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Polvo

Exploded drawing

Bob Weston, compère de Steve Albini au sein de Shellac produit le quatrième album de cet ensemble new-yorkais (Chapell Hill). Ce qui explique sans doute pourquoi ce morceau de plastique risque de passer moins inaperçu. Et pourtant, la musique de Polvo vaut son pesant d'or expérimental. Si à première écoute, on a l'impression de retrouver les prémices de U2, donc du fameux elpee "Boy" ; au fil des écoutes, c'est plutôt du côté de Wire, Captain Beefheart et Television qu'il faut lorgner. Et là, ce sont des références! Maintenant, n'imaginez surtout pas que cet ensemble yankee se contente de revitaliser ce prestigieux passé; vous vous berceriez de douces illusions. En fait, tout comme Archers of Loaf et Superchunk, il affronte un punk pop sans doute mélodique, certainement teinté d'exotisme, très branché sur l'électricité des guitares (deux!), mais surtout découpé dans des rythmes très versatiles, tantôt lents, obsédants ou rapides, lorsqu’ils ne sont pas déchiquetés à la manière du légendaire et défunt Pixies...

 

Popsicle

Popsicle

Ce quartet suédois manifeste une grande admiration pour l'œuvre de Neil Young, et en particulier pour l'album " Harvest ". Pourtant, on ne peut pas dire que Popsicle soit particulièrement inspiré par le célèbre Canadien. Peut-être dans le soin apporté aux arrangements. Confiés à un certain Pontus Olsson. Un illustre inconnu qui mériterait un tout autre statut, tant son concours a été d'une importance primordiale. Sans jamais dénaturer le feeling et le sens mélodique des compositions, il est parvenu à nous faire croire que Popsicle mériterait d'émarger à la scène britpop, à l'instar d'un Boo Radleys...

 

Prefab Sprout

Andromeda heights

Fondé voici bientôt près de 20 ans, Prefab Sprout est aujourd'hui bien loin du postcard jazzyfiant, chatoyant qu'il pratiquait à ses débuts. Et son nouvel album, on ne peut plus décevant, en est une parfaite illustration. Bien sûr, les mélodies sont toujours là. Douces, romantiques, pleines de tendresse. Mais côté arrangements instrumentaux, quelle catastrophe ! Et ce, nonobstant le concours de violons, clochettes, trompettes, percussions feutrées et autres guitares espagnoles. On voyage durant 47 minutes tantôt dans l'univers d'un Take That en pleine inspiration, tantôt dans le monde de Walt Disney, lorsqu'on ne transite pas par celui de Phil Collins, d'Helmut Lotti, voire de Dire Straits, dans les meilleurs moments. Résultat des courses, cet opus devrait faire un tabac, auprès des fidèles téléspectateurs du concours Eurovision...

 

The Presidents Of The United States Of America

II

Le deuxième album de Presidents of the USA n'a rien de révolutionnaire, mais nous ne partageons pas l'acharnement mis par la presse britannique à le dénigrer. D'accord, hormis le hit potentiel "Volcano", l'opus ne recèle aucune chanson immédiatement mémorisable, ni de cover de la trempe de "Kick out the jams" (MC5), de "Video killed the radio stars" (Bangles) ou de "ça plane pour moi" (Plastic Bertrand), mais toutes les compositions sont issues du même moule que le précédent elpee. Et puis, pour l'enregistrer, le trio a reçu le concours de Mark Sandman de Morphine. Ce qui n'est quand même pas négligeable. Enfin, ce morceau de plastique risque fort de faire vibrer toutes celles et tout ceux qui ne jurent que par le punk pop contagieux, simple, fun, efficace et mélodique; critères auxquels répond ce trio de joyeux drilles qui ont, en outre, le mérite de combler le chaînon manquant entre Cheap Trick et les Fleshtones...

 

Pridebowl

Where you put your trust

On assiste, pour l'instant, à une véritable invasion de groupes scandinaves, et suédois en particulier. Mais si la plupart d'entre eux s'essayent à la pop, d'autres, comme ce Pridebowl ne jure que par le punk. Et ce, à la limite du punkcore, voire metalcore. Véhiculant tous ces clichés caractéristiques: vocaux limites, vindicatifs, énergie débordante, texte engagés, rythmes échevelé et tout le saint tremblement. Honnêtement ce n'est peut-être pas mal fichu, mais pour l'originalité, faudra repasser!

 

Primal Scream

Vamishing point

L'ombre de l'ex-bassiste des Stone Roses, Mani, du drummer de Can, Jaki Libezeit ainsi que du guitariste de My Bloody Valentine, Kevin Shields, plane sur le nouvel album de Primal Scream. Mais curieusement, on ne trouve aucune mention de leur présence dans le booklet. Etonnant, lorsqu'on se rend compte de l'activité débordante dont ont fait preuve les trois lascars, tout au long des sessions d'enregistrement. Ce n'est cependant pas une raison pour éclipser le rôle de Bobby Gillepsie, leader de Primal Scream ; mais force est de reconnaître que sans la participation de collaborateurs d'exception, il n'aurait pu commettre un opus d'un tel calibre. Parce que ce " Vanishing Point " est un petit chef-d'œuvre. Dans un style luxuriant qui oscille du ‘sydbarretien’ " Burning wheel " à l'instrumental, filmique " Trainspotting ", en passant par le ‘nightclubbien’, fiévreux, " Get duffy ", le post punk ‘overdubbé’ (Killing Joke ?) " Kowalski ", sorti depuis en single, l'estival " Star ", le funkysant " If they move, kill 'em ", le clone des Stones, " Medication " et l'‘hawkwindien’ " Motörhead " (NDR : cherchez l'astuce !). Une musique dont le groove amphétaminé par le psychédélisme se révèle absolument exquis !

 

Prince

Emancipation

Pour inaugurer son arrivée chez EMI, Roger Nelson nous a gratifiés d'un un triple album. Evidemment, les détracteurs vont probablement imaginer qu'il s'agit de vieilles compositions remises au goût du jour et réunies pour les besoins d'une compilation. Nenni! Il s'agit bien de toutes nouvelles chansons. Trente six pour une durée totale de trois heures. Nous n'irons pas jusqu'à dire que cette générosité frise le remplissage, mais force est de reconnaître que sur ce disque la quantité nuit quelque peu à la qualité. Venons en d'abord au troisième morceau de plastique. Probablement le plus intéressant. Puisqu'il développe une incursion plus que réussie dans la techno. Les deux autres se tournent plus fondamentalement vers plus funk, et même r&b cuivré. Comme par exemple ce " We gets up " plus James Brown que nature. Sans oublier la panoplie de slows troubles, troublants, que nous aurions plutôt vus dans le répertoire d'un Barry White. Mais les compositions qui nous ont le plus bottées, sont bien sûr les plus audacieuses, telles que " Damned if eye I do " taillée dans une pop à la limite du glam, le hit potentiel " Friend, lover, sister, mother/wife ", et puis " Courtin'time " déchiré entre jazz, charleston et boogie. Un regret, mais il est de taille, les interventions beaucoup trop timorées, de l'artiste à la guitare. Sans quoi, les véritables aficionados y verront, sans doute, une volonté de revenir à une simplicité mélodique, de se remettre en question, et surtout d'échapper à des productions incolores, inodores et insipides au sein desquelles il s'enlisait de plus en plus dangereusement depuis quelques années. Ce n'est pas encore " Purple rain ", m'enfin on n’a pas le droit de se plaindre...

 

Pumblechook

Pumblechook

Ils sont six et nous viennent d'outre-Quiévrain. Jusque septembre 97, ils étaient dispersés entre Lille, Orléans et Paris. Aujourd'hui, seul le chanteur réside encore à l'extérieure de l'Ile de France. Un chanteur qui, soit dit en passant, est né à Dublin. Ce qui explique sans doute pourquoi les parties vocales sont exprimées dans un anglais parfait. En outre, son timbre vocal rappelle, quelque part Tom Barman. Le chanteur de dEUS. Un groupe auquel Pumblechook se rapproche le plus. Enfin dont la musique est la moins éloignée. A cause des mélodies, bourrées de charme imprévisible. Et puis de multiples influences qui surgissent un peu partout et aux moments les plus inattendus. On pense parfois à Red Hot -NDR : juste pour le fun(k) !-, à Spencer Davies Group, à Soapstone, à Captain Beefheart, à Eels et bien sûr à dEUS. Mais en tous cas cet opus éponyme et autoproduit nous a agréablement surpris. Avec en point d'orgue (NDR : hammond !), un " Tiptoeing ", que nous aurions facilement vu figurer dans les charts des singles indépendants britanniques, s'il n'y avait ce final un peu trop déstructuré. M'enfin, c'est un avis personnel. Ah oui, il y a également d'autres petites perles, telles que " Glass bubbles " et " The heptalump ", et puis une plage réservée à des percussions pseudo-africaines particulièrement réussies, " Mowgly lost & depressed ". Paraît que la formation l'avait enregistré pour se marrer. Là où en a moins envie de rigoler, et même franchement de pleurer, c'est lorsqu'on sait que cet ensemble n'a toujours pas réussi à trouver un distributeur...
 

 

Palace Music

Lost blues and other songs

Encore un nouvel album de Will Oldham! Enfin, pas tout à fait. Plutôt une compile partagée entre extraits de maxi-singles, faces B de singles, inédits et nouvelles versions de chansons plus anciennes; sans oublier la cover de Sally Timms, " Horses ", et puis cet " Untitled " sixtiesant, habilement liquéfié dans les claviers ouatés, argentés. Un recueil qui laisse une plus grande place à l'instrumentation rock. Basse, batterie et bien sûr guitare. A l'instar d'un Vic Chessnutt. C'est à dire capable de dispenser une intensité électrique aussi blanche que chez le Crazy Horse de Neil Young. Comme sur " Riding " et sur la seule reprise de l'elpee. Ou encore de déchirer l'âme d'un mélomane à l'aide de quelques accords de guitare sèche. Parce que l'inspiration demeure fondamentalement country/folk. Et pas seulement parce qu'on y retrouve régulièrement un banjo, un violon, un harmonica ou une steel guitar. Mais parce que les chansons ont été composées à l'aide d'une guitare acoustique. Une formule idéale pour ainsi permettre à la voix poussiéreuse, intimiste d'Old de vagabonder au sein du climat brumeux et mélancolique de son lost blues et de ses other songs...

 

Papas Fritas

Helioself

Il y a tellement de choses à raconter sur la musique de Papas Fritas que finalement on en oublierait presque l'essentiel. Son pouvoir rafraîchissant! Une musique dont l'harmonie, le rythme et la mélodie se conjuguent pour atteindre la pop parfaite. Psychédélisme circa " Magical mystery tour " des Beatles, minimalisme hypnotique propre à Stereolab, vivacité juvénile des B52's, enthousiasme sixtiesant des Beach Boys, fantaisie new wave de Spizz Energy sont des sources d'inspiration incontestables pour ce trio du Massachusetts. Il y en a d'autres, mais elles sont tellement nombreuses que les énumérer toutes deviendrait fastidieux. Et on en oublierait encore. Et en particulier lorsqu'on évoque leur deuxième album, " Heliosef ", dont le mixing a été réalisé dans les célèbres studios de Fort Apache par Paul Q Kolderie et Sean Slade (Hole, Dinosaur Jr, Buffalo Tom). Pas une surprise, mais une confirmation!

 

Paradise Lost

One second

Sixième album pour cet ensemble londonien extrêmement populaire chez les aficionados de cold wave, depuis l'effacement de Sisters Of Mercy et de Mission. Pour enregistrer " One second ", la formation a bénéficié du concours de Sank (Clawfinger, Misery Loves Co). Ce qui explique sans doute pourquoi les compositions, bien que sombres et tourmentées, parviennent à éviter le piège des clichés hymniques ; Paradise Loste inoculant même aux mélodies gothiques une sensibilité empruntée à Depeche Mode, une gravité de ton comparable à Litfiba et, au niveau des arrangements, un psychédélisme synthétique que nous n'avions plus rencontré depuis Danse Society...

 

Alan Parsons

Alan Parsons on air

De l'histoire de la conquête du ciel, Alan Parsons en a surtout retenu l'invention du ballon à air chaud des frères Montgolfier. Une impression renforcée par les superbes illustrations du ‘booklet’ de cet album. Malheureusement, le contenu n'est pas à la hauteur de l'emballage. Hormis "Cloudbreak", titre qui aurait pu figurer sur "The Wall" du Floyd, ainsi que "Too close to the sun" et "Blown by the wind", fragments qui devraient ravir les nostalgiques de la musique atmosphérique des seventies, le reste nous a franchement laissé sur notre faim. Pourtant, ce célèbre ingénieur du son a bénéficié, pour la confection de cet opus, de la participation de quelques grosses pointures ; et notamment de deux membres de son "Project" original. Mais tout ce qu'il parvient à concocter, c'est une surproduction de sonorités aussi stériles que celles que nous bassinaient, à une certaine époque, Kayak, Elton John ou même Police lorsqu'il était à l'agonie. A notre humble avis, Alan Parsons aurait tout intérêt à proposer ses services aux studios Walt Disney...

 

The Pastels

Illumination

Formé en 1982, le trio glaswegien reconnaissait, à l'origine, pour références majeures, TV Personalities, les Membranes et surtout le Velvet Underground. Au fil du temps, la formation a digéré ses influences pour devenir elle même prophète effacé de la vague noisy. Celle des Jesus & Mary Chain, Primal Scream, Vaselines, My Bloody Valentine et consorts. Aujourd'hui, les Pastels continuent de militer au sein de la zone crépusculaire de l'underground. En tournant le dos au temps et aux modes. Préférant cultiver une imagerie de la nostalgie, à l'aide d'une musique rafraîchissante, minimaliste, réduite à des accords de guitare fragiles, acidulés, des accès de basse sinusoïdaux et des drums ouatés, texture fantomatique au sein de laquelle se promène le vocal négligemment fendillé de Stephen. Une musique dont l'intensité émotionnelle permet au combo d'évoluer loin des couleurs criardes des succès aussi tapageurs qu'éphémères...

 

Pavement

Brighten the corners

Bien que fondé depuis 1989, ce quintette yankee compte, à ce jour, une foultitude de maxis et surtout cinq albums à son actif. Son cinquième, " Brighten the corners ", a été enregistré en Caroline du Nord, sous la houlette de Mitch Easter. Au " Piedmond triad ". C'est à dire dans le même studio où REM a concocté ses deux derniers opus... Pavement, c'est avant tout Stephen Malkmus et Scott " Spiral Stairs " Kannberg. Deux personnages responsables de l'essentiel des compositions. Textes et musique. Dont le lyrisme ésotérique autant qu'humoristique parvient à se fondre dans l'intelligence rampante des chansons volontairement déstructurées. En gravant cet opus, ces lords de la lo-fi, ces sultans de la flemme viennent encore de confirmer leur statut de groupe imprévisible. Que les mauvaises langues taxeront de chaînon manquant entre The Fall et les Pixies... quoique, à notre humble avis, cette métaphore ne soit Pavement négative...

 

The Offspring

Ixnay on the hombre

Ne vous fiez pas aux apparences. " Ixnay on the hombre " n'est pas le deuxième mais déjà le quatrième LP de ce quartet californien. Deux opus passés inaperçus ont en effet précédé le fameux " Smash " vendu à des millions d'exemplaires. Un succès qu'ils n'ont certainement pas bâti sur la qualité de leurs prestations scéniques. Leur set accordé au Pukkelpop de Hasselt l'an dernier et celui accordé à Torhout, il y a deux ans ne nous a d'ailleurs pas laissé un souvenir impérissable. Nous avons ainsi accueilli ce nouvel album avec une certaine appréhension, et d'inévitables préjugés. Qu'en est-il réellement? Offspring pratique toujours un punk-rock-hardcore-trash-grunge écorché par un vocal aigu, à la limite de l'agaçant. Il y a encore cette impression de 33 tours passé à la vitesse du 45. Deux fragments sortent quand même du lot: " The meaning of life " et " Gone away " Deux titres qui paraîtront certainement, tout prochainement, sous la forme de singles. Dommage que le reste ne soit pas de la même veine!

 

Octopus

From a to b

Il y a des lustres que nous n'avions plus contemplé de pochette aussi somptueuse. Si nos souvenirs sont exacts, c'était lors de la sortie en compact disc de l'œuvre d'Hawkwind. Vous voyez donc le topo! Pochette cartonnée faite d'une mosaïque de plans tentaculaires... Venons en quand même à l'album d'Octopus, un disque de britpop éclectique. Dont les compositions originellement électroniques, sont reproduites à l'aide d'une instrumentation conventionnelle. Une conception avant-gardiste qui lui a valu le titre de peintre de la nouvelle renaissance du pop, peintre capable de charger sa palette de couleurs musicales qui oscillent de Dexy's Midnight Runers à Funkadelic en passant par Kraftwerk, les Vapors, les Beach Boys, Bowie, les Beatles, Burt Bacharach, George Clinton, Throbbing Gristle, et Lightning Seeds. Tout ceci dans un esprit pop qui n'est pas sans rappeler les Kinks. Tout un programme!

 

Noir Désir

666.667 Club

Noir Désir est assurément devenu une des valeurs les plus sûres de la scène pop/rock hexagonale. Surtout depuis la sortie de " Tostaky ", il y a maintenant 4 ans. Un disque qui les a véritablement propulsés hors de leurs frontières, les plaçant sur orbite planétaire et entraînant une tournée historique, à guichets fermés, immortalisée par le double live " Dies Irae ". Après un break de quelques mois, juste le temps de faire le point, la formation girondine nous propose déjà son troisième album. " 666.667 Club ". Un opus brillant. A l'image du simple " Un jour en France ". Qui s'appuie sur des textes recherchés, profonds, que chacun peut interpréter à sa façon. Des lyrics qui traitent, souvent entre les lignes, des thèmes de la mort, de l'injustice, de l'amour, de la politique et notamment du danger que constitue l'extrême droite... le tout teinté d'une sensibilité musicale puissante, fort proche de l'album précédent ; car si guitares, basse et batterie se taillent la part du lion, l'expression sonore est enrichie tantôt d'un piano, d'un l'harmonica ou de cuivres. En un mot, splendide!

 

Oasis

Be here now

Non, " Be here now " n'est pas le meilleur elpee d'Oasis. Mais, comme le souligne si bien la presse insulaire, c'est un foutu bon album. Avec ses forces et ses faiblesses. Ce qui explique pourquoi, à notre humble avis, cet opus a peu de chances de figurer parmi les dix meilleurs de l'année. Une situation qui ne devrait cependant pas compromettre la vente de ce morceau de plastique, et surtout empêcher la formation de Manchester de trôner au faîte des charts pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. De décrocher une belle panoplie de disques de platine, à travers le monde (NDR : à leur échelle, l'or n'est plus que subsidiaire). Plus prosaïquement de se faire un maximum de fric (NDR : les frères Gallagher n'ont jamais caché leurs ambitions : devenir riches et célèbres !) Enfin, et heureusement, de combler leurs fidèles et nombreux aficionados...

Mais entrons dans le vif du sujet. Troisième album, " Be here now " a été enregistré à Londres dans les célèbres studios Abbey Road. Dans ces conditions, comment voulez-vous que l'ombre des Beatles ne plane pas sur cette œuvre ? Auparavant, ces références étaient encore relativement occultées. Ici, elles sont flagrantes. Vous avez, sans doute, déjà eu le loisir d'entendre, mieux d'écouter, le single, " D'you know what I mean ? ". Avec en intro la reproduction du décollage d'un avion, entrecoupé, comme sur le déjà classique " Planet Claire " des B52's, de signaux T.S.F. ; il épouse un profil mélodique fort proche de celui des Stones circa " Gimme shelter ". Mais sans jamais parvenir à en restituer la fascination maléfique. Faut dire qu'en y apportant un feedback réminiscent des Beatles, et d' " I feel fine " en particulier... " Magic pie " aurait pu devenir une très belle chanson, si elle n'avait pas été écrasée par une surproduction, franchement déprimante. Même qu'Oasis aurait pu se dispenser d'en rajouter une couche, en pastichant la cacophonie consommée sur le final de " Good morning good morning "... Encore heureux que les arrangements destinés à enrichir la texture des autres compositions ne soient pas aussi surchargés. On est d'ailleurs totalement rassurés à l'écoute du futur single, " Stand by me ", chanson sentimentale, facilement mémorisable, raffinée par une section de cordes digne d'ELO. Une impression qui s'amplifie au fil des neuf minutes de l'hymne " All around the world ". Pour finalement prendre une ampleur plus somptueuse, plus " philspectorienne " (NDR : Phil Spector était le célèbre producteur qui avait notamment remodelé " Let it be "). Et c'est encore plus manifeste sur " Don't go away " ! Si " I hope, I think, I know " éprouve quelques difficultés à s'extraire de ses clichés et que le lymphatique, légèrement countryfié " The girl in the dirty shirt " passe totalement inaperçu, la suite vaut son pesant de platine (NDR : non, non, pas d'or !). " Fade in out ", par exemple. Tantôt sculptée dans les sonorités semi acoustiques (Fleetwood Mac sous son profil " Albatross " ?), tantôt floydiennes (Meddle ? Dark side of the moon ?), cette superbe composition nous plonge dans un monde étrangement caustique. Tout aussi excellent, le titre maître. Très carré, affrontant avec un réel bonheur le rock pur et dur des seventies, et en particulier celui des Small Faces. Mais notre coup de cœur va aux deux fragments qui dispensent une intensité blanche digne de " Definitely maybe ". Intensité nitroglycérinée par des cordes de guitares vivifiantes, féroces, pétillantes. Sur " It 's getting better ". Et surtout chez " My big mouth ". Traduisez : ma grande gueule. Liam le proclame avec malice! Et le reconnaît avec humour. Encore que lorsqu'on connaît les altercations incessantes qui éclatent entre les deux frangins, cette réflexion aurait tout aussi bien pu concerner Noël...

Evidemment, toutes les considérations émises à l'égard des compositions de ce disque sont à placer sur un même dénominateur commun : la britpop. Propre à Oasis. Hyper mélodique. Unique en son genre, parfois linéaire, mais à la simplicité désarmante...

 

Mansun

Attack of the grey lantern

A force d'entendre parler de ce groupe et surtout de s'extasier à l'écoute de ses singles, nous commencions à nous demander si la presse britannique n'était pas encore occupée de monter un hype. Il n'en est heureusement rien, puisque le premier album de Mansun est à la hauteur de toutes nos espérances. Et pourtant, à contrario de toutes les formations de britpop, cet opus nécessite plusieurs écoutes avant de véritablement séduire. Ne revenons pas sur les hits " Egg shaped Fred ", " Take it easy chicken ", " Stripped vicar ", et surtout le remarquable " Wide open space ", mais penchons nous sur les sept autres fragments qui font la part belle au glam le plus scintillant. Pensez à Suede et à Verve (dont une composition a inspiré le nom du groupe), pour la richesse des orchestrations. A TRex et Cockney Rebel, pour les glorieuses références du passé. A Roxy Music aussi, mais à cause des chœurs féminins. A Tears for Fears, pour le timbre vocal de Paul Draper, dont le falsetto est tellement proche de Roland Orzabal. Enfin, dans une moindre mesure, mais parce qu'ils ont certainement eu une influence sur le groupe, à Japan, Gene, Gene Loves Jezebel et Marc Almond. Pour ne rien vous cacher, sachez que le combo fait aussi bien appel à l'instrumentation pop-rock conventionnelle qu'aux instruments nés de la technologie moderne. Et si vous n'êtes pas encore parvenus à vous faire une idée précise du style pratiqué par Mansun, n'ayez crainte, au fil des écoutes, vous risquez de faire d'autres découvertes. Mais un bon conseil, poussez le volume, sans quoi, vous risquez de perdre un des multiples détails qui font de cet album un véritable must!...

 

Marillion

This strange engine

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Soyons honnêtes, nous n'avons jamais été de fervents admirateurs de Marillion. Loin s'en faut! Pas besoin d'entretenir la polémique non plus, les fanatiques s'en chargeront (NDR: heureusement ils sont moins nombreux que ceux de U2...). M'enfin cette prise de position mérite quelques explications. D'autant plus que les membres de Marillion sont d'excellents musiciens. Malheureusement, après neuf albums, ils n'ont toujours pas compris que nous n'étions plus en 1975 et que le rock avait évolué. Pire, après avoir vécu dans le souvenir de Genesis, la formation s'est progressivement (!) mise à exhumer le passé de Kansas, lorsque ce n'est pas celui de Supertramp. Sensation qui est encore plus flagrante avec ce " This strange engine ". Et ce n'est pas parce que des formations telles que Motorpsycho, Ozric Tentacles ou même Spiritualized Electric Mainline sont parvenues à rendre des lettres de noblesse à la musique progressive, qu'il faut à nouveau retomber dans les travers de la période la plus décadente du rock'n roll. Sinon, à quoi aurait alors servi le punk? Peter Hammill l'avait d'ailleurs bien compris, lui qui est parvenu à préserver l'unique flamme de ce style qui avait tellement marqué de son empreinte la fin des sixties et la première moitié des seventies. Et si vous ne nous croyez pas, allez plutôt rechercher vos vieux vinyles, les trois ou quatre premiers le plus souvent, de Yes, King Crimson, Jethro Tull, Vandergraaf Generator, Gentle Giant, Caravan, Gong, Magma et consorts. Marillion vous paraîtra dès lors bien fade...

 

Paul McCartney

Flaming pie

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Après avoir participé à la confection des trois " Anthology " consacrées aux Beatles, McCartney a subitement éprouvé le désir d'enregistrer un nouvel album. En solo, bien sûr. Encore, qu'il se soit entouré, comme à son habitude, d'une pléiade de collaborateurs. Jeff Lynne, tout d'abord. Faut dire que le travail réalisé par l'ex Move, ex ELO, sur la trilogie testamentaire des quatre de Liverpool, avait impressionné Paul. Quoi de plus naturel, donc, de retrouver Jeff à la coproduction de ce " Flaming pie ". Mais en outre, il apporte son expérience à la guitare sur plusieurs titres, tout en participant aux backing vocaux. Dans ces conditions, comment voulez-vous que cet opus ne soit pas hyper-léché, fignolé, mis en forme avec une précision d'orfèvre? Pourtant, seul le morceau maître laisse transparaître la griffe d'Electric Light Orchestra. Sans grande utilité, d'ailleurs, puisqu'il s'agit d'une des compositions les plus faibles de l'elpee. Avec " Heaven on a Sunday ", tellement fade, qu'elle aurait pu servir de plate forme a un nouveau et hypothétique duo entre McCartney et Michaël Jackson. Dommage que ce soit cette chanson qui ait été choisie pour introduire le fiston. D'autant plus que par la suite, il n'a plus jamais droit au chapitre. " Young boy " est tout aussi dispensable, et ce nonobstant la présence de Steve Miller à la guitare. En fait, on a l'impression d'avoir déjà entendu cet air quelque part. Chez les Wings, probablement. Il est vrai que la plupart des chansons des Wings se ressemblent beaucoup... Un Steve qui se rattrape quand même sur deux autres fragments. Tout en tentant de nous refaire le coup de " Rock'n me ". C'est évident sur " Used to be bad ", alors que pour " If you wanna ", il aurait bien piqué quelques riffs au célèbre " Gloria " du Them... Ringo Starr est également de la partie. Aux drums, bien sûr, pas pour jouer du cinéma. Encore que sur le très vivifiant " Really love you ", on n’est pas tellement loin d'un pastiche des Rolling Stones, et que sur " Beautiful night ", slow aussi majestueux que " The long and widing road ", à la limite " philspectorien ", avec orchestrations, chœurs et tout le Saint Tremblement, le final tourne à la franche rigolade... Il faut d'ailleurs croire que Paul a le blues des seventies, puisque " The world tonight " embrasse une pop/rock FM, étreinte tant de fois par un certain Robert Palmer. Beaucoup mieux, " Souvenir ", ballade bringuebalante, traversée d'éclats de guitares cinglants, incisifs, dans l'esprit de " Oh darling " ou de " Here comes the sun ". Mais le meilleur nous vient lorsque Paul fait le vide autour de lui. Sur " The song we were singing ", petite chanson pop, sans grande prétention, mais bigrement bien ficelée, au cours de laquelle il raconte ses souvenirs (NDR: encore!) d'enfance. " Calico skies ", qui aurait pu trouver place sur le double blanc aux côtés de " Blackbird " ou de " Piggies ". " Little willow ", une berceuse poétique empreinte de tristesse mais aussi d'espoir... Enfin, " Someday ". Une perle. Probablement ce que Paul McCartney a écrit de mieux depuis bien longtemps. Il s'est quand même entouré d'une section de cordes, comme à la belle époque d' " Eleanor Rigby ". Chante. Joue de la guitare sèche, traditionnelle, mais également espagnole, en " picking ". Et nous gratifie d'une mélodie comme seuls les Beatles étaient capables d'enfanter. Avec une charge émotionnelle qui vous transperce littéralement l'âme. Imaginez Lennon en contre-voix, et c'était Byzance. Enfin, sans lui c'est déjà impressionnant. Mais rien à faire, c'est à John que nous pensons en écoutant cette chanson. D'ailleurs, si elle sort en single, elle risque de faire un malheur dans les charts...