle de son comparse, il chante d'un ton juste le traditionnel "My baby left me". Enfin, le duo termine par quatre plages intéressantes dont les boogies puissants "Boogie party" et "Big finish boogie". Signalons que cette plaque est encore au stade de la maquette. Elle devrait, en outre, inclure deux titres enregistrés 'live' au dernier Spring Blues Festival d'Ecaussinnes, en mai dernier.

Botch

An anthology of dead ends

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Peut-être un rien troublé par d'incessantes tournées, Botch raccroche aujourd'hui les gants. Non sans avoir marqué durablement les esprits. Originaire de la Côte Ouest des Etats-Unis, le band s'est retrouvé assez rapidement associé à la scène " mathcore " américaine (ISIS, Cave In, TDEP, …), pour y prêcher, à qui veut l'entendre, la bonne parole. Radical, complexe, furieux, technique, sans jamais être démonstratif, constituent des adjectifs qui caractérisent le mieux leur musique. Son écoute suspend le temps, bannissant toutes autres (pré)occupations ; l'attention se concentrant alors sur cette pure décharge d'énergie. Les surprises sont au rendez-vous et l'esprit malmené. Où allons-nous ? Coupable de prestations scéniques sans commune mesure, le groupe prépare le DVD d'un live, accordé devant 2000 personnes ; un témoignage qui devrait restituer toute l'ampleur de leur musique. Suivant les déclarations du groupe, la musique de Botch devait bifurquer vers plus de simplicité instrumentale. D'ailleurs les premières mesures du titre clôturant l'ep confirme cette direction ; piano et cordes accompagnant ce qu'on pourrait considérer comme un chant du cygne. En théorie, car lorsque l'assistance s'en retourne vaquer à ses occupations, dans un sursaut d'orgueil, la furie se (re)déchaîne. Telle la main qui surgit de terre à la fin de Carrie (désolé pour ceux qui n'ont pas vu le film), Botch pourra toujours nous agripper le poignet. Mais cette fois pour ne plus le lâcher.

Isabelle Boulay

Au moment d´être à vous

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Si vous aimez les surprises, n'écoutez pas ce disque. Tout, absolument tout, y est convenu. Prenez les reprises par exemple : " Avec le temps " de Ferré, " Amsterdam " de Brel (a capella), " Et maintenant " de Bécaud, " Non, je ne regrette rien " de Piaf, on ne surprend pas l'auditeur avec ça. Sauf à le reprendre en hard rock ou en reggae, mais Isabelle Boulay n'a rien d'une joyeuse iconoclaste. Elle reste bien sage, chante bien comme on leur apprend, là, au Québec. Manifestement, un certain public adore, à entendre les réactions dans les salles de Paris et Montréal où cet album en concert a été enregistré. Personellement, ça me laisse absolument froid ; mais, si ça vous tente, sachez qu'elle chante encore Aznavour, Reggiani, Cabrel et Bruel, ses propres succès (" Je t'oublierai ", " Parle-moi "...) et offre les inévitables inédits (" Perce les nuages ", " Sans toi ", " Au moment d'être à vous ").

David Bowie

The rise and fall of Ziggy Stardust / 30th anniversary

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La réédition (NDR: remasterisée pour la circonstance) du " Ziggy Stardust " de Bowie est enrichie d'un deuxième disque, sur lequel figurent les versions originales de " Hang to yourself " et de " Moonage daydream ", interprétées par The Arnold Corns (NDR : un groupe à l'existence éphémère que Bowie avait monté peu de temps avant les Spiders of Mars), la démo de " Lady Stardust " et du titre maître, une cover du " Round and round " de Chuck Berry, l'adaptation du célèbre " Amsterdam " de Jacques Brel, un remix de " Moonage daydream " et cinq fragments éliminés, à l'issue des mêmes sessions d'enregistrement ; soit " Velvet goldmine ", " Holy holy " " John, I'm only dancing ", " The Supermen " et une prise alternative de " Sweet head ". Des morceaux qui réapparaîtront, pour la plupart, ultérieurement sur d'autres plaques. Ce double Cd est habillé d'un superbe digipak de 36 pages contenant commentaires, lyrics et photographies. Pour le reste, je ne vais pas vous refaire l'histoire de " Ziggy Stardust " ; sachez simplement que ce disque constitue pour David Jones, l'apogée de sa période glam. Ce qui explique d'ailleurs son titre…

David Bowie

Best of Bowie

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Les compiles consacrées à David Bowie se succèdent à une cadence vertigineuse. A un tel point que parfois on ne sait plus où donner du portefeuille. Surtout les inconditionnels de Mr Jones ! Ce double CD s'adresse cependant à un public beaucoup plus large, puisqu'il propose 39 des plus grands hits de l'artiste. Depuis " Space Oditty " à " Absolute beginners ", en passant par " The man who sold the world ", " Ziggy stardust ", " The Jean Genie ", " Rebel rebel ", " Young americans ", " Heroes ", " Ashes to ashes ", " China girl ", " Golden years " et l'inévitable " Let's dance ". L'opus recèle même trois fragments qu'il avait commis en compagnie d'autres artistes : " Under pressure " avec The Queen, " This is not Amercia ", flanqué du Pat Metheny group et " Dancing in the street, qu'il partageait avec Mick Jagger. Vous savez tout. Maintenant, vous savez ce qu'il vous reste à faire…

David Bowie

Heathen

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Pour enregistrer son 25ème album studio, Bowie a fait de nouveau appel à Tony Visconti, le producteur de la plupart de ses albums commis au cours des 70's (NDR: " Low ", " Heroes "), avec lequel il n'avait plus collaboré depuis 20 ans. Et cela s'entend tout au long de l'opus. Notamment au niveau des arrangements qui mettent bien en valeur la voix envoûtante et majestueuse de Bowie. Il a également reçu le concours de quelques grosses pointures. Entre autres Matt Chamberlain, Lisa Germano, David Clayton et bien sûr Tony Levin, son inséparable bassiste. Pete Towshend du Who, aussi. Sur le mid tempo "Slow burn". Dave Grohl (Nirvana, Foo Fighters), également. Lors de la reprise particulièrement réussie d' "I've been waiting for you" de Neil Young. Le disque recèle également deux autres reprises. " Cactus " des Pixies " et " I took a trip on a gemini spaceship " de Legendary Stardust Cowboy. Quelque part entre pop, rock et électro, " Heathen " revisite le passé le plus glorieux de l'artiste. A l'instar du 'ziggyesque' " Slip away ", du titre maître ténébreux, presque new wave, qui aurait pu relever du répertoire de Gary Newman (NDR : oui je sais, Newman a été influencé par Bowie !), du mélodramatique " I would be your slave " ou encore de la prière électrique " A better future ". Ce qui ne l'empêche pas d'opérer de nouvelles expérimentations. Il mêle ainsi instrumentation acoustique, insolite (stylophone, theremin), à cordes (Scorchio quartet) et synthés organiques, avec un réel bonheur. Bien malgré lui, Bowie est également redevenu visionnaire. Mais dans le domaine des lyrics. Ses textes introspectifs et prophétiques reflètent ainsi son état d'esprit face à la menace du terrorisme. C'est tout à fait évident sur " Sunday ", " Afraid " et " Slow burn ". Bowie vit depuis quelques années à New York. Et les paroles de ses chansons ont été écrites, bien avant le 11 septembre. Mais il est vrai qu'en tant que citoyen britannique, il était bien conscient de la menace d'un acte terroriste. A contrario du peuple américain, qui imaginait être à l'abri de ce type de cataclysme… Une édition limitée de l'œuvre propose un second CD sur lequel figure un remix de " Sunday " opéré par Moby, un autre (" A better time ") exécuté par Air, une version alternative de " Panic in Detroit " datant de 1979, et " Conversation piece ", un fragment qui aurait dû figurer sur " Toy ", elpee qui est toujours demeuré à l'état de projet…