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American Music Club

Tempête en mer…

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Club destiné aux concerts de musique actuelle, le 4AD est situé à Diksmuide, au cœur d'un quartier tranquille de la ville. Des bunkers ont été transformés en locaux de répétition et la salle de concert bénéficie d’une insonorisation hors norme ainsi que d’un matos ultra-performant. Si bien que lorsqu’on se trouve dans le café attenant à la salle ou à l’extérieur de l’immeuble, on n’entend pas le moindre bruit. Le complexe est superbe, design et convivial et la salle peut accueillir trois cent personnes dont cent sur un balcon où la visibilité est parfaite.

En entrant dans la salle, les musiciens d’American Music Club sont encore occupés de régler leur soundcheck. Quelques minutes plus tard, Mark Eitzel descend du podium et laisse le soin à ses trois autres comparses de régler leurs balances. En le croisant, il me reconnaît et nous nous saluons. Je lui demande des nouvelles de sa tournée, et il me répond être assez fatigué ; d’autant plus que la route qui l’a conduit jusque Diksmuide était assez longue et pénible. Plus de sept cent bornes perturbées par un temps exécrable lors du trajet opéré entre Geislingen, en Allemagne, et son point de chute. De quoi effectivement être épuisés.

Lisa Papineau a accompagné AMC, pour plusieurs dates de la tournée. Comme supporting act. Pour la circonstance, elle s’appuie sur deux musiciens français : Thomas Huiban et Matthieu LeSenechal. Des multi-instrumentistes, même si le premier se consacre davantage à la guitare et le second aux drums, quand ils ne s’appliquent pas aux claviers. Lisa Papineau ? Je confesse très mal connaître cette artiste. Et même pas du tout. Jusqu’à ce soir. En outre, en consultant sa bio, je me suis senti quelque peu embarrassé. Et pour cause, elle a posé sa voix sur des albums de Dan The Automator, Beck, Money Mark (le claviériste des Beastie Boys), les Rentals, Tim Commerford (le bassiste de Rage Against The Machine), Adrian Terrazas -González (flutiste/saxophoniste/clarinettiste/percussionniste chez Mars Volta), Air, M83 ou encore Scenario Rock. Elle a en outre, sévi chez Big Sir et Pet. Et vient d’enregistrer son deuxième opus solo, un disque pour lequel elle a reçu le concours de Matthieu Boogaerts et… de Mark Eitzel. Enfin, elle est également impliquée dans l’univers du cinéma, puisqu’elle a coproduit le film « Teason Island », un long métrage récompensé par un ‘Award’.

Première constatation, lorsque le trio monte sur les planches : ce ne sont pas des seconds couteaux. Et pour cause… Les deux ‘frenchies’ sont d’excellents instrumentistes et assurent les backing vocaux sans le moindre complexe. Lisa se charge circonstanciellement de claviers. Ou plus exactement, elle les poignarde ( ?!?!?) en enfonçant profondément et frénétiquement ses doigt dans les touches de ses synthés. Physiquement, elle affiche encore moins de formes que Jane Birkin (NDR : pourtant, certaines photos diffusées sur le net, lui conféraient des charmes bien féminins…) Filiforme ou anorexique, elle me fait penser à un fil de fer qui se cambre, convulse et vibre dès que les émotions gagnent en intensité. Des émotions qui émanent de son timbre de voix absolument remarquable. Un timbre bluesy, torturé, ample et bouleversant. On comprend mieux ainsi toutes les sollicitations antérieures, dont elle a fait l’objet. Quant à la musique, elle évolue au sein d’un cocktail de trip hop, de jazz, d’électro et de lounge. Des influences? A tout hasard : Massive Attack, Stereolab, 10 000 Maniacs voire Everything But The Girl. Et vers la fin du set, Mark Eitzel vient partager un duo en compagnie de Lisa, une chanson au cours de laquelle leurs timbres se conjuguent à merveille. 30 minutes pour convaincre : pari réussi !

Finalement, il n’y avait qu’une centaine de personnes pour assister au concert d’American Music Club. Dont le line up a donc changé. En fait, la section rythmique. Elle est aujourd’hui constituée de Steve Didelot aux drums et de Sean Hoffman à la basse. C’est ce dernier qui campe au beau milieu de la scène. Coiffé d’une casquette de pêcheur baltique, Vudi se poste à gauche. Et Mark à droite. Costard marron, chapeau bien vissé sur la tête, barbe de loup de mer, il est paré pour affronter un gros grain déboulant du large…

Le quatuor ouvre les hostilités par « All my love », un extrait du dernier elpee, « The golden age ». Plusieurs compos (« Windows of the world », « All the lost souls welcome you to San Francisco » et « I know that’s not really you ») alimenteront leur repertoire. Une setlist au sein de laquelle on remarquera également la présence de ‘classiques’ comme “Home”, “Wish the world away”, “The revolving door”, le très rock’n roll “Hello Amsterdam”, “Western sky”, “Blue and grey shirt” et en final un fantastique et terriblement électrique “Johnny Mathis’ feet”, issu du meilleur album d’AMC paru à ce jour, « Mercury ». Et si Mark troque de temps à autre sa six cordes contre une sèche, les versions sont beaucoup plus percutantes et même chargées de feedback. Faut dire que les rafales tempétueuses, tourbillonnantes, distordues, croustillantes, dispensées par Vudi y sont sans doute pour quelque chose. A cet instant, on a l’impression de lutter contre des bourrasques orageuses aussi vivifiantes que sauvages. Le timbre vocal d’Eitzel oscille entre le falsetto et le baryton âpre, trempé dans le whiskey. Mais quand il chante, le monde semble s’arrêter. Entre les morceaux, Mark plaisante avec le public. Il allie gestuelle et mimiques théâtrales. Derrière ses drums, Steve privilégie la caisse claire alors que Sean apporte une légère touche jazzyfiante aux compos. Parfois aussi, on a l’impression d’être bercé au sein d’un cocon de mélancolie douce et enchanteresse. Et pourtant, les lyrics de Mark sont rarement optimistes. Souvent grinçants, ténébreux, caustiques. Mais surtout signés de sa plume : une des plus belles qui soit encore de ce monde, aux States.

En rappel Mark et Vudi viennent interpréter « Jesus’hands » en acoustique. Une version confessionnelle, introvertie, dramatique. Et de revenir une seconde fois, toujours sous la même formule, avant de prendre congé de l’audience. Il est 23h30. Le temps a passé trop vite. Dehors, la pluie a cessé de tomber et le vent s’est calmé.

Organisation 4AD

 

American Music Club

The golden age

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En un quart de siècle, Mark Eitzel a commis 17 albums. Huit en solo et neuf en compagnie d’American Music Club. Une aventure collective qu’il avait interrompue pendant presque une décennie, pour se consacrer à son œuvre en solitaire, avant de la réactiver en 2003 et de sortir déjà l’année suivante « Love songs for patriots ». Le nouvel opus a été enregistré à Los Angeles, sous la houlette de Dave Trumfio (Wilco, Grandaddy, My Morning Jacket), et en compagnie d’une nouvelle section rythmique. A cet égard, si vous souhaitez en savoir davantage, je vous invite à prendre connaissance de l’interview que Mark a accordée à Musiczine, entretien publié au début de ce mois de février. L’occasion également de mieux comprendre le climat au sein duquel baignent les 13 plages de cet elpee. Et puis de l’importance des textes. Des chansons impressionnistes, mélancoliques, ténébreuses, faussement indolentes, aux lyrics poétiques, ironiques, mais qui pour la première fois laissent entrevoir une lueur d’espoir. Les mélodies sont superbes (NDR : j’ignore pourquoi, mais parfois elles me font penser à un Prefab Sprout au sommet de son art), la sèche est jouée par Eitzel en picking, les accès d’électricité parcimonieux sont toujours dévolus à Vudi. L’une ou l’autre compo, comme le plus usuel « One step ahead », la ballade mid tempo « The dance », le grinçant « The stars » et surtout « On my way », dont le final dévastateur s’évade dans le psychédélisme totalement déstructuré, démontre une nouvelle fois tout le talent de ce musicien qui impressionne par ses interventions aussi judicieuses que réservées. On a également droit à de la slide, conférant un petit côté alt country aux morceaux de la plaque, mais sans jamais tomber dans l’americana. Et l’elpee recèle également un fragment mariachi (« I know that’s not really you »), une valse impliquant cuivres (of course) et accordéon. Enfin, si vous aimez les mélodies contagieuses, vous ne pourrez résister au remarquable « Decibels and the little pills ». Un très chouette album.

American Music Club

Le bar des âmes perdues

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C’est dans un bar sis dans le centre de Bruxelles que Mark Eitzel accordait des interviews à l’occasion de la sortie de son nouvel album, « The golden age ». C’est également dans un bar, que j’avais rencontré le Californien pour la dernière fois. C’était le 12 mars 1998. A l’Aéronef de Lille. A l’époque, il se produisait en solo. Et nous avions taillé une bavette impromptue à l’issue d’un concert pour lequel il partageait la même affiche que Chris Bailey (ex-chanteur des Saints) et Ignatus (un artiste français réputé pour ses textes engagés). C’est ce que je lui rappelle en commençant notre entretien…

Il s’en souvient vaguement. Il est vrai que 10 ans, c’est un bail. Et puis des rencontres au bar, Mark en fait tous les jours, et même surtout la nuit… C’est d’ailleurs une de ses sources d’inspiration. Même s’il s’en défend. Aussi lorsqu’on lui demande si elles puisent essentiellement entre ses rencontres, la politique ou ses rêves, il me remercie vivement pour la question. « Une question géniale. La politique me met en colère. Rien ne peut sortir d’un poing levé. Pourtant, ce sujet m’interpelle tout particulièrement ; mais lorsque je traite de cette matière, je ne ponds que des chansons de merde. Rencontrer des gens ? Non, ce n’est pas mon truc. Parce que je hais les êtres humains. Et lorsque je prends l’avion, personne ne souhaite s’asseoir à côté de moi. C’est de notoriété publique. Et il n’y a que les connards qui s’asseyent à côté de moi. En outre, je déteste voyager en avion. Il existe des tas de gens qui sont heureux et qui se posent des questions. Les yeux restreignent notre champ de vision. Nos sens nous limitent. Et depuis quelques années, j’essaie de ne pas être trop à l’écoute de mes sens. J’avais peur de mes idées. Chaque fois qu’une idée naissait, je devenais son esclave. Je refuse aujourd’hui de devenir une machine qui écrit des chansons. Qu’est ce qui m’inspire ? Je ne sais pas. C’est souvent inattendu. Tout récemment, quelqu’un que j’apprécie beaucoup, alors que je le connais à peine, m’a expliqué qu’il vivait un dilemme. Sa copine veut se marier. Lui pas. Or, s’il acceptait, elle serait folle de bonheur. Ce type de situation m’inspire… » Tout comme ses nuits passées au bar. Paradoxalement, une chanson comme « John Berchman Victory chair » en est une belle illustration. John Berchman est le patron des enfants de chœurs. Un Belge qui n’a vécu que 22 ans et dont la dévotion l’a poussé à suivre une formation de Jésuite avant de donner des cours de philosophie aux Dominicains, contre l’avis de ses parents. Il priait beaucoup et ne dormait pratiquement pas. Et la journée, il se consacrait aux tâches pratiques de l’Eglise : il allumait les bougies, chantait à l’office, etc. Mark a lui-même été enfant de chœur ; mais cette compo ne traite pas du vin de messe qu’il aurait pu boire en cachette, lorsque l’occasion se présentait. (rires) « Non, parce que j’ai bu des choses bien plus fortes » N’empêche, il existe un message derrière cette chanson… Il s’explique : « C’est marrant ! Ne crois pas que je change de sujet. Mais voici réellement ce qui s’est passé. Je prenais un verre en compagnie d’une copine, dans un bar. La nuit. Tout à coup, elle est devenue songeuse. Et je lui ai demandé à quoi elle pensait. A ma grande surprise, elle s’est mise à jurer. Alors pourquoi cet accès de colère ? Parce que le jour se levait… Et pour elle, la levée du jour était une malédiction. Alors que pour moi, c’est le bonheur. Non, ce n’est pas de l’ironie… » ‘The windows of the world’ signifie ‘les fenêtres du monde’. Mark y parle également d’un bar. Celui qui était établi au sommet du World Trade Center. Mais dans quelles circonstances a-t-il écrit cette compo ? « C’était en 2 000. A cette époque, je vivais à New-York. Nous prenions un verre entre copains. Et l’un d’entre eux m’a proposé de sortir. Et d’ajouter que si on voulait aller dans un lieu sympa, le sommet du WTC serait idéal. On voulait faire la fête et on s’est pointé là-haut. Et j’ai voulu écrire sur la semaine de folie que j’ai vécu à cette époque, à New-York. Et en particulier les journées passées de bar en bar, à du 130 à l’heure. Le week-end. Jour et nuit. C’est une espèce d’hommage au WTC ; et pourtant, ce n’était qu’un bar. Et un an plus tard, le WTC s’est effondré… » Et il n’y a plus de bar… ‘All the lost souls welcome you to San Francisco’ (Traduction : ‘Toutes les âmes perdues vous souhaitent la bienvenue à San Francisco’ aurait également pu être un hommage à la ville où il est né. Ce n’est pas le cas. Ce n’est pas davantage une chanson auto-parodique. Explications. « J’ai également des amis à San Francisco. Entre potes, on fréquente souvent les mêmes bars. Trois exactement. Je voulais les faire rire. En fait, j’ai invité ma manager, qui vit à New-York, à visiter ma ville. Et elle a décliné la proposition, en prétextant qu’il y vivait trop d’âmes perdues. J’ai mis 10 ans à comprendre. En fait, la différence entre elle et moi, c’est qu’elle sait ce qu’elle veut : des dollars ! Tandis que moi et mes copains on ne savait pas ce qu’on voulait. Mais j’aime les âmes perdues. Je ne partage pas cette idée répandue aux States, attestant que si tu y crois, tu vas y arriver. Allez-vous faire foutre ! Je hais cette idée. Je préfère célébrer nos âmes perdues… »

Dave Trumfio (Wilco, Grandaddy, My Morning Jacket) s’est chargé du mixing et de la production du nouvel opus. Pour quelle raison ? Mark confesse. « En fait, au départ, je souhaitais concocter un album le plus simple possible. Une guitare, une basse des drums. Peut-être un zeste de claviers et quelques backing vocaux. Or ce producteur a mis en forme des artistes qui émargent à ce style. Et je pensais que la sauce allait prendre. En outre, je ne voulais pas perdre le contrôle de l’enregistrement de ce disque. Je ne me suis pas trompé. » Certains médias comparent ce nouvel opus à ‘California’. Qu’en pense Mark ? « C’est l’avis des fans qui est le plus important. D’autres médias le comparent à ‘Mercury’. Personnellement, je ne sais pas. J’ai lancé cette boutade pour susciter l’intérêt vis-à-vis de ce cd. » N’empêche, le line up a quand même changé, puisque American Music Club dispose aujourd’hui d’une nouvelle section rythmique (le bassiste Sean Hoffman et le batteur Steve Didelot). N’était-il plus satisfait de celle qui le soutenait auparavant ? La réponse fuse. « Non. (rires) En fait, sur le disque précédent, ils étaient mauvais. Surtout quand j’ai vu la compétence des autres. Je les ai découverts à Los Angeles. C’est d’ailleurs là-bas que la plupart des sessions d’enregistrement se sont déroulées. En plus Vudi, (le guitariste) y vit aujourd’hui… » Mais ce changement n’est-il pas également dû au nouveau projet développé par Mooney and Pearson ? « Aux nouveaux projets ! Des enfants, de la famille des divorces. Et un autre groupe. Notre collaboration n’était plus possible ; mais on reste copains… » Sur ‘In know that’s not really you’, il y a des cuivres mariachi. N’a-t-il jamais pensé à inviter Calexico pour participer aux sessions d’enregistrement ? (rires) «  Cela n’a jamais été dans mon intention. Autour de moi, je sui intoxiqué par la musique mariachi. Un voisin derrière chez moi a installé des haut-parleurs à sa fenêtre qui diffusent de la musique mariachi, toute la journée. Et c’est horrible. Mais d’un autre côté j’adore. En fait, pour cette compo, l’idée était de la mettre au parfum mexicain. Nous ne vivons pas loin du Mexique. Quand à envisager une collaboration… J’ai ma voix. J’adore voir Calexico en live ! Leur drummer est le meilleur que j’ai pu voir sur scène. Il est même meilleur que mon batteur. Mais j’aime bien Steve et je ne m’en séparerai jamais. Il surfe. C’est aussi mon premier fan, en plus. C’est un peu comme Vudi, il fait partie de la famille. Nous avons toujours des choses à se dire. Nous sommes tous une grande famille… » Ainsi, c’est le groupe qui a demandé de reprendre la chanson ‘Candy ass’ et de l’insérer dans le tracklisting. Sous un autre titre : ‘The sleeping beauty’. Et pour respecter la démocratie, Mark a accepté. Enfin, si la mélodie de ‘The decibels and the little pills’ peut rappeler Crosby, Stills, Nash and Young, c’est en pensant à John Martyn qu’Eitzel a composé ce morceau. C’est une de ses plus grandes influences. Et il est toujours fasciné par sa voix. Par contre, pour les Replacements, c’est uniquement l’esprit de 1984 qui continue de le hanter. Ajoutant : « J’affirme que de temps à autre, il faut continuer de boire… »

Boire et déboires. Déboires comme lorsque Mark a participé à l’enregistrement du remarquable album de Toiling Midgets, ‘Son’ en 1990. Manifestement, il ne les porte plus dans son cœur : « Des trous du cul. Des drogués. Ils m’ont exploité. Ils ont mangé leur parole. Ils me doivent de l’argent… » Autre désillusion, la bande sonore du film muet ‘Street angel’. Qu’est-elle devenue ? « Nous ne l’avons jouée qu’une seule fois. Nous avions répété 4 mois. Nous étions fiers du résultat. Et il n’en reste qu’un enregistrement pourri effectué par un cameraman amateur. C’est une grande frustration. Et pourtant, à l’issue de cette prestation, nous avions récolté une ‘stand ovation’. La Century Fox n’a jamais voulu lâcher les bandes. Et pourtant, c’était un beau film mélodramatique (NDR : paraît que la pellicule était quand même de piètre qualité ; n’empêche !) En outre, nous devions effectuer une tournée de 4 à cinq dates. On n’avait jamais ressenti une telle excitation pour un tel challenge. Nous avions sollicité l’autorisation pour le jouer ‘live’. On avait réservé 7 mois à l’avance pour Bruxelles, Amsterdam, Londres et Berlin. Il fallait confirmer quatre mois avant. N’ayant aucune réponse on a dû annuler. Et puis, deux semaines avant le concert de l’AB, on a reçu le feu vert pour utiliser le concept gratuitement. On s’est foutu de notre g*****, c’est une honte… »

Merci à Vincent Devos.

En concert le 16 mars au 4AD de Diksmuide 

 

 

American Music Club

San Francisco

Écrit par

‘L'œuvre d'American Music Club ressemble à un imposant mur de lamentations, sur lequel les journalistes peuvent battre leur coulpe et écrire tous les articles qu'ils auraient pu consacrer à Tim Buckley, s'il était encore de ce monde’ (Phil Nicholls - MM). Une belle métaphore qui donne une idée plus ou moins exacte de ce que l'on ressent à l'écoute d'un album d'AMC. Et pourtant, son septième opus est relativement moins pessimiste. Pour ne pas dire plus optimiste... Faut pas exagérer, quand même! Pas dans les lyrics, qui demeurent toujours aussi caustiques et introspectifs. Mais dans le ton. Plus rock, dans la lignée du fabuleux "Son" de Toiling Midgets gravé l'an dernier (NDR: pour rappel, Mark Eitzel y avait cumulé les fonctions de compositeur et de lead singer). Comme sur le sulfureux, lancinant, cuivré, "It's your birthday", l'intimiste, vertigineux, presque minimaliste "Love doesn't belong to anyone" ou l'insidieux, le venimeux "I'll be gone". Plus hymnique également, comme imprégné des vertus originelles ("Boy") de U2 sur "What holds the world together". Mais également plus pop. Avec un certain parfum réminiscent de Prefab Sprout ou de Deacon Blue. Mais d'une manière inattendue dans un registre vocal proche de Jean-Louis Murat sur "How many six packs does it take to screw in a light". Un album brillant. Mieux, éclatant. Qui par son éventail de nuances et sa richesse mélodique rencontre des émotions aussi complexes et pures que la joie torturée, le bonheur angoissant ou la fragilité sauvage ; des émotions qui, à la limite, deviennent même insupportablement magnifiques. Un must!