La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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Farfouiller dans la Pure Carrière…

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Ivan Král

Nostalgia

Ivan Král, contrairement à ce vous auriez pu penser, n'est pas n'importe qui. Son père était diplomate en Tchécoslovaquie. Membre de l'ONU, sa prise de position dictée par le printemps de Prague, le force à s'exiler aux States en 68. Il y emmène toute sa famille. Le fils retombe assez rapidement sur ses pattes. Puisqu'il décroche un job aux studios Apple, pour y travailler en compagnie des Beatles. On le retrouve en 1975, au sein de Blondie. Membre originel du combo, il n'y séjourne cependant que huit mois. Pour rejoindre le groupe de Patti Smith. Il y restera jusque la dissolution de la formation. Soit en septembre 79. Un épisode marqué par l'enregistrement de quatre elpees, pour lesquels il écrit ou coécrit la quasi totalité des compositions. Guitariste pour Iggy Pop, le temps de commettre "Soldier" et "Party", il embrasse alors une carrière de musicien de studio et de producteur. John Cale l'enrôle cependant pour tenir la râpe sur "Cowgirls get the blues". Figurez-vous que même Bowie a repris une de ses compositions, et que Bono ainsi que Tina Weymouth (Talking Heads) lui vouent une grande admiration. Mais allez comprendre pourquoi il vient seulement de commettre son premier album solo? Une œuvre découpée en douze fragments de pop mélancolique, que stimulent des accords de guitare chatoyants, légèrement reverb, dispensés à la manière de Lloyd Cole, lorsqu'il était encore flanqué de ses Commotions. A moins que ce ne soit l'inverse! Et pour que l'information soit complète, sachez que pour la circonstance, John Cale et Patti Smith lui ont renvoyé l'ascenseur.

 

Kryptästhesie

Inner whirl

C'est probablement en éternuant que cet ensemble italien a découvert son patronyme. Il venait en même temps de choper le rhume de l'underground. Une épidémie que semble avoir contracté le label Delerium Rcds et dont les contaminations se précisent au fil du temps. D'après les premières analyses il s'agirait d'un virus à haute toxicité rencontré pour la toute première fois chez Terry Riley. En 1967, très exactement. Puis réapparu au cours des seventies sous une forme krautrock. En Allemagne. Les plus atteints furent Can, Neu et Faust. D'autres en ont présenté les symptômes, mais sans jamais véritablement conduire au même diagnostic. Frank Zappa, notamment, en pleine période ‘fusion’. Et puis Rick Wakeman. Extrinsèquement à Yes. Cosmic Overdose en a souffert d'une forme plus technologique. Au début des eighties. Le plus grave, dans l'histoire, c'est que ce fléau se cache ici sous une forme gothique post Bauhaus, atteignant même les cordes vocales qui n'appartiennent pourtant pas à Peter Murphy. Même sous une forme plus folk comme sur "Secret Power", le mal demeure sous-jacent. Dès qu'un Kryptästhesie survient, protégez-vous, sortez votre mouchoir...

 

Peter Jefferies

Elevator madness

Avant de se fixer à Vancouver, ce Néo-zélandais a transité par toute une série de groupes, parmi lesquels, nous retiendrons le Nocturnal Projections, This Kind of Punishment et Plagal Grind. Mais depuis son arrivée au Canada, cet artiste s'est surtout soucié de sa carrière individuelle. Ce qui ne l'a pas empêché de participer à l'enregistrement de l'album de Mecca Normal, " The eagle and the poodle ". Pour y assurer les drums, mais également la production. Jean Smith, chanteuse du groupe, lui a donc renvoyé l'ascenseur. Tout d'abord, en produisant cet " Elevator madness ", troisième album solo de Jefferies. Puis en lui offrant les services de l'ingénieur du son, Mark Cohen, donc le bénéfice des studios " Profile " à Vancouver. A l'exception des parties de guitare, Peter se réserve l'intégralité de l'instrumentation. Avec une prédilection pour le piano. Qu'il parvient à faire sonner, le plus souvent comme Ed Kuepper. Mais aussi comme Peter Hammill. Notamment sur l'étonnant " Satellites and sparks ", morceau qui n'aurait pas dénaturé le répertoire du citoyen de Bath. Et puis, comme pour conforter notre point de vue, il s'autorise même une incursion dans le prog rock sur " Shut out ", un morceau de prog rock, vous le suspectez, réminiscent du Vander Graaf Generator...

 

The Jesus Lizard

Shot

Si à l'origine, Jesus Lizard courtisait un punk post Buttholes/Big Black/Happy Flowers, aujourd'hui il opère, à l'instar de feu Jeffrey Lee Pierce (Gun Club) et de Nick Cave, dans le blues urbain, sordide, occulte. Les treize fragments de "Shot" macèrent ainsi au sein d'un climat malsain, pathétique, tourmenté, déchiqueté par des rythmes versatiles, venimeux. Découpés chirurgicalement par les cordes de guitares malveillantes, rampantes, rageuses, parfois même sous une forme "steel", comme sur l'excellent "Good riddance", ils suppurent de lyrics obscènes, répugnants, machistes, cyniques, proférés par le vocal gémissant, grinçant de Yaw, aussi grinçant et gémissant que celui du vocaliste des Pistols, John Lydon. L'album atteint même son intensité paroxystique sur "Too bad about the fire" et surtout lors du final "Pervertedly slow", composition qui aurait tout aussi bien pu appartenir au répertoire des Stranglers originels, si elle avait eu recours aux claviers.

 

JJ Dogs

Space age president

Issu des cendres du Jesse James Gang, cet ensemble liégeois consomme un trash metal pur et dur. Labellisé Jason Rawhead, Channel Zero et en flattant un peu la marchandise Helmet. Bref pas de quoi fouetter un chat (ou un chien?), même si le guitariste ne se débrouille pas trop mal dans le style. Enfin, faut-il encore apprécier cette musique qui décape plus qu'elle ne flatte le tuyau acoustique...
 

 

The Jon Spencer Blues Explosion

Now I got worry

Ce trio new-yorkais a la particularité de ne pas disposer de bassiste. Et de compter pour leader, l'ex-membre fondateur du défunt et mythique Pussy Galore, Jon Spencer, personnage qui partage, en outre, le leadership de Boss Hog, avec sa compagne Christina Martinez. Après trois elpees, pratiquement passés inaperçus, ce groupe vient de graver " Now I got worry ". Un opus pour lequel le trio a notamment reçu le concours d'une légende du rythm'n blues, Mr Rufus Thomas. Le blues électrique, saturé, sulfureux et totalement hypnotique du JSBE ne se contente pourtant pas de digérer des influences qui oscillent de John Lee Hooker à Robert Johnson. Il se tourne régulièrement vers un rock'n’roll mâtiné de jazz ou de funk. Sans pour autant renier ses obsessions dangereuses, sensuelles, primales, qu'il emprunte tantôt au minimalisme convulsif des Cramps ou au psychédélisme de Jimi Hendrix.

 

Joyrider

Be special

Sois spécial! C'est le cri de cœur prononcé par ce quatuor issu d'Irlande du Nord. De Portadown très exactement. Une formation qui accorde beaucoup d'importance au poids de ses lyrics. Dénonçant tantôt les frustrations de sa génération ou s'élevant face au fanatisme religieux. Mais si le punk pop de Joyrider est aussi provocateur que celui de Green Day, il dispense cependant une énergie juvénile davantage insulaire. Plus proche d'Ash que des formations d'Outre Atlantique. Le groupe apporte d'ailleurs un soin tout particulier au sens mélodique de ses compositions, à l'instar des Undertones. Un mythe pour les Irlandais! Album frais, abrasif, percutant, "Be special" pioche même parfois dans l'univers hymnique du grebo. Celui de Senseless Things, de Ned's Atomic Dustbin et du défunt Wonderstuff. Ce qui justifie probablement le titre de cet album de Joyrider, déjà considéré comme grand espoir de la scène pop/rock britannique...

 

June

I am beautiful

Flanqué d'un nom pareil, il aurait été dommage de repousser la chronique de cet opus à juillet. D'autant plus que ce disque respire une certaine fraîcheur. Pour ne pas dire une fraîcheur certaine. Empruntée tour à tour à Lush, Throwing Muses, Veruca Salt, Sugarcubes, les Slits, Superchunk ou Archers of Loaf. Faut dire que la formation compte pour personnages centraux, une chanteuse et une guitariste. Les trois kids se partageant la seconde râpe, la basse et les drums. Un disque qui peut se révéler tantôt torturé, complexe ou intimiste démontrant, chez ce quintette une force créative hors du commun, même si parfois elle en devient oblique. "I am beatiful" constituerait apparemment le premier album du quintette, un morceau de plastique qui a bénéficié du concours de Jim Rondinelli (Sloane, Urge Overkill, Jayhawks) à la production.

 

Jupiter Coyote

Lucky day

Écrit par

Allman Brothers Band, Doobie Brothers, Lynyrd Skynyrd, Toto et surtout les Eagles, toute une panoplie de formations qui doivent certainement hanter les nuits de ce quintette yankee. Jupiter Coyote (NDR: rigolez pas, mais chaque fois que je tape la première partie de ce nom, je remplace inconsciemment le t par un l!), aurait dû naître au cours des seventies. Sa sensibilité mélodique est finement sculptée dans un rock carré, sudiste, sophistiqué, privilégiant les harmonies de guitares jumelées, un peu comme si inconsciemment, il essayait de retrouver la formule magique de « Hotel California ». Mais le charme est rompu depuis bien longtemps!...

 

Jack Frost

Snow job

Snow Job constitue le deuxième album de cet ensemble australien drivé par l'ex Go-Betweens, Grant McLennan et le leader du défunt Church, Steve Kilbey. Un disque dont la sophistication du son frôle la perfection, à l'instar du premier opus éponyme du groupe. Un raffinement qui n'est pas sans rappeler la pop luxuriante d'un House Of Love, le psychédélisme intimiste de Robyn Hitchcock et l'éloquence moyenâgeuse de Paul Roland. Même si certaines compositions piochent manifestement dans l'histoire de la pop et du rock. Celui de la fin des sixties et du début des seventies, en particulier. Notamment "Dry rock" plus Stones que nature, cette "Little song" à la mod Kinks et le dylanesque "Angela Carter". Mais la quintessence de l'œuvre est atteinte sur le pénultième fragment, "Haze", petite perle de plus de six minutes dont la fascination obsessionnelle devient progressivement indélébile...

 

Jack

Pioneer soundtracks

A l'instar des musiciens de Tindersticks, ceux de Jack se partagent une multitude d'instruments. Depuis la guitare à la batterie en passant par les drums, la basse, le piano, l'alto, le violoncelle, le violon, les cuivres et les claviers. En outre, les compositions sont également enrichies d'arrangements orchestraux sophistiqués, majestueux... Mais ici cessent les comparaisons. Déjà que Jack compte sept musiciens, alors que Tindersticks n'en dénombre que six; mais la véritable différence se situe au niveau du ton abordé par les deux ensembles. Glacial, ténébreux, nicotiné par le timbre vocal de Stuart Staples chez le sextette, il se révèle plus enlevé, plus remuant parfois, voire tempétueux chez la formation galloise. Une texture dont l'amplitude est dynamisée par la voix tantôt mystérieuse, susurrée, tantôt opératique, décadente d'Anthony Reynolds (Matt Johnson?) qui épanche ses lyrics dans un langage ésotérique, obsédé par la misogynie, l'alcoolisme et la déchéance humaine. Neuf fragments composent ce "Pioneer soundtracks", neuf mélodies exquises, tâchées de sensualité qui, dans un espace d'ombres et de lumières, vacillent ou s'estompent comme balayées par un tourbillon de mélancolie...

 

Jale

So wound

Quatuor exclusivement féminin, acronyme de Jennifer, Alyson, Laura et Eve, Jale pratique un popcore aussi spontané, fragile et contagieux que celui de Veruca Salt. Moins furieux, moins âpre cependant; sa texture épousant plutôt des caractéristiques country (Walkabouts) que métalliques (Pixies). Un combo canadien (Halifax, Nouvelle Ecosse) responsable de pop songs rafraîchissantes, spontanées, délicieusement saupoudrées d'harmonies vocales célestement sucrées...

 

Indochine

Unita

Deux nouveaux CD pour le mythique (pourquoi pas?) groupe français Indochine. Deux compilations en vérité. La première: "Unita", qui n'est qu'un "Best of". La copie conforme du "Birthday album" sorti il y a quatre ans. Tous les standards du trio y sont repris. De "L'aventurier" (1982), à "Savoure le rouge" (1993). En passant par le sociopolitique "Les Tzars", le naïf et puéril "3 nuits par semaine", une version live du "3e sexe", le romantique "Le baiser" ainsi que sept autres chansons toutes aussi connues. Un point positif peut-être, l'inédit qui ouvre cet "Unita" et qui devrait être retenu sur un nouvel album prévu fin de l'année: "Kissing my song". Sorte de Depeche Mode français à la fois excitant et planant. Pour le second CD "Les versions longues", ce sont treize chansons qui ont été remixées afin d'allonger leur durée. Un disque tout aussi inutile. Les versions les plus courtes ne sont elles pas les meilleures ? En tout cas, on se demande vraiment ce que fait le groupe depuis qu'il est orphelin du guitariste/compositeur Dominique Nicolas. Sortir deux "Best of", un remix LP et un live en à peine 4 ans, c'est vraiment pas très sérieux. Surtout quand on connaît le potentiel de la formation. A quand l'‘Unplugged’ voire le ‘Tribute to’!

 

Indochine

Wax

Amour, sexualité, sensualité, rêves, la sensibilité adolescente profondément ancrée au navire Indochine est toujours aussi présente sur le nouveau CD du duo français. C'est en tous cas ces signes distinctifs qui ont fait du groupe ce qu'il est aujourd'hui. Quant à la musique, ni le départ de Dominique, ni l'endroit (Brusselles!!!), ni la production de Djoum (Kat Onoma, Urban Dance Squad) n'y ont changé quelque chose. Nous naviguons encore et toujours entre les rythmes chaotiques de Depeche Mode, la fibre mélodique de Telephone, la simplicité d'Etienne Daho et, nouveauté, la nostalgie de Pascal Obispo. Deux titres sortent quand même du lot. Le premier, " Kissing my song " où Indochine est parvenu à réaliser quelque chose de bien neuf. Le second " Drugstar " qui, par contre, nous a bien fait rire, nous rappelant le célèbre sketch des Inconnus, " Isabelle a les yeux bleus "... Heureusement, le reste de l'album tient très bien la route. Et après 16 ans de bons et loyaux services, nous devons quand même tirer notre révérence...

 

Iron Maiden

Best of the beast

Archétype du groupe hard par excellence, Iron Maiden n'est pas, il faut l'avouer, un groupe que nous affectionnons tout particulièrement. Pourtant, son existence remonte à 1976. Et nonobstant une foultitude de changements de personnel, il est toujours demeuré fidèle à une certaine image. Et quelle image! Puisqu'elle représente un monde peuplé de monstres les plus hideux, les plus odieux que vous hésiteriez même à regarder dans le plus cauchemardesque des films d'épouvante. " Best of the beast " constitue, vous l'imaginez, une compilation. Un double CD présenté sous la forme d'un booklet luxueux, abondamment illustré, enrichi de l'arbre généalogique du groupe, et surtout qui réunit 27 fragments enregistrés depuis 1978 dont quelques raretés et un inédit, " Virus ", composition qui devrait incessamment sortir en single

 

Chris Isaak

Baja sessions

Chris Isaak doit avoir attrapé un fameux coup de blues pour oser enregistrer un album de cette trempe. Bien sûr, ce rocker mélancolique s'est toujours identifié à ses idoles; et en l'occurrence Elvis Presley, Roy Orbison et Ricky Nelson... Mais de là à le voir enregistrer un album aussi revivaliste, il y a un pas que nous n'imaginions ne jamais le voir franchir. Sur les treize titres de ce "Baja sessions", seuls "Wrong to love you", l'excellent et subrepticement rogné de claviers sixties "Two hearts", ainsi qu'une version plus alanguie de "Dancin'" échappent au syndrome des fifties. Evidemment, les quinquagénaires qui ont la nostalgie de ballades sentimentales "surfées" d'accords de guitares "hawaïens", vont se régaler; d'autant plus qu'ils vont retrouver à côté de chansons volontairement démodées quelques reprises de classiques signés Orbison ou immortalisés par le King...

 

Icecream Hands

Travelling made easy

Il a fallu patienter jusqu'au 15ème morceau du disque pour enfin nous mettre quelque chose sous la dent. Puis attendre les quatre derniers titres. Des ‘bonus tracks’ réservés à des covers, par dessus le marché. Un comble! Notamment. "Executioner" de Robin Hitchcock et "Swingin' party" de Paul Westerberg. Westerberg, cherchez bien, c'était le leader de Replacements. Un monument adulé par Icecream Hands. Tout comme les Crowded House, d'ailleurs. Ce qui vous donne une petite idée du style pratiqué par ces Australiens. Enfin, reproduit sous une forme plus lisse, plus tendre, plus sophistiquée. Avec de superbes harmonies vocales partagées entre les quatre musiciens du combo. Dans le désordre, on y retrouve même un timbre proche de Roddy Frame (Aztec Camera) et des inflexions empruntées à Elvis Costello. Maintenant, allez-donc comprendre pourquoi la mayonnaise ne prend pas. On parie qu'ils sont allés chercher l'œuf d'Heliogabale...

 

Idaho

Three sheets to the wind

Faute d'American Music Club, il faudra donc consommer du Red House Painters ou de l'Idaho. Trois saveurs finalement fort proches. Tout au moins dans le style contemplatif et mélancolique. Jeff Martin (rien à voir avec le leader de Tea Party) en est le chanteur, compositeur, guitariste et surtout le guide spirituel. Et John Berry son fidèle apôtre. Lors de l'enregistrement des deux premiers albums. "Years after years", et "This way out", le duo s'est d'ailleurs partagé la quasi-totalité du boulot. Pour la confection de "Three sheets to the wind", il s'est cependant décidé à s'entourer d'un véritable groupe, et peut aujourd'hui envisager de partir en tournée. Ce qui ne change cependant pas grand chose au style musical pratiqué par Idaho. Dix titres tourmentés, douloureux, dont la torpeur stimulante émane des sonorités impressionnistes d'un piano, d'une ligne de basse sinistre, de bouffées d'électricité austères, indolentes, fiévreuses, chargées de feedback et surtout de la voix fatiguée, blême de Jeff. Un album possédé à la fois par la vulnérabilité tranquille de Nick Drake et la complexité morbide de Leonard Cohen...

 

Immaculate Fools

Kiss and punch

En 1989, les frères Ross quittaient le navire, laissant au gouvernail les frangins Weatherill flanqués de trois nouveaux musiciens. Après un silence de plus de cinq ans ils nous reviennent sous un même line-up, mais avec un style plus blues. Hormis "Hard Peace", dernier héritage de "Hearts of fortune" voire de "Dumb poet", toute la texture acoustique, qui faisait le charme d'Immaculate Fools, s'est évaporée. Même la voix de Kevin Weatherill, autrefois si proche d'un Peter Hammill ou d'un Richard Butler a perdu de son registre, de sa superbe; comme si elle souffrait de laryngite aiguë. "Kiss and punch" marque pour le quintette une nouvelle orientation musicale. Davantage tournée vers les seventies. Avec dans le meilleur des cas, des chansons qui avouent un petit faible pour Kevin Coyne voire Van Morrisson. Et dans le pire, qui adoptent le profil prog rock de Genesis circa "The lamb lies down on Broadway"...

 

Gang Of Four

Shrinkwrapped

Il faut avouer qu'au départ, l'idée de cette reformation nous avait laissés perplexes. D'autant plus que ni Sarah Lee, ni Dave Allen, bassistes successifs du combo, et encore moins le drummer Hugo Burnham n'étaient impliqués par le projet. Andy Gill et Jon King, respectivement guitariste et chanteur du mythe de Leeds, ont d'ailleurs dû engager une flopée de musiciens de studio pour atteindre leur objectif. Et, le résultat va au delà de nos espérances. Les riffs de guitare cinglants cisaillent les mélodies pop avec une redoutable efficacité. La voix acérée d'Andy essaime ses lyrics intelligents, féroces à défaut de ne plus être aussi engagés. Le tempo est syncopé, en constante effervescence électrique... Gang of Four vient de renouer avec le ‘white funk’ comme au temps de sa splendeur!

 

Peter Hammill

Collected

Écrit par

Compilation très sélective pour l'ex-leader du Vander Graaf Generator, puisque dix des treize titres qui composent l'album couvrent une période qui s'étale de 1992 à 1996. C'est à dire, à partir du moment où Peter s'est décidé à enregistrer sur son propre label, "Fie". Les trois autres compositions relèvent d' "Enter K" (82) et de "Patience" (83), disques pour lesquels l'artiste a racheté les droits d'auteur. Un recueil qui ne permet cependant pas de se faire une idée précise de son œuvre, parce qu'elle n'embrasse qu'un bon quart de sa discographie, entamée, faut-il le rappeler, en 1968...