Un dixième album studio pour Idlewild

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La vision de l’art prônée par Superchunk…

Superchunk sortira son nouvel album, « Songs in the Key of Yikes », ce 22 août. En attendant, il a partagé le single, « Is It Making You Feel Something ». ‘Il a toujours été vrai que tout le monde traverse quelque chose dont on n'est pas forcément conscient’,…

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Kent (Sweden)

Hagnesta hill

Avant d'entrer en studio, pour enregistrer son quatrième album, la formation suédoise disposait de 38 nouvelles chansons. Elle n'en a cependant retenu que treize pour figurer sur ce " Hagnesta hill ". Il faut donc supposer que ce sont les meilleures. C'est en tout cas une certitude pour le single " Music non stop ", titre que vous avez certainement déjà eu l'occasion d'écouter ou d'entendre sur l'une ou l'autre station radiophonique. Ou pour les standards de britpop/rock électriques, mélodiques et hymniques tels que " The king is dead ", " Rollecoaster " ou " Revolt III ". Des morceaux, il est vrai, aussi percutants que ceux qui figuraient déjà sur le précédent opus, " Isola ". Une œuvre qui bénéficiait déjà du concours de Zed à la production et au mixing. Et si le reste du disque se révèle aussi intéressant, il se démarque davantage du carcan Radiohead/House of Love au sein duquel bon nombre de détracteurs les avaient déjà enfermés. Plus rock que pop, ces compositions épousent même parfois un profil progressif. Tracé voici près de trente ans par Peter Gabriel, lorsqu'il officiait encore au sein de Genesis. A l'instar de " Heavenly junkies " ou de " Stay with me ". Ou encore éveillent, à travers l'irrésistible " Just like money ", le souvenir de classiques de la fin des seventies, tels que " Rebel rebel " et " Jean genie " de Bowie ou encore " My sharona " du météorique Knack. Enfin, si " Stay with me " se veut aussi tendre qu'une ballade de Travis, " Stop me june (little ego) ", nous précipite dans un univers atmosphérique lancinant, légèrement cuivré, proche d'un David Sylvian qui aurait eu la bonne idée de faire un boeuf avec l'ex trompettiste de James. Un James dont on retrouve, d'ailleurs, certaines intonations sur " Just like money ". Probablement un des albums de l'année...

 

The Killer Blues Band

Mighty River

Écrit par

Blues Leaf est un de ces petits labels indépendants qui font la richesse du blues aux Etats-Unis. Ils a notamment édité, au cours de ces dernières années, d'excellents albums de Steve Guyger, avec ou sans Paul Oscher, de Janiva Magness, ainsi que de Steve Bailey & the Blue Flames! Le Killer Blues Band est un trio du New Jersey qui mêle blues et jazz. A ce jour, il ne comptait que l'album "Blue Trio", à son actif. Né de la rencontre entre le violoniste Perry Leandro et du claviériste Dave Lewis (NDR : plus particulièrement préposé à l'orgue Hammond !), il n'a été rejoint par le bassiste Frankie Hrycenko qu'en octobre 1994. Cette combinaison est idéale pour imprimer des tempos jazzy.

Dès l'ouverture, "The mighy river", le violon virevolte devant le B3. Cet instrument est peu pratiqué dans le domaine du blues. Seuls Don Sugarcane Harris et Clarence "Gatemouth" Brown ont d'ailleurs acquis une réputation internationale. Dave Lewis est un dingue de Jimmy Smith et de Jimmy McGriff. Son jeu de clavier en est la plus belle illustration. Ce flirt entre violon et orgue est la véritable ligne de conduite du Killer. Il irradie sur les thèmes instrumentaux, comme le "Don & Dewey" qui faisait la fierté du It's A beautiful Day" de David La Flamme. Les compositions de Leandro sont divertissantes. A l'instar de "Ring on your finger" et de "Soul 69". Blues lents, "Since I've seen the sun" et "Wicked bad feeling" leur collent bien à la peau. Perry n'hésite pas à triturer le son du violon, à l'aide de la pédale wah-wah, sur "Hang my head and cry". Il empoigne même une guitare sur "Bluestone lane". Et cet opus nous entraîne jusqu'à la Nouvelle Orléans pour fêter "Hard cold cash".

 

Junior Kimbrough

Meet me in the City

Écrit par

Junior nous a quitté en janvier 1998, il avait 67 ans, il était avec R.L Burnside, le meilleur des représentants de juke joint blues, un style pratiqué dans les collines du Nord du Mississippi et popularisé par les productions du label Fat Possum. Si cet album posthume puise chez diverses sources, les faces enregistrées chez lui, sont antérieures à sa première production chez Fat Possum en 92.

Sur ces quatre plages, Junior joue sans aucun doute au milieu de sa famille. Les bandes de l'enregistreur défilent. Il chante et joue dans son petit monde, pendant que ses proches bavardent sans répit. Une curiosité à coup sûr! Car Junior vivait son blues, il ne voulait interpréter que son propre blues, le plus souvent imaginé au moment de le chanter. Comme certainement "Done got old" et "Lonesome road", extraits de leur microcosme avec un bruit de fond assez assourdissant. Trois plages ont été enregistrées au Sunflower Blues Festival de Clarksdale en 93, avec son fils, Kenny Malone, à la batterie, et celui de R.L, Gary Burnside, à la basse. Il chante son "chez moi", "Junior's place" est flanqué de sa guitare au style si saisissable. Et c'est de fort belle humeur qu'il attaque "I feel alright". Quant à la finale, "Nobody but you", qui prolonge ses rythmes hypnotiques avec des cordes un rien plus allumées, elle a été concoctée dans son patelin de Holly Springs. Junior Kimbrough, assurément le prince d'un style ! Replongez-vous dans les quatre autres albums parus sur Fat Possum...

 

BB King

Makin love is good for you

Écrit par

Rien ne ressemble plus à un album de BB King qu'un autre album de BB. Mais que voulez-vous reprocher à un artiste qui a tant donné pour la musique qu'il vit ? Surtout lorsque la formule est gagnante. L'excellente version, pleine de sensibilité, du "Since I fell for you" de Buddy Johnson, est taillée sur mesure pour le King. Le répertoire est classique. Entre les mains de BB, toutes les compositions choisies font mouche. Sa voix est chaude. Les cuivres et l'orgue remplissent le tapis sonore ; et enfin, toutes les sorties de Lucille osent de petites phrases parfaitement ciselées. On y rencontre également quelques reprises de qualité, qui ont reçu le traitement maison. Notamment la version très swing du "Monday woman", de Willie Mabon. La plage titulaire, dont la prescription salutaire a été rédigée par Tony Joe White. Sans oublier "Don't go no farther" de Willie Dixon et "I'm the wrong business" d'A.C Reed, qui passent la rampe avec une limpidité, une cohésion et une facilité déconcertantes. N'est pas King qui veut!! L'opus recèle, en outre, plusieurs compositions de BB. Un "Ain't nobody like my baby" qui lui va comme un gant. "Actions speak louder than words" sculpté dans un R&B aux riffs de cuivres légers et dévastateurs. Ou encore le nerveux " You're on top ", lorsque Lucille devient insatiable. A moins qu'il n'arbore cette nonchalance naturelle. A l'instar de "She's my baby". Un don des dieux à coup sûr. Voici un album classique, bien entendu, mais tellement bon. Vive le King!

 

Chris Thomas King

Me, my guitar and the blues

Écrit par

Chris est né en Louisiane, à Baton Rouge très exactement, en 1964. Il est le fils du célèbre Tabby, patron du Tabby's Blues Box. Il n'a que 22 ans lorsqu'il signe son 1er album "The beginning" (Arhoolie), sur lequel il joue de tous les instruments. Deux opus pour Hightone suivront, "Cry of the prophets" en 90, et "Simple" en 92. Il émigre ensuite en Europe ensuite et se fixe au Danemark, où il signe "21st Century blues - From Da hood" sur Private Music. Un disque qui mêle blues et rap! Depuis 96, il est revenu dans sa Louisiane natale. Il y a sorti un album de R&B, "Chris Thomas King" sur Scotti Bros et enfin "Red Mud", en 98 sur Black Top.

Le fiston à Tabby a fait son chemin. Il reste ici un bluesman très proche de ses racines du Sud des USA. A l'instar de son tout premier, cet album a été réalisé seul. Il chante, joue de tous les instruments, produit et compose à l'exception de deux covers célèbres, "Born under a bad sign", popularisé par Albert King, et "Stones in my passway", de Robert Johnson. Voilà donc Chris à la batterie, à la basse, à l'harmonica et bien entendu aux guitares, acoustique et électrique. Une atmosphère relax, reposée, plane sur cet album. Elle est tout particulièrement roots sur "Like father, like son". "Tel père, tel fils" ! Ce qui n'est guère étonnant pour la famille Thomas. Chris joue de manière délicate du bottleneck sur sa Martin steel. Très soucieux et respectueux de l'héritage qu'il a reçu, c'est un plaisir des oreilles d'ouïr "Superstitious blues". C'est sur le mode électrique qu'il s'attaque à "Born under a bad sign", avec quelques phrases "rapées". "Stay just as you are" est une ballade pop douce qui aurait pu être chantée par les Bee Gees. La plage titulaire est aussi une bien jolie ballade bluesy. Chris nous emmène sur la route de la Nouvelle Orleans, dans le vieux Carré Français, avec l'excellent blues contemporain, "Bourbon street blues". Et lorsqu'il se retire sur une plage soul pop, un tantinet sirupeuse, c'est pour confier "You are my heaven".

 

Kittie

Spit

Du pornocore pur et dur pour ce quartette de nanas canadien qui fait plus de bruit que Babes In Toyland, tout en se réclamant de Limp Bizkit, Korn et de Coal Chamber. Mais là où le trio féminin de Minneapolis manie l'humour avec une auto dérision préméditée, Kittie se contente de déblatérer sur le sexe. Ou le cul, si vous préférez. Si à premier abord, la démarche peut paraître marrante, après trois morceaux, on commence franchement à se lasser. Et pas seulement à cause des lyrics. Leur musique se révélant lourde, très lourde, aussi lourde qu'un garanti sans viande qu'on avale par nécessité, non pas culinaire mais alimentaire, lors d'un festival...

 

Kletka Red

Hybrid

Leonid Soybelman adore les paradoxes. Il est Juif, chante en russe et parfois en hébreu (notamment sur son précédent opus). Il réside à Berlin où il a monté un groupe cosmopolite constitué de l'ex guitariste du groupe batave The Ex, Andy Moore, et du drummer Tony Buck, globe trotter qui a sévi tout un temps au sein de la formation nippone Ground Zero. Un trio rejoint depuis peu par l'excellent bassiste Joe Williamson. En outre, le titre du deuxième album de Kletka Red correspond tout à fait à la nature de la musique du disque. Puisqu'elle est vraiment hybride. Pas dans le sens d'un quelconque mélange entre la technologie moderne et l'instrumentation traditionnelle. Mais plutôt au niveau de l'inspiration, que Leonid puise aussi bien dans le punk intello de Wire, furieux et capricieux de Fugazi, du jazz moderne (Coltrane ?), que de la musique traditionnelle grecque ou slave dont il s'imprègne surtout de la fibre hymnique. Etonnant !

 

Sy Klopps

Berkeley soul

Écrit par

Revoilà l'énigmatique Sy Klopps. Un musicien de San Francisco, autrefois proche de Steve Miller et des musiciens de Journey. Sy s'appelle, en réalité, Herbie Herbert. Un ancien manager de rock'n'roll, devenu Klopps à la suite d'un gag. En fait, il a bénéficié d'un maximum de pub avant d'avoir joué la moindre note. Une anecdote qui remonte à 1986. Il faudra cependant attendre 1993 pour voir l'arrivée d'un 1er album "Walter Ego", attribué au Sy Klopps Blues Band. Un 2ème elpee, "Old blue eye is back" suit en 97.

Sy aime le blues, mais surtout lorsqu'il est teinté de cuivres. Il nous propose ici du R&B soft, largement coloré de soul, qu'il interprète entouré d'un big band au grand complet. L'ennui, c'est qu'il ne possède ni la voix, ni la puissance, nécessaires pour aborder le style. Quand il attaque "Running blue" de Bo Scaggs, il entre dans un univers cuivré, dirigé par le saxophoniste harmoniciste Michael Peloquin. A charge d'Herman Eberitzsch de bien dresser le décor, à l'aide de son orgue. Sans quoi, sa voix fine et veloutée, est capable de l'entraîner dans les milieux soul blue. Comme lors de la reprise de "Wherever I lay my hat" de Marvin Gaye , fouettée par la guitare un tantinet hard de Ralph Woodson ; et sur "You gotta move" de Sam Cooke. Peloquin passe à l'harmonica sur "Cryin' for my baby". Un blues bien musclé sur fond de cuivres bien soudés. "The rock" est une jolie ballade, aux accents country rock. Les Eagles auraient pu le chanter. "Living in the house of blues" sonne bien plus blues, mais la guitare reste bien étrangère aux repères de cette musique. Un album assez mitigé, dont l'intérêt n'est certes pas vital.

 

Mark Knopfler

Sailing to Philadelphia

Écrit par

Mark Knopfler a beau être un des guitaristes les plus doués de la planète rock, sa musique n'a guère évolué en un quart de siècle. Que ce soit flanqué de Dire Straits ou en solo, il a toujours dispensé le même pub rock tranquille, plein de finesse et d'élégance. Mais à force de reproduire ses compositions dans un même moule, il a fini par lasser. Et au fil du temps, son univers sonore est devenu soporifique. Pour enregistrer " Sailing to Philadelphia ", il a bien reçu le concours de son bras droit, Guy Fletcher, de quelques musiciens de studio et puis de l'un ou l'autre invité de marque, tels Van Morrison ou James Taylor. Mais la présence de ces multiples collaborateurs n'a eu aucune incidence sur le résultat final. Le genre de disque à offrir à votre arrière grand-père, s'il n'est pas resté un inconditionnel de l'accordéon…

 

Alexis Korner

Musically rich… and famous

Écrit par

Alexis Korner nous a quittés voici juste vingt ans. Et il mérite à coup sûr l'étiquette de père du blues anglais. Flanqué de son ami Cyril Davies, il jouait le blues fin des années 50, à Londres. En 1962, il fondait la véritable première formation de blues anglais : le Blues Incorporated. Dans toute bonne discothèque blues, doit figurer un témoignage de cette époque glorieuse ; et je pense tout particulièrement au célèbre "R&B from the Marquee". Ce double album constitue également un document très intéressant pour illustrer la 2ème partie de la vie musicale d'Alexis. Sous-titré "Alexis Korner Anthology 1967 – 1982", il résume en plus de deux heures, quinze années d'aventures musicales diverses. Car cet artiste ne se focalisait pas sur un seul genre ; il développait sans cesse de nouvelles expériences. Il était également devenu un découvreur de talents, offrant même leur chance à bon nombre de musiciens anglais. C'est à ce titre que l'album est très recommandé.

La présentation de chaque plage serait fastidieuse, mais il est bon de savoir que l’histoire de cet elpee débute en novembre 1967, par un très beau "Corina, Corina". Alexis se réserve le chant et la guitare. Il y est uniquement accompagné par Victor Brox, figure de proue de l'Aynsley Dunbar Retaliation, au chant, au piano et au cornet. En septembre 1968, il opère sous la forme d’un trio pour attaquer "Operator" et "Steel away". Robert Plant est au chant et à l’harmonica, Steve Miller aux claviers. Cet épisode s’est produit quelques jours avant que Plant ne rejoigne les Yardbirds qui allaient devenir Led Zeppelin. Alexis appréciait les artistes en herbe. Et en particulier le Free, une formation drivée par le chanteur Paul Rogers et le bassiste Andy Fraser. En septembre 69, ils se réunissent en compagnie du groupe New Church, pour interpréter plusieurs plages dont "Mighty mighty Spade and Whitey". Ils reçoivent, en outre, le concours du guitariste danois Pete Thorup et d’une armée de cuivres, reflet de la scène jazz anglaise particulièrement dynamique d'alors. En 71, on le retrouve aux côtés de Zoot Money, une célébrité de la scène R&B locale, pour chanter "Lo and behold". L’intéressant "One scotch, one bourbon, one beer" date de 72. Mel Collins, Boz Burrell et Ian Wallace, musiciens qui sévissaient alors chez King Crimson, sont de la partie. Il chante en compagnie du regretté et talentueux Steve Marriott (Humble Pie), "I don't know". "Oo-Whee baby" est un rockin' blues allègre soutenu par le piano de Tim Hinkley, les cordes de son fidèle Pete Thorup et le sax de Mel Collins. Soutenu par un front de cuivres, il se révèle très swing tout au long de "Captain America". Mais aussi très roots, pour échanger un duo avec l'harmoniciste Duster Bennett, en juillet 73, sur "Vicksburg Blues".

Le second CD s’ouvre par une adaptation du "Get off my cloud" des Rolling Stones. Nous sommes en septembre 74. Keith Richard, Steve Marriott, Peter Frampton et Nicky Hopkins sont de la fête. Excusez du peu ! Un document, c’est une certitude ! En 75, il chante le "Spoonful" de Willie Dixon, en solo. Seul, face au public allemand de Mayence. Il y démontre qu'il est incontestablement un vrai bluesman. Flanqué de Thorup, il chante avec le funky "You got the power", un fragment sur lequel Dick Morrissey (ex-If) se réserve le sax ténor. En 77, il chante en solitaire une autre cover des Rolling Stones, "Honky Tonk woman". Un nouveau témoignage historique remonte à 1978 : "Hey pretty mama". Chris Farlowe chante. Eric Clapton partage les guitares avec Alexis. Zoot Money se réserve le piano et le jazzman John Surman se consacre au sax baryton. En 1979, il s'assied derrière le piano pour chanter avec émotion le "How long blues" de Leroy Carr. L'année suivante, il s'attaque à "Got my mojo working" épaulé par son fidèle et talentueux bassiste, Colin Hodgkinson. Les dernières plages datent de juin 1982 et ont été réalisées en duo avec Colin, dont les deux célèbres "Big boss man" et "High heeled sneakers". Désormais malade, Alexis devait s'éteindre le 1er janvier 1984, à l'âge de 55 ans. Il avait été sa vie durant un musicien ouvert et productif. Il restera celui qui mérite incontestablement le titre de père du blues européen. Que les amateurs de blues reconnaissent que ce mouvement, essentiellement productif dans les années 60, a sans doute permis au blues de retrouver un vaste public et aux vrais créateurs du blues, d'un peu mieux vivre de leur musique.

 

Koufax

I had to do with love

Écrit par

Ce qui frappe d'abord chez ce quintette de LA, c'est le rôle prépondérant joué par les deux claviéristes. Dont l'équipement leur permet de glisser de l'orgue au moog en passant par le piano et le synthé. Une formule qui donne un petit côté progressif au fruité de leur pop mélodique, contagieuse. Un peu comme si la formation avait un pied dans le monde de Supertramp, l'autre dans celui de Ben Folds Five, et la tête dans la new wave du début des eighties. Et en particulier celle des Squeeze, Nick Lowe, Elvis Costello, Joe Jackson, Cars et consorts. Encore que côté vocal, Robert Suchan affiche un timbre aussi nasonnant, torturé que celui de John Mac Crea (Cake). Mais cette musique n'offrirait pas toutes ces caractéristiques, si elle ne bénéficiait pas d'un axe guitare/basse/batterie particulièrement solide et surtout performant. Produit par l'ex Pulsars, Dave Trumfio, et ponctué par le remarquable " Over it ", sorte de rencontre survitaminée entre Kraftwerk et Gary Newman, "It had to do with love" apporte un bon coup de fraîcheur à la scène pop contemporaine…

 

Lenny Kravitz

Greatest hits

Écrit par

Déjà que son dernier opus n'était guère brillant; mais nous faire patienter près de trois ans pour nous gratifier d'une compile aussi banale relève de l'indécence, et ne redorera certainement pas le blazon de Kravitz. Il y a bien, sur ce disque, les inévitables " Are you gonna go my way ", " Rock and roll is dead ", " Mr Cab driver ", la cover du Guess who, " American woman " et un malheureux inédit, "Again". Mais pour pour le reste, insipidité et complaisance n'ont jamais fait aussi bon ménage. Autrement dit, ce " Greatest hits " est une belle opération de marketing. Rien de plus !

 

Joan of Arc

The Gap

Écrit par

Nick Drake meet Autechre! Entre recherche bruitiste électronique ou plus traditionnellement rock (batterie, basse, guitare), Joan Of Arc a réussi l'improbable pari de marier, avec beaucoup de bonheur, deux formes d'expression musicale à priori aussi opposées que Dave…et Sepultura. Imaginez une bande de troublions tombés dans la soupe Warp, venus hacker les bandes master d'un type bien tranquille, équipé d'une gratte sèche, entouré de chœurs féminins doucereux, suspendu aux cordes ‘godspediennes’, et responsable de mélodies directement puisées chez The Sea and Cake; d'un trio rock caractérisé par l'utilisation presque gênée de leurs instruments. Car ils ne jouent pas, ils laissent tomber presque par hasard des notes. Et comme si de rien n'était, tout ce monde cohabite, se fond, s'intègre sans qu'aucun soliste ne tire la couverture. De quoi laisser rêveur… Alors là, je dis bravo ! Une perle.

 

Johnny Jones & Charles Walker

In the house

Écrit par

Ces deux vieux fusils de Nashville sont ici réunis pour la bonne cause du blues. Deux hommes noirs qui se connaissent depuis 1959. Johnny a longtemps été le guitariste attitré de Bobby "Blue" Bland. Il a aussi participé à de nombreuses sessions pour son concitoyen Earl Gaines. Il existe aujourd'hui un solide regain pour le blues à Nashville, alors que la Music City est surtout réputée pour la country. D'ailleurs, dans l'excellente série, "Blues Across America", du label Cannonball, Jones et Walker sont bien présents sur le volume "The Nashville Scene". Jones a déjà sorti l'album "I was raised on the blues", sur Black Magic, suite à son passage à la célèbre Blues Estafette d'Utrecht. Charles Walker a commis tout récemment "Leavin' this old town", un opus paru sur Cannonball. L'une des lumières du Nashville blues contemporain, c'est indubitablement le chanteur, guitariste, compositeur et producteur Fred James. Il est bien évidemment derrière ce projet de réunion entre Jones et Walker, organisée live en novembre 1999, lors du Lucerne Blues Festival. Notons que c'est le groupe de James qui assure ici le backing.

Jones chante les deux 1ères plages, "Can't do that" et "The drifter". La voix claire, magique, soul, pure de Charles Walker irradie le lent "Slave to love". Billy Earheart siège derrière l'orgue Hammond pendant que Jones donne une leçon d'efficacité aux cordes. Ce "Slave to love" était également le 1er titre que nos deux gars avaient interprété ensemble, voici plus de 40 ans. La sérénité de l'ensemble se retrouve sur l'instrumental "Finger lickin'". Deux titres de Charles Walker, issus de "Blues across America", sont ici repris live: "They all look better in green" et "99 000 Watts of soul power". Jones nous imprègne de son blues si personnel et tout en feeling tout au long de "Can I get an Amen". Il est difficile de succomber à une voix plutôt qu'à une autre, tant les deux chanteurs possèdent des timbres ciselés pour le blues ; mais le prix de la pureté ira sans doute à "Wigg" Walker pour son interprétation de "Storming and raining blues". Parce que son timbre y épouse à merveille la section rythmique. Sur les 3 dernières plages, Fred James et Mary-Ann Brandon viennent assurer les chœurs. Une collaboration qui devient même magique lors de la finale "Nothing a young girl can do", un R&B écrit par Don Covay. Une bonne et solide tranche de blues !

 

JW-Jones

Defibrillatin

Écrit par

Après Monster Mike Welsh, Joni Lang, Kenny Wayne Shepherd et Sean Costello, voici JW Jones. De très jeunes guitaristes qui s'intéressent curieusement au blues. Josh Wynne-Jones est à peine âgé de 20 ans. Il est canadien, d'Ottawa très exactement, et semble déjà avoir tapé dans l'oreille de Rick Holmsdtrom, d'Alex Schultz, d' Otis Grand et d'Anson Funderburgh. Excusez du peu! Le Jones Blues Band est apparu en 1998. Josh n'est pas le seul soliste. Il partage ce rôle avec ‘Southside’ Steve Marriner, un harmoniciste de 16 ans, et le pianiste Pierre Chretien.

L'album démarre sur les chapeaux de roues par un "Too many times" abordé dans un style west Coast tout à fait pur. JW trace sa route entre Rick Holmstrom et Hollywood Fats. Le son est sale à souhait. Le piano de Pierre rocke comme un fou à l'arrière, pendant que Mathan Morris et Steve Hiscox assurent le rythme. Southside Steve effectue une entrée remarquée à l'harmo, en sonnant très Piazza. Les Mighty Flyers sont vraiment proches ; et vous le savez, cette formation n'est pas la plus facile à copier. Le très jeune Marriner confirme sur "Sittin' here waiting". Le souffle est puissant, les interventions d'excellente facture. La plage titulaire est instrumentale. Pierre est passé à l'orgue. JW ouvre son livre d'or à la page Albert Collins. Le temps de respirer un bon coup et il entame sa récitation. Chrétien se fait Jimmy Smith, colorant l'arrière-scène de jazz. Sur "One night stand", JW nous prouve deux choses. Une bonne et une mauvaise. La bonne, c'est qu'il a bien synthétisé la technique californienne. Celle d'Alex Schultz en particulier. La mauvaise, c'est qu'il n'est qu'un piètre vocaliste. "Batyology" est une nouvelle pièce instrumentale qui swingue dans un style purement jazz. "Dizzy spell" est un jeu vertigineux. Pour le blues lent "Waitin' around", Southside Steve est passé à l'instrument chromatique, histoire de tendre également l'oreille au maître des 1ers de la classe, Mr George Smith. "Trying so hard" nous rapproche du SouthSide Blues de Chicago, même si le rythme est nappé de sauce moderne. En finale, "Studio Out-takes" est découpé sous la forme d'un petit pot-pourri. Le groupe de JW Jones a du potentiel. Il peut encore évoluer, c'est une certitude. Mais cette évolution passera par l'amélioration des parties vocales.

 

June Of 44

In the fishtank

Six titres sur le mini album de June of 44, formation qui cherche à combiner le rock aventureux, le jazz expérimental et l'ambient évanescente. Six titres exclusivement instrumentaux qui naviguent à la croisée des chemins de Tortoise, Tangerine Dream et de Trans Am...

 

Bleu Jackson

Feel that thrill

Écrit par

Bleu est chanteur, guitariste et compositeur. Il crèche à Johnson City, dans l'Est du Tennessee. Il a écrit pour Johnny Winter, Sonny Burgess et Sam Lay. La série "Good whiskey blues" de Taxim nous avait permis de le découvrir. Et notamment sur "Gone this time", "Tennessee tango" et "Blue Highway". Sorti en 1995 sur Taxim, ce dernier opus avait d'ailleurs été enregistré en compagnie de Billy C. Farlowe. Il est ici secondé de la célèbre bande à Freddie James, un autre illustre pensionnaire de Nashville, Tennessee.

La voix chaude et graveleuse de Bleu nous entraîne dans "I gotta leave this rown". Les accents basiques et dramatiques du blues nous annoncent "Got that feeling", théâtre d'escarmouches entre les cordes de Bleu et de Fred, avec une slide tranchante, mordante. Le prix de la mélodie ; une bonne louche de sirop à la clef est remporté par "I believe in your love" Serrez bien votre partenaire! Réaliste, efficace et réconfortant! La sonorité est plus roots, sans amplification, sur "Back into the blues". Même ambiance, mais avec l'électricité raccordée au dobro, pour "Where have you been so long?". Et toujours un bon bottleneck pour présider l'ambiance sereine de "Bedrock bottom". Le climat est assez sudiste sur "I need you". L'orgue Hammond donne son parfum. La voix assurée de Bleu porte cette plage très laidback. Même scénario pour "Bringin' the blues to you", avec une intensité plus dramatique! L'empreinte de Fred James est totale sur "Feel that thrill". C'est le frisson électrique qui assomme ! J'aime beaucoup cet album qui se termine par "500% more man" de Bo Diddley, une composition qui emprunte le célèbre riff d'"I'm a man". La musique est sans prétention mais bien ficelée. L'ennui, c'est que Fred James, le producteur, a une très sérieuse tendance a faire sonner tout musicien comme ... Fred James...

 

Steve James

Boom chang

Écrit par

Originaire de New York, ce bluesman est basé au Texas depuis 1977. Il est surtout connu pour son blues largement acoustique. Je lui connaissais 4 albums dont l'excellent "Art & grit" en 96 et "Two track mind" en 97, sortis sur Antones. Pour enregistrer ce nouvel album, il s'est entouré d'une brochette de musiciens venus d'univers bien différents. Certains sont largement connus comme le guitariste/mandoliniste Alvin Youngblood Hart et l'harmoniciste Gary Primich. D'autres beaucoup moins. Notamment le bassiste Mark Rubin ou Cindy Cashdollar d'Asleep At the Wheel, au dobro et à la guitare hawaïenne.

Steve respire le blues pur. On s'en rend compte dès les premières notes de "Galway station blues". Il joue superbement de la slide, comme le démontre l'instrumental "The Gina reel". La majeure partie de l'œuvre exhale une certaine quiétude. Faut dire que la musique de James évolue bien dans l'esprit du country blues. Et dans le style, j'aime "Country fool" de Bo Carter et "Saturday night in jail", abordée sous la formule du jug band. Avec slide, mandoline, guitare hawaïenne, harmonica et le tuba de Mark Rubin (des Bad Livers) qui trace les lignes de basse. Plus agressif, "Sonny Payne" est chanté de manière autoritaire, alors que l'harmonica de Primich ne tient plus en place. De bonne facture, cet album plaira à ceux qui aiment Furry Lewis, Mississippi John Hurt, Bukka White, Skip James ou Son House.

 

JJ72

JJ72

Écrit par

Si vous aimez la britpop, et en particulier Radiohead, Muse et Coldplay, vous ne pouvez passer à côté du premier album de JJ72. Un trio irlandais qui possède, bien évidemment, un excellent chanteur : Mark Greaney, dont le timbre est capable d'osciller du rugissement le plus furieux, le plus guttural, au falsetto le plus pur, le plus angélique. Dans cette voix, il y a un peu de Thom Yorke, de Jeff Buckley, de Feargal Sharkey, d'Andrew Montgomery (Geneva) et de Matthew Bellamy. Excusez du peu ! Il joue aussi de la guitare. Acoustique ou électrique. Du bout des doigts, il est ainsi capable de sculpter des accords tellement fragiles, tellement délicats, qu'ils parviennent à se fondre dans les orchestrations de cordes. Mais aussi et surtout de libérer une intensité émotionnelle âpre, dévastatrice, infernale, en s'appuyant, il est vrai, sur le drumming opulent, explosif de Fergal Matthews. A charge de Hilary Wood de ramener tout ce beau monde sur terre, à l'aide de ses accès de basse glacées, joydivisionesques. Un véritable cocktail d'innocence, d'instinct et de sauvagerie qui palpite avec passion, colère et désespoir au cœur de mélopées versatiles, torturées par la poésie post adolescente de Mark. Et pour être complet, sachez que la production a été assurée par Ian Caple, personnage qui avait notamment travaillé sur l'album " Pe-Millennium Tension " de Tricky, en 1996.

 

Ink

Ink

Écrit par

Une basse ronflante, une batterie répétitive, des guitares discrètes mais acérées et une voix déclamée sur un ton relativement neutre constituent l'ossature des morceaux de cette plaque. S'il fallait classer Ink dans une catégorie, les possibilités seraient réduites. Post rock ? Rock délicat ? Une chose est sûre, on s'y énerve très peu. Tous les ingrédients d'une musique contemplative et rêveuse sont ici réunis. Les paysages traversés seraient à coup sûr désertiques. Ou alors jalonnés de rencontres décalées et toujours hors du commun. On cherchera l'originalité majeure dans l'utilisation judicieuse de cuivres qui colore l'ensemble d'une dimension de voyage, d'un éternel va-et-vient géographique. Je recommanderai donc cet opus à ceux qui ne se sont toujours pas remis du split de June of 44' et qui jugent Tarwater trop abyssal et hermétique.

 

Iron Maiden

Brave New World

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La sortie du douzième album studio d'Iron Maiden affole la terre entière ! Celui-ci marque le retour officiel du chanteur Bruce Dickinson, après sept ans d'absence, et un virage solidement pensé pour permettre à la vierge de fer de passer le cap de l'an 2000, comme si rien n'avait changé depuis le split de 1993. Car Blaze Bailey, malgré sa bonne volonté, n'est jamais parvenu à faire oublier le beau Bruce. Si " Brave new world " ne possède pas la force d'un " Number of the Beast ", il n'en demeure pas moins le meilleur effort de Maiden depuis " »Seventh Son of a Seventh son ". Alternant les titres ultra heavy (« Ghost of the Navigator », « The Mercenary ») et les longues plages épiques, parfois proches du rock prog si cher à Steve Harris (« The Nomad »), la nouvelle plaque bénéficie d'une production énorme qui renforce encore l'impact des quelques vrais classiques qui jalonnent ce ‘meilleur des mondes’. Et même si l'emblématique mascotte Eddie se fait de plus en plus discrète sur les artworks du groupe, l'objet bénéficie d'une somptueuse pochette cosignée par Derek Riggs, géniteur du plus populaire zombie de toute l'histoire du rock. Quant à Dickinson, dont le timbre vocal a influencé toute la nouvelle génération de la scène dite de ‘true métal’, on peut légitimement se poser la question de savoir s'il a déjà aussi bien chanté. Un retour avec panache, sur le plan artistique du moins, sans aucune contestation possible. Le british heavy métal, moribond dans les années 90, sort aujourd'hui la tête haute ! Qui oserait parier que Rob Halford ne rejoindra pas les ‘Gods of métal’ de Judas Priest dans les mois à venir ?