Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de…

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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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Edwyn Collins

I'm not following you

Remis en selle par le succès de " A girl like you ", Edwyn Collins nous propose son quatrième album solo. Un disque qui ne contient, cependant, pas de hit de la trempe de son best seller susvisé, mais recèle d'excellentes compositions. Il a, bien sûr, reçu le concours de quelques vieux potes. Mark E Smith, dans sa forme vocale la plus gutturale (NDR ; ça rime !) est ainsi impliqué sur " Seventies night ", alors que Paul Cook, drummer des Pistols, collabore à deux compositions paradoxalement minimalistes. Dans le sens le plus synthétique. Faut dire que l'ombre de John Foxx plane tout au long de cette œuvre, à la fois audacieuse et inspirée. Mais Edwyn a bien soin ne pas se figer dans l'électronique. En nourrissant ses mélodies d'orchestrations, et puis, surtout en étalant tout son savoir-faire à la guitare. Que ce soit dans le domaine du jazz, du funk, du rock, du blues, du glam, de la pop, du ‘postcard’, du punk et même de la musique contemporaine, Edwyn apporte, chaque fois, cette griffe incisive, particulière à des chansons qu'il interprète de sa voix de crooner. Mais notre coup de cœur va à la composition la plus percutante, à la limite post punk, " Downer ", où l'intensité électrique est délicieusement omniprésente...

 

Cry Of Love

Diamond & debris

Ben oui, ce sont d'excellents instrumentistes. Tout particulièrement Andy Freed, pas manchot à la guitare. Mais, à notre humble avis, ils ont certainement un peu trop écouté Jimi Hendrix, le Free et Humble Pie. Or, en 1997, il faut avouer que ça fait un peu revivaliste. Un revivalisme qui ne respecte même plus les règles, puisque la production a été hyper léchée ; comme si on avait voulu rendre le morceau de plastique consommable sur la bande FM. Or, le heavy rock du début des seventies était bien crade, juteux, filandreux. Pas pour rien que ce style musical s'accommode plutôt mal de la digitalisation. Et le véritable collectionneur de vinyle en sait quelque chose. Dans ce contexte, le titre de l'opus n'est finalement pas si mal choisi...

 

Cake

Fashion nugget

Bien que fondé en 1991, ce groupe de Sacramento n'a enregistré, à ce jour que deux albums. Mais, il faut reconnaître que son deuxième a plus qu'agréablement surpris. En touchant un peu à tous les styles : métal, jazz, country, gospel, hip hop, etc. Mais sous un même dénominateur commun : la pop. Un peu à la manière de Beck et de Fun Lovin' Criminals, mais en moins funk. Un disque qui implique trois covers. Celle du standard intemporel " Perhaps, perhaps, perhaps ". Du " Sad songs and waltzer " de Willie Nelson ; et puis surtout du célèbre " I will suvive " de Gloria Gaynor. Mais quelle version ! Cependant, ce qui donne une coloration toute personnelle et en même temps une saveur unique à la musique de Cake, c'est cette recherche du groove distinct pour chaque chanson et puis de ce recours aux cuivres mariachi. Technique qui plonge toutes les compositions de " Fashion nugget" au sein d'une atmosphère allègre, excitante, alors que paradoxalement, les lyrics abordent des thèmes de la vie souvent moroses et même parfois franchement tragiques...

 

The Candyskins

Sunday morning fever

Il n'y a pas que The Verve qui a dû rétrocéder des droits d'auteur aux Stones pour s'être autorisé de sampler quelques notes d'une de leurs compositions. En 1991, Candyskins avait connu la même mésaventure, après avoir butiné un peu de pollen de " Sympathy for the devil ", par technologie interposée. Sur une reprise de Buffalo Springfield, " For what's it worth ". Qui a dit que pierre qui roule n'amasse pas mousse ?... Plus aucun risque sur ce " Sunday morning fever ", puisque le quintette d'Oxford a pris le soin de n'y réserver que ses propres compositions. Quatorze fragments de pop rafraîchissante, qui laissent une grande place aux riffs de guitare et aux harmonies vocales échangées entre Mark et Nick Cope. Qui ne sont cependant ni frangins, ni cousins. Des chansons dont le sens mélodique rappelle LA's, mais en plus électrique...

 

Cast

Mother nature calls

Lors de la sortie du simple, " Free me ", morceau qui ouvre ce " Mother nature calls ", nous nous demandions si Cast n'était pas occupé de perdre son identité, à l'image de tous ces groupes qui vivent dans l'ombre de la bande aux frères Gallagher. Après avoir écouté cet l'opus, nous pouvons affirmer (ou infirmer) qu'il n'en est rien. Le quatuor vient d'enregistrer, en compagnie de John Leckie et de Mark " Spike " Stent, un album d'excellente facture. Onze chansons de britpop dont les mélodies chargées de simplicité, de charme, de sensibilité sont taillées avec une incomparable subtilité et avec un bonheur égal, dans les cordes de guitare acoustiques ou électriques. Et en particulier sur " Live the dream ", " I'm so lonely " ou encore " Guiding to star ", parfumé d'effluves empruntées à la fois à Silencers et à REM. Il est vrai que la musique sonne très british. Mais toutes les compositions sont tellement bien ficelées... Nous serions même tentés, au risque d'agacer les célèbres frangins de Manchester qui se proclament appartenir au meilleur groupe au monde, d'avouer qu'Oasis vient de trouver dans le style, bien sûr, un sérieux challenger...

 

Boo Radleys

C'mon kids

Pour enregistrer son cinquième album, Boo Radleys est retourné dans les studios de Rockfield, au Pays de Galles, là où il avait commis son précédent et remarquable " Wake up ". Et comme on ne change pas une équipe qui gagne, la formation a de nouveau fait appel à son fidèle ingénieur du son, Andy Wilkinson pour le coproduire. Mais pour mettre tous les atouts dans son jeu, le quartette a décidé de se rendre à Boston pour confier le mixing à Sean Slade et à Paul Q Kolderie. Pas des illustres inconnus, puisqu'ils mentionnent sur leur carte de visite des groupes tels que Radiohead, Dinosaur Jr ou Lemonheads. " C'mon kids " se révèle cependant plus puissant que son prédécesseur. Plus féroce. A cause des riffs de guitares qui crépitent d'électricité distordue, sulfureuse. Plus sophistiqué également. A cause des arrangements impeccables, terriblement efficaces (samplings, bandes passées à l'envers). Plus contemporain enfin. A cause des expérimentations menées dans le dub, le punk, le folk, la hip hop et l'ambient. Mais un disque dont les mélodies demeurent fondamentalement pop. Contagieuses. Et toujours enrichies par les superbes harmonies vocales échangées entre Martin Carr et Sice...

 

Adrian Borland

5:00 am

Curieux quand même que le leader du défunt et mythique Sound se rappelle à notre bon souvenir au moment où Echo & The Bunnymen a choisi de se reformer. C'est vrai que les deux groupes ont marqué de leur empreinte la new wave du début des eighties, dans un style finalement fort proche. Mais si Ian McCulloch a pu limiter les dégâts aussi bien en solitaire qu'au sein Electrafixion, on ne peut en dire autant de Borland, puisqu'il a connu, après la séparation du Sound, une lente et inexorable descente aux enfers. Totalement ruiné, il n'a dû on salut qu'à une poignée de véritables amis, et puis aussi à son talent de producteur. Enfin, on est heureux de le retrouver en si bonne forme, avec un disque qui tient bien la route. Pas encore la perfection, mais recelant plusieurs compositions dignes de son prestigieux passé. Telles que " Stray bullets ", " City speed ", " Kissing in the dark ", " I'm your freedom ", " Redemption knees " et le hit potentiel, sorti depuis en single " Over the under ". Des chansons romantiques, majestueuses, teintées de doux désespoir par la voix d'Adrian, capable de passer des profondeurs glaciales aux envolées les plus touchantes... Une bonne surprise!

 

Rick Boston

Numb

Pour enregistrer son album solo, l'ex-chanteur, guitariste et compositeur du défunt Low Pop Suicide a reçu le concours de la violoniste de Geraldine Fibbers, Jessy Greene. Un album minimaliste, mais d'une intensité extrême. Ni drums, ni arrangements, ni samples. Juste une guitare sèche, un violon et deux voix. Backing vocal pour Geraldine. Sauf sur " Protection " où elle dévoile son timbre éthéré, spectral. Lead chez Rick, mais plaintif et torturé. Il s'accompagne d'une six cordes acoustique pour fouetter, lacérer, déchiqueter des mélodies sombres, mais tellement vibrantes, des mélodies traversées par les coups d'archet tantôt envoûtants, tantôt grinçants de sa collaboratrice. Les huit chansons de ce " Numb " sont tellement chargées d'émotion qu'on ne peut s'empêcher de penser à Grant McLennan, Robert Forster, David McComb et même à Ed Kuepper. Tout particulièrement sur " Suicide Ego ". Seul " It's easy " se révèle beaucoup plus allègre, plus folk punk, dans l'esprit des Levellers. Dans le domaine du minimalisme, ce " Numb " est un petit chef d'œuvre...

 

Billy Bragg

Bloke on bloke

Alors que pendant près de vingt ans, Billy Bragg a violemment critiqué le capitalisme, et en particulier le thatchérisme et ses émules, dès la prise de pouvoir par le Labour, il a préféré prendre ses distances, pour mieux prôner la véritable doctrine socialiste. Figure emblématique de la pop politique en Angleterre, Billy continue ainsi à se cramponner à sa guitare et à une certaine idée du rock. Celle qui naquit en 1977 avec le Clash. Pour enregistrer " Bloke on bloke ", il n'a donc pas changé grand chose à la formule qui en a fait un philosophe du rock social, contestataire et engagé. Les textes vitriolés, parfois teintés de romantisme, qu'il chante d'une voix introspective, écorchée, en s'accompagnant d'une guitare électrifiée aux accords les plus dépouillés, sont cependant ici enrichis tantôt d'une boite à rythmes, d'une trompette, d'un orchestre basique, ou pour la meilleure composition, " Thachérite ", d'un violon...

 

Meredith Brooks

Blurring the edges

Après le succès du clone Lucy, des chercheurs américains ont tenté de réitérer l'expérience. A partir d'ADN prélevée sur la ravissante et brillante Alanis Morissette. Et franchement, le résultat est affolant. Look détendu, branché, Meredith Brooks chante exactement comme Alanis, extirpant, d'une voix profonde, sensuelle, chaleureuse, tous ses sentiments refoulés au fond d'elle même. Idem pour le côté musical. Puisque les éclats de guitare pétillants, brûlants, viennent se frotter aux rythmes house, le tout organisé dans une structure classique de refrain/couplet. Le hic, c'est que, excepté le fameux single " Bitch ", l'ensemble du CD manque cruellement de mélodie, et puis surtout d'originalité. A un tel point qu'on a parfois l'impression d'entendre la même chanson tout au long de l'opus. Comme le dit si bien le proverbe, c'est quand on goûte aux produits blancs qu'on apprécie la qualité des marques déposées...

 

Bundy K Brown, Doug Scharin & James Warden

Directions in music

Projet exclusivement instrumental pour ce trio américain qui a eu aussi bien recours à l'instrumentation conventionnelle (guitare, basse batterie) qu'à la technologie de pointe, pour l'enregistrer. Parfois on pense à Tortoise, mais privé de claviers et de xylophone. A Faust également. A cause de ces rythmes obsessionnels, répétitifs. Mais au fil de l'album, la solution sonore vire à l'ambient. Pénétrant même le monde des ‘Frippertronics’ élaboré par Brian Eno et Robert Fripp au cours des seventies. Avec ses boucles, ses bandes passés à l'envers et ses longs gémissements d'électricité sonique. Ce " Directions in music " se termine cependant sur une note plus acoustique. Une composition interprétée à la guitare sèche. Mais subtilement réélectrifiée. Question peut-être de démontrer que le trio est composé d'excellents instrumentistes...

 

Built To Spill

Perfect from now on

Si on ne tient pas compte de la compilation " The normal years ", parue en 1996, ce trio yankee compte aujourd'hui trois albums à son actif. Et tout comme les deux précédents opus, ce " Perfect from now on " nous a fait une grosse impression. Bien sûr, sa musique navigue dans l'underground. A la croisée des chemins de Dinosaur Jr, Cell, Alex Chilton et de Neil Young. Mais elle épanche une telle sensibilité mélodique que tout mélomane averti ne peut que succomber. Bien sûr, la musique est très riche, à la limite opulente, capricieuse, gorgée de cordes de guitares, tantôt atmosphériques, grésillantes, bourdonnantes, gémissantes, ou chargées de feedback. Les arrangements somptueux, nuancés, assurés tantôt par des accès de violoncelle mélancoliques ou de mellotron ouaté, lorsqu'ils ne se laissent pas fondre dans la fragilité bouleversante du vocal de Doug Martsch. En outre, ce " Perfect from now on " exsude un feeling irrésistible, une magie naturelle, que nous nous refusons d'exprimer avec des mots... Superbe!

 

David Byrne

Feelings

Une chose est sûre, Byrne était bien la tête pensante (NDR: parlante?) du défunt Talking Heads. Tina Weymouth, Jerry Harrison et Chris Frantz ont eu beau sortir, fin de l'année dernière, un opus sous le patronyme des Heads, leur projet souffrait incontestablement de l'absence de leur guide spirituel. " Feelings " constitue donc le nouvel album solo de David. Bien sûr, à première écoute, on lui reprochera de s'être à nouveau focalisé sur les polyrythmes à caractère ethniques. Mais après plusieurs écoutes, on se rend compte que cet artiste est encore parvenu à innover. Evidemment, pour réaliser cet objectif, il s'est entouré de toute une panoplie de musiciens et de producteurs. Parmi lesquels on retrouve Morcheeba, Devo et même le Balanescu Quartet. Ce qui lui permet d'aborder, en toute décontraction, une multitude de styles. Même la jungle et le cajun. Avec un esprit punk bien américain qui le caractérise. Et puis, il y a ce sens de la mélodie, ce timbre de voix qui séduisent plus qu'ils ne surprennent, ce feeling irrésistible qui vous donne l'envie de fredonner et même de danser...

 

Ben Folds Five

Whatever and ever Amen

Ne les comparez surtout pas à Supertramp. Même si la manière de jouer du piano rappelle le doigté de Richard Davies. Pas davantage aux Nits. Même si le feeling mélancolique est omniprésent. Ou à Supergrass. Puisque, hormis une basse, avouons-le, triturée par des tas d'effets de pédales, Ben Folds Five n'a jamais recours à la guitare. A Joe Jackson? Pas assez d'orchestrations. Et puis les concessions aux jazz sont beaucoup trop vagues. Alors quoi? Comparez-les, tout simplement à Ben Folds Five. Un groupe yankee, issu de Chapell Hill, très exactement, dont le " Whatever and ever Amen " constitue le deuxième elpee. Si l'instrumentation repose essentiellement sur le piano (NDR: évidemment!), la basse (NDR: on venait de le dire) et la batterie, le groupe ne néglige pas pour autant les arrangements et les harmonies vocales. Que nous pourrions qualifier d'irréprochables. Tout un ensemble de choses à la fois simples et riches, qui donnent naissance à douze chansons tout bonnement remarquables...

 

Bennet

Supernatural

Encore une formation qui vient littéralement de se faire descendre en flammes par la presse insulaire. Et pas seulement parce qu'elle ne véhicule aucune image, aucune attitude. En fait, jusqu'à présent la new-wave de la new-wave s'était surtout conjuguée au féminin. Pensez à Elastica et Echobelly. Ou aux States. Weezer et Denim en sont probablement les meilleurs ambassadeurs. Mais, au lieu de retomber dans les profondeurs de l'underground, le mouvement a fait tâche d'huile. Et la censure de tenter d'enrayer l'hémorragie, de ce qui pourrait devenir une vision post ‘XTC’ de la pop, et bien sûr de la new-wave. Rien de très " Supernatural ", dès lors, que Bennet en devienne l'instigateur...

 

Heidi Berry

Miracle

Pour enregistrer son quatrième opus, cette Bostonienne, qui vit en Grande Bretagne depuis 1973, a bénéficié du concours de Hugh Jones à la production. Mais également de la participation de musiciens insulaires particulièrement huppés. En outre, Laurence O'Keefe, bassiste/percussionniste chez Levitation, Jon Brookes, drummer des Charlatans, le frère d'Heidi, Christopher, préposé pour la circonstance à la guitare, et surtout la violoniste des Raincoats, Jon Brookes. Qui apporte une sensibilité celtique, passionnelle aux compositions de cet album. Des compositions dont la fragilité empreinte de mélancolie, de poésie et d'élégance lyrique servent à merveille la pureté somptueuse du timbre vocal d'Heidi... A recommander aux inconditionnels de folk rock new age!

 

Bis

The new transistor heroes

Depuis le temps que la presse insulaire nous parle en long et en large de ce trio écossais (Glasgow), dont les musiciens se sont affublés de pseudonymes pas possible - Manda Rin, John Disco et Sci Fi Steven - et nous vante les qualités de ses singles ainsi que de ses maxis, il fallait bien un jour, qu'il passe par l'épreuve d'un premier album. Et le résultat est concluant. Un disque résolument pop, mais avec une multitude de nuances. Qui oscillent du disco au hip hop en passant par le punk, le funk, le ska et la new wave. Tout un éventail de styles nés d'un pillage en bonne et du forme des B52's, d'Altered Images, de Talulah Gosh, des Buzzcocks, d'Elastica et même de Blur. Eclectisme juvénile procuré par des boîtes à rythmes frénétiques, des harmonies vocales fondantes, intuitives, fruitées, des cordes de guitare effervescentes, des claviers guillerets; sans oublier les instruments insolites, souvent miniaturisés, destinés en général aux enfants. Un chouette album que nous pourrions qualifier de néo bubblepop!

 

Blur

Blur

Evidemment, toutes celles et tout ceux qui s'imaginent que Blur vient d'enregistrer un nouvel album de britpop risquent une grosse désillusion. Pas que cet opus éponyme soit de mauvaise facture. Que du contraire! Mais il marque un changement radical de style dans le chef du groupe insulaire. Pas de section de cuivres, ni d'arrangements sophistiqués; et ce nonobstant le concours de Stephen Street à la production. Pas de caractéristiques excentriques typiquement britanniques ni de commentaires acerbes sur la vie sociale dans l'Albion. Mais des chansons dépressives, ténébreuses qui devraient plaire au public américain. Paradoxal, lorsqu'on sait que la dernière tournée du quatuor aux States, s'est soldée par un flop magistral. Mais pas une véritable surprise pour ceux qui connaissent le cheminement de ce groupe, dont les cinq albums sont aussi hétéroclites les uns que les autres. Evidemment, de là à penser que la bande à Damon Albarn allait piocher dans le jardin de l'Oncle Sam... Blur n'a d'ailleurs jamais été, ici, aussi proche de Pavement; notamment lorsqu'il s'aventure dans l'underground déjanté. Bien sûr, certaines compositions s'essaient au trip hop ou à la house. On a même droit à une composition du guitariste, qui assure pour la circonstance le chant (" You're great "). Et en réservant une place au hardcore, sur " Chinese Bomb ", Blur rappelle que ses chansons n'ont jamais manqué de relief ou de rythme. Pourtant, cet elpee traduit un sentiment profond de désillusion, de désenchantement, éprouvé par son leader, Damon. Blur serait-il le premier groupe à avoir pris conscience de la mort très prochaine du 20ème siècle...

 

Arkarna

Fresh Meat

Ce trio ferait partie de la seconde génération du mouvement trip hop. On ne sait pas trop ce que cette réflexion signifie. Mais une chose est sûre, Arkarna pratique une techno dans le bon sens du terme. Enfin, pas intégralement techno, puisque la formation fait aussi bien appel aux machines nées de la technologie moderne qu'à l'instrumentation conventionnelle. Au sein du line-up, on y retrouve ainsi Lalo Creme, fils du défunt 10CC Lol Creme, à la guitare, Ollie Jacobs, musicien de studio, arrangeur, et également producteur –il avait notamment apporté tout son savoir faire lors de l'enregistrement de l'album de Leftfield– synthés et chant, chant qu'il partage avec l'ex Lunarci James, James Barrett. En fait, si la musique d'Arkana évolue dans la même division que celle de Trent Reznor, notamment à cause de ce style pulsant, au groove irrésistible, elle laisse transparaître des traces de prog pop manifestes, tout en bénéficiant du soin apporté par les deux chanteurs aux harmonies vocales, souci de la perfection qui n'est pas sans nous rappeler Weezer et même les Wannadies...

 

Ash

1977 / Live at the wireless

Au sein du même box, on retrouve le premier CD du groupe irlandais, paru en 1996 –et pour lequel nous avions dit le plus grand bien– ainsi qu'un album ‘live’ enregistré aux studios de Sydney Triple, en Australie, lors de sa dernière tournée aux Antipodes. Un enregistrement en public qui était, à l'origine, uniquement disponible en import. Un disque sur lequel on y ressent à la fois tout le charme, mais en même temps toute la fragilité du trio. " Live at the wireless " épanche ainsi un mélange unique d'énergie et d'intimisme, mais imprimé sur un tempo un peu trop rapide. A la limite dispensé à une cadence beaucoup plus proche du punk de la fin des seventies (NDR: 1977 oblige!) que de la pop ou même du rock. Une seule exception à ce rush d'adrénaline sucrée, une composition plus romantique, plus sentimentale, " What deaner was talking about ", cover de Ween, qui n'aurait, en outre, certainement pas dépareillé le répertoire de Teenage FanClub...

 

A House

No more apologies

Encore une formation qui macère dans la zone crépusculaire de l'underground depuis trop longtemps, et qui possède toutes les aptitudes pour enfin s'extraire de l'anonymat. Un ensemble irlandais, fondé en 1985, dont le style a surtout, jusqu'à présent, sensibilisé le public américain. Le même qui ne jure que par Idaho, Red House Painters et le regretté American Music Club. Encore que le climat qui enveloppe les chansons d'A House nous rappelle plutôt des formations australiennes, du calibre des défunts Triffids ou Go-Betweens. Des chansons mélancoliques, touchantes que ne désavouerait pas un certain Guy Chadwick (leader d'House of Love) voire même Lloyd Cole ; des chansons dont les lyrics explorent la face la plus sombre, la plus féroce, la plus tourmentée de la nature humaine, mais avec un sens de l'humour et de l'ironie aussi caustique que celui d'Edwyn Collins. Qui fut également, à une certaine époque, leur producteur... Superbe!