Les idoles de Yungblud…

Sur « Idols », Yungblud franchit un cap et affirme son identité musicale avec force. Toujours porté par une énergie brute et une notoriété en pleine ascension, le chanteur britannique livre un troisième album studio aussi puissant que varié. Dès « Hello,…

Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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Chris Whitley

Rocket house

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Après avoir commis six albums, dont la ligne de conduite reposait essentiellement sur la guitare, Chris Whitley a décidé de changer radicalement de style. Oh bien sûr, son timbre vocal éraillé, tendre et viscéral est toujours capable d'enflammer à lui seul les mélodies. Et puis la guitare n'a pas pour autant été rangée au placard. Ni le piano spectral. Mais ces instruments doivent composer avec un tas d'arguments technologiques. Samples, boîtes à rythmes, synthés et autres accessoires se fondent ainsi parfaitement au sein de l'instrumentation basique. Mais pour réaliser cette symbiose, Chris a fait appel à DJ Logic. N'imaginez cependant pas que la solution sonore soit passée pour autant au rap, au hip hop ou à un rock convulsif, réminiscent de Rage Against The Machine. Non, elle baigne dans une sorte de trip hop à forte coloration blues, trip hop ondulant au rythme de vibrations tribales, urbaines ou krautrock. Libérant même très souvent un groove aussi lisse que menaçant. Un peu comme si Howlin' Wolf et Tricky avaient décidé de faire une jam. Côté collaborateurs, Chris n'a pas lésiné sur les moyens. On y retrouve ainsi sa sœur Trixie sur deux fragments. Les vétérans Dave Mathhews et Brune Hornsby, également. Et puis surtout Tony Mangurian, à la production. Un musicien qui a autrefois joué en compagnie de Dylan et de Willlie Nelson. Ce qui, ma foi, est une fameuse carte de visite. Un must !

 

Wicona Airbag

Up With People

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Et un petit belge signé chez Roadrunner, un ! Au delà des ces simples considérations nationalistes, Wicona Airbag a, selon moi, le désavantage d'ouvrir la voie. Ce qui explique sans doute pourquoi le disque est un peu passe-partout. Les premiers intéressés par la musique du membre d'un groupe qui a écumé mon plat pays (Hoodoo Club), ne devraient pas se tourner naturellement vers ce label qui, c'est bien connu, est un vivier d'artistes brutaux et écervelés. Preuve d'ouverture d'esprit d'une major ou récupération des sonorités bien dans l'air du temps ? La question mérite d'être posée. Car Wicona Airbag marche plutôt sur les pas d'un Evil Superstars séduit par une touche plus mécanique que passionnelle dans sa musique. L'ennui c'est que Wicona Airbag doit être moins drôle et plus coincé sur scène. Maintenant, ce "Up with people" ne manque pas de chansons vraiment sympas et pourrait trouver son lot d'auditeurs. De là à les transformer en cohorte de fans…

 

Kim Wilde

The very best of Kim Wilde

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Fille de la chanteuse des Vernon Girls, Joyce Smith, et de Marty Wilde, adaptateur de succès du rock'n roll américain, qui connut la notoriété à la fin des années 50, Kim a aligné toute une série de hits entre 1981 et 1986, avant de disparaître dans un relatif anonymat. Des tubes qui, à l'instar de " Kids in America ", " Cambodia ", " Love blonde " et la reprise des Supremes, " You keep me hangin' on ", ont flirté avec les sommets des charts. Jolie, sensuelle, parfois même provocante, elle a constitué, au cours de cette brève période, la réponse insulaire à Debbie Harry. Qui ne manquait pas de charme, non plus, il faut le souligner. Bref, je dois avouer ne pas avoir boudé mon plaisir en réécoutant la voix acidulée de Kim. Dommage que le booklet soit un peu terne…

 

Robbie Williams

Swing When You´re Winning

Écrit par

Robbie Williams souhaite élargir son répertoire musical. Franchement inspiré par Frank Sinatra, Dean Martin, Sammy Davis Junior et autres crooners, Robbie Williams a voulu rejoindre ce cercle fermé, en commettant cet elpee. Pour y parvenir, il a réuni tous les éléments nécessaires : grand orchestre, duos de charme (notamment avec Nicole Kidman), quelques reprises des maîtres ainsi que quelques compositions personnelles. Le problème est que rationnellement, il ne suffit pas toujours de désirer, même très fort une chose pour qu'elle devienne réalité… La musique est grandiose. Enrobée de violons, pianos, trompettes et autres instruments, elle nous invite au rêve et à l'évasion. Et je pense tout particulièrement à la première chanson écrite par Robbie. On y croit jusqu'à ce qu'il se mette à chanter. Sa voix est trop aiguë, sans chaleur ; elle ne dégage pas la sensualité des timbres chauds et vibrants des crooners du temps passé. Au cours de ces exercices de style, il n'est pas difficile d'imaginer le l'image d'un gentleman tiré à quatre épingles dansant et chantant sur une scène illuminée. Il est par contre très désagréable d'y voir apparaître un vilain garçon déguisé en pingouin…

 

Kim Wilson

Smokin´ joint

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Tous les amateurs de blues contemporain sont unanimes : Kim Wilson est l'un des tous meilleurs, sinon le meilleur harmoniciste contemporain. Il est aussi un chanteur puissant au timbre vocal riche. Il affiche une présence de scène imparable. Bâti littéralement comme un athlète bodybuildé, il s'est désormais taillé le crâne comme un œuf. L'ancien Fab-T a enfin enregistré live, non pas pour son label Blue Collar, mais pour MC. Le tout a été immortalisé lors de deux concerts. Le premier accordé en février 99 à Phoenix, en Arizona ; et l'autre en décembre 2000, au Café Boogaloo de LA. Point commun à ces deux concerts, la fidèle section rythmique composée des anciens du Hollywood Fats Band. En l'occurrence Larry Taylor à la basse et Richard Innes à la batterie. A Phoenix, deux gratteurs au talent confirmé complétaient le line up : Rusty Zinn et Billy Flynn.

A LA, nous le retrouvons en compagnie de 2 autres guitaristes : le coloré Kirk Fletcher et l'inconnu Troy Gonyea. Le claviériste Mark Stevens complétant l'équipe. Et vous vous en doutez, la solution sonore vole à très haut niveau tout au long des 7 titres de Phoenix et des 6 autres provenant de Los Angeles. Vu la nature live de ce disque, les plages sont naturellement tirées en longueur, laissant ainsi l'espace aux solistes pour s'exprimer. Les deux blues lents sont bien connus. "Early in the morning", tout d'abord. De sa slide, Billy Flynn parvient à ne libérer que les notes nécessaires. Une intervention exceptionnelle ! Ensuite un "Telephone blues" adressé en forme de clin d'œil au maître de Kim, George Smith. Kim parvient sans difficultés à faire swinguer toute cette machine. A l'instar de "I stay in the mood". Et puis surtout de "Got to let you go". 9 minutes de bonheur procurées par les interventions de Wilson, de Fletcher et de Gonyea. Réponse immédiate de la paire Zinn/Flynn sur "Tomorrow night". Instrumentale, la plage titulaire libère un shuffle pas possible ! Kim doit avoir plusieurs poumons ! Il reste aussi toujours inspiré par le Chicago blues. Comme sur l'impeccable "High and lonesome" de Jimmy Reed, qui met Billy Flynn à l'honneur. Aux dernières nouvelles, Kim aurait enregistré un album à Memphis. En duo. Avec la vedette du label MC, Big Jack Johnson. Un disque de Delta Blues sur lequel Pinetop Perkins est venu donner un coup de piano sur deux titres. Il devrait paraître début 2002.

 

Dana Winner

Unforgettable

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Ce disque est exclusivement constitué de reprises de compositions écrites au cours des années 80. Aucune note n'a été modifiée et aucun apport musical personnel n'a été apporté ! Malheureusement, en dehors du son et des mélodies déjà entendus, il n'y a que peu d'informations sur les compositions reprises par Dana Winner. Sa voix est relativement commune, proche de celles qui sont largement diffusée sur les ondes, par de multiples artistes de tout acabit. Et ses interprétations sont aussi ennuyeuses que sa biographie… Qui nous apprend qu'elle a gagné cinq années de suite, le prestigieux ‘Gouden Oog’ award (!?!?). Qu'elle est considérée comme la chanteuse belge la plus populaire (NDR : par qui ? Suivant quelles sources ? Je suppose que la personne qui s'est chargée du sondage désire certainement garder l'anonymat). Qu'elle compte 12 ans de carrière, est mariée et a une fille qui répond au nom de Chinouk. Qu'elle est connue à travers une multitude de pays, tels que les Emirats Arabes, la Jordanie, le Koweit et la Flandre… Qu'outre sa passion pour son mari et la chanson, elle pratique du sport, en particulier le volley-ball, et aime passer un certain temps en compagnie des animaux ! ! ! ! Qu'elle dispose d'un site Internet, etc. Bref, si vous voulez en savoir davantage, je vous invite à aller visiter son site, parce que n'ayant pas eu l'impression de tirer le numéro gagnant avec Dana Willer, je préfère m'arrêter là…

 

Within Temptation

Mother Earth

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Within Temptation partage la même nationalité que The Gathering, After Forever et Trails Of Tears ; et à l'instar de ces trois formations, il évolue dans un métal gothique chanté au féminin. Mother Earth s'expose donc à d'inévitables comparaisons qui n'ont néanmoins pas forcément lieu d'être. Si d'aucuns pensent que métal et symphonisme sont aussi antinomiques que la musette et le gangsta rap, ce n'est pas ce nouveau joyau du combo des Netherlands qui va apporter de l'eau à leur moulin. Marié à de classieux arrangements progressifs et symphoniques, le chant lyrique de la nymphe Sharon Den Adel transporte l'auditeur dans une nouvelle dimension romantique. Un voyage magnifique de près d'une heure dont on ne reviendra que pour appuyer sur la touche replay du lecteur laser. Mother Earth flirte avec le chef d'œuvre, sans nul doute. Doté d'influences classiques et baroques, le mini elpee " The Dance " en abordait déjà les prémices ; et les dernières prestations live laissaient pressentir que le groupe était techniquement prêt à hausser le niveau. Seule faute de goût, la balade sirupeuse et tubesque " In perfect harmony ", une composition qui évoque les lamentations pleurnichardes de certaines chanteuses à succès. Mais c'est bien l'unique reproche que l'on pourrait faire au très pertinent Within Temptation, qui impose indéniablement sa personnalité…

 

Todd Wolfe

Wolfe

Écrit par

Wolfe, c'est d'abord Todd Wolfe, le leader, chanteur, guitariste, compositeur et producteur du combo qui porte son nom. Un New-yorkais qui a été le guitariste attitré de Sheryl Crow, de 1993 à 98. En 96, il avait fondé Mojoson, un groupe qui mêlait blues et rock psychédélique. Il a ensuite sévi au sein du Todd Wolfe Blues Project, en compagnie duquel il a sorti l'album "Live at Manny's Car Wash".

"Heaven" ouvre l’opus. La meilleure plage du disque. La slide est légèrement amplifiée, la voix assurée, l'inspiration puisée dans le Delta du Mississippi. "Light of day" et "Roll over" relèvent du southern rock offensif. A cause du jeu assez lourd de la section rythmique et des riffs de guitare réverbérés. "Silver blue" marque le retour de la slide. La prise de son est excellente. La slide transpire à l'avant-plan. Nous sommes à nouveau dans l'esprit du Delta. "Black night" a été écrit par Jesse Mae Robinson. Un slow blues mené à la manière d'un Jimi Hendrix assez bavard. Et dans le style, c'est plutôt bien réalisé. Toujours très ‘hendrixienne’, mais période Band of Gypsies, "Shame" est une longue épopée funky de plus de 8', au cours de laquelle la succession de notes torturées a le mérite de faire danser. "On the run" est un boogie rapide. La slide se veut menaçante. Elle sue de partout. L'harmoniciste de Blues Traveler, Jon Popper est de la partie. Il souffle une succession de notes bien musicales dont il a le secret. "Wing of dove" opère un nouveau retour au southern rock. La guitare mystérieuse se tourne vers les sphères psychédéliques. Le voyage continue au cœur de l'atmosphère pesante et suspicieuse d' "East of you". Wolfe commet alors une version très électrique du "Come in my kitchen" de Robert Johnson. L'opus recèle, en outre, un morceau caché. Un instrumental qui adopte un ton jazz!! Wolfe consacre les bénéfices de la vente de ce bon album de hard rockin' blues à la Croix Rouge et à l'association internationale des sapeurs pompiers. Le brave homme!

 

Mitch Woods

Jump for Joy

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Originaire de Brooklyn, Mitch Woods fêtera ses 50 ans cette année. Il s'est installé, voici 20 ans, sur la West Coast ; à San Francisco très exactement, où il vit toujours actuellement. M. Woods & his Red Hot Mama était sa 1ère formation. Depuis 80, elle a changé son patronyme en Rocket 88's. L’ensemble avai déjà commis 4 albums pour Blind Pig: "Steady date" en 84, "Mr Boogie's back in town" en 88, "Solid gold Cadillac" en 91, et "Shakin' the shack" en 93.

Le dernier album de Mitch remonte à 96 : "Keeper of the flame". Il est sorti sur Viceroy. Fervent adepte du boogie woogie et du jump R&B pratiqué au cours des 40s et des 50s, il reconnaît pour maîtres dans ce domaine, Louis Jordan, Wynonie Harris, Joe et Jimmy Liggins, Amos Milburn et Roy Milton. "Jump for joy" est totalement imprégné de cette musique qui jumpe et swingue tous azimuts. Mitch est parvenu à composer toutes les plages dans l'esprit de l'époque. Il est admirablement secondé par son fidèle guitariste Dany Caron et entouré par un véritable mur de cuivres composé de 4 saxes, de 2 trompettes et d'un trombone. Les arrangements sont signés Michael Peloquin. Pour le reste, il est difficile d'épingler l'une ou l'autre composition de l'ensemble, tant ce big band sound forme un tout homogène.

Les titres parlent d'eux-mêmes : "Jump in the groove and go", "Jive, Mr Boogie", Golden Gate jump" et bien sûr, "Jump for Joy". J'épinglerai quand même au passage, "Swingin' at the Savoy", référence évidente au célèbre Savoy Ballroom. L'un des héros de Woods est indéniablement Cab Calloway. Il est imparable sur "Palm tree tie". Dans le style, cet opus est vraiment excellent. Très à l'aise au piano, Mitch a su assimiler le meilleur des maîtres du boogie woogie. Dans cet exercice de style, "Walk across Texas" est un régal. Il a aussi digéré l'héritage de la Nouvelle Orléans. Et en particulier celui que nous a laissé Dr John et Professor Longhair. Il le démontre tout au long de "Not a good part of my life".

 

Steve Wynn

Here come the miracles

Écrit par

A ce jour, Steve Wynn doit avoir commis près de vingt-cinq albums. En comptabilisant ceux qu'il a enregistrés en solo, au sein de Dream Syndicate, de Gutterball et en compagnie de Dan Stuart chez Danny and Dusty. Et jamais, je n'ai été déçu. Alors, vous vous doutez bien que lorsqu'il grave un double album, il y a de quoi être doublement satisfait. D'autant plus que pour la circonstance, il s'est entouré d'excellents musiciens. Et en particulier le guitariste de Come, Chris Brokaw, son pote et ex-claviériste de Green On Red, Chris Cacavas, ainsi que du bassiste Dave DeCastro et de la drummeuse Linda Pitmon ; c'est à dire l'incontournable section rythmique qui l'accompagne lors de ses tournées. Sans oublier le concours de John Convertino et de Howe Gelb sur l'un ou l'autre fragment. Ce qui explique sans doute pourquoi Craig Schumacher (NDR : aucun lien de parenté avec les célèbres frères, pilotes de formule 1) en a assuré la production. Aux studios ‘Wavelab’ de Tucson. Là où justement, il collabore régulièrement à la mise en forme des œuvres de Calexico et de Giant Sand. Et pour mettre la touche finale, le mixing a été confié à John Agnello (Dinosaur Jr, Cell). Steve a ainsi réuni les conditions optimales pour commettre un ‘must’. Et il n'a pas manqué l'occasion.

En dix-neuf titres, il est parvenu à passer en revue toute l'étendue de son talent ; mais aussi sa capacité à transcender celui de ses invités. Tout son registre y passe : garage, rock, pop, psychédélisme, free jazz, blues, urban rock, punk et même un zeste de gospel. De quoi faire le plein d'énergie et pourquoi pas entamer la danse du scalp, les écouteurs sur les oreilles, sur la table du salon. Vous n'êtes pas convaincus ? Et bien passez donc sur votre chaîne un " Watch your step " ou encore un " Southern California line " à fond la caisse ; et vous allez voir vos voisins déterrer la hache de guerre… Steve vient probablement de réaliser son " Exile on main street ", son " Physical graffiti ", son " Zen arcade " ; mais pour que ce disque se transforme en succès, il faudrait peut-être un miracle. On peut toujours rêver !

 

T-Bone Walker

Back on the Scene

Écrit par

Aaron Thibeaux Walker est né en 1910 au Texas, à Linden très exactement. Très jeune, il acquiert le surnom de T-Bone (pour Thibeaux). A l'instar de Charlie Christian de l'orchestre de Benny Goodman, et d'Eddie Durham du Count Basie Band, il est un des premiers à amplifier sa guitare. T-Bone, c'est sans aucun doute l'une des figures majeures de la guitare blues. Il nous a quittés en mars 72. Cet album reprend des témoignages live immortalisés en 1966, au Texas. Tout particulièrement à Houston et à Pasadena. Si à cette époque, le meilleur de sa créativité était déjà derrière lui, force est d'avouer que le blues qui se dégage de ces bandes est tout à fait envoûtant!

L'album débute par "Good boy" ; un superbe blues, très swamp dans la démarche, soutenu à l'arrière par le chromatique (NDR : indispensable dans le style !) d'Harmonica Fats. "Natural ball" campe un style West Coast que Walker a porté sur les épaules pendant de longues années. Les plages lentes sont réellement émouvantes. Son T-Bone blues vous possède. La sensibilité qui se dégage de "Please come back to me" est tout à fait saisissante. T-Bone n'est entouré que d'une section rythmique et de l'orgue de Willard "Piano Slim" Burton. 1966 était la grande époque du blues blanc. Du british blues tout particulièrement. Une époque au cours de laquelle beaucoup d'Européens ont fait connaissance avec le blues. Entendre le T-Bone d'alors ne peut que nous amener à saluer ce seigneur. Lorsque le tempo s'accélère, sa guitare se libère dans un flot de notes dévastateur. A l'instar de " She's my old time used to be ". L'approche des cordes sur "Back on the scene" reflète tout le blues qui habite l'artiste. La finale "Afraid to close my eyes" nous donne le dernier frisson. Ce n'est sans doute pas le meilleur enregistrement de T-Bone Walker, mais le blues est bien présent de la 1ère à la dernière seconde.

 

Weezer

The green album

Écrit par

Le bassiste Matt Sharp s'est donc barré en 1998, pour se consacrer entièrement à son projet The Rentals. Il a bien été remplacé, mais il faut croire que ce départ conjugué au flop de l'album " Pinkerton ", paru en 1996, a été gravement préjudiciable au groupe. 5 ans plus tard, la bande à Rivers Cuomo sort enfin la tête de l'eau. Avec un album qui dépasse à peine les 28 minutes. Mais les dix titres qui le composent ont le mérite d'accrocher l'oreille. Pas de quoi crier au génie ni espérer des titres fondamentalement originaux, mais les chansons contagieuses, spontanées et rafraîchissantes allient parfaitement pop et rock sur fond de mélodies californiennes. Le seul problème, c'est qu'en une demi-décennie, la musique a évolué. Pas Weezer…

 

John Weston

I tried to hide from the blues

Écrit par

John Weston n'est pas un débutant. Il est d'ailleurs né en 1927. A Lee County, dans l'Arkansas. Proche de la scène d'Helena, il n'a pas oublié Sonny Boy Williamson. Pourtant, s'il aime le blues, il avoue aussi certaines affinités pour le jazz et la musique country. Il a tenu son juke joint de 67 à jusqu'en 1992. C'est à dire lorsque son bistrot est parti en fumées.

John a enregistré son 1er album en 1992 : " So doogone blues ", sur Evidence. A l'âge de 65 ans ! "Got to deal with the blues", le suivant, est paru en 97, sur Midnight Creeper. John joue de la guitare et aussi de l'harmonica chromatique.

Il chante un merveilleux "Gotta deal the blues". Chaque note tirée de ses cordes ou de l'harmo transpire de feeling ; et son un chant passionné rappelle fort Charlie Musselwhite. Il chante avec énormément de passion, de sensibilité et de cœur "Pretty, pretty woman". Pour aborder le splendide "Monkey on my back", il concède encore un peu plus de dépouillement. Ecorché vif, tous les pores de sa peau noire exsudent ses émotions. Une véritable leçon de blues ! Absolument seul dans le studio d'Oxford, il s'acquitte de "Blinded fool", à la manière d' Elvis Presley ; mais le King de l'époque où sa voix faisait chavirer les cœurs de ses auditoires. Il aborde le classique "Key to the highway" avec la même sobriété. Il y est secondé par la voix de Carla Robinson. Une Robinson qui assure, par ailleurs, les percussions de l'album. L'émotion, toujours minimaliste, ne nous quitte guère sur "You're the same". Sa voix demeure proche de Musselwhite. Une même intimité envahit "Of all the girls in the world". Un fragment au cours duquel nous entendons des chiens aboyer à l'extérieur du studio, entre deux phrases d'harmonica. La beauté de cette musique est même belle à pleurer sur "Phony woman", au cours duquel il échange un nouveau duo au chant, avec Carla. Et cette petite merveille de discrétion, d'efficacité et de tendresse soutenue se termine par "Bubba's blues"…

 

Wheatus

Wheatus

Écrit par

Formation américaine de ‘college band’ dans toute sa mièvrerie et dans tous ses clichés, Wheatus personnifie le type de groupe qui ne suscite qu'un profond ennui chez moi. Les problèmes rencontrés par les adolescents, chers à la jeunesse du pays de l'oncle Sam, se résument ici à des sujets aussi futiles que le capitaine de l'équipe de foot qui rafle tous les cœurs ou du loser qui fantasme sur la poupée Barbie inaccessible. En son temps, le " Popular " de Nada Surf avait traduit, avec un peu plus de bonheur, ce malaise. Wheatus atteint haut la main la barrière du formatage musical. Le band ne veut pas faire de vague et y parvient ma foi fort bien. Seul point positif de cette plaque, tous les titres sont courts, ce qui réduit considérablement le supplice. Maintenant si le film American Pie représente pour vous " la " comédie de l'année dernière, vous avez certainement déjà pu flasher sur les ritournelles radiophoniques ‘powerpop’ de Wheatus…

 

Whiskeytown

Pneumonia

Écrit par

La presse yankee est tout bonnement dithyrambique vis à vis de l'album posthume de Whiskeytown. Le mensuel " Interview " a même baptisé Ryan Adams, son leader, de nouveau Neil Young, alors que le magazine Rolling Stones affirme que Whiskeytown était le Nirvana de la county indé. Rien que ça ! Honnêtement, je me demande bien pourquoi les médias du pays de l'oncle Sam font tout ce raffut. Bien sûr Ryan a toujours conservé une attitude rebelle digne de John Lydon. Il a même sévi, à ses débuts, au sein de l'un ou l'autre groupe punk. Mais de là à porter aux nues un disque qui trempe dans le country rock on ne peut plus classique, il y a de la marge. Sorte d'hybride entre Gram Parsons, Replacements, Band, Rolling Stones et Uncle Tupelo, la musique de Whiskeytown séduit plus qu'elle ne fait preuve d'audace. Et ce n'est pas le concours du guitariste du défunt Smashing Pumpkins, James Iha, du nouveau bassiste de Guns N' Roses Tiny Stinson (et ex-Replacements) ou encore du drummer/producteur Ethan Johns (NDR : il avait emmené le trio survivant dans une église désaffectée de Woodstock pour la reconvertir (!?!?!) en studio) qui a changé quelque chose. Pas de quoi en faire un plat donc, ni risquer de choper une " Pneumonia "…

 

Victims Family

Apocalicious

‘The anarchist shot the president, the tweaker shot the speed, Titanic ate the iceberg and the hippies smoked all the weed’. C'est sur ces belles phrases que commence le nouvel album de ce groupe basé à Santa Rosa, en Californie. En activité depuis 1984, Victims Family nous distille plus ou moins tous les deux ans un nouvel album, avec à chaque fois les mêmes ingrédients : une bonne dose d'humour, une pointe d'anarchisme, et surtout, une envie d'abolir les frontières entre genres musicaux, comme chez Mike Patton (Fantomas, Tomahawk). Du jazz au punk en passant par le rock le plus rentre-dedans, cette famille-là n'est pas pour les chapelles. De la première à le dernière note, c'est le gros bordel des influences, l'embouteillage au rayon des étiquettes : jazz-core, pub-rock progressif, punk'n'roll ? Peu importe pourvu qu'on ait l'ivresse ! Et on l'a… Mais malheureusement, il s'agit plus de gueule de bois que d'extase à 50°. Quand on boit, il paraît qu'il vaut mieux éviter les mélanges : on pourrait dire la même chose de la musique de Victims Family. Victimes de leur soif goulue de toutes les tendances, le trio californien a du mal à faire avaler la pilule, et laisse l'auditeur écœuré, l'estomac barbouillé par tant de gloubi-boulga sonore. ‘I am the rotten piece of meat (…) in attempts to stomach love’ s'époumone le chanteur sur Fridge. On est désolé pour lui, mais le repas se fera sans nous. Burp !

 

Vision Of Disorder

From bliss to devastation

Écrit par

Inutile de dire que j'attendais cet album avec une impatience digne d'une fan d'un quelconque suave boys band. Et j'ai même pas honte de l'avouer. Misère de moi. Putain, 3 ans depuis " Imprit ", parfaite synthèse de hardcore tendance métal. L'opus transperçait les styles, offrant sur un plateau, un chant digne de Phil Anselmo (d'ailleurs présent en son temps sur " By the river ") en toute grande forme copulant avec un Burton C. Bell romantique, tout cela accompagné d'un furieux slow tendance grosses guitares. Imaginez le tableau. Depuis cette réelle découverte, et renseignements pris, me voici face au tout premier album du groupe qui me laisse un peu sur ma faim et la compile amuse gueule " For the bleeders ", sortie sur Go-Kart en 2000. Mais rien qui n'arrivait à la cheville de " Imprit ", album référence. Hé bien, les temps risquent de changer. " From bliss to devastation " opère un changement remarquable dans l'orientation musicale du quintette new yorkais. En apparence le jeu s'adoucit, les titres directs sont moins nombreux, mais surtout les ambiances sont plus complexes. Et de se sentir perplexe face à ce ramollissement général. Depuis lors, le disque s'est installé sur ma platine et je commence seulement à le découvrir. Je peux vous dire que je vais de surprises en surprises. Le groupe semble quand même abandonner un peu les exercices de hardcore pur pour se concentrer sur du métal tendance rock dur, voire très dur. Je sais, faut suivre. Autant par le passé Tim Williams lorgnait vers Anselmo, autant aujourd'hui je pense à Layne Stanley d'Alice In Chains pour les passages calmes (flagrant sur " Sunshine "). Mais que les fans se rassurent, lorsque ça pète, ça pète (Williams est un véritable fauve) et la maîtrise habite bien tous les membres du groupe, sans pour autant les taxer facilement de plagiat. Album de la maturité, expression débile s'il en faut, mais qui colle parfaitement à l'impression générale dégagée par ce petit bijou. Me voilà reparti pour 3 ans d'un comportement de midinette. Chouette alors !

Laurent Voulzy

Avril

Écrit par

Laurent Voulzy met facilement de 5 à 10 ans pour soigner le moindre recoin de ses albums. Il glisse de subtiles références (une intro de basse plus Pink Floyd que nature, un peu de pop hindoue à la George Harrison, un riff de guitare que l'on croit avoir entendu chez Souchon), nous caresse de ses arrangements parfaits. Trop parfaits pour nous, en fait. L'album peut s'écouler pendant une heure sans qu'on se rende vraiment compte que les chansons changent, tant l'atmosphère, très propre, est linéaire. Et ce nonobstant quelques incartades très rock dans le final d'" I Want You ".

Heureusement, une écoute plus attentive permet de déceler les perles. Laurent Voulzy ne déroge pas à ses thèmes de prédilection : les filles, la mer et les sixties, qui apparaissent à travers la plupart des morceaux. Nouveauté : Voulzy s'écarte des sujets frivoles pour parler de pauvreté, interpellant " Jésus " dans une chanson inspirée par l'action d'ATD-Quart monde ; il met aussi ses origines métissées à l'avant dans un entraînant " Amélie Colbert ", où pour la première fois il chante quelques phrases ; on apprécie aussi le fait de titrer " Héroïne ", une chanson racontant Madame Toutlemonde. " Toutes les femmes sont des héroïnes anonymes, explique Laurent Voulzy. Au fond, quelle différence y a-t-il entre une employée de La Poste et une Spice Girl ? Chacune a son charme et son talent, chaque vie a sa part de réalité et de romanesque ". Mais c'est toujours dans la nostalgie que Voulzy se montre le plus pertinent. Sur cet album, ma préférée demeure l'hommage à Mary Quant, la femme qui a inventé la minijupe. " Elle a fait un grand carnage, elle a coupé les jupes des filles les plus sages ", chante-t-il sur une mélodie très Beatles. Et Voulzy doit l'admettre : ‘Ma vie a chaviré à cause d'une couturière’. Pour séduire ces filles aux longues jambes, il s'est mis à la musique. ‘C'est pour toi Mary que je joue de la guitare’, chante-t-il.

 

V.U.E.

Find Your Home

V.U.E. a les mêmes initiales que le Velvet Underground, à une lettre près; et ce n'est pas qu'une simple coïncidence, tant leur musique rappelle la bande à Lou Reed par son côté bohème et décadent. V.U.E. n'en est pas pour autant le dernier avatar d'une certaine tradition américaine post-sixties qui louvoierait du côté glam de Bowie et d'Iggy Pop. Aux détours des 10 chansons de leur deuxième album, on retrouve aussi les frasques déglinguées de Nick Cave et de son Birthday Party, voire du Gun Club; sans oublier cette tension chère au punk de Californie, d'où ils sont d'ailleurs originaires. Ce retour flamboyant des guitares sur le devant de la scène nous renvoie au cœur de la tourmente rock, enterré dans les années 90 avec la mort de Kurt Cobain et ravivé ces jours-ci par des jeunots à la dent dure: les White Stripes, Strokes, The Hives et Black Rebel Motorcycle Club (dont ils font d'ailleurs la première partie pour leur tournée européenne). Pourtant, rien ne prédestinait V.U.E. à emprunter la route du rock'n'roll, telles des pierres roulant, ou plutôt surfant, sur la vague branchée des guitares qui tachent. C'est vrai que depuis quelques mois, tout le monde y va de son petit refrain tous riffs dehors, l'attitude revancharde en épingle (à nourrice) et le blouson noir sur les épaules.

" Hey Hey My My (Rock'n'roll can never die) ", chantait Neil Young à la fin des années 70. Il ne croyait pas si bien dire. Mais V.U.E. a d'abord commencé comme un groupe boutonneux de fans de Napalm Death… Dur, dur, pour la réputation (surtout quand on sait que le chanteur de ce groupe de beaufs ne porte sur scène que des maillots de cycliste). Heureusement, leur maison de disque a bien flairé ce qui se tramait en 2001 : fini l'électro ou le hard lourdingue, retour au blues explosif originel, 2002 serait rock ou ne serait pas. Tant mieux pour V.U.E., qui devrait profiter de l'engouement médiatique vis-à-vis des groupes mentionnés plus haut pour se tailler une part du gâteau. De toute manière, V.U.E. n'est pas moins bon que les autres, mais il arrive peut-être (déjà) un peu trop tard… A vouloir profiter de la vague, on finit par se noyer. C'est la dure vérité quand on est la cinquième roue du carrosse.

 

Jimmie Vaughan

Do you get the blues?

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Jimmie est sur la route du blues depuis 1969. A cette époque, il fonde Texas Storm, une formation soul/blues que son jeune frère Stevie vient rejoindre, un peu plus tard, pour jouer de la basse. Vers 1975, il monte les Fabulous Thunderbirds, en compagnie de l'harmoniciste Kim Wilson. Une route jalonnée de succès, qu'ils partageront en huit albums et durant une quinzaine d'années. En 1990, il enregistre l'album " Family style " flanqué de son frère Stevie Ray. Mais quelques semaines avant la sortie de l'elpee, Stevie périt lors d'un accident d'hélicoptère. Jimmie reprend alors son aventure en solitaire ; et commet " Strange pleasures " en 94 et " Out there ", en 98.

" Do you get the blues ? " constitue son troisième opus en solitaire. Un disque qui s'ouvre par l'instrumental " Dirty girl ". Epaulé par Bill Willis à l'orgue Hammond et ce bon vieux Georges Rains à la batterie, il se prend pour Steve Cropper du Booker T and the MGs et prend la direction des studios Ardent de Memphis. Et c'est tout à fait ça ! Le shuffle modéré opéré sur " Out of the shadows " marque un retour dans les studios d'Austin. Le rythme est paresseux, la guitare immédiatement saisissable, le son trempé, les notes découpées au couteau. Du grand Jimmie ! " Deep end " baigne au sein d'une ambiance plus feutrée et roots. Appuyé par l'harmonica de James Cotton, Jimmie saisit un bottleneck acoustique. Il s'attaque, tout en picking, à un blues lent évocateur : " Power of love ". Il y partage un duo indélébile en compagnie de l'héroïne locale d'Austin et ancienne compagne, Lou Ann Barton, bien en voix pour la circonstance. Son fils Tyrone tient la guitare rythmique sur l'intimiste " Without you ", qu'il chante d'une voix chaleureuse, très laidback, proche d'un Eric Clapton. Sa voix dépourvue de puissance fait merveille sur le R&B funky, très Vaughanien " Let me in ", au cours duquel la basse porte la guitare tout en rythmique qui se permet de décoller le moment opportun! Même salut pour " Don't let the sun set ", mais pour une fusion de R&B et de jazz. La voix véhicule tellement de sensibilité qu'elle cristallise l'émotion du chanteur devant une flûte et une guitare acoustique. Nouveau shuffle texan, " Robbin' me blind " consacre l'union de la guitare et de l'orgue Hammond, pendant que la voix flirte avec les choeurs. Le souffle du sax de Greg Piccolo est aussi brûlant que les sables du Sahara sur le bien nommé " Slow dance blues ", un instrumental très classique. Nous connaissions déjà le duo magique échangé entre Jimmie et Lou Ann Barton. Il se reproduit tout au long " In the middle of the night ", atteignant même la perfection dans la communion. Ce titre figurait sur le dernier opus de Double Trouble. Cet excellent album de blues romantique, comme le qualifie Jimmie, se referme par " Planet songs ". Sur des accents jazz et swing, les notes lacérées fusent devant une rythmique soutenue par l'Hammond de Willis. Superbe !

 

Suzanne Vega

Songs in red and gray

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Mitchell Froom n'a pas produit le nouvel album de Suzane Vega. Normal, puisque le couple s'est séparé. Une rupture qui marque aussi la fin d'une aventure artistique qui lui avait permis d'enregistrer deux albums plus électriques, ouverts à des sons plus urbains, latins, symphoniques ou dansants : " 99.9F° " et " Nine objects of desire ". La New-Yorkaise s'est donc tournée vers Rupert Hine pour le remplacer ; pas comme mari, mais comme producteur. Mieux connu pour avoir apporté sa collaboration aux œuvres de formations de prog rock (Caravan, Camel) ou de variété anglo-saxonne. Cependant, Rupert s'est simplement contenté de mettre en forme ce " Song in red and gray ". Un disque dont les chansons renouent avec le folk intimiste, traditionnel, des deux premiers elpees de Suzane. Elle accompagne ainsi simplement sa voix cristalline, délicate, de sa ‘six cordes’ acoustique et de quelques accès de basse veloutés ou d'arrangements subtils. Et comme le charme des refrains opère instantanément, on se laisse aisément bercer par une forme de douce mélancolie…