Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

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The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

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Rival Schools

United by fate

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Chez Rival Schools, on retrouve Walter Schreifels, une des figures de proue de la scène hardcore new-yorkaise. Avant de fonder cette formation, il avait ainsi sévi au sein de toute une série de groupes, dont le plus connu demeure, à ma connaissance, Quicksand. " United by fate " constitue le premier opus de son nouveau projet. Pour lequel il assume toujours le chant. D'un timbre vocal très caractéristique, semi rocailleux/semi écorché qui me fait fort penser à celui de Richard Butler (Psychedelic Furs). Si on s'attache à l'aspect musical, il faut admettre que la première partie de l'opus n'est guère enthousiasmante ; Rival Schools se laissant un peu trop facilement embourber dans les clichés grunge institués par Nirvana. La deuxième partie de l'elpee s'avère, cependant, beaucoup plus intéressante. Parce que les compositions évoluent dans un univers ténébreux, à la croisée des chemins du hardcore expérimental de Fugazi, de la noisy sauvage mais bourrée de feeling de Cell et du rock urbain des Furs. Tour un programme ! Dommage que tout le disque ne soit pas de la même trempe…

 

Renaud

Boucan d´enfer

Écrit par

Ce boucan d'enfer, c'est ‘le bruit que fait le bonheur quand il s'en va’. Il résonne dans la tête de Renaud depuis que Dominique, celle qui était déjà sa ‘gonzesse, celle que j'suis avec’ à l'époque, l'a quitté. Il étale son chagrin tout au long de l'album. Lucide, Renaud ne rejette pas la faute sur son ex, mais bien sur lui-même et ses turpides, décrites avec humour dans " Docteur Renaud et Mister Renard ". Tout amateur de chanson se réjouit de voir Renaud revenir à l'écriture. Le talent est intact, la voix toujours aussi limite et touchante. Mais l'insistance à se pencher sur son nombril tout triste est lassante. Je comprends le besoin d'expression mais je préfère de loin Renaud quand il s'éloigne de ses problèmes personnels pour décliner, avec l'aide magnifique d'Axelle Red, cette belle idée des enfants de Manhattan et de Kaboul, " pulvérisés sur le thème de la violence éternelle " ; pour ironiser sur BHL ? ce ‘philosophe des beaux quartiers qui refait le monde devant une coupe millésimée’ ? et applaudir l'entarteur qui ‘nous a bien vengé de ce Jean-Paul Sartre dévalué’ ; pour défendre les amateurs de nains de jardin, face à ceux qui, pour rire et soi-disant pour les libérer, volent l'unique richesse de ces gens simples.

 

Remy Zero

The golden hum

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Bien que d'origine américaine (NDR: les musiciens sont issus de l'Alabama, mais vivent depuis un bon bout de temps à Los Angeles), ce quintette pratique une musique dont le feeling est typiquement britannique, britpop si vous préférez. Et nonobstant la production assurée par Jack Joseph Puig (No Doubt, Tricky, Green Day), son troisième opus continue de militer dans la même division. Une division instituée par U2 (NDR : circa " Achtung baby "), Radiohead, Cast et consorts et dominée aujourd'hui par des JJ72, Shed 7, Muse et même Travis. Le chanteur, Cinjun Tate campe même un timbre vocal falsetto à la croisée des chemins de Fran Healy, Loz Hardy (Kingmaker) et de Paul Draper (Mansun). Il faut également savoir qu'avant d'entrer en studio, le groupe avait composé toutes ses chansons à la guitare s sèche. Deux fragments ont même conservé leur texture initiale. Une technique qui permet de conserver intact le feeling de chaque morceau. Mais c'est le fragile équilibre entre cordes de guitares acoustiques élégantes et électriques bringuebalantes qui donne cet aspect si fruité, si pétillant à leur musique. Deux fragments s'écartent cependant de la règle générale. Tout d'abord " Glorious # 1 ". Hymnique, furieux, il parvient à pomper le glam de Marilyn Mansun. " Over the rails & Hollywood high ", ensuite. A cause de ce climat conflictuel, tout à tour menaçant et allègre, qui règne tout au long du fragment…

 

Paul Reddick

Rattlebag

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En une bonne dizaine d'année d'existence, Les Sidemen ont commis quatre albums : "The sidemen" en 92, "When the sun goes down", produit par Joe Louis Walker, en 95, "Dig in" en 99 et ce petit dernier, produit par l'un des plus célèbres bluesmen canadiens, Colin Linden. Paul Reddick en est le leader, le chanteur et l'harmoniciste. Il écrit ses propres chansons, dans l'esprit du blues rural des années 30, de Sleepy John Estes, de Fred McDowell et d'Alan Lomax lorsqu'il consacrait ses enregistrements pour la Librairie du Congrès.

Paul est flanqué de Kyle Ferguson aux guitares, de Greg Marshak à la basse et de Vince Maccarone à la batterie. La production de Colin Linden est excellente. Le son est assez sale. Solide et soudée la section rythmique est bien en avant. L'introduction laisse augurer une excellente plaque. Un fragment assez court, intitulé "P.r Jubilee", chanté comme une work song. Les premières plages sont très électriques. Hommage au vieux country bluesman, "Sleepy John Estes" est en réalité un boogie pur et dur, propagé sans le moindre compromis. Une entrée en matière très heureuse mais féroce, au cours de laquelle l'harmo est déjà bien allumé. Le funky "Pinegum" trempe dans une ambiance Memphis soul. Paul souffle puissamment dans l'harmonica pour introduire le mélodique "King o' the zig-zag". La guitare est très aventureuse. "One way trip" est superbe. Chanté divinement il est imprimé sur un rythme à la "Wang dang doodle", alors que l'harmonica ne demande qu'à décoller! A partir de la sixième plage ("Pearl river blues") l'opus amorce un virage acoustique. Signée Colin Linden, "Blind river bound" est une roots song bien relax, balisée par le dobro de Linden et l'orgue de Richard Bell. Linden s'assied et empoigne la mandoline pour aborder "Trouble again", dans l'esprit d'un passé lointain. "Scufflewood" marque un retour au hard blues. La voix bien graveleuse de Paul rappelle celle de Billy Gibbons. Le riff de guitare peut également nous faire penser au trio texan, alors que le piano vient donner une touche plus personnelle. Cette référence à ZZ Top réapparaît régulièrement, mais avec bonheur, sur "I'm a criminal" ; notamment au niveau du chant. Imprimée sur un rythme hypnotique, cette assez longue plage laisse libre champ au guitariste Ferguson. Le dobro, l'orgue et la section rythmique funky alimentent un étrange "Dreamin' dreamin" à l'ambiance roots, très dépouillée. La plage titulaire est un shuffle à la texane. Le rythme est bien imprimé par la guitare. Elle suit à la trace basse et drums, pendant que l'harmonica s'évade de cette puissante trame pour atteindre les sommets. Court intermède instrumental, au cours duquel l'harmo est dupliqué avec un maximum d'écho et de réverbération, "06/19" introduit "Smokehouse". Une plage vive, imprimée sur le rythme du chemin de fer. L'harmonica apaisé et l'orgue paresseux entretiennent le très laidback "Tumblin' down", une finale qui respire la quiétude... Je recommande tout particulièrement cet excellent album. Un disque dont la démarche est très originale ; hard blues for modern times, comme ils le clament eux-mêmes...

 

Louisiana Red

A different shade of Red

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Depuis qu'il a commencé à enregistrer, c'est à dire au début des 50's, cet artiste a commis un nombre incalculable d'albums. De son vrai nom, Iverson Minter, il est né en mars 1932. A Vicksburg, dans le Mississippi. Il a vécu une enfance assez misérable. Sa mère est décédée d'une pneumonie, une semaine après sa naissance. Son père a été massacré par le Ku Klux Klan. Après avoir été recueilli quelque temps par sa grand-mère, il a été ensuite hébergé chez sa tante Corrine Drive. Mais son compagnon détestait et battait Iverson. Résultat des courses, il sera placé à l'orphelinat. Mais le sort ne l'épargne toujours pas. En 1972, il perd sa première femme, Ealase, atteinte d'un cancer.

Depuis 1981, il vit en Allemagne. Où il s'est déjà produit sous divers patronymes : Cryin' Red, Elmore James Jr, Guitar Red, Playboy Fuller, Rockin' Red et bien d'autres. Mais en mars 2001, Louisiana Red se voit remettre les clés de la cité de Woodstock. A l'instar de Muddy Waters, de nombreuses années auparavant. En août de la même année, notre homme se retrouve dans la même cité. Dans les studios "Levon's Barn" de l'ancien batteur du Band, Levon Helm. Il bénéficie alors de la production des guitaristes Brian Bisesi et Jimmy Vivino.

Sous-titré "The Woodstock sessions", l'album démarre d'une manière surprenante par "Take your time". Une plage funky, balayée de cuivres. Et lorsque David Raynor s'en extrait, c'est pour livrer un superbe solo sur son saxophone. Et je m'en voudrais en omettant de mettre en exergue le brio du guitariste Brian Bisesi. "Lou Jean" est imprimé sur un tempo très rapide. Louisiana Red chante à la manière d'un shouter, devant la section de cuivres au grand complet. Le piano de David Maxwell est très présent. La guitare, manifestement à l'aide dans ce contexte, opère une heureuse sortie. Red possède une voix éraillée, puissante, tellement belle dans son style. Elle crie, gémit sans douleur. Le registre s'avère cependant inhabituel pour interpréter "Alabama train", une ballade assez rock, très sudiste dans la démarche. Implacable, la rythmique est assurée par Steve Gomes à la basse et Levon Helm à la batterie. Le tempo décélère quelque peu pour permettre à Red de sortir enfin sa slide et chanter "I had a dream". Le son de la slide est relativement pourri, mais colle parfaitement à l'expression sonore. Sa voix est capable d'opérer des exercices de style et les cordes libèrent leur intensité sur le fil du rasoir. Il chante de manière inimitable, avec tellement de vécu, "Blue evening". Un fragment qui bénéficie de la participation du saxophone de Garth Hudson, un autre musicien du Band. "Blues 2001" est une nouvelle plage funky. Red joue avec sa voix. Benjie Porecki est à l'orgue. Les saxes sont présents. Tout comme les guitares bien électriques assumées par Vivino et Bisesi. Signée Sandy Jones Jr, "Laundromat blues" est une cover bien roots. Red chante et joue de la guitare. Levon Helm est à l'harmonica. Jimmy Vivino se réserve la mandoline. David Maxwell, le piano. Une pause acoustique opportune qui se prolonge sur "Philippa". "Lightning bug" sonne le retour intégral des cuivres. Un fragment qui met une nouvelle fois en évidence les dons de chanteur de l'artiste, dont le timbre se module à l'infini. "Where's my friends" campe un sublime blues classique. La slide électrique, le piano et les drums se conjuguent pour libérer une solide dose d'émotions. L'opus s'achève par une jolie ballade, illuminée par un solo de sax : "Sleep Little Robert". Un chouette album !

 

Red Hot Chili Peppers

By The Way

Trois ans après "Californication", album de la maturité et de la consécration, les RHCP nous reviennent plus en verve que jamais, les singeries métal une fois pour toutes au placard et le calepin pop encore plus bourré d'idées et de mélodies sublimes. Pourtant, l'album démarre en trombe rock'n'roll, la basse de Flea martelant le chant vocodorisé d'un Kiedis surchauffé, toujours en lutte avec ses démons intérieurs… "By The Way" roulerait-il des mécaniques, comme au temps des fusions de "Blood Sugar Sex Magic", le disque fondateur du nu-métal ? Pas du tout : depuis "Californication", les RHCP ont préféré troquer leurs haltères contre l'intégrale des Beach Boys - le retour de John Frusciante, le guitariste prodige, y étant sûrement pour quelque chose… Dès le deuxième titre ("Universally Speaking"), les Californiens reprennent donc les mélodies colorées et les harmonies douces-amères là où ils les avaient laissées ; bref en haut des hit-parades et dans nos cœurs d'éternels adolescents. "Dosed", "Don't Forget Me",… que des hits en puissance, sans parler de ce "This is the place" rédempteur, hommage honnête aux junkies de la terre, dont Frusciante a fait longtemps partie… Heureusement pour nous, le guitariste s'est débarrassé de ses caprices d'héroïnomane, reprenant le manche et décidant du cap à emprunter par le groupe, direction le pays des rêves pop et des ballades crépusculaires. Au bout du voyage, après quelques virages funky ("Can't Stop", "Throw Away Your Television") et plusieurs escales sympathiques en "terra incognita" (l'air mariachi de "Cabron", la new-wave de "Warm Tape, qu'on croirait échappée du dernier album solo de Frusciante), les RHCP peuvent contempler le chemin parcouru, le superbe "Venice Queen" (deux chansons pour le prix d'une) en parfait épilogue, et se dire qu'ils ont, encore une fois, enfanté un chef-d'œuvre.

 

Chris Rea

Cardiology

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Christopher Anton Rea est né en mars 1951. A Middlesbrough, en Angleterre. Ses débuts à la guitare sont inspirés par Joe Walsh et Ry Cooder. Il fonde son premier groupe en 1973 : Magdalene. Un combo au sein duquel le futur Deep Purple, David Coverdale, est préposé au chant. Il embrasse ensuite une carrière solo.

Paru en 1978, son 1er album "Fool" ne recueille qu'un succès plutôt discret. Depuis, Chris a commis, presque chaque année, un nouvel elpee. Dont "Road to hell" en 1983 et "Auberge" en 1991 décrocheront la première place dans les charts. Son dernier album, "King of the beach", remonte à 2000. Chris Rea est surtout célèbre pour la beauté naturelle de son chant et son jeu à la slide ; mais manifestement, il est plus apprécié dans les milieux pop/rock que blues. Il serait cependant dommage que ces derniers boudent ce "Stony Road", car il est sculpté dans le Delta blues du Mississippi. Chris a composé toutes les plages. Il a reçu le concours de Martin Ditcham aux drums, Sylvin Marc à la basse, Robert Ahwai à la guitare, Ed Hession à l'accordéon et Gerry O'Connor au banjo.

"Changing times" ouvre le feu. Chris actionne un bottleneck électrique au son poussiéreux. Les musiciens trament la toile sonore du rythme ; et en particulier l'accordéon qui reste toujours en retrait. Authentique, dépouillé à l'extrême, "Easy rider" est très impressionnant. Après quelques notes de dobro, le banjo paresseux commence à distiller quelques petites grappes de notes. Le timbre vocal chaud et graveleux est très présent. Lorsqu'elle se libère, la slide métallique vous flanque un sacré frisson dans le dos. A fleur de peau, minimaliste, l'atmosphère se maintient tout au long de la plage générique. La section rythmique est très effacée. Seule la slide se permet des diversions au sein de ce décor lugubre et fantomatique. Nonchalante et laidback la voix exerce des ravages dans ce style. Mr Rea s'inspire surtout des anciens maîtres du Delta, tels que Charley Patton et Blind Willie Johnson. Sur "Dancing the blues away", Chris injecte du tonus à son blues. Davantage allègre, le rythme autorise l'accordéon et les percussions à participer au festin sonore. Tout au long de "Burning feet", caractérisé par un dobro chargé bourré de feeling, Chris observe un chant personnel, très laidback, qui me rappelle JJ Cale. Un harmonica sautillant introduit le rythme de "Mississippi 2", cette rivière qui coule dans ses veines. Tempéré dans le son et l'énergie, ce boogie est rondement mené. Faut dire que Rea n'est pas un extraverti. Un piano pourri, sorti tout droit d'un barrelhouse, annonce "Slow dance". Une danse pour le R&B. Une plage enjouée, au cours de laquelle l'accordéon et la slide sont distillés goutte à goutte. Le ton devient grave lorsque Chris aborde "When the good Lord talked to Jesus". C'est la parole du père à son fils. Une tristesse infinie nous envahit. La lumière diffuse nous éclaire à peine. Un piano sourd et un accordéon particulièrement sobre entretiennent ce climat tout en retenue instrumentale. Seule la voix rocailleuse se fraie un chemin pour aboutir à la clarté de "Heading for the city". "So lonely", nous ramène au chœur du Delta. La slide se complait au cœur de cet espace volontairement dramatique et toujours aussi dépouillé. Chris est à cet instant tellement proche de ces songsters d'une autre époque. Le diable serait-il à nouveau à la rencontre de carrefours mythiques (Crossroads)? Au cours des dernier mois, Chris a traversé des moments difficiles. De sérieux problèmes de santé ont même miné son moral. Pourtant, il fait preuve d'optimisme mais sans esquisser le moindre sourire, lorsqu'il chante "Someday my peace will come". Le banjo et l'harmonica donnent la réplique à son timbre vocal empreint de douceur, tout au long de "The hustler". Pour achever cette œuvre, Rea se mue en poète ; et à l'instar d'un Leonard Cohen, il murmure d'une voix grave "Give that girl a diamond". Non seulement cet opus est excellent, mais en outre, il constituera une véritable révélation pour les aficionados de blues. Et franchement, je lui souhaite bon vent dans cette nouvelle direction qu'il vient d'embrasser. D'ailleurs, n'a-t-il pas déjà vendu, au cours de ces vingt dernières années, plus de trente millions d'albums ?

 

Recloose

Cardiology

C'est le premier album du producteur et Dj Matthew Chicoine, et c'est une déception : en ayant voulu étaler son savoir-faire, l'homme de Détroit s'est perdu en chemin. Ses compositions s'étirent péniblement, laissant l'auditeur perplexe et, surtout, assoupi sur le bord du dancefloor. Car sa tech-house, loin de donner des fourmis dans les jambes, fait l'effet d'un somnifère. Pas que les onze titres de ce " Cardiology " soient vraiment mauvais, mais ils sont seulement trop longs : sept minutes en moyenne, sans jamais de virage mélodique ou de carambolages de beats. On aurait préféré plus de variations, et pas seulement sur le même thème (la deep house un peu techno). Il y a bien de-ci de-là du dub (" Absence of One "), de l'electro (" Permutations "), des percus (" Get There Tonight "), mais c'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. " Cardiology ", c'est pas justement une affaire d'aiguilles qui s'affolent, de tension qui monte ? Pas ici, en tout cas.

 

Paul Samson

Live - The Blues nights

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Ce chanteur/guitariste anglais a eu son heure de gloire au début des années 80, lorsqu'il drivait Samson, un trio spécialisé dans le hard rock assez métallique. A l'époque le groupe avait déjà commis une petite dizaine d'album. Samson se reforme régulièrement et a notamment sorti, il y a peu, "Live in London 2000", toujours chez Mystic. Ce nouvel opus réunit des témoignages 'live' de Paul Samson opérés dans un registre bluesy. Comme ce musicien manifeste une prédisposition pour le hard, l'elpee privilégie le rockin' blues électrique, un style susceptible d'intéresser les vieux adeptes du british blues.

L'album réunit des plages tirées de quatre différents concerts qui se sont déroulés entre 95 et 97. Tout d'abord à Croydon, près de Londres. En juin 95. A l'affiche : les Breakers. Un groupe drivé par l'ancien batteur de Ten Years After, Ric Lee, et secondé par le bassiste/chanteur Ian Ellis, un musicien qui transita naguère chez le Savoy Brown. En panne de guitariste à l'époque, les Breakers avaient invité l'ami Samson. Qui avait rappliqué alors en deux temps trois mouvements. On le retrouve ici sur quatre plages, dont une reprise pas mal ficelée du "Reconsider baby" de Lowell Fulson. "Sweet home Chicago" est devenu un titre éculé tant il a été repris. Et que dire du fameux "Crossroads" de Robert Johnson? Il est exécuté à la manière d'Eric Clapton, lorsqu'il sévissait chez le Cream, à la fin des années 60 ; mais en moins bon. Car si Samson n'est pas Clapton, Ellis et Lee ne sont ni Jack Bruce ni Ginger Baker.

Le deuxième concert est consacré au Peter Green Tribute Show, accordé à Londres en octobre 95. Il est de notoriété publique que dans chaque guitariste anglais sommeille un Peter Green en puissance. Mais n'est pas Peter qui le veut! Steve Robinson chante plutôt bien le superbe blues "Love that burns". Pete Brown, promoteur de ces concert-hommages, est aux percussions. Paul tient la guitare. Mais la version de "Black magic woman" est assez pénible. Car les vocaux sont assurés par… Paul Samson.

Le troisième concert a été immortalisé en compagnie du groupe chicagolais, le Richard Black Project. En juillet 96. Dans le Colorado. Une fois encore, l'ami Samson fut appelé pour remplacer au pied levé un musicien… empêché. Ce n'est pas vraiment du blues, mais la section américaine possède plus de groove et le chanteur n'est pas inintéressant. "Hot girls" et "The city burns" passent le cap. Signé Jimi Hendrix, "Cherokee mist" nous restitue Samson dans un élément plus familier.

Enfin, le quatrième concert épingle Samson au sein de son propre combo. Paul est épaulé par une section rythmique pour interpréter "A fool for your stockings" du ZZ Top, ainsi que "Voodoo chile" de Jimi Hendrix. Le traitement infligé à un fragment baptisé "Louise", me semble un peu lourd. Un fragment composé à l'époque par une formation de pub blues qui répondait au nom de Sam Apple Pie, et que j'adorais à l'époque. Mais qui se souvient encore de cette formation? Un document, sans plus.

 

Saint Etienne

Finisterre

Saint Etienne s'est toujours donné pour mission périlleuse de composer la chanson pop ultime, l'anthem (euro)dance idéal, le tube FM incendiaire. Douze ans que ça dure, et toujours pas la timbale, le podium, la piste aux étoiles. Au bout du compte, Saint Etienne s'est petit à petit engoncé dans une formule sans cesse remâchée, au risque de ne jamais conclure, mais surtout de ne plus séduire. C'était sans compter sur l'énergie et la persévérance de Pete Wiggs, Bob Stanley et Sara Cracknell, qui cette fois-ci semblent au bord de la réussite. Le Saint-Graal à portée de main, le trio anglais n'a plus qu'à prier Saint-Top of The Pops pour que leurs chansons se transforment en hits et forcent enfin les portes de la gloire et des dancings de la planète. Car ce " Finisterre " n'est pas avare en pépites dance-floors (" Action ", " Amateur ", " Shower Scene " qu'on croirait piqué à New Order, " New Thing ") et en slows downtempo, avec mirror balls et paillettes eighties en option (" Summerisle ", " Stop And Think It Over "). Finies les ambiances trop délétères de son prédécesseur " The Sound Of Water " (produit par To Rococo Rot et Sean O'Hagan des High Llamas), " Finisterre " roule plutôt des mécaniques sur les pistes de danse et sous les sunlights des tropiques. Tel le Phoenix qui renaît de ses cendres, Wiggs, Stanley et Cracknell sont donc repartis pour un tour (de carrousel) à tenter d'attraper la floche du succès. Parce que comme le dit leur ami Etienne Daho (fan de la première heure) : ‘Notre manège à nous, c'est eux !’

 

The Scooters

I can see your house from here

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Les Scooters nous viennent du Pays de Galles, de Cardiff très exactement. Premier véritable album, " I can see your house " fait suite à " Peepshow ", un mini elpee paru en 2000, dont le titre maître était même devenu un hit aux States. Ce qui explique, peut-être pourquoi le nouvel opus y a été enregistré. A Los Angeles, pour ne rien vous cacher. Sous la houlette d'un certain John Mastro, dont le patronyme pourrait être synonyme de maître es mise en forme. A l'origine, le quintette puisait son inspiration dans la new wave ; et en particulier chez Squeeze. Faut dire que les harmonies vocales conjuguées par les deux chanteurs, Anthony Carey (le guitariste) et Tim Rooney (le drummer), sont aussi soignées que chez le trio Glen Tilbrook/Chris Difford/Paul Carrack. Et c'est une référence ! " I can see your house from here " fait davantage la part belle à la britpop. Une britpop mélancolique, raffinée, hymnique, alimentée de lyrics intelligents mais ténébreux, dont la première écoute évoque inévitablement Travis. Hormis le power pop " GBH " (Buzzcocks ?) et l'allègre et cuivré " Broadway mission ", les 8 autres fragments sont sculptés dans la ballade. Mais la ballade dont les contrastes sont largement amplifiés Des contrastes tantôt enrichis d'une section de cordes, de bruitages électroniques, de textures acoustiques relativement complexes, de sonorités de guitare bringuebalantes ou encore d'un piano sonore réminiscent de Coldplay. A l'instar du très beau final " The hardest thing ". On a même droit chez " 5 o' clock " à un titre de country/folk alternatif que n'aurait pas désavoué les La's. Pure pop !

 

Schneider TM

Zoomer

Il y a deux ans, Schneider TM nous gratifiait d'une reprise amusante du fameux " There is a light that never goes out " des Smiths : un exercice de style apparemment vain, mais qui laissa des traces (prémices de l'elektroklash ?). Avec ce " Zoomer ", Dirk Dresselhaus fera sans doute moins de vagues : pas que ses morceaux ne soient déplaisants (on pense à du Kraftwerk remixé par Jimi Tenor), bien au contraire… Seulement voilà, l'Allemagne, en deux ans, a enfanté d'un autre trublion à l'élégance rare, dont l'électro-cabaret (dixit lui-même) frappe plus notre imagination : Gonzales. Tant qu'à mélanger joyeusement bleeps canailles, voix sous acide et refrains pop, un " Presidential Suite " ferait mieux l'affaire. " Zoomer " arrive certes en bon deuxième avec ces petits tubes d'électro-pop minimalistes ; mais rien ne sert de courir : Schneider TM n'impressionne plus autant qu'en singeant Morrissey. Comme le dirait notre ami fan d'Oscar Wilde : " Some Germans are biggers than others ".

 

Tony Scherr

Come Around

Compagnon de virée de pas mal de groupes new-yorkais (des furibards Lounge Lizards à la douce Norah Jones), Tony Scherr sort son premier album, sur le vénérable label de Sonic Youth (Lee Hazlewood, Fuck, Catpower,…). " Enfin ! ", diront certains, " Qui ? ", diront d'autres… en tout cas, qu'on le connaisse ou pas, son country-folk ne laisse pas de marbre. Pourtant, ce " Come Around " n'offre rien d'exceptionnel à se mettre sous la dent : juste de la bonne zique, tranquille, laidback, bref au poil (pour autant qu'on aime ce genre de complaintes poussiéreuses à la Jim White, voire à la Palace). On savait Steve Shelley capable d'exhumer de vieux trésors (les rééditions du grand Lee) : encore une fois, il a découvert une belle pépite.

 

Saybia

The second you sleep

Écrit par

Bien que fondé en 1993, ce quintet danois vient seulement d'enregistrer son premier album. Faut dire que la formation a longtemps cherché son identité musicale. A ses débuts, elle militait même dans le domaine du hard rock. Avant de commette " The second you sleep ", Saybia avait quand même commis deux singles, " 7 demons " et " The day after tomorrow ", deux fragments que l'on retrouve sur cet opus. Un disque essentiellement constitué de ballades. Des ballades taillées dans la britpop. Paradoxal pour un groupe scandinave ! Une britpop hypermélodique, mise en valeur par la voix de Soren Huss, dont le timbre campe un hybride entre celui de Thom Yorke (Radiohead), de Matthew Bellamy (Muse), de Fran Healey (Travis) et de John Lees (Barclay James Harvest). Et dont la musique navigue à la croisée des chemins de ces quatre ensembles. Vous avez certainement déjà eu l'occasion d'entendre, ou d'écouter, le très beau " The second you sleep ", sur l'une ou l'autre station radiophonique. L'album est de la même veine. C'est peut-être ici que le bât blesse, car on a l'impression que toutes les chansons sont issues du même moule. Parfois un peu plus ou moins hymniques. Parfois un peu plus ou moins enlevées. Seule exception qui confirme la règle : " The one for you ". Un fragment très lent, ténébreux, modulé par la section rythmique légèrement jazzyfiante. C'est probablement sous cette forme que Saybia a le plus de chances de sortir de l'anonymat…

 

Lee Sankey

My day is just beginning

Écrit par

Né à Londres en 1970, Lee Sankey est un jeune harmoniciste anglais qui a la particularité de ne plus avoir un poil sur le caillou. Largement inconnu sous nos cieux, ses premières expériences musicales ont été opérées dans les milieux hip hop, avant qu'en 83, il n'assiste à un concert du groupe de blues Howlin' Wilf and the Veejays. Son influence majeure devint alors son compatriote Paul Lamb, avant qu'il ne taquine des géants comme Little Walter, Sonny Boy Williamson, Sonny Terry, Kim Wilson et William Clarke. Depuis, il a beaucoup travaillé. Il apporte même de l'originalité à son style dans lequel le blues flirte avec jazz, le roots et le funk.

Lee a écrit toutes les plages de l'album. Il est aussi le responsable des arrangements et de la production. Il est entouré d'une formation assez conséquente, au sein de laquelle on retrouve le redoutable Matt Schofield aux guitares, David Migden au chant, Jeff Walker à la basse, Rob Eyers aux drums et une section de cuivres composée de Nick Payn, Sid Gauld et Andy Hamilton.

L'ouverture "Drinking game" lorgne vers un R&B largement cuivré. Schofield y produit un excellent solo dont un maximum de notes est libéré dans un ton proche du jazz. Si le morceau tient bien la route, il écarte de manière assez surprenante, l'harmonica. Il est vrai que Sankey joue aussi des cordes. L'opus embraie par le jazzyfiant "Only my baby". Lee souffle à la manière de notre Toots national. Le ton est d'une clarté irréprochable. Le chanteur Migden s'acquitte bien de sa tâche. "Woman and trouble " est une superbe plage rythmée. David Migden chante à la manière d'Earl Green, le chanteur actuel des Kingsnakes. La tonalité et le phrasé sont identiques. La guitare disserte avec beaucoup d'originalité. Les cuivres rejoignent le rythme ; et en finale, l'harmonica se déchaîne. Un exercice très réussi ! L'harmo se mêle ensuite à la ligne de cuivres pour entamer "Shout it on out". Une plage blues plus conventionnelle. Sankey est passé à l'instrument chromatique. Il souffle avec beaucoup de verve et d'inventivité. Retour au bop jazz sur "Office politics". La sonorité d'un harmonica blues, plus proche d'un classique, intervient lors de l'interprétation de "Stone in my shoe". Une plage nerveuse, assez longue, au climat instrumental qui monte facilement en puissance, permettant aux solistes de s'évader au cœur de prestations toujours sobres et éclairées, tant à la guitare qu'à l'harmonica. "S'picious" est un shuffle assez proche de ce que nous offrent habituellement les meilleurs Texans Migden domine les vocaux. La guitare et harmo travaillent à l'unisson pour notre bonheur ; et en fin de parcours, le ralentissement du rythme est judicieux. "My day is just beginning" opère huit minutes de dissertation jazz. Tous les instrumentistes évoluent à un niveau plus que respectable ; et en particulier la section rythmique. Caractérisé par un effet vocal saisissant à la Howlin' Wolf, le funkysant "I don't like my way of living" est un réel bonheur! Cet excellent album s'achève par le vigoureux "Where we going to". Mais lorsqu'il n'y en a plus, il y en a encore. Car cet elpee nous propose en bonus, un EP de près de 50'. Un disque qui s'ouvre par le superbe slow blues "She's not alone'. Une compo très dépouillée, probablement inspiré par T-Bone Walker. Les trois titres live confirment tout le talent manifesté par le Lee Sankey Group. Son savant cocktail de blues et de jazz mâtiné de funk fait vraiment merveille. La version de "Stone on my shoe" évolue également à ce haut niveau. Une excellente découverte !

 

Hope Sandoval

Bavarian fruit bread

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Hope Sandoval a quitté David Roback. Et par la même occasion Mazzy Star. Elle a décidé depuis d'entamer une carrière individuelle. Et ce " Bavarian fruit bread " constitue son premier opus solo. En fait, pour enregistrer ce disque, elle s'est entourée d'une multitude de collaborateurs. Et notamment le héros folk Bert Jansch, qui s'est réservé la guitare sèche sur deux titres. Et puis d'un groupe : les Warm Inventions, au sein duquel on retrouve son nouveau partenaire, Colm O' Coisoig. Mieux connu pour avoir joué des drums pour le défunt et mythique My Bloody Valentine. Colm ne se contente cependant pas de la batterie sur cet elpee, puisqu'il s'est réservé la plupart des parties de guitare. Qu'il a appris en deux ans. Si on retrouve toujours la voix douce, hantée, détachée et sensuelle de Sandoval (NDR : un timbre vocal semblable aux flocons de neige qui se couchent sur le sol…), les compositions s'appuient sur une instrumentation principalement acoustique, des compositions cependant capables de s'aventurer tantôt dans un paysage atmosphérique, noisy ou psychédélique, des compositions réminiscentes du Velvet Underground, de Jesus & Mary Chain voire de My Bloody Valentine, mais sous leur forme la plus épurée. Pour My Bloody Valentine, pas difficile de comprendre pourquoi. Pour Jesus & Mary Chain, suffit de se rappeler que Hope avait chanté sur le single " Sometimes always " des frères Reid. En outre, elle reprend ici " Drop " de l'elpee " Automatic ". " Bavarian fruit bread " révèle ici sa beauté dans la subtilité des harmonies posées sur le bord de la léthargie ; et on tombe peu à peu sous le charme de ces ballades nonchalantes, traversées tantôt d'un harmonica, d'un piano, d'une section de cordes ( " Feeling of gaze " ), d'une pedal steel ou d'un glockenspiel, des ballades trempées dans un psyché folk brumeux, spectral, mystérieux, magique, captivant et complexe, au cœur duquel le très beau " Clear day ", abordé à la manière du " Harvest " de Neil Young mériterait une gravure en single, et surtout un passage sur les ondes radiophoniques. Un bien album auquel je n'adresserai qu'un seul reproche : un tempo lent et uniforme. Soit il finit par envoûter, soir par agacer. Suivant les sensibilités…

 

Sand

Still Born Alive

En mélangeant les lettres qui composent le nom du groupe, vous obtenez, à une lettre près, le mot ‘danse’. Quant au titre, il rappelle étrangement le tube disco de Patrick Hernandez, cet hymne régressif coupable de faire se dandiner les étudiants bourrés sous les spotlights des kermesses aux boudins… Autant d'éléments devaient donc nous mettre la puce à l'oreille : derrière le patronyme Sand se cacheraient d'infâmes adorateurs des Bee Gees, des enfants bâtards de Patrick Juvet et d'Amanda Lear. Mais l'écoute du premier morceau fout (heureusement) en l'air tous nos pronostics : en proclamant les noces des guitares les plus abrasives et des beats les plus cradingues, Sand ressemble plus à Death In Vegas qu'à Hollywood and the Bananas. Rassurés, nous prêtons l'oreille plus attentivement : à certains moments, on croirait entendre Bobbie Gillepsie chanter chez Mr Oizo (" Body in the river "), ou Add N to X prêter ses vieilles machines à Roni Size (" Bug Chaser ")… Sur la plupart des titres, on assiste donc à un déluge (super)sonique où la fée électro aurait jeté un sort au rock le plus binaire… Malheureusement, ces décharges fusionnelles ont plutôt carbonisé les batteries et fait sauter les fusibles que provoqué une véritable poussée d'adrénaline. Pas que " Still Born Alive " soit décevant sur toute la ligne (" Airlock " et " Whalebone Snack " sont sympas) ; mais il lui manque juste un peu de sève et d'originalité pour casser la baraque. Le dernier morceau, " Rubber Eye ", court ainsi après l'ombre d'un Red Snapper qui se serait drogué à l'EPO, mais qui aurait trébuché avant la ligne d'arrivée. Dommage, mais ce n'est que partie remise.

 

Tom Shaka

Bless my soul

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Sicilien d'origine, Tom Shaka est un excellent bluesman. Presque quinquagénaire, il jouit d'une énorme popularité en Allemagne, pays au sein duquel il réside le plus clair de son temps. Il y a d'ailleurs enregistré deux albums pour Crosscut : "Hit from the heart" en 90, et "Hot 'n' spicey" en 93 ; trois pour Stumble : "Blues Magic" en 97, "Timeless in blues" en 95 et "Keep on keepin' on" en 99. Il avait également commis un elpee en compagnie de son frère Bill, en 2000. Paru sur ce label Acoustic Music, il s'intitulait "Blues blood".

Tom débute sur les chapeaux de roue par un brillant "I feel so good today", une composition signée par son ami Honeyboy Edwards. Sa voix est rocailleuse et puissante. Il joue de la guitare tout en soufflant avec brio dans son harmonica posé sur le rack! Shaka a assimilé l'essentiel des plus grands : depuis Charlie Patton à Blind Lemon Jefferson, en passant par Big Joe Williams et quelques autres. C'est évident sur le "Going up to the country, paint my mailbox blue" de Taj Mahal. L'émotion pure transpire facilement de ses notes. Il le démontre tout au long de "Down & out in Amsterdam" ; un morceau au cours duquel il susurre chaleureusement son texte, hanté par Lightnin' Hopkins. Superbe! Une sensation qui se reproduit à plus d'une reprise sur ses compositions. A l'instar de l'intense "Churchhouse blues" ou encore de "War blues", sur lequel il me rappelle assez bien un de ses amis, Louisiana Red. Sa technique instrumentale est très affûtée. Elle est impressionnante tout au long de l'instrumental "Tom's boogie". Shaka reprend aussi quelques classiques bien connus tels que "Smokestack lightnin" d'Howlin' Wolf, "You gonna miss me" de Muddy Waters, le fameux "Georgia rag", de Blind Willie McTell ou encore "Sitting on top of the world" de Little Walter, qu'il interprète en s'accompagnant à la mandoline. La reprise qui me botte cependant le plus appartient à une petite partie de rock'n'roll solitaire signée Huey "Piano" Smith : "Sea Cruise". Et c'est d'une voix bien grave qu'il achève cet opus par "Keep your eyes on the road". Recommandé !

 

Ron Sexsmith

Cobblestone Runway

Déjà un sixième album pour ce folk-singer de Toronto, et toujours pas de consécration à l'horizon. Pourtant, ce " Cobblestone Runaway " n'est pas avare en compos superbement maîtrisées (" Least That I Can Do ", pour n'en citer qu'une), d'autant plus que Ron Sexmith dispose d'un grain vocal particulièrement envoûtant (à la fois grave et léger). On pourrait dire : " Un garçon charmant, ce Ron. Un peu timide, certes. Le genre de copains que les mères adorent ". Mais surtout, le genre de chanteurs que tout le monde aime, mais que personne n'écoute. C'est bien dommage, parce que " Former Glory ", Gold In Them Hills " ou encore " Dragonfly On Bay Street " (aux touches électroniques surprenantes, un peu disco) sont des chansons fort émouvantes. Chris Martin, lui, ne s'y est pas trompé, puisqu'il est venu seconder son pote sur " Gold In Them Hills (Remix) ". Quand on sait le succès de Coldplay, certes amplement mérité, on se dit quand même que le monde est trop injuste. " Ron, tu as aussi ta place aux côtés des plus grands songwriters folk-pop du moment ! ", hurlons-nous à qui veut l'entendre. Et ça fait six albums qu'on le dit. Un auditeur (nous) par album, cela fait six auditeurs. Assez pour créer un fan-club : le RSCA (Ron Sexmith Club Amateurs). Allez, encore cinq, et on l'a, notre équipe de foot !

 

Sentenced

The Cold White Light

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Si Nightwish est le groupe finlandais le plus médiatisé du moment, Sentenced est sans doute le plus sous-estimé des nombreux combos originaires de la patrie de Tarja. Ce "Cold White Light", mine de rien, célèbre déjà leurs dix ans de carrière. Une carrière riche de six albums 'dark', atmosphériques, mélancoliques, froids comme la glace. L'intro est lourde, façon My Dying Bride, mais bien vite l'atmosphère générale devient légère et souple. Les vocaux sont clairs, les mélodies poignantes, et le jeu de guitare évoque le gothic métal d'Entwine ou de Him. Mais la musique est assez différente pour qu'on ne soit pas obsédé par ce lien de parenté. Comme "Killing me, Killing you", issu du superbe "Frozen", "Cross my heart and Hope to die" possède toutes les qualités pour faire un bon single, accessible à un plus large public. Des titres tels que "Blood and Tears" et "Neverlasting" procurent le grand frisson dès la première écoute, tandis que les arrangements, plus soignés qu'à l'accoutumée, donnent à l'ensemble de l'œuvre une impression de grandeur et de noblesse. Sentenced frappe très fort! Laissez-vous séduire par son métal empreint de mélancolie nordique.

 

Selby Tigers

The Curse of The Selby Tigers

Produit par John Reis de Rocket From The Crypt, le deuxième album des garage punks Selby Tigers dégage grave… pour autant qu'on ait échoué sur une île déserte ces derniers mois, sans radio ni télé. Sinon, il ressemble à Yeah Yeah Yeahs, Gluecifer, The Hives, voire les White Stripes ou Le Tigre ; bref à du rock DIY et CBGB de NYC. LHOOQ, la chanteuse ? Pas plus que le chanteur, sorte de Frank Black plus mince (pas dur) à la fausse moustache. Ce disque, avec ses voix criardes et ses mélodies à deux accords, pourrait servir d'ABC à l'apprenti punk rocker, tant il est facile d'accès et agréable à écouter. Bon plan pour capter l'ambiance musicale de cette année, sinon sans grand intérêt artistique (CQFD).