L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

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Al Basile

The goods

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Al Basile est compositeur, poète, chanteur et musicien. Il a décidé de quitter le big band Roomful of Blues pour embrasser une carrière solo. Et manifestement, son parcours individuel a déjà été couronné de succès. « The goods » constitue d’ailleurs son huitième opus personnel, discographie entamée en 1998 par "Down on Providence Plantation". Il y a plus de 40 ans qu’il est un ami de Duke Robillard. Les deux artistes sont même fort proches. Pas étonnant que Robillard soit préposé à la mise en forme de cet elpee et que son band ait participé aux sessions d’enregistrement. Un concours que pas mal de musiciens aimeraient bénéficier.

A l’issue de ses études universitaires, Al était bardé de diplômes. Il aime jouer avec les mots, les mettre en partition. Il est conteur. Poète aussi. Et lorsqu’il mêle rimes et blues, il obtient ce qu’il appelle lui-même de la poésie en douze mesures.

"The Price (I got to pay)" est une plage bien rythmée qui libère un maximum de groove. Il se réserve la première escapade sur son instrument, une espèce de trompette trapue dont il est l'un des protagonistes les plus doués. Un coup d’accélérateur au tempo et il attaque "Along come the kid", une compo inspirée d’une chanson de Jimi Hendrix qu'il avait entendue la première fois, en 1971. Pour la circonstance, c’est Duke Robillard qui tire son épingle du jeu, un musicien capable de se débrouiller au sein d’une multitude de styles. Al est vraiment excellent aux vocaux lors des ballades mélodiques. Il y étale même toute sa classe. Et il devient même impressionnant, lorsqu’il est soutenu par des chœurs. Comme lorsqu’il est épaulé par les Blind Boys off Alabama. A l’instar de "Lie down in darkness (Raise up the light)", une chanson saturée de mélancolie ; mais aussi un des sommets de cette œuvre. Une compo au cours de laquelle ce feeling empreint de désespoir lui permet de dispenser un excellent phrasé sur son cornet. Al a écrit "843 million" à la manière d’une B.O. pour thriller. Parcouru de bruitages (crissements de pneus de voitures, sirènes de police hurlantes, détonations d’armes à feu), le morceau adopte un format R&B bien funky. Le cornet, l'orgue Hammond de Bruce Bears et la basse de Brad Hellen en profitant pour tisser des arabesques. Al Basile, c'est avant tout une voix. Elle est naturellement puissante, claire et véhicule énormément d’émotion. Et est taillée sur mesure pour chanter une ballade soul. Un peu comme celle d’Otis Redding, au cours des sixties, lorsqu’il relevait du label Stax. Et "Time can wait" en est la plus belle illustration. "I want to put it there" puise ses sources dans les rythmes de la Nouvelle Orléans. Mark Teixeira imprime le tempo. Bruce est passé au piano. Il se réincarne au sein des meilleurs joueurs locaux comme Allen Toussaint ou James Booker. Emporté par l’ivresse de l’instant, Al souffle dans son cornet. Long blues lent, "Mr Graham Bell" décrit les relations amour/haine vécues entre l'artiste et son téléphone. Il s'en prend alors à son inventeur. Caractérisé par l’excellent exercice vocal, ce blues laisse transparaître des accents jazz. A cause des interventions de Bears aux ivoires. Trempé dans le Memphis R&B, "She's a taker" divertit par son regard positif sur les relations entre homme et femme. "Reality show" adopte un même style. L’orgue de Bears s’y infiltre à la manière d’un Booker T Jones. Arrangés par Doug James, les cuivres sont bien présents. "Pealing bells" baigne dans le gospel. Remarquable, cet exercice vocal est exécuté face aux cordes réverbérées du Duke. Basile retourne une dernière fois à New Orleans pour accueillir le Père Noël, lors d’un "Don't sleep on Santa" impliquant Doug au piccolo ainsi qu’Al au cornet et au guiro. De toute bonne facture, cet opus s’achève par une dernière ballade soul, intitulée "Distant ships".

Al Basile

Soulblue 7

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Al est un artiste complet. Trompettiste (NDR : il joue surtout du cornet !), chanteur et compositeur, il jouit également d’une solide réputation comme écrivain et poète. Il a milité au sein du Roomful of Blues, le célèbre big band de Rhode Island. Il a ensuite embrassé une carrière de professeur. A la fin des années 80, le célèbre guitariste Duke Robillard lui demande de l’épauler. Et notre artiste de reprendre goût à la carrière musicale. Il concocte ainsi "Down at Providence Plantation", son premier elpee solo, en compagnie du Duke Robillard Band au grand complet. Depuis, il édite régulièrement de nouvelles œuvres, dans un style, à chaque fois, sensiblement différent.

Vous l’aurez deviné, ce "Soulblue 7" constitue le septième chapitre de cette aventure personnelle. Pour la circonstance, il est consacré au blues et à la soul. Lors des sessions d’enregistrement de cet elpee, il a bénéficié du concours de collaborateurs notoires. Et pour cause, le Roomful of Blues a été pratiquement reconstitué. Soit le guitariste Robillard, le bassiste Marty Balou, le drummer Mark Teixeira, le claviériste Bruce Katz et trois cuivres tout aussi balèzes ; en l’occurrence Rich Lataille au sax alto, Doug James au sax ténor et baryton ainsi que Carl Querfuth au trombone. Al signe bien entendu les treize plages ; son ami Duke, se chargeant de la mise en forme.

"Housekey blues" est une ouverture royale. Les percussions de Marty s'installent et progressivement Duke égrène ses chapelets de notes sur le rythme d'un mambo. La voix d'Al est claire et puissante. Le décor sonore s’enrichit des cuivres et de l'orgue Hammond. Basile se réserve son premier billet de sortie. La sonorité émanant de son cornet est feutrée. Il cède aussitôt le relais à Bruce, avant que Duke n’embraie à son tour. "Dollar to a dime" trempe dans un climat subtilement swing. Le ton est emprunté au jazz. Les cuivres sont discrets. Katz est passé au piano. Le cornet s’affranchit à nouveau. Al est bien un maître de cet instrument ; même si dans le passé il l’a trop peu souvent mis en exergue. "You showed me something" épouse un même profil rythmique. Très jazz cette compo conjugue à merveille le piano et le sax ténor de Doug James. Mais Basile y manifeste également son talent naturel d’instrumentiste. Et honnêtement, je pense qu’il s’agit de la première fois qu’il montre autant le nez à la fenêtre. Slow blues royal, "Lonely are the brave" concède des accents dramatiques, presque tragiques. La six cordes de Robillard est émouvante. Le cornet magique d'Al bouleversant. C’est beau à pleurer ! Cette condamnation à la solitude trahit une telle intensité et une telle profondeur dans l'expression des sentiments éprouvés par les différents acteurs. "I hope you're right" emprunte une forme davantage R&B. Dansante même. Le climat presque pop semble couler de source et accorde des billets de sortie épatants à Duke et Bruce. Et on n’est pas au bout de nos surprises, puisque le reggae s’invite pour "Causing joy". Profilée sur une rythmique répétitive, "This dream (still coming true)" est une longue fresque illuminée par l’intervention au cornet et tapissée par l'orgue à la Jimmy Smith de Kats. Ballade lente, savoureuse, impeccable, "Where are you tonight?" pioche dans le meilleur de Stax. Une chanson d’amour qui transpire le vécu. Invité pour la circonstance, Gordon ‘Sax’ Beadle vient souffler toute sa passion dans son sax ténor. L’étiquette ‘Stax’ pourrait également être collée à "Give it like you get it". Du Memphis R&B très dansant, libérant énormément de groove et destiné à servir de rampe de lancement au cornet devenu intenable. Et le Duke en profite pour se réveiller. Indolente, chaleureuse, "Fool me again" est encore une autre ballade au cours de laquelle tous les instruments s'emboîtent parfaitement. Alors que l'opus s’achève, une étincelle basique de blues jaillit. Et enflamme "Termites in my basement", un morceau très downhome et dépouillé. La section rythmique est discrète mais efficace. Les cordes acoustiques et les accords de piano judicieux. Et c’est l’ami Sugar Ray Norcia en personne qui vient souffler dans l’harmo. Si « Soulblue 7 » n’était pas signé Al Basile, on pourrait le considérer comme le meilleur album de Roomful of Blues, édité depuis bien longtemps ; mais inutile de polémiquer, les mélomanes en tireront eux-mêmes les conclusions… Excellent!

Al Basile

The tinge

Écrit par

A l’origine, Al Basile était écrivain et poète. C’est en rencontrant le célèbre guitariste Duke Robillard qu’il se rapproche de l’univers musical. En 1973, il devient ainsi le trompettiste du big band notoire de Rhode Island, le Roomful of Blues. Depuis une dizaine d’années Al a entrepris une carrière sous son propre patronyme, un parcours ponctué par la sortie d’excellents albums. "The tinge" constitue déjà son sixième. Mr Basile ne manque pas d’atouts. Sa voix est remarquable. C’est un excellent musicien et il jouit d’un don de compositeur inégalable. Et pour couronner le tout, dès qu’il entre en studio, il est rejoint par ses amis. Pour la plupart, des musiciens hors pair ! Duke Robillard se charge de la production et joue de la guitare, Marty Ballou se réserve la basse et Mark Teixeira, la batterie. Sans oublier Bruce Katz aux claviers ainsi que Rich Lataille et Doug James aux saxophones. Excusez du peu ! En présence de cette équipe d’élite, il n’est pas difficile d’imaginer le niveau au sein duquel la musique évolue. Et autant l’avouer tout de suite, vous ne serez pas déçus. Car ce nouvel opus est d’excellente facture. Il ne souffre d’aucune faille et dépasse même en qualité, le précédent elpee, "Groovin’ in the mood room" ; un disque paru en 2006. La production met en exergue les capacités vocales puissantes et tellement expressives de Basile. Une œuvre au cours de laquelle il use et abuse enfin de son cornet. Véritable plaisir pour les oreilles et festival musical permanent, elle est truffée de trouvailles et souligne les exploits individuels de l’ensemble. Particulièrement cool, la musique baigne au cœur d’une atmosphère délicieuse et sophistiquée. Essentiellement alimentée par un jazz libérant un maximum de swing, mais empreint de délicatesse. Un style que l’artiste estime relevant du soul jazz et du swing (NDR : pensez à Kansas City) tout en étant inspiré par le blues traditionnel. Voilà pour l’étiquette !

Dès les premières mesures de "Go back home to the blues", nous pénétrons dans cet univers où se côtoient jazz, blues et swing. Al possède une très bonne voix ; chaude, assez proche de celle de son ami Duke Robillard. Son premier solo au cornet nous situe l'étendue de ses compétences d’instrumentiste. Le schéma est très classique. Il est ainsi suivi par Duke qui libère ses notes en picking, comme un Albert Collins converti au jazz! "Just wait and see", est une ballade bien agréable, irradiée par l'orgue Hammond de Katz. Cuivrée, également. Et en particulier à cause du solo de cornet qu’il module à l’aide d’un obturateur. Slow blues très langoureux, "Airlift my heart" est d’une pure beauté. Basile accorde une merveilleuse partie sur son cornet, dont il étouffe les tonalités à l’aide d’une ventouse (NDR : une idée refilée par Cootie Williams). La présence d’un piano aux accords délicats et raffinés accentue le climat de mélancolie. Saturé de swing, "Not the wrong woman" trempe dans le jazz pur. Marty et Mark soutiennent l'ensemble en libérant beaucoup de groove. Tous les souffleurs (Al, Doug et Rich) se réservent un billet de sortie. "Give me the rainbow" relève également du jazz pur. Al se prend pour un crooner devant le piano acoustique de Katz. L’orgue nous réchauffe le cœur tout au long de "Can I trust you with a kiss?", une ballade, ma foi, fort agréable. "Too slow" reflète ce que Basile fait de mieux. Cette plage indolente, complètement imbibée de jazz et de blues, est ici hantée par l’esprit d’Eddy Cleanhead Vinson. Rich se charge de l'intro à l’aide de son sax alto. Duke se fait plus T-Bone que nature, pendant qu’Al nous enchante de son cornet. Al a de nouveau recours à son obturateur pour "Daddy got a problem" ; une ballade allègre proche du R&B dansant, caractérisée par sa rythmique syncopée. La plaque recèle encore deux ballades sublimes. Mr Basile les aborde à la manière d’Eric Clapton. Tout d’abord "She's in love with losing". Katz joue de l'orgue Wurlitzer en reproduisant les sonorités très 70’s de feu Ray Charles, tout au long de cette plage empreinte de tendresse et d'émotion. Le charme féminin submerge la mélodie de "Losing my cool". Et c’est toujours tendrement qu’Al clôt son opus le plus accompli à ce jour, par "Strawberries and cream". 

Al Basile

Groovin´ in the Mood Room

Écrit par

Al Basile et Duke Robillard se connaissent depuis plus de trente ans. Ils partagent une même passion pour le blues et le jazz. Et puis les aventures musicales de Basile ont souvent croisé celles du célèbre guitariste. Joueur de cornet talentueux, Al a sévi, comme premier trompettiste, au sein du big band notoire, Roomful of Blues. De 1973 à 75. Il a également collaboré à l’enregistrement de tous les elpees de Duke Robillard depuis 1988 (NDR : le premier, "You got me", est paru chez Rounder). Mais Al dispose de plusieurs cordes à son arc. Non seulement c’est un excellent instrumentiste, mais il est également chanteur, compositeur, arrangeur et poète. Il a commis son premier elpee en 1989 : "Down on Providence Plantation". Enseignant, il a pris sa retraite l'année dernière. Il en profite donc pour écrire. "Groovin' in the Mood Room" constitue son cinquième opus. Une œuvre qui démontre sa volonté de se réserver à l'écriture et au chant, délaissant volontairement (et sans doute provisoirement) ses instruments.

Dès l'ouverture, "I got to be the boss", le ton est donné. Un blues rock solide, fortement imprégné de R&B. La voix puissante domine. Elle me rappelle même celle de John Fogerty. Cette excellente composition aurait d’ailleurs pu sortir, tout droit, des bayous louisianais. La cohésion de l’ensemble est impressionnante. Il est vrai que les acteurs ne sont pas des débutants : le bassiste Marty Ballou, le drummer Mark Teixeira et le génial guitariste Duke Robillard. Le rythme prend son envol sur "How much better (better can get)". La voix mâle maîtrise son sujet lors de cette plage sculptée dans le pur rock'n'roll. La guitare du Duke balise parfaitement cette route sonore propice à l’envoûtement. La section rythmique manifeste une puissance de feu étourdissante. "She's on the mainline" fait instantanément mouche. Un R&B caractérisé par la présence des cuivres : Doug James au sax ténor et Al au cornet. "Picked to click" opère un retour au blues dépouillé. On a l’impression d’être englué dans les eaux poisseuses des swamps. La voix est bien posée. Le climat paisible. Légèrement réverbérées, les cordes de Robillard libèrent un maximum d’expression en un minimum de notes. Un travail de maître! "Your turn to pay", constitue, à mon humble avis, la plus belle composition de cet opus. Une ballade douce-amère, indolente, empreinte d’une grande mélancolie. La voix d’Al véhicule ces émotions. Passionnément. Toujours aussi fidèle, Duke y ajoute sa sensibilité personnelle. Avec flamme et intelligence. Une plage absolument remarquable. La musique d'Al Basile est souvent imprimée sur un même tempo. Mais elle se garde bien d’être répétitive. Au contraire. Chaque plage recèle un certain volume d’originalité. Même "Baby sister", une compo inspirée par le "Little sister" de Doc Pomus, interprétée autrefois par Elvis Presley. Al chante passionnément ce morceau embrasé par l'orgue Hammond de Bruce Bears. Autre point culminant de l’elpee, "I'm in the mood" nous entraîne dans une aventure psychédélique. A cause des cordes de Robillard. Trafiquées, puis recomposées à l'envers. C’est le moment choisi par Ballou pour prendre un peu de liberté sur les 4 cordes de sa basse. Trempé dans le southern rock blues, "The show must go on" aurait pu figurer au répertoire des Allman Brothers Band et devenir le théâtre de grands échanges instrumentaux. Duke s’y réserve un petit voyage divertissant. Plage également fort intéressante, "Your rights" est particulièrement inspirée par la country. Un peu à la manière de Delbert McClinton. Duke joue du dobro, de la guitare et, pour la première fois de sa carrière, accorde un solo au piano. Couvert d’accents très fifties, "Take my word for it" est profilé sur un rockabilly. Le rythme libère une bonne dose de groove. Un fragment illuminé par une intervention très métallique de Duke, proche de Scotty Moore. Ballade soul empreinte de délicatesse, "Be a woman" est fluidifiée par l’orgue Hammond. Nous ne sommes ici pas tellement loin de "Your turn to pay". L’histoire d’une vieille Cadillac Eldorado, datant de 1957, hante "Coffee and Cadillacs", un morceau qui marque un retour au rock'n'roll façon Chuck Berry. Cet opus d’excellente facture s’achève par un chanson dédiée à son fidèle ami (NDR : devinez qui?), "You satisfy".

Al Basile

Blue ink

Écrit par
Al Basile est né en 1948, dans le Massachusetts. Mais aujourd’hui, il vit à Providence, dans le Rhode Island. Partagé entre le jazz et le blues depuis la fin des années 60, il chante et joue du cornet. Ami de Duke Robillard et de Scott Hamilton, il deviendra le premier trompettiste de Roomful of Blues. Entre 73 et 75. Depuis, il a régulièrement côtoyé Duke, joué en sa compagnie et bénéficié de son concours à la production pour l’enregistrement des elpees "Down on Providence Plantation" en 1998, "Shaking the soul tree" en 2001, "Red breath" en 2003 et ce nouvel opus, "Blues ink". Dont le titre (NDR : l'encre bleue) est lourd de signification, lorsqu’on sait qu'Al en en a écrit toutes les plages! Pour concocter cette nouvelle plaque, il a reçu le concours de musiciens chers à Duke : Marty Ballou à la basse, Mark Teixeira à la batterie, Matt McCabe au piano (NDR : il a longtemps sévi au sein du Roomful of Blues) et Jerry Portnoy, un ancien membre du Muddy Waters Band, à l’harmonica.
 
Al déclare en toute sincérité "I got to love and be loved". Un Chicago blues assez classique. Il possède une bonne voix, assurée, finalement fort proche de celle de Duke Robillard. La première intervention de Jerry Portnoy est divine. "The catch-up" est du blues à ras de terre, simple et inspiré comme je l’apprécie. Duke se montre à la hauteur. Très T-Bone, le piano de McCabe assure l'accompagnement. "Just a heartache" nous entraîne vers le blues des bayous louisianais, mais en respectant une certaine rigueur dans le tempo. L’excellent "Stop knockin" évolue sur des rythmes chers aux îles, et en particulier le mambo syncopé. Matt McCabe se sent inspiré par cet exotisme, avant de céder le relais à Mr Basile qui concède son unique solo sur le cornet à pistons. L'ambiance devient relax, très calme, apaisante même, tout au long de "Hooray for me". Marty injecte un soupçon de jazz à la basse acoustique. Une compo qu’Al chante sereinement, soutenu par l'harmonica de Jerry et le piano. Quoique évoluant à un haut niveau, tous ces musiciens s'entendent parfaitement. Et lorsque le tempo s’élève sur "Full time job ", Duke en profite pour se réserver un solo finement ciselé. Retour aux Caraïbes pour "Annie get your thing on". La section rythmique réalise un superbe boulot. Une belle occasion pour Portnoy de crever l'écran. Blues lent, "Hurt me" évolue paresseusement sur un axe Baton Rouge Chicago. Une opportunité unique pour permettre à Jerry et Matt de dispenser des soli de haute facture ! "Lonesome sun" nous conduit à la Nouvelle Orleans. Mark imprime des rythmes syncopés sur lesquels le piano de McCabe frétille de bonheur. Al chante avec passion et un calme prodigieux le blues lent "School in hell". Jerry susurre de courtes phrases mélodiques sur son instrument. Remarquable ! Il ne reste plus à Duke qu’à ajouter son savoir-faire. Et l’espace de quelques notes à peine, il se montre étincelant. Le même Duke injecte de la réverbération pour créer une atmosphère lugubre, proche du voodoo, sur "Sugar shock". Blues acoustique, Fifth never " est un tout simplement savoureux. D’excellente facture, cet opus s’achève par "Say your prayers". Piano, guitare et harmo sont à l'unisson tout au long de ce slow blues proche du Chicago southside cher à Muddy Waters.