Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

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Tiger

We are puppets

Tiger a sa propre idée du glamour (trad: enchantement, éclat), du glam (NDR: style musical prôné au cours des seventies par des artistes ou des formations telles que Bowie, T Rex, Gary Glitter et Roxy Music). En fait, c'est l'excentricité de la musique et l'impressionnisme des lyrics qui confirment cette impression ; pas leur attitude et encore moins leur look. Ce qui semble avoir fort surpris la presse insulaire, et dans la foulée provoqué son agacement. Pourtant, tous les médias s'accordent à reconnaître chez Tiger une certaine originalité, et même une originalité certaine. Et ce " We are the puppets " en est la plus belle démonstration. Alors, pas de quoi faire la fine bouche; d'autant plus que la griffe électrique de Tiger écorche au passage Stereolab, Supergrass, Devo et même Pulp. Etonnant!

 

They Might Be Giants

Factory showroom

Pour concocter ce nouvel opus, John Lennel et John Flansburgh ont reçu le concours de nombreux musiciens de studio. Notamment Brian Doherty (John Henry) aux drums, Graham Maby (Joe Jackson) à la basse et Eric Schermerhorn à la guitare; recrutement auquel le duo ne nous avait guère habitués, puisqu'en six albums, ce n'est que la deuxième fois qu'il s'entoure d'un véritable groupe. Grands admirateurs de Devo et des Residents, les deux John ont longtemps prôné la thèse du minimalisme, pour mener à bien leurs expérimentations, au sein de They Might Be Giants. Des expérimentations souvent farfelues, toujours aventureuses, destinées à réaliser un mariage idéal entre l'esprit et l'harmonie. Certains n'ont d'ailleurs pas hésité à les taxer de dadaïstes. Et si la texture instrumentale, à l'origine limitée à un accordéon, une guitare, un enregistreur et une voix, s'est étoffée au fil des disques, il faut reconnaître que la recherche a toujours été leur credo. Sur " Factory showroom ", on a ainsi droit à une composition très curieuse, enregistrée au site historique " Edison " de West Orange, à l'aide du matos d'époque, sans électricité; puis en intro à la participation d'une section à cordes et d'une section de cuivres. Des cordes et des cuivres mais également des percussions que l'on retrouve disséminés tout au long du morceau de plastique, dont les caprices technologiques se fondent naturellement dans la fluidité des pop songs...

 

Texas

White on blonde

En gravant " I don't want a lover ", dont la mélodie trotte toujours quelque part dans notre mémoire, Texas entamait sa carrière sur la plus haute des marches de la gloire. La suite sera bien moins triomphale, puisqu'elle se résumera à une dégringolade progressive des échelons, que le groupe n'avait même pas gravis. " White on blonde " semble être une exception à cet inéluctable déclin. En effet, l'opus est entré la semaine dernière dans le top 5 britannique, ce qui ne leur était plus arrivé depuis bien longtemps. Peut-être est-ce dû à l'accessibilité du CD. Il est vrai que du côté de la production (voire surproduction) ils nous ont gâtés! Violons, effets symphoniques, cuivres, sha-la-la par-ci, sha-la-la par-là. Reste le timbre de Sharleen qui a conservé toute sa sensibilité, sa puissante, son aura. Et puis la musique reste malgré tout celle de Texas. Certains titres nous ont d'ailleurs semblé fort intéressants. En particulier " Halo " ou le titre maître. Dommage que l'opus soit piqué aux hormones commerciales...

 

Teenage Fanclub

Songs from northern britain

Dix années déjà que le quartet écossais roule sa bosse sur la scène pop rock contemporaine. Une décennie peuplée de six albums aussi solides les uns que les autres. Enfin presque, puisque " Bandwagonesque ", commis en 91, ne sondait que la noisy purement instrumentale. Quant aux cinq autres, y compris ce " Songs from northern britain ", ils font la part elle à la pop électrique, limpide, mélodique, héritée en ligne droite des Byrds, de Big Star (NDR : Encore !) et des Beach Boys. Un album sans grande surprise, mais surtout sans mauvaise surprise, dont le principal mérite est de ne jamais décevoir, et même, au fil du sillon, de séduire...

 

The Tea Party

Transmission

Après une tournée triomphale en Australie, le trio Canadien nous revient avec un quatrième elpee, " Transmission ". Nous n'allons pas derechef vous faire l'éloge de Tea Party, dont les trois premiers albums sont absolument remarquables. Mais simplement vous répéter que si vous aimez voir traiter le metal et le folk dans le sens le plus underground, le plus progressif du terme, Led Zeppelin, les Doors, la philosophie orientale, le symbolisme et le mysticisme, ces trois disques doivent absolument trôner en bonne place au sein de votre compactothèque. " Transmission " risque cependant de mécontenter les puristes. Ceux qui voyaient en Tea Party la résurrection du rock pur et dur. Et pourtant, cet opus ne manque pas de richesse. Beaucoup plus expérimental, il tente d'hybrider la musique électronique et l'instrumentation basique. Un peu à la manière de Stabbing Westward et de Filter. Mais en plus psychédélique, en plus exotique. Il plane d'ailleurs toujours sur la musique de Tea Party cette atmosphère grave, envoûtante, somptueuse, capable de vous donner le vertige... Il faut cependant reconnaître que si, pour la plupart des compositions de ce morceau de plastique, le traitement technologique est plutôt réussi ; et nous pensons ici à " Temptation ", " Army ants ", " Psychopomp ", " Gyroscope " et " Pulse ", certaines ont peut-être le tort de vouloir marcher sur les plates bandes, tantôt de Chemical Brothers, de Prodigy, de Moby et même de Ministry. D'autres encore font cependant preuve d'une toute autre audace. Notamment " Release " qui réussit la fusion, jusqu'alors impensable, entre Joy Division et l'ambient post " crimsonien " (" Island " ?), ou alors va à la rencontre de la culture maghrébine, à l'instar de feu Brian Jones, sur le titre maître, lorsqu'il ne succombe pas à la fascination hypersophistiquée d'un Japan, voire au gothisme spectral d'un Bauhaus sur " Aftermath "... Etonnant !

 

Tuxedomoon

The ghost sonata

" The ghost sonata " constitue l'album ultime du groupe culte californien Tuxedomoon. Paru à l'origine en édition limitée, sur le label " Les temps modernes ", ce disque s'inspire d'un opéra sans paroles, accordé par le groupe en 1982 au festival de Polverigi, en Italie. Une œuvre ambitieuse, qui n'avait jamais été publiée auparavant dans son intégralité. Steve Brown, Blaine Reiniger et Peter Principle ont entièrement réenregistré tous les fragments de la bande son fin 90, tandis que les enchaînements narratifs et les bruitages procèdent des bandes originales de 1982. Attention, cet opus est essentiellement instrumental, et ne s'adresse, par conséquence qu'aux inconditionnels...

 

Tuesday Child

Universal playground

Non, non, ce n'est pas une formation insulaire, mais bien batave. Et pourtant, leur style musical s'inscrit parfaitement dans le contexte britpop contemporain. Vous avez certainement déjà eu le loisir d'entendre (ou d'écouter) leur single, " Doing time " ; en vous demandant s'il ne s'agissait pas d'une nouvelle composition des Charlatans. Privée de claviers. Mais bénéficiant d'une utilisation plus intensive des guitares. Bringuebalantes, sonores, exotiques ; un peu comme chez Kula Shaker. Ce qui vous donne une petite idée du ton emprunté par le quatuor. De la construction sinusoïdale des mélodies. Inspirée, en général, par le psychédélisme des Beatles. Circa " Magical Mystery tour ". Et plus précisément encore, hérité en ligne droite d' " I am the walrus " sur " Slim friend "...

 

The Tubes

Genius of America

Encore une reformation. Et d'un groupe légendaire s'il vous plaît! Né fin des sixties, il a cependant dû attendre le milieu des seventies pour connaître ses heures de gloire. Il est vrai plus pour ses prestations scéniques extravagantes et outrageantes que pour sa musique. Encore qu'au sein de son répertoire des compositions telles que " Don't touch me there ", " Mondo bondage " et surtout " White punks on dope " fassent figures de standard, sur l'échelle des valeurs du rock 'n roll. Maintenant, on se demande ce que ce groupe peut apporter aujourd'hui. D'abord Vince Welnick, Mike Cotten et surtout le guitariste Bill Spooner ne sont plus de la partie. En outre, les douze nouvelles compositions pourraient tout aussi bien figurer dans le répertoire actuel d'Aerosmith. Ce qui, aujourd'hui, n'est pas vraiment un compliment!

 

Triptych

Superflies

Apparemment, ce Triptych est une affaire de famille, puisqu'il réunit Pé, Edwin et Jo Reynders. Ils seraient d'ailleurs frères, que nous ne serions pas étonnés. Bref, ce " Superflies " constitue, à notre connaissance, leur deuxième album. Un disque qui, nonobstant des influences antinomiques, ne manque pas d'allure. Imaginez un peu la new-wave d'XTC, le prog rock de King Crimson circa " Lark's tongues in aspic " et le punkcore de Sonic Youth dans un même shaker. Remuez le tout, mais pas trop ; et puis vous aurez les idées plus ou moins précises de la musique concoctée par ce trio. C'est souvent complexe, alimenté par des mélodies et contre mélodies, régulièrement convulsif, pour ne pas dire syncopé, toujours underground. La basse ondoyante, les drums opulents, la guitare gémissante, parfois agonisante, les vocaux hauts perchés, un peu à la manière de John Wetton. Avec en prime un fragment instrumental de 7'19, " Revenge of the doktor ", sorte de Yes qui aurait eu la bonne idée d'écouter de la no wave... Etonnant !

 

Tribe After Tribe

Pearls before swine

Depuis sa fondation en 1983, Tribe After Tribe a toujours véhiculé une image de groupe rebelle. Faut dire que son leader, Robbi Robb est né en Afrique du Sud. Et bien que blanc, il a toujours milité, à travers ses lyrics, contre l'apartheid, tout en dénonçant les crimes perpétrés par ceux qui cautionnaient le système. Un engagement qui n'a certainement pas dû plaire au régime de l'époque, puisque après de multiples pressions, il a préféré émigrer en Californie. Et devinez quelle est la première chose que Robbi a faite en arrivant à Los Angeles? Continuer le combat, bien sûr! Clouant au pilori la CIA lorsqu'il ne s'attaque pas à la mafia de la drogue. Mais toujours avec la volonté de dénoncer les inégalités sociales. Tout ceci sur une musique rock. Tantôt métallique, garage, atmosphérique ou même funk. Mais toujours agitée par des percussions tribales ou enrichie de sonorités orientales. Normal lorsqu'on sait que Robbi a étudié les arts orientaux, et tout particulièrement égyptiens et turcs...

 

Travis

Good feeling

Noël Gallagher a déclaré, tout récemment, que Travis était, pour l'instant, son groupe préféré. Un fameux coup de chapeau, lorsqu'on sait que le guitariste d'Oasis est avare de compliments vis à vis de ses contemporains. Travis est en fait un combo glaswégien. Fondé en 1990, il vient seulement d'enregistrer son premier album. Un disque qui inclut bien évidemment le single " All I want to do is rock ", chanson qui rappelle instantanément " Mother " de Lennon, la voix de Francis Healy y proférant un cri primal aussi écorché que celui de regretté John. Tout au long de l'opus, le timbre vocal de Francis demeure d'ailleurs aussi lacéré, ses inflexions tantôt confidentes, tantôt fiévreuses, apportant une dimension pathétique à des chansons de britpop qui s'inspirent aussi bien de Radiohead, de Wonderstuff, des Faces que de Verve. De solides références, il faut l'avouer !

 

The Tragically Hip

Live between us

Nouvel album live, enregistré à Detroit, durant l'automne 1996, pour le quintet canadien. " Live between us " commence très fort par un excellent " Grace too ", sorte de mélange de rock puissant, rageur, électrique et de pop mélodieuse, somptueuse. Une rencontre entre la musique de Pearl Jam, de Bush et celle de REM; le tout soutenu par une seconde voix chaude, timide venant combler les lacunes vocales de Gordon Downie, chanteur et leader du groupe. C'est alors que les choses commencent à se gâter. Comme si la musique, tout au long de l'opus, s'essoufflait petit à petit pour sombrer définitivement dans une véritable parodie d'un REM en manque de mélodie, incapable d'en changer le relief. Ce qui nous donne une tragique impression d'entendre à chaque fois le même morceau. Bref, un scénario identique que celui vécu voici déjà 4 ans lors de leur passage au Torhout/Werchter...

 

Toad The Wet Sprocket

Coil

Un quartette californien, de Santa Barbara très exactement, affublé d'un nom à coucher dehors. On parie d'ailleurs que d'ici quelque temps, il ne subsistera plus que le mot Toad. Ca fait un peut trop seventies ? Pas de problème, puisque c'est à cette époque que le groupe aurait dû sévir. On exagère un tantinet mais c'est vrai que TTWS pratique un rock FM inoffensif, très américain, lisse, plus proche de Toto que de REM ou de Live. Paradoxalement, l'originalité de leurs chansons procède de la voix de Glen Philipps, sorte d'hybride entre le timbre de Peter Murphy et celui de Pete Garrett. Mais en moins lugubre. De cet album de bonne facture, mais forcément hors de son temps, on retiendra surtout le superbe " Little Buddha ", enrichi d'un véritable orchestre à cordes et bénéficiant du concours de Van Dyke Parks aux arrangements, l'incisif et plus contemporain " Amnesia ", et puis " Crazy life " inspiré en ligne droite de Gerry Rafferty.

 

Veruca Salt

Eight arms to hold you

Vous vous souvenez certainement de leur formidable single " Seether " diffusé sur toutes les ondes radiophoniques entre fin 94 et début 95. Dans la foulée, ce quartette de Chicago avait commis un tout aussi remarquable album, " American thighs ". Un disque qui lui avait valu de figurer parmi les plus grands espoirs de la scène popcore yankee, aux côtés des Breeders. Et puis, hormis le single " Blow it out your ass it's Veruca Salt ", produit par Steve Albini, plus rien. En fait, le groupe n'a pas cessé de se produire en tournée. A un tel point que le frère de Nina, Jim Shapiro, a cédé ses baguettes à un nouveau drummer. " Eight arms to hold you " constitue son deuxième album... Et première constatation, le son est beaucoup plus sauvage, plus explosif, plus caustique, plus proche d'L7. On y retrouve bien sûr les harmonies vocales malicieusement féminines, échangées entre Louise et de Nina; mais le ton hyper métallique des guitares nuit particulièrement au sens mélodique des compositions. Ils nous doivent une revanche!

 

Verbow

Chronicles

Bob Mould impliqué lors de l'enregistrement et du mixing de l'album de ce sextuor californien (San Francisco), il fallait s'attendre à ce que les compositions de ce " Chronicles " soient marquées de son empreinte. Et on pense plus particulièrement à l'épisode Sugar. Enfin, uniquement sur les chansons les plus électriques. Popcore donc. A la limite grungyfiés. Suivant les principes institués par Pearl Jam, Smashing Pumpkins et bien sûr Nirvana. Mais Verbow atteint le sommet de son art, lorsqu'il peut se libérer de ce joug post Hüsker Dü. Et notamment lorsque la violoncelliste, Alison Chesley, peut faire étalage de toute l'étendue de sont talent. Comme sur le savoureux " Execution of a jester ", réminiscent de " Lullaby for the working class ". Ou alors sur " Distance ", qui remet au goût du jour la mélancolie crimsonienne circa " Red " ; tentative d'autant plus facile, que la voix de Jason Narducy, compositeur et également guitariste, nous rappelle quelque part " John Wetton ". Bien mis en évidence, cet instrument à cordes donne un coup de fraîcheur aux mélodies, dont la richesse nous fait alors penser à Squeeze. Asphyxié, il n'a d'autre utilité que d'accentuer l'intensité électrique. M'enfin, c'est un peu désolant, lorsqu'on a le privilège de disposer d'une telle instrumentiste.

 

Van Der Graaf Generator

The aerosol grey machine (Réédition)

Écrit par

On ne va pas vous refaire l'histoire du Van der Graaf Generator, ni celle de Peter Hammill. Sachez simplement que ce disque était le tout premier elpee du VDGG. Un vinyle que seuls quelques rares collectionneurs peuvent se targuer de posséder dans leur discothèque. Autrement dit, il est introuvable. Quoique! Bref, saluons l'initiative de Peter Hammill et de son label " Fie " qui ont décidé de ressortir " The aerosol grey machine " en CD. Avec un bonus track à la clef, " Giant squid ". Un opus qui aurait dû être, à l'origine, enregistré par Peter en solo. En 1969, très exactement. Mais pour donner plus d'ampleur à ses compositions, le citoyen de Bath fit appel à ses potes. Un disque qui, malheureusement n'obtint aucun succès. Ce qui provoquera, le deuxième split du VDGG... Pour l'époque, il faut reconnaître que cet album était en avance sur son temps. La production est un peu rudimentaire, mais les sonorités sont véritablement avant-gardistes, sans jamais tomber dans l'abstrait. Certains à l'époque, n'hésitaient d'ailleurs pas à proclamer que le VDGG allait plus loin que le Floyd dans l'exploration du son. Et pourtant, " The aerosol grey machine " n'était encore que le résultat des balbutiements d'une future formation mythique...

 

Urusei Yatsura

Fake fur

Sortie simultanée de deux Eps pour cet ensemble glaswégien qui semble avoir été fortement marqué par la BD japonaise, et en particulier les mangas. Leur patronyme est d'ailleurs inspiré d'une de ces bandes dessinées. Musicalement, Usurei Yatsura remet au goût du jour la noisy. Celle de My Bloody Valentine, en particulier. Même si la texture mélodique est aussi déstructurée que celle de Pavement voire de Sonic Youth et ténébreuse, à la limite du morbide, que celle du Velvet Underground. Quatre titres figurent sur chaque morceau de plastique, dont, bien sûr, l'inévitable et excellent titre maître. Sept nouvelles compositions dont l'intensité blanche est traversée d'éclairs de feedback pétillants, venimeux, caustiques, burinée par une section rythmique, menaçante et infectée par les lamentations vocales de Fergus...

 

Peter Zaremba

Spread the word

Nous ne voulons pas être des oiseaux de mauvais augure, mais la sortie d'un album solo de Peter Zaremba ne nous dit rien qui vaille. Un sentiment d'inquiétude amplifié par l'absence totale de notes sur la pochette et l'absence tout court de bio. Alors, split des Fleshtones, ou expérience en solitaire de son chanteur? Nous en saurons probablement plus d'ici quelques semaines. D'ici là, les fans de la formation américaine " post new wave " la plus intéressante du début des années 80, risquent fort de vivre dans l'angoisse. M'enfin, n'anticipons pas! " Spread the word " aurait, en tout cas, pu être enregistré par les Fleshtones. Hormis la reverb du chant plus prononcée, évoquant même parfois le timbre spectral de Vincent Crane, lorsqu'il sévissait encore au sein d'Atomic Rooster, les chansons de cet opus adoptent un style le plus classiquement du monde garage/rythm'n blues. Avec cet enthousiasme communicatif, ces refrains que l'on a envie de reprendre en chœur en tapant dans les mains, ce sens du fun typiquement sixties. Le disque recèle même une cover de JJ Cale, " After Midnight " popularisée, à une certaine époque, par Clapton en personne...

 

You Fantastic!

Pals (Ep)

Thymme Jones, Tim Garrigan et Darin Gray se réclament de la now wave. Rien à voir avec la no wave, mouvement new-yorkais qui a marqué le tout début des eighties. Un style apparemment monté de toutes pièces par le trio, puisque les autres groupes qui appartiennent à cette scène impliquent chaque fois au moins un des trois musiciens. Brise-Glace, Dazzling Kilmen, Illusion of Safety et Cheer Accident, pour ne citer qu'eux! You Fantastic pratique une musique minimaliste, déstructurée, expérimentale, lo fi, environnementale et surtout contemporaine dans le sens le plus classique du terme. Un groupe qui n'a sorti à ce jour que deux Eps. Dont ce " Pals ", limité à un seul titre de 17'30, une composition qui, à notre humble avis, n'a strictement plus rien à voir avec la pop ou le rock...

 

You Am I

Hourly, daily

Pratiquement inconnu sur le Vieux Continent, ce trio australien en est pourtant déjà à son troisième album. Les deux premiers opus avaient reçu le concours de Lee Ranaldo, guitariste de Sonic Youth, à la production. Deux elpees qui avaient d'ailleurs atteint la première place des charts antipodaux. Dans un style plus énergique, il est vrai, davantage inspiré par le garage des sixties. Les nombreux changements de personnel ont-ils eu un impact déterminant sur l'évolution du groupe? Il faut le croire, puisqu'aujourd'hui, la pop de You am I se révèle beaucoup plus contemporaine. Toujours influencée par le Who, les Kinks, les Beatles circa " Eleanor Rigby " (NDR: la présence d'une section de cordes n'y est pas étrangère). Mais également, et c'est neuf, par la new wave de Squeeze, XTC et de Jam. Pourtant, s'il n'y avait ce feeling spécifiquement australien, aussi affûté que celui dispensé par le défunt Go-Betweens, ainsi que la voix de Tim Rodgers, dont les inflexions nous rappellent quelque part John Wetton (King Crimson), nous penserions plutôt à Dodgy...

 

Yo La Tengo

I can hear the heart beating as one

Bien que fondé en 1984, Yo La Tengo n'est jamais parvenu à s'extraire de la zone crépusculaire de l'underground. Faut d'ailleurs croire que le trio du New Jersey, d'Hoboken très précisément, n'a jamais tellement exprimé le désir de s'en extirper. Préférant développer de nouvelles idées musicales plutôt que de soigner une image, dont il n'a rien à cirer. Bref, venons-en à ce nouvel album. Riche. Très riche. Alternant fragments turbulents et morceaux apparemment plus fragiles, mais beaucoup plus venimeux, à la limite rampants. Des chansons traversées par un gémissement de feedback presque continu qui apporte une sensation étrangement vertigineuse aux mélodies. Plongé dans l'espace le plus éthéré, YLT navigue aux confins de l'univers de Galaxie 500; voire de celui de Spiritualized, lorsque l'atmosphère vire au psychédélisme (" We are an american band "). Sous son angle le plus hypnotique, le plus répétitif, il justifie son attachement aux Feelies et au Velvet, dont il a récupéré une bonne partie de l'héritage. Quant à la noisy, il la traite selon la méthode bruitiste chère à Jesus & Mary Chain. Notamment sur la cover des Beach Boys, " Little Honda "... Et sur cette texture sonore déchirée entre électricité versatile, accès de basse menaçants, métronomiques et drums nourris et raffinés, vient se poser la voix blanche de Kaplan, dont la fragilité émotionnelle n'est pas sans rappeler un certain Neil Young. Une œuvre, qui recèle bien d'autres appas; mais nous vous laissons le soin de les découvrir...