Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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La vérité selon RORI

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au festival Rock en Seine, devant 40 000 spectateurs, RORI poursuit son ascension. Cet été, elle s'invite sur les scènes de plusieurs festivals dont Les Francos à Esch/Alzette, Les…

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PJ Harvey

4 Track Demos

Si l'œuvre d'un artiste rock se révèle au fil du temps et de ses albums plus abordable et plus léchée, il faut admettre que pour PJ Harvey, c'est le phénomène inverse qui se produit. Vulnérable et fruité à l'origine ("Dry"), venimeux et torride par la suite ("Rid Of Me"), son expression s'est traduite sur "4 Track Demos" en termes de virulence et de sécheresse. Pas de batterie. Juste la voix déchirante de Polly Harvey et des cordes de guitares tendues, lancinantes, sournoises. Dix compositions ultimes, farouches qui luttent sans merci contre la mythologie romantique de la musique pop. En Grande-Bretagne, cet opus a déclenché l'enthousiasme communicatif des médias, un enthousiasme que nous ne parvenons pourtant pas à partager, parce que l'écoute exhaustive du CD a fini par nous excéder...

 

Ben Harper

Welcome To The Cruel World

Malgré son look rasta, Ben Harper n'est pas un musicien de reggae. Si Bob Marley symbolise pour lui un mythe, c'est davantage pour son engagement politique que pour sa musique. D'ailleurs Ben est né en Californie, à une cinquantaine de miles de Los Angeles. Tous les membres de sa famille étaient musiciens. Pas étonnant qu'à l'âge de six ans il grattait déjà de la guitare et qu'à douze, il se produisait en public. La guitare est d'ailleurs demeurée sa confidente. Classique, dobro ou slide elle évolue constamment sur un mode acoustique. Ce qui n'empêche pas Ben d'être un grand admirateur de Jimi Hendrix. Mais également de bluesmen célèbres comme Robert Johnson, Ry Cooder ou Taj Mahal, avec lesquels il a déjà joué. Ben Harper est donc un virtuose de la guitare. Mais plutôt que d'étaler sa technique, il met ce talent au service de l'émotion, tirant parti de chaque silence, de chaque espace et de chaque note pour sculpter la mélodie. Et puis au service de ses lyrics, véritable gage de la conscience sociale et politique, qu'il chante d'une voix tendre et versatile. Enfin pour ne pas s'asphyxier dans un carcan folk traditionnel, Ben bénéficie tout au long de ce "Welcome To The Cruel World" d'un accompagnement fondamentalement rock. Guitare électrique exceptée...

 

Peter Hammill

There Goes The Daylight

1993 a donc marqué le retour de Peter Hammill aux valeurs fondamentalement du rock. Sur son album, et puis lors de sa dernière tournée, il a ainsi colporté sa propre version de la noisy. On se souvient même du concert époustouflant accordé en mai dernier au Botanique. Faut croire qu'en d'autres circonstances, il s'est montré encore plus brillant, puisque de ce périple à travers l'Europe, c'est finalement le concert dispensé au ‘Grand’ de Londres, le 29 avril dernier qui a été retenu pour alimenter ce ‘live’. Un set qui s'ouvre par "Sci Finance (revisited)" sur un tempo ‘reedien’ avant de revenir à un style plus sismique, voire même progressif dans la lignée de "Sitting Targets" ou de "Margin". Une constante cependant, les guitares acérées, lapidaires, les remous de basse, les éclairs de violon jazzyfiants et puis cette voix écorchée, unique, capable de déchirer votre âme. Peter a encore tapé dans l'Hammill !...

 

Peter Hammill

Roaring Forties

Il nous avait pourtant déclaré, l'an dernier, avoir mis un terme aux aventures de Vander Graaf Generator, et vouloir conjuguer sa musique à tous les temps du présent et même du futur. Son album "The Noise" constituait d'ailleurs un formidable acte de foi (NDR: de foi ou d'espérance?). Sur la forme, il a tenu parole. Mais sur le fond, il vient purement et simplement de la renier. Ce n'est pas un reproche, mais une constatation. Car ce "Roaring Forties" nous replonge dans le climat conceptuel de "Pawn Hearts" ou de "The Future Now". On y retrouve par exemple une composition de près de vingt minutes découpée en sept mouvements, "A headlong stretch", et deux autres qui oscillent autour des neuf minutes. L'ex-saxophoniste du VDGG, David Jackson et l'ex-violoniste du VDG (cherchez la nuance!) jouent ici un rôle beaucoup plus conséquent, par rapport au statut d'invité, auquel ils étaient confinés depuis plusieurs années. Ce qui confère à cette œuvre une richesse sonore fascinante, complexe, pour ne pas dire progressive (!). Et lorsque la solution de "The gift on fire" est aspirée dans un tourbillon d'orgue hammond sauvage (G: ce n'est pas Hugh? B: Non, Simon Clarke!), le spectre de "H to he who am the only one" nous traverse l'esprit. Deux fragments font paradoxalement référence aux Beatles et aux Stones. Aux Fab Four, d'abord. Bien qu'adapté à un format symphonique "Sharply Unclear" échafaude une structure de cordes de guitare par paliers, réminiscente d'"I want you". Tandis que "You can't want what you always get" est une allusion à peine voilée au tube de la bande à Jagger/Richards...

 

Peter Hammill

Offensichtlich Goldfisch

En parfait polyglotte, Peter Hammill s'est donc laissé tenter par la traduction d'une de ses œuvres. Nous pensions sincèrement qu'il aurait opté pour la langue de Voltaire. Parce qu'il séjourne régulièrement outre-Quiévrain. Et puis parce qu'il s'exprime très bien dans cette langue. Contre toute attente, Peter a opté pour celle de Goethe. Un choix qui s'explique probablement par la situation géographique de son relais de distribution qui, si vous l'ignorez encore, est établi en Allemagne. Sans quoi, cet "Offensichtlich Goldfisch" reproduit intégralement le contenu musical de son dernier album "The Noise". Mais l'interprétation paraît encore plus âpre, plus impénétrable. A notre humble avis, au vu de la richesse et du caractère contemporain des textes, cette version pourrait facilement servir de base à un travail scolaire...

 

Peter Hammill

Loops & Reels

Tout comme Robert Fripp et Brian Eno, Peter Hammill a mené fin des seventies, début des eighties des expérimentations sur les collages et les boucles à l'aide d'enregistreurs à bandes. Des travaux qui ont en quelque sorte préfiguré la technique du sampling. "Loops & Reels" réunit sept de ces applications effectuées entre 79 et 83, sept fragments qui avaient fait, à l'époque, l'objet d'une cassette devenue aujourd'hui quasi introuvable. Deux titres avaient cependant servi de support musical à une chorégraphie de Nikolas Dixon, ("My Pulse" et "In Slow Time"), alors que le titre maître avait figuré sur la compilation "Music & Rhythm" enregistrée au profit du WOMAD.

 

Hammerhead

Into the vortex

Il vous est peut-être arrivé, à l'issue d'une soirée bien arrosée, de vous éveiller le lendemain matin avec une horrible gueule de bois. Vous avez parfois même l'impression qu'un intrus s'est glissé à l'intérieur de votre caboche pour y asséner des coups de marteau... Aussi subtil qu'un bootleg de Black Sabbath ou qu'une prestation de Grand Funk Railroad dans une aérogare, ce tourbillon creux qui prend naissance dans un fluide en écoulement provoque un effet similaire. Suffit donc d'enlever le bouchon de vidange pour évacuer la pression. Et en cas de récidive d'y ajouter une bonne dose de ‘destop’!

 

Terry Lee Hale

Frontier Model

Bien que quadragénaire, on ne peut pas dire que l'œuvre de Terry Lee Hale soit particulièrement prolifique. A ce jour, il ne compte à son actif que quelques cassettes, deux albums ainsi que des participations sporadiques à l'une ou l'autre compilation. Mais depuis qu'il a décidé de se fixer à Seattle, les événements prennent pour lui une tournure de plus en plus favorable. Lors de l'enregistrement de "Frontier model", il a ainsi bénéficié du concours de Carla Togerson et de Chris Eckman des Walkabouts. Chris produisant par ailleurs ce deuxième elpee. Un environnement favorable au climat acoustique. Mais au sein duquel Terry ne s'enferme pas systématiquement, préférant un peu à la manière d'un Dylan, dynamiser son country folk (courtisé par le violon, le banjo, la guitare sèche ou l'accordéon) à l'aide de subtiles mais efficaces interventions de blues, de rhythm’n’blues et surtout de rock électrique...

 

The Hair & Skin Trading Company

Go Round (Ep)

Lorsque Loop s'est désintégré, Robert Hampson et Scott Dawson ont décidé de poursuivre leur collaboration au sein de Main. Restait Neil Mackay et John Willis, respectivement drummer et bassiste du défunt combo. Mais plutôt que de pleurer sur leur triste sort, les deux exclus se sont associés au guitariste Nigel Webb pour fonder The Hair & Skin Trading Company. Et contrairement à ce qui aurait dû se produire, c'est cette dernière formule qui se révèle la plus excitante. Bien sûr, "Go Round" se limite à un Ep. Mais constitué de quatre voyages soniques, visionnaires, il nous entraîne dans un univers sonore tantôt hypnotique (Can, Faust), post psychédélique (Spiritualized, Spectrum, Darkside) ou angoissant (Swans).

 

Hüsker Dü

The Living End

Fondé en 1979, ce trio de Minneapolis a été le véritable détonateur du mariage entre la musique pop et punk, aux States. Réponse américaine à Jesus & Mary Chain, Hüsker Dü ne récoltera jamais qu'un succès très confidentiel. Et en tous cas, pas celui qu'il aurait amplement mérité. Lorsque la formation splitte en 1987, la voie est toute tracée pour célébrer le retour de la guitare électrique. Mais ce ne sera qu'en 1990, que le mouvement va prendre toute sa dimension au pays de l'Oncle Sam... "The Living End" immortalise les toutes dernières prestations ‘live’ du groupe, exécutées à Chicago, Toronto, Montréal, Washington, New York et Atlanta, entre le 10 septembre et le 24 octobre de l'année fatale. Vingt-quatre titres, parmi lesquels figurent deux inédits ("Now that you know me" et "Ain't no water in the well") et une cover des Ramones ("Sheena is a punk rocker"). Le reste étant bien évidemment réservé à un éventail judicieux extrait des six albums de l'ensemble. On y retrouve, avec beaucoup de plaisir, toute cette fulgurance juvénile, toute cette intensité fiévreuse gonflée à l'électricité, toutes ces mélodies échevelées, crépitantes, qui déclenchent de véritables bouffées d'enthousiasme. Un testament!

 

Rich Hopkins

Dirt Town

A l’instar de Chris Cacavas, Rich Hopkins est probablement un des derniers artistes à perpétuer l'intensité électrique du Paisley Underground. En 93, cet ex-Sidewinders, ex-Sand Rubies s'était ainsi illustré par un formidable album en compagnie de David K Seger au sein de l'éphémère (ça rime) Underbelly. Et bien ce "Dirt Town" est de la même veine. Chargé d'électricité vivifiante, rafraîchissante, vertigineuse. Tantôt on pense avoir retrouvé la trace de Crazy Horse, de Quicksilver, de Dream Syndicate, de Green On Red, voire d'une manière plus contemporaine de Dinosaur Jr ou de Sugar. Mais la musique d'Hopkins est trop riche et lumineuse (!) pour se contenter d'absorber des références et des clichés. Elle les vampirise pour les magnifier. Et le plus souvent à l'aide d'un sens mélodique particulièrement acéré que souligne la voix claire et onctueuse de Rich qui paradoxalement, vient seulement de se décider à chanter. Un must !

 

Hoodoo Gurus

Crank

Produit par Ed Stasium (Living Colour, Smithereens), le sixième album des Hoodoo Gurus pète littéralement des flammes. Il dispense la même énergie sulfureuse, excitante, flamboyante, zébrée de cordes de guitare cinglantes et menaçantes et abrasée par la voix rauque, venimeuse de Dave Faulkner, que sur les planches. Treize chansons de psyché garage qui vous prennent à la gorge sans jamais lâcher prise. Pas étonnant que les Fleshtones considèrent que ces Australiens disposent du meilleur ‘groove’ au monde...

 

Hole

Live Through This

Hole est le groupe de Courtney Love, veuve de Kurt Cobain. Son album est sorti quelque temps avant le suicide de son époux. Ce qui explique pourquoi il sera très difficile de ne pas évoquer la mémoire de l'ex-leader de Nirvana en rédigeant ces quelques phrases. Son ombre plane d'ailleurs tout au long de ce "Live Through This". Et pourtant, ce disque n'est pas seulement hanté par le grunge. Le line up aux trois-quarts féminin justifie cette réserve. La première moitié du disque exhale même certains effluves de hardcore juvénile propres aux Breeders et à Magnapop. Alors que la seconde flirte avec le post punk introspectif de Babes In Toyland. Sur cette portion d'album, Courtney hurle d'une voix enrouée ses lyrics avec férocité, passion, angoisse et colère. Et lorsque le destin s'en mêle, cet opus n'en devient que plus poignant et douloureux...

 

Godspeed + Jetlag

Godspeed + Jetlag

Formation néerlandaise, Godspeed + Jetlag nous vient de Maastricht. Un ensemble affublé d'un curieux patronyme mais responsable d'un album intéressant. Tout au long de ce morceau de plastique, ce combo parvient à filtrer son hardcore post industriel dans la techno, la house ou le dub, avec beaucoup de bonheur. Imaginez un peu les Young Gods revus et corrigés par le Primal Scream de "Screamadelica" ou le Jah Wobble de "How much are they". Pas évident et plutôt étonnant !

 

God

The Anatomy of Addiction

Pas moins de dix musiciens participent au culte de God. Dix apôtres qui se partagent trois basses –dont une double–, deux guitares, un violon électrique, une batterie, des percussions, des samplings, des cuivres et le chant. Pour corser le tout, la congrégation a engagé un onzième disciple, un certain Alex Bluess, pour souffler dans la clarinette. Fatalement la musique de God est riche. Très riche. Trop riche même, puisque nous n'avons pu l'encaisser qu'à doses homéopathiques. Difficile dans ce contexte d'être totalement converti à cette doctrine sonore. Album impénétrable et nauséeux, "The Anatomy of Addiction" prêche pour la cacophonie organisée. Sorte de jazzcore où s'entrechoquent toute la panoplie d'instruments meurtris, gémissants, agonisants. Et si un jour, vous avez pensé qu'il n'était pas possible de concilier les styles de Butthole Surfers, de Head of David, de Godflesh et De Captain Beefheart, il faudra revoir votre jugement, car nous avons bien peur que ce combo fasse le maximum pour atteindre cet hybride diabolique.

 

The God Machine

One Last Laugh In A Place Of Dying

Jimmy Fernandez, bassiste de God Machine, s'est donc éteint en mai dernier. Atteint d'une tumeur au cerveau, il était entré dans sa vingt-huitième année... "One Last Laugh In A Place Of Dying" n'a pas été enregistré par les deux membres survivants. Mais bien par le trio. En septembre de l'année dernière. A Prague très exactement. Robin Proper-Sheppard et Ronald Austin ont décidé de sortir cet opus pour à la fois rendre hommage à leur ami disparu et mettre un point final à l'existence du groupe. Un disque qui prend une toute autre dimension à la suite de cet évènement tragique. Ses compositions paraissent davantage sombres, douloureuses. Quatorze mini psychodrames qui naviguent entre la vie et la mort, la confiance et la trahison, la solitude et la perte, la foi et le doute, sur un vaisseau sonore à la fois hypnotique et spectral. Là où les guitares frénétiques, urgentes se consument avec une intensité absolue, où le piano élégiaque et les arrangements de cordes luxuriantes se déchirent puis se cicatrisent, où la voix désolée, crispante de Robin nous demande de partager son chagrin. Bouleversant !

 

God Bullies

Kill the king

Album très inégal pour cet ensemble issu du Michigan capable du meilleur comme du pire. Le pire, c'est lorsqu'il s'égare dans des élucubrations semi-expérimentales, semi-futuristes, élucubrations qui servent uniquement de support à des déclamations chargées de concupiscence et de haine. Le meilleur, c'est lorsqu'il permet à son guitariste de développer des structures de cordes de guitare glacées, acérées, geignardes, un peu comme chez le défunt et mythique Danse Society. Mais en général, les God Bullies pratiquent une forme de psychobilly gothique, torturé, rampant, spectral et reptilien, à la croisée des chemins des Cramps, de Christian Death et de Birthday Party. Avec en avant-plan la voix possédée, malveillante de Mick Hard qui passe son temps à régler ses comptes avec la politique, la religion et la censure (même à travers les notes de la pochette!), lorsqu'il n'entame pas une conversation salace avec le sexe opposé. Délirant!

 

The Goats

No Goats, No Glory

Cypress Hill, Snoop Doggy Dog et les Beastie Boys sont probablement aux Goats ce que le trois-pieds est à la Pythie. La chèvre y rend des oracles chargés de hip hop, de hardcore, de jazz, de trash et surtout de rap, avec l'esprit éthéré, expérimental d'un Ryuichi Sakamoto et les artifices scratchés, cuivrés, samplés, funkyvores d'un Run DMC. Pas la peine d'en faire tout un fromage!

 

Giant Sand

Purge and Slouch

Howe Gelb n'en finit plus de brouiller les pistes. Souvenez-vous de "Center Of The Universe", son dernier opus. Chris Cacavas, ex-claviériste de Green On Red, y avait participé. Et miraculeusement, Giant Sand renouait avec une certaine forme de garage plus rituelle, plus savoureuse. Pour "Purge And Slouch", il a décidé d'expérimenter de nouvelles combinaisons musicales. Basiquement country folk, elles affrontent tantôt le blues, le rock, le free jazz ou la musique concrète lorsqu'elles n'explorent pas le minimalisme sulfureux de Violent Femmes ou le punk déstructuré de Sonic Youth. Et comme le timbre vocal profond, à la limite du beefheartien d'Howe dessèche ce qui subsiste comme élément mélodique, vous comprendrez aisément pourquoi nous pensons que Giant Sand est occupé de prêcher dans le désert...

 

Giant Sand

Glum

Fin de l'année dernière, Giant Sand commettait un disque expérimental, basiquement country folk, mais pigmenté d'accès de jazz, de musique concrète, de minimalisme, voire de punk déstructuré. Un opus difficile à assimiler pour ne pas dire indigeste. Aujourd'hui, la bande à Howe Gelb a décidé de revenir à un garage rock plus conventionnel. Donc chargé d'électricité. Un style qui correspond beaucoup mieux à la définition du rock urbain défendu par Giant Sand. Encore que le timbre vocal rauque, venimeux de Howe s'autorise des inflexions largement dylanesques. Et si l'on décèle l'une ou l'autre extravagance ou élan émotionnel lié à la vie privé de Gelb, en général ce "Glum", qui a bénéficié de la production de Malcolm Burn (Iggy Pop, Neville Brothers, John Mellencamp), navigue dans les eaux tumultueuses, troubles, marécageuses charriées par Pavement, Pixies ou autre Crazy Horse. Deux fragments libèrent même une intensité digne de Neil Young : "Happenstance" et "I helvakoboy song"...

 

Lisa Germano

Geek the girl

Deuxième album en moins d'une année pour cette artiste yankee (Indiana) qui relève du label arty britannique 4AD. Un choix tout à fait judicieux en vertu de la sensibilité musicale affichée par Lisa. Une expression à la texture atmosphérique glacée, torturée, mélodramatique tramée dans les cordes de guitare blêmes, renfrognées, les drums minimalistes, les breaks de piano macabres, et alimentés de lyrics vulnérables, angoissés, que chuchote d'une voix spectrale, maussade, innocente Lisa Germano. Un album dont la beauté mélancolique n'est certainement pas de nature à requinquer les dépressifs...