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Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

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La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre et lumière pour un voyage qui durera un an. Une lente année pour dévoiler 6 chapitres de 2 chansons, 12 titres qui narrent l'histoire de Light. Le groupe invite les…

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Irma Thomas

My heart´s in Memphis

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Wallace Daniel Pennington est originaire de Vernon dans l'Alabama. Il a acquis une solide réputation comme compositeur. Il a notamment écrit pour les Box Tops ("Cry like a baby"), Percy Sledge, Clarence Carter et Aretha Franklin entre autres. Sous son propre nom, il a sorti des albums aussi obscurs que "Nobody's fool" en 73 et "Do right man" en 94. Dan était un habitué des Muscle Shoals studios de Memphis ; et c'est ainsi qu'Irma, la Queen of New Orleans Soul, a atterri dans le Tennessee. Irma possède une voix merveilleuse, chargée de sensibilité et de tendresse. J'ai beaucoup aimé son dernier album, "Sing it", enregistré en la compagnie de Tracy Nelson et Marcia Ball. Hormis l'une ou l'autre adaptation de chansons qu'elle avait déjà sorties voici longtemps, elle nous propose ici de nouvelles compositions écrites par Penn.

Les musiciens font bloc autour du guitariste Michael Toles et de l'organiste Marvell Thomas. Dan Penn a coécrit les chansons en compagnie des pianistes Bobby Emmons et Carson Whitsett. Ils jouent d'ailleurs sur les plages auxquelles ils ont collaboré. L'atmosphère est sereine, douce, parfois mélancolique Une certaine forme de beauté, de majesté même, accompagnent les ballades qui constituent le meilleur de l'opus.

La plage titulaire est abordée d'entrée. L'orgue hammond et le sax soprano de Jim Spake annoncent la voix toujours bouleversante d'Irma. Parmi les ballades lentes, j'adore et je vous recommande "Not enough time to change". Elle chante très tendrement, mais sa voix peut soudain montrer l'étendue de sa puissance, sans jamais forcer son talent. Une chose est sûre, Miss Thomas suscite le respect de tous. Ce même effet de libération des cordes vocales se répète sur "Life at the end of the road". "Irma's song" emporte les mêmes suffrages. Cette femme possède une voix à briser les cœurs. Deux autres chansons douces de Penn avaient été enregistrées par Irma à la fin des 70s. De nouvelles versions ont été ici retenues : "Woman left lonely" et "Zero Will Power". Malheureusement, elle nous rappelle un peu trop rarement qu'elle est une reine de la soul ; même si "Keep it simple" et "If you want it, come and get it!" en sont les trop rares exceptions qui confirment la règle. Irma Thomas est une chanteuse fabuleuse, dont le timbre vocal est un réel plaisir pour les oreilles.

 

Mary Timony

Mountains

Écrit par

Premier album solo pour la chanteuse/guitariste/compositrice du trio bostonien Helium. Un disque dont les chansons intimistes confidentielles, courtisent une sorte de folk/prog/rock d'inspiration médiévale, qui aurait pu naître d'une rencontre entre Gentle Giant et Pentangle, après réduction de la forme à son expression la plus lo fi, bien sûr. Si Mary Timony possède un timbre vocal proche de celui de Suzanne Vega, elle prend le soin d'arpéger ses inflexions sur les accords minimalistes d'un piano ou d'une instrumentation réduite. Une guitare, une batterie, un clavier, quelques bandes enregistrées, un zeste de violon et un chouia de flûte. Pas davantage. Juste de quoi lui permettre d'exprimer sa colère, son amertume ou ses états d'âme en rêvant à un bonheur inaccessible...

 

Tipper

The critical path

Écrit par

A l'instar de l'image qui illustre la pochette de ce CD, Tipper se veut une version tuning d'une certaine musique électronique. Les sons sont tordus jusqu'à plus soif, la réverb' bat son plein et l'ensemble est accompagné, sur certains titres, d'une section de cordes ou/et d'une voix (féminine en l'occurrence). Pourtant, si depuis le succès de Björk ce type performance vocale est devenu " la " référence, la chanteuse de Tipper s'en sort malgré tout à son avantage, sans que l'image de l'Islandaise ne revienne sans cesse à l'esprit. Le disque passe de titres plus énergiques en plages plus ambient, plus calmes ; et la couleur apportée par l'orchestre à cordes donne un aspect mélancolique à l'ensemble, avant que ne surgissent des expérimentations sonores plus tarabiscotées (reflet de pensées des musiciens ?).

Toadmortons

Beware mortons murder mile

Écrit par

Enregistré entre octobre 96 et février 97, cet opus vient seulement de bénéficier d'une distribution officielle sur le Vieux Continent. Un disque commis par une formation californienne, drivée par Steve Bryant et Greg Hain, deux ex pensionnaires de Chance The Gardener. Ils jouent tous les deux de la guitare. Acoustique et électrique. Mais alors que le premier est responsable des lyrics et du chant, le second est beaucoup plus impliqué dans la mise en forme de la musique. C'est d'ailleurs lui qui a coproduit ce morceau de plastique. Tout au long de ce " Beware mortons murder mile ", les Toadmortons privilégient les climats introspectifs, paisibles, hantés par une forme de garage hérité en ligne droite du Paisley Underground. Et en particulier celui des Long Ryders. A cause de la structure country/folk des chansons. Et puis du Dream Syndicate. Pour l'intensité électrique diffusée. Encore que lorsque les chansons épousent un format plus pop, c'est même au REM le plus mélancolique que l'on se met à penser…

Tocotronic

The Hamburg years

Pourquoi intituler cette compilation " The Hamburg years ", alors que Tocotronic n'a jamais eu d'autre port d'attache que Hambourg " ? Humour germanique ? Possible ! Une chose est sûre, ce trio teuton particulièrement apprécié en Allemagne a toujours pignon sur rue. Il est même devenu une légende vivante. Pas étonnant lorsqu'on sait que la plupart des chansons sont interprétées dans la langue de Goethe. Mais aussi, et il faut le reconnaître, parce que leur musique tient bien la route. Découpé en 19 fragments, ce disque tente de nous montrer l'évolution de la formation. Depuis ses débuts découpés dans le punk rebelle énergique, à la lo-fi émotionnelle, en passant par le garage à l'intensité crazyhorsienne et le grunge post Nirvana. Tout un programme ! On y retrouve aussi un inédit datant de 1994, mais aussi et surtout des extraits de leurs 7 inches, 12 inches et des inévitables quatre albums. Un seul regret, nonobstant les lyrics qui décryptent les absurdités de la vie quotidienne, les vocaux sont un peu trop limite, à notre goût...

Today Is The Day

Live till you die

Écrit par

Le révérend Steve Austin dans son élément le plus malsain : le live. Terminées les productions peaufinées des deux derniers albums studios sortis sur Relapse (" Temple of the morning star " et " In the eyes of God "). Non, nous revenons ici à l'épicentre de la musique de Today is the day. Dépassant en brutalité Unsane, ravageant au passage des pointures de Relapse, Austin - désormais bien seul aux commandes de ce navire qui n'a de cesse de se disloquer - hurle (NDR : et le mot est faible) sa haine sur ces 15 titres (+/- 35mins). C'est-à-dire le temps moyen habituel d'un concert de Today is the day. Davantage serait intenable. Aussi bien pour le public que pour le groupe. Car s'il existe une musique dense et complexe, aussi bien dans les propos que dans les structures, c'est bien celle de Today is the day. Austin monte sur scène ‘comme un cerf blessé, traqué par des chasseurs et coincé dans une vallée en cul de sac’. Autant dire que la scène est le siège d'un combat à mort. Hormis " Ripped Off ", extrait du dernier album sorti sur Amphétamine Reptile Records, ce témoignage furieux passe uniquement en revue la période Relapse. Mais il recèle également des facettes moins évidentes d'Austin, dont trois reprises pour le moins surprenantes : " Wicked Game " de Chris Isaak, " Feel like makin' love " du Bad Company et " Why don't we do it in the road ? " des Beatles; sans oublier un instrumental dédié au père d'Austin, dont le climat est digne des instrumentaux du tout premier album du groupe ; et enfin, un court morceau issu des sessions d' " In the eyes of God ". Ce live pourrait ne pas être le meilleur angle d'approche pour ce groupe exigeant. Commencez par les albums classiques. Ceux d'Amphetamine pour le public ‘rock’. Ceux de Relapse pour les amateurs de ‘death’ et de ‘black metal’. Vous viendrez tout naturellement au live. Et là, croyez-moi, votre voisinage ne vous regardera plus jamais comme avant. Car il y a un avant et un après Today is the day.

Tonic

Sugar

D'entrée de jeu, ce trio californien, de Los Angeles, très exactement, nous livre un excellent " Future says run ", une composition dont l'intensité électrique aux accents aussi chatoyants que toniques, évoque instantanément Deep Blue Something. Passé ce feu d'artifice, ce " Sugar ", deuxième album studio du combo en trois ans, se contente de ressasser un pop/rock typiquement yankee, à la croisée des chemins de Tragically Hip et des Counting Crows, lorsqu'il ne calque pas les clichés sub Doobie Brothers, ou encore ne s'égare pas dans le lyrisme pompeux d'un Kansas...

 

Too Slim

King size troublemakers

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Issu de l'état de l'Etat de Washington, de Spokane très exactement, ce trio est déjà de retour. Une formation étonnement proche cette fois d'un autre trio, texan celui-là, j'ai cité… Z.Z Top! Le leader, unique et incontesté, reste bien entendu Tim ‘Too Slim’ Langford. Il assume le chant et la guitare, entouré de Tom Brimm, à la basse, et de John Cage, à la batterie. " King size troublemakers " constitue déjà leur 6ème album pour Burnside. Il est sensiblement différent et bien plus swing que "Blues for Eb", le précédent opus sorti en 97. La surprise nous vient ici de ce son ZZ Top. Pas celui qu'il manifeste aujourd'hui, mais le plus proche des débuts du band texan. Notamment à cause de la voix, dont le timbre se rapproche familièrement de celui du Billy Gibbons d'il y a 20 à 30 ans.

La plage titulaire est bien dans le rythme. "I'm gonna blow" reçoit le concours de l'harmoniciste Mark Hummel, au mieux de sa forme. "Potent 8" est une plage lente. Bien amplifiée, la guitare bavarde mais sans excès, soulignant les accents dramatiques de la composition. "More must be better" est un exercice de style proche de Jimi Hendrix. A cause des effets de guitare et du son torturé par les pédales. Quant à la voix de Tim, elle reste toujours aussi proche de celle de Gibbons. Un exercice pleinement réussi ! Les maîtres avoués de Too Slim ont pour nom Johnny Winter et … Lightnin' Hopkins! Le sommet de l'album est pour votre serviteur, "Sam's pit". Un boogie furieux qui bénéficie d'une nouvelle et brillante apparition de Mark Hummel ; et par magie de la technologie, Lightnin' Hopkins est aussi présent. Génial! Le moral au zénith, notre trio se lance dans un shuffle intitulé "I've been down". Et comme Tim aime aussi Johnny Winter et George Thorogood, direction rock'n'roll tranchant avec "Feel so good" (de Magic Sam). Chauffe Slim!! Et il réapparaît, le bottleneck entre les dents, pour un "Big barn boogie" qui pue les fifties. La machine définitivement sur les rails, l'étreinte ne se desserrera plus. Comme je le soulignai, cet album est différent des précédents ; mais il est surtout excellent, bénéficiant d'une production bien léchée. Et vous n'êtes pas obligé de le croire, mais ce petit bijou se termine dans une ambiance sereine, réminiscente d'Allman Brothers…

 

Toploader

Onka´s big moka

Toploader cultive la nostalgie des Small Faces circa "Itchycoo park". C'est une certitude sur le single " Dancing in the moonlight ". Ce premier album, qui bénéficie de la production de Dave Eringa (Manic Street Preachers) fait ainsi la part belle au r&b des sixties ; mais à l'instar de Jamiroquai, d'Ocean Colour Scene ou du défunt Style Council, il use et abuse de clichés et d'arrangements de cordes aussi pompeux qu'insipides. Paraît que Paul Weller est un grand admirateur de ce quintette issu d'Eastbourne. Il a dû se tromper d'histoire d'amour...

 

The Tragically Hip

Music at Work

Écrit par

Que raconter sur Tragically Hip si ce n'est que ces garçons viennent de commettre, non pas un tragically crime, mais bel et bien leur huitième album studio depuis 1987. Magnifique passé donc si ce n'est que de sa collection discographique, seul un album aura réussi à tiré son épingle du jeu. Il s'agit de " Up to here ". "Music @ Work " quant à lui ne déroge pas à la vieille tradition du combo canadien. Un album bien ficelé dans lequel on retrouve les mêmes influences pompées chez Tom Petty, Pearl Jam, REM, Counting Crows, Soul Asylum, Live ou Neil Young. Des chansons agréables, rangées les unes après les autres, sans réel relief musical. Excepté un détonnant " Sharks ", titre maître du CD qui, à mon humble avis, prouve que Tragically Hip est capable de réaliser de superbes choses. Suffirait qu'il le démontre un peu plus souvent…

 

Pat Travers

Don´t feed the alligators

Écrit par

On ne compte plus les albums publiés par Pat Travers au cours de ces dernières années. Que ce soit pour Provogue ou Blues Bureau. Pat a toujours teinté son rock blues de tonalités très hard, lorsqu'elles n'étaient pas métalliques. Il aime hausser la voix quand il attaque son répertoire, et sa guitare lui ressemble absolument. Elle hurle, vocifère. Les notes fusent. La batterie des pédales est actionnée pour torturer le son. Et il aime ça, Pat. Le "Black Friday" de Steely Dan est profondément métallisé. Cet album n'est constitué que de reprises ; aussi, je ne passerai en revue que les titres qui m'ont le plus accroché. En l'occurrence "I'm bad, I'm natiowide" de ZZ Top, plutôt bien réussi, "I love you more than you'll never know" d'Al Kooper et "Nothing is easy" qui figurait sur "Stand up", le deuxième album de Jethro Tull. Le verdict prononcé à l'égard du "Crosstown traffic" de Jimi Hendrix n'est pas aussi rassurant, puisqu'il est à ranger au rayon hard rock.

The Travoltas

From the secret vaults of Weissmuller

Écrit par

La bio du groupe, écrite par un de ses membres, doit ressembler à tant d'autres… Débuts chaotiques, reconnaissance ‘régionale’, quelques concerts, des enregistrements vendus aux concerts et séparation pour divergences musicales. Fin du premier acte. Le groupe se reforme et reprend les choses où il les avait laissées. Travoltas devient un nom, s'exporte et assure des premières parties qui leur fait chaud au cœur : SNFU, Undeclinable Embuscade ; une participation au Dynamo Open Air Festival 1997 ; un enregistrement new yorkais avec un frère Ramones. Car ce n'est pas de musique d'ascenseur dont il s'agit ici. Mais plutôt d'un punk rock teinté de surf. Aujourd'hui le groupe est à la recherche d'un second souffle et sort donc une compilation couvrant pratiquement une décennie d'activité. Véritable régal pour les fans (raretés, remixes, titres perdus sur d'obscures compiles punks), cet album ne devrait guère attirer d'autres auditeurs. Et pourtant, Travoltas a traversé une période plus expérimentale, électronique, jalonnée de titres très valables, dont une reprise de l'inusable " Keep on rockin' the free world " de Neil Young... Enfin, ne succombez pas à la pochette : on remarque ça et là des traces de cellulite.

 

Sunny Day Real Estate

The rising tide

Écrit par

On ne peut pas toujours expliquer pourquoi on a un coup de cœur pour tel ou tel album. Mais, c'est lorsqu'on s'y attend le moins que l'effet est le plus saisissant. Ce quatrième opus de Sunny Day Real Estate dégage, en effet, ce petit quelque chose que vous ne pouvez décrire, et qui atteint l'âme. Une sensation qui, le plus souvent, débouche sur la naissance d'une œuvre intemporelle. Passé le premier morceau électrique, dans ce qu'il a de plus crazyhorsien (" Killed by an angel "), la musique de ce disque se charge progressivement d'intensité émotionnelle, et élabore subrepticement un véritable envoûtement. Les rythmes se fluidifient, les cordes de guitare cristallisent la mélodie, alors que le timbre vocal, étrange, falsetto, de Jeremy Enigk, hante de ses lyrics passionnés et poétiques, cet univers sonore complexe, tentaculaire et torturé. En outre, Lou Gordiano (Goo Goo Dolls, Live) a probablement réussi la meilleure mise en forme de son existence, tant sa production est limpide. En extrapolant, cet opus pourrait incarner, avec la bénédiction de Gorky's Zygotic Mynci et de Caravan, le fruit d'une rencontre hypothétique entre la quintessence du Genesis de l'Archange Gabriel et la puissance mélancolique du Flaming Lips, de l'album " The soft bulletin ". Impressionnant !

James ‘Super Chikan’ Johnson

Blues come home to roost

Écrit par

James Louis Johnson est né en 1951, à Darling, dans le Mississippi. Elevé près des champs de coton, il s'intéresse tellement aux poules (NDLR : de luxe ?) qu'il héritera du surnom de Super Chikan! A moins de 20 ans, il joue de la basse dans les juke joints locaux, derrière son oncle, le célèbre Big Jack Johnson. Il devient chauffeur de taxi à Clarksdale et se concentre sur l'écriture. Il enregistre ainsi une trentaine de ses compositions dans les studios, en compagnie de Johnny Rawls et L.C Luckett.

Cet album, sorti une 1ère fois en 97, présente le résultat de ces sessions consacrées à un downhome blues, léger, discret, sans éclat! Notre super poulet possède une voix paresseuse. Il joue principalement de la guitare mais n'hésite pas une seconde à la troquer contre une basse, un harmonica ou un piano. Ce qui n'est pas une mauvaise idée en soi, puisque ses deux compères se partagent aussi les instruments.

J'aime "Well gone dry". Un blues au mid tempo omniprésent. Vous apprécierez au passage les gloussements de James sur son chant d'honneur "Super chicken Strut", pendant que les trois guitares se mettent à patauger dans la basse-cour. Deux versions de "Mama & the Chillen" figurent sur l'album. Mais les effets sont surprenants, Super se taillant à lui seul les dialogues. Plus proche du Jimmy Reed, il aborde son penchant swamp blues sur "What it is". A noter que Super Chikan a sorti en ce début 2000, un album original, intitulé "What you see" sur Fat Possum.

 

Superflu

Tchin Tchin

Écrit par

Un chant maniéré, d'habitude je ne supporte pas. Mais ici, le filet de voix de Nicolas Falez, soutenu par Sonia Bricourt dans un plaisant duo vocal masculin/féminin, se glisse si harmonieusement dans les douces mélodies de Superflu, que l'écueil est évité. De justesse sans doute, mais sans discussion. Cette douceur laisse à priori croire à des propos anodins, à une énième resucée de cette pop française agréable mais sans beaucoup de fond. Superflu en conserve l'esprit délicat et y ajoute des mots choisis pour parler de séparation (‘Et déjà je redoute tellement le moment/où ta bouche m'appellera voleur/où tes mains m'appelleront ennemi’), de ces relations amicales qui s'effilochent avec le temps (‘On pardonne et on boit/comme les amis d'autrefois’). Le groupe n'hésite pas à appeler cuivres et violons à la rescousse pour soutenir le propos. Superflu sort même de ce terrain agréable pour s'aventurer là où on ne l'attendait pas. En l'occurrence, une violente chronique rurale (" La ferme ") où le chant que l'on disait maniéré apporte soudain un contraste revigorant avec le texte inquiétant. "Tchin Tchin" constitue le 2e album de ce groupe fondé à Lille. Il a été mixé par Jim Waters, un personnage qui a travaillé avec Sonic Youth et le Jon Spencer Blues Explosion.

 

Swearing At Motorists

More songs from the mellow struggle

Swearing At Motorists nous vient de Dayton, dans l'Ohio. Un duo constitué du chanteur/guitariste Dave Doughan et du compositeur/drummer/bidouilleur Don Trasher, un vétéran de la scène locale qui a forgé sa réputation en multipliant les expérimentations les plus diverses. Dans le passé, il a ainsi sévi successivement chez the New Creatures, Guided By Voices et les Hopefools, alors qu'aujourd'hui, il mène parallèlement à SAM, deux autres projets, 3 Dream Bag, flanqué du bassiste de GBV, Greg Demos, et le groupe de cowpunk sur acide, Johnny Smoke. Renforcé par la présence du guitariste de studio Matt Bowman, "More songs from the mellow struggle" est partagé entre chansons acoustiques, minimalistes, atmosphériques, qui auraient pu naître d'une rencontre improbable entre Syd Barrett et Buffalo Springfield, et compositions lo-fi. Des chansons dont l'intensité mélodique trempée dans le feedback, rappellent Sebadoh, les morsures de son, Pixies voire les Breeders, et les harmonies vocales aussi spectrales que soignées, Guided By Voices. Deux exceptions à cette règle, le "byrdsien" "The difference between listen and feel" et "Eaxt of bilaxi". Une composition remarquable, rognée de claviers sixties avec une dose de feeling pas possible, par un certain Phil Mehaffey...

Swearing At Motorists

Number seven uptown

Écrit par

Responsable d'un premier album aussi superbe qu'électrique, SAM aurait-il décidé d'alléger la densité de son intensité blanche ? C'est en tous cas la question que je me suis posée après avoir écouté ce " Number seven uptown ". Bien sûr, la guitare électrique est toujours omniprésente, croustillante, vivifiante, mais hormis sur " Flying pizza " et " Inadvertent Christmas song ", en l'occurrence les deux premiers fragments de l'opus, elle fleurit par petits riffs, plaque paresseusement ses accords, lorsqu'elle n'épouse pas un profil acoustique. Ce qui donne une forme beaucoup plus éclectique aux chansons mélancoliques, agitées par le mid tempo de Don Trasher et balayées par le timbre vocal spectral, overdubbé de Dave Dougham. Des chansons aux titres farfelus mais paradoxalement aux lyrics fort intéressants. Des lyrics qui traitent de la solitude, de l'alcool, de la drogue, mais aussi et surtout des relations humaines déchirées entre conflits, espoirs et aliénation… Des lyrics qui s'infiltrent dans les mélodies, projetant des visions de paysages dépouillés, blêmes ; un peu comme les jours de novembre, lorsque toutes les feuilles des arbres sont tombées, mais que la neige se fait encore attendre… Pour enregistrer ce disque, le duo a bien reçu le concours de quelques invités. Mais leur présence est limitée à de très rares interventions à la lapsteel, à la mandoline, à la trompette ou au clavier.

The Sweeney

The Sweeney

Écrit par

Une pareille découverte me met de bonne humeur toute la journée. Oh bien sûr, ce trio britannique en est déjà à son troisième album. Et son existence remonte quand même à 1995. Mais je souhaite bon courage à quiconque de récolter quelque information sur ce groupe. A croire qu'il s'agit d'un des secrets les mieux gardés de la scène pop insulaire. Une chose est sûre, cet opus est épatant. Hormis le complexe et éthéré " Your dog ", plus que probablement inspiré par le " Rock bottom " de Robert Wyatt, le reste est aussi contagieux que savoureux, aussi mélodique que rafraîchissant. Et chaque fragment possède ce petit quelque chose qui le différencie des autres. Bien sûr, il y a des constantes. Le timbre vocal gémissant, étranglé par l'émotion de Murray Torkildsen (Peter Perret ?) Ses interventions à la guitare tantôt crépitantes, tantôt limpides, mais toujours chatoyantes. Sans oublier, pour les trois quarts du disque, ces chœurs féminins plutôt kitsch. Mais lorsque tour à tour, des références au Who, aux Beatles, au Jam, à Elvis Costello, à Green Day, à Gentle Giant, à Gomez et même à Eels vous traversent l'esprit, vous ne pouvez être déçu. D'autant plus que ces influences sont tellement bien digérées qu'il faut vraiment décortiquer chaque morceau pour parvenir à les déceler. Remarquable !

Sugar Mama

Blues on the rocks

Écrit par

Composition du mythique John Lee ‘Sonny Boy I’ Williamson, "Sugar Mama" est une formule magique dans l'univers du blues. La première fois que j'ai entendu ce titre, c'était en août 1968. Lors du National Jazz & Blues Festival. Des flashes traversent mon esprit. J'étais étendu sur l'herbe de l'hippodrome de Sunbury. Un petit bonhomme à la longue crinière, vêtu d'un blouson de cuir miteux, armé déjà d'une vieille Statocaster se raccorde à l'ampli, puis se retourne rapidement vers le public dans une explosion sonore. Le trio qui venait de monter sur scène s'appelait Taste ; et le petit homme n'était autre que Rory Gallagher. J'ai pris une de ces claques!!! Ceci pour vous dire que Sugar Mama est une expression qui m'interpelle. Et voici 11 ans, quelques vétérans, champions du blues du Nord et Pas-de-Calais réunis, l'ont choisie pour patronyme.

Trêve de plaisanterie ! L'homme qui dirige cet aréopage, assis de manière spartiate derrière ses caisses, les baguettes à la main, répond au nom de Patrick ‘Matthew’ Dallongeville. Il est également la moitié de l'âme de BluesBoarder. Pour signer ses débuts officiels, le groupe a choisi de se faire enregistrer live. Un bon choix, parce que nos musiciens nordistes sont certes possédés par le blues, mais restent modestes. Ils ne sont pas des créateurs, mais des colporteurs. Ces ambassadeurs de la bonne parole sont trop heureux de pouvoir témoigner de leur foi musicale. Le bouche à oreille n'a-t-il pas permis aux bons us et coutumes de survivre ? Alors ouvrez les grandes, vos oreilles. Imaginez-vous au cœur d'une salle sentant bon le goudron et les vapeurs d'éthanol. Relevez vos manches, le virus du blues va vous être administré. Celui que nos quatre amis ont reçu une bonne génération plus tôt. En l'occurrence le blues urbain électrique, le Chicago blues des années 50, celui de l'écurie Chess. Un ange passe ! Dans l'ombre, des pouces se lèvent. Ceux de Willie Dixon, de Robert Johnson et de Muddy Waters. Ces dieux du passé ont le sourire aux lèvres.

Nous sommes fin octobre 1999, à Fâches-Thumesnil, aux Arcades. Le public est bien présent, de Benoît-Philippe Abeloos à Alexandre Waymel. Mathias, Patrick, Gaby et Serge, entrent en scène, affublés de John the Conqueroo. Le black cat bone et le mojo au col, ils entament l'heure qui leur est créditée. Admirons au passage la rigueur de la section rythmique, la classe montante et épanouie de Mr Dalle, la voix grave à l'accent continental et le saxo de Gabye (NDR : pas assez mis en évidence à mon goût). C'est bien parti ! Pour le vieux blouseux que je suis, je leur dirai, poursuivez l'expérience de votre écriture, "I'm worried", "Shakin' up the joint" et "Blues for Zeph". Voilà bien le Sugar Mama du nouveau millénaire. God bless you folks!

 

Sugarcane

Barney´s revenge

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En 1998, cette formation batave qui répondait alors au nom de Blues Factory, avait sorti un album intitulé "Take-a-stroll!". Le leader est le chanteur guitariste Bas Flesseman, un gars drôlement doué, toujours entouré d'une section composée de trois cuivres. Matthijs Willemsen à la trompette, Jan Spijker au sax tenor et Aldo Groen au trombone. Il a conservé Jasper Mortier à la basse et c'est l'Américain du Nord Ouest, Boyd Small, qui tient ici, avec un réel bonheur, les percussions.

Sugarcane s'embarque sur un "Hate to be messed with" dont le rytme soutenu est largement cuivré. Bas plonge ensuite ses acolytes dans le climat lugubre de " Get a heart ". L'ombre des cyprès se découpe au cœur des swamps endormis et une lap steel bien paresseuse apparaît à l'avant-plan. Saisissant et parfaitement réussi! Un effet qui se retrouve sur "Is it a crime?". L'atmosphère persiste, le rythme s'accélère, le tempo épouse le riff de Bo Diddley, la section rythmique porte l'équipe, la guitare sonne très métallique et le sax s'évade sur "It tears me up". La pédale des gaz est poussée à fond. Les cuivres impriment un rythme très élevé pour la plage titulaire. La guitare surfe au milieu des vagues. La voix légèrement fausset de Flesseman, peut faire penser à un Dr John plus mâle. On n'est pas trop surpris de se retrouver aux portes de la Nouvelle Orleans, avec "Wouldn't know". Le son pourri de la guitare se reflète dans son rythme. La slide de Richard Van Bergen, invité sur le trop court "Baby you got what I want", sautille d'aisance. Sugarcane a produit un excellent album, original, dont le style bien personnel est très perceptible sur les titres lents, mais également dans le rythme qui peut faire alors penser à nos Seatsniffers. Vous adorerez ce dutch swamp blues.

 

Jim Suhler & Alan Haynes

Live at Blue Cat Blues

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La réunion de ces deux célèbres gratteurs texans a été immortalisée dans leur jardin, au célèbre Blue Cat de Dallas.

Jim Suhler est de Dallas. Il a été découvert en 90 par George Thorogood et a régulièrement tourné avec ce dernier. Il compte trois albums à son actif. Deux commis en compagnie de son band, le Monkey Beat ("Radio Mojo" en 93 et "Shake" en 95, sur Lucky 7), et un autre dont il partage la paternité avec Mike Morgan ("Let the dogs run", en 94, sur Black Top).

Alan Haynes nous vient d'Austin. A son actif, deux albums : "Seventh son", en 84 et "Wishing well", en 94, sur Focus. A l'écoute du premier et merveilleux titre, "Too poor to die" de Louisiana Red, cette association laisse augurer de grandes choses. Cette réunion sur les mêmes planches d'une guitare et d'une slide rappelle d'ailleurs ainsi par instants, le Fleetwood Mac de la grande époque. Autrement dit celle de Jeremy Spencer et de Peter Green. Mais tout le répertoire n'est pas à cette trempe. D'autres ombres planent sur cet opus. Et ce n'est guère surprenant, lorsqu'on sait que nous sommes au Texas. Elles appartiennent au tandem Johnny Winter/Rick Derringer!

En effet, Alan Haynes chante le "Knockin' at your door" d'Eddie Taylor à la manière de l'albinos de Beaumont, TX. Et même si ce n'est pas du plus haut niveau, il faut confesser que l'énergie libérée n'est pas banale. Le Blue Cat devait ressembler à une sacrée bouilloire cette nuit d'hiver 1998. L'approche des soli sans slide d'Alan et de Jim est cependant plus classique, plus mesurée, à l'instar d' "I wonder why", de Freddie King. Blues rock lent que les rockers affectionnent, "Down and out in Texas" obéit à une rythmique, sans légèreté aucune. "Oh my baby's gone", de Ray Sharpe, est mené tambour battant, alors qu'en finale, Jim Suhler revêt la tenue de Jimi Hendrix, pour recréer "Are you experienced". La légende de Jimi n'est pas prête de s'éteindre.